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Catégorie : Matériel
L’actualité du matériel ferroviaire en France et dans le monde : innovation, acquisition, exploitation etc.

Pelliculage de la nouvelle flotte Lyria
Lyria, qui opère les liaisons à grande vitesse entre la France et la Suisse, vient de présenter la première rame EuroDuplex à ses couleurs : blanc et rouge pour les motrices, sur la base de la livrée carmillon, la R4 ou remorque-bar aura le bas de sa caisse en rouge avec les noms des métropoles desservies par Lyria. Les remorques disposeront de la livrée carmillon avec l’inscription Lyria à côté du logo SNCF situé à côté des portes d’accès. La première rame traitée est la 4720 suivie de la 4729. C’est l’atelier PSA de Rennes qui a en charge la pose de ce pelliculage. Au total, ce seront 15 rames qui seront traitées d’ici la fin de l’année 2019 à raison de deux ou trois par mois. En effet, Lyria va rétrocéder à la SNCF les 19 rames POS qu’elle utilise actuellement au service annuel 2020 et va récupérer à la place 15 rames EuroDuplex 3 U A (rames n° 4716 à 4730). Quant à l’aménagement intérieur de ces rames, il sera traité à part sur une autre chaîne à partir du mois de septembre 2019. Cette nouvelle livrée met en valeur la couleur rouge, emblématique de TGV Lyria, ainsi que le lien franco-suisse et ses destinations majeures : Paris, Genève, Lausanne, Bâle et Zurich. Le motif du chevron, signe identitaire de la marque, évoquant quant à lui le mouvement, le voyage et la vitesse.

De Paris au Caucase à travers les steppes cosaques (1re partie)
De la gare de l’Est, qui dans ces circonstances mérite plus que jamais son nom, au massif caucasien, la route est longue. De train de nuit en « elektrichka » et même en autorail à voie métrique, elle mène à travers l’Allemagne, la Pologne, l’Ukraine avant que d’aborder les immensités blanches et glacées de la Russie centrale. La première partie de ce grand voyage s’arrête sur les rives du Don…
Train Varsovie – Kiev – 23 février 2017
À peine 24 heures depuis mon départ de Paris et me voilà déjà dans le train pour Kiev. Hier à 19 h 06, j’ai vu s’éloigner Nathalie sur les quais de la gare de l’Est. L’ICE pour Mannheim était clairsemé. J’ai enlevé mes chaussures, puis j’ai éteint mon téléphone à touches. Immense soulagement. Je n’ai pas su quoi répondre quand on m’a demandé, au moment de faire mon sac, ce que ça pouvait bien me faire de prendre mon chargeur. Sans lui, le sac n’est pas vraiment moins lourd ; 25 g sur 25 kg, ce n’était certes pas la question. Mais je me suis senti réellement allégé, obligé que j’étais de mettre à la seule place qui convienne cette source d’anxiété et de dispersion : dans une poche fermée, éteint. Inerte. Je me suis senti redevenir entier, plus compact. Comme à chaque départ.
Pendant 2 heures, je n’ai rien fait d’autre que regarder la nuit défiler à grande vitesse en même temps que les pensées voltigeant sans ordre apparent jusqu’à se poser comme tranquillisées, dans un coin de ma tête, l’une après l’autre, après que j’ai bien voulu leur accorder l’attention qu’elles réclamaient. Il faut dire que le train allemand facilite l’introspection, avec ses murailles d’appuie-tête qui vous isolent des voisins de devant et de derrière.
À l’avant-dernier arrêt, mon voisin de derrière justement a dénoncé à la contrôleuse un voyageur avec la bougeotte qu’il suspectait d’être monté sans ticket. C’était exact, le quidam – pas très malin, il faut dire – a été prié de descendre du train quasi vide, et la contrôleuse a chaleureusement remercié le suspicieux, s’est demandé qui allait payer pour ceux qui voyagent sans payer, puis a engagé la conversation à voix basse, si mon allemand ne me trahit pas, sur ces indisciplinés de Français qui ont carrément besoin d’agents dédiés à la fermeture des portes du RER – Il est vrai qu’en heure de pointe, il y a un bonhomme par porte sur les principaux quais parisiens. Ça a continué assez longtemps, ils n’ont pourtant pas échangé leurs numéros ; dommage, ils s’entendaient bien.
Les derniers passagers se sont répandus sous les halogènes de Mannheim. Sur le quai, quelques voyageurs tiraient une latte dans l’espace fumeurs, habilement situé entre une pub pour « Vivre le moment » avec une célèbre marque de cigarettes françaises, et une autre contre l’asthme avec un beau médicament. 1 heure 30 avant le train de nuit pour Berlin : cela m’a laissé le temps de faire un tour. Ou plutôt un rectangle, dans cette ville d’angles droits qui s’est donné, non sans ironie, le slogan « Vivre au carré ». Mannheim, aux alentours de la gare tout du moins, est donc un éloge du lisse, un quadrillage de larges avenues datant de 1606, aujourd’hui ponctué de restaurants rapides, salles de jeu, casino et paris, cinémas érotiques et banques pour financer le tout, sans oublier les robots de cuisine et le supermarché bio.
Les MI 2N de la RATP rénovés
Le 12 décembre, le conseil d’administration d’IdFM a voté la rénovation lourde des 43 rames Altéo (MI 2N côté SNCF) de la RATP qui circulent sur la ligne A du RER. Côtoyant les rames neuves MI 09, ces rames construites entre 1996 et 2005 méritaient une remise à niveau pour que la comparaison ne soit plus trop défavorable. L’opération comprendra le remplacement des sièges et du tissu avec de nouveaux coloris, un nouveau revêtement de sol, la vidéoprotection, une meilleure accessibilité pour les PMR, et la reprise du système d’information voyageurs visuel et sonore. Ce programme correspond à un investissement de 134 millions d’euros.
À cinq caisses, ces rames comportent trois motrices (deux en SNCF), sont aptes à 120 km/h (140 en SNCF) et peuvent accueillir 528 voyageurs assis (552 en SNCF).
Les CFL commandent des Coradia
Le 18 décembre 2018, Alstom a été choisi pour fournir aux CFL 34 trains régionaux Coradia à deux niveaux et de grande capacité, dans le cadre d’un contrat d’un montant total d’environ 360 millions d’euros. La nouvelle flotte sera composée de trains de 80 m et de 160 m de long, qui seront livrés à partir de décembre 2021. Ils auront une vitesse maximale de 160 km/h et seront mis en service sur le réseau national, ainsi qu’en Belgique et en France.

Stadler à Innotrans : le petit helvète qui monte qui monte
Massivement présent au Salon Innotrans, le constructeur suisse y proposait une gamme de produits désormais très complète du métro à la locomotive de ligne bimode en passant par les rames régionales ou de banlieue.
Stadler continue à se positionner, avec succès, sur tout type de transport ferroviaire : trains à grande vitesse, interurbains, régionaux et de banlieue, métros, tramways, locomotives de ligne et de manœuvres, voitures passagers. Leader mondial dans la construction de trains à crémaillère, l’entreprise a fêté ses 75 ans l’an dernier ! L’édition précédente d’Innotrans avait surtout été marquée par la présentation de son premier train à grande vitesse l’EC 250, destiné à terme aux relations entre l’Allemagne, la Suisse et l’Italie. Depuis, le groupe continue de développer des modèles qui lui permettent de maintenir une place importante sur le marché ferroviaire. Ainsi, il proposait à ce Salon un choix varié de matériels.
Le plus spectaculaire était peut-être le futur métro automatique de Glasgow, construit en coopération avec Ansaldo STS. Un métro sur mesure au gabarit réduit et de forme tubulaire reconnaissable, des caractéristiques imposant des sièges placés en longueur en face-à-face. Un métro unique, pour une ligne unique datant de l’époque victorienne, avec une voie étroite de 1 219 mm seulement et d’un écartement de tunnel de 3,4 m de diamètre !
Également présentée et toujours classifiée comme métro dans le catalogue du constructeur : la rame du S-Bahn de Berlin, élaborée en consortium avec le groupe Siemens. Elle porte la nomenclature de 483 ou 484 selon la longueur. Au total, ce seront 106 trains qui seront fabriqués dont 21 unités à deux caisses (série 483). Siemens prend en charge les systèmes d’entraînement, de freinage et les différents équipements électriques. Les matériels, fonctionnant par troisième rail, seront construits à l’usine Stadler de Pankow, dans la banlieue de Berlin, pour une mise en service sur le « ring », le métro circulaire de Berlin, et les branches sud-est du réseau berlinois. Notons que le constructeur avait déjà procuré du matériel à l’U-Bahn berlinois quelques années auparavant. Dans le futur, Stadler devrait fournir le métro de Liverpool mais avec une forme un peu plus conventionnelle que celle de celui de Glasgow !
Le Regionalverkehr Bern-Solothurn est l’exemple parfait de ce que le constructeur appelle le « taylor made ». Un matériel sur mesure, construit à voie métrique pour la ligne S-7 Berne – Worb des RBS, l’une des plus fréquentées du réseau. Ses larges portes, huit par faces, facilitent l’échange dans les gares. Chaque rame est composée de quatre éléments et dispose d’une capacité d’emports de 130 places assises et 380 debout. Ces nouveaux trains sont opérationnels depuis décembre 2018 et pousseront progressivement les rames dites « Mandarinli » vers la sortie. Sur le plan des locomotives, Stadler présentait sa première grande locomotive de ligne assemblée dans l’usine espagnole d’Albuixech, au nord de Valence, et ce grâce au rachat de la branche ferroviaire du groupe Vossloh. C’est là qu’étaient notamment produites les locomotives Euro 3000 et 4000 qui ont fait la renommée de Vossloh il y a quelques années. Stadler reprend tout naturellement la production des locomotives commencée par son prédécesseur avec les Euro 4000 de VFLI, d’Israël et d’Alpha Trains Iberia et les deux séries destinées au marché britannique : UK Light (Class 68) et UK Dual (Class 88) pour Beacon Rail Leasing Ltd.
TGV Sud-Est : une page se tourne
Et voilà ! On y arrive tout doucement. Les rames TGV Sud-Est ont quitté ce 9 décembre leurs terres de naissance, à savoir la gare de Paris-Lyon et les lignes Sud-Est. Après avoir lancé ici même la grande vitesse en France en septembre 1981, les rames ex-orange si caractéristiques rendent les armes. Sur les 109 construites, il n’en restait plus que 34 depuis un an, uniquement celles ayant connu une opération de prolongement de parcours avec livrée carmillon et aménagements Nouveau Design : 19 affectées au Nord (avec deux voitures de 1re) et 15 au Sud (avec trois voitures de 1re). Ce sont ces 15, dont la célèbre rame 16 du record de 1981, qui ont tiré leur révérence. Toutefois, pendant quelques mois, deux d’entre elles (les 15 et 25) vont échapper au chalumeau en venant épauler leurs consœurs sur le Nord.

Les BLT cherchent un repreneur pour les matériels du Waldenburg
En 2022, ce sera fini pour cette ligne en voie de 75 mm qui aura été convertie au gabarit des BLT (Baselland Transport) de 1 000 mm, ce qui entraînera ipso facto la radiation du matériel qui y circule. Les BLT cherchent un repreneur pour les BDe 4/4 et Bt, datant de 1985 à 1993.
Il n’existe que très peu de lignes en Europe avec un écartement de voie identique et encore moins qui soient électrifiées ! Plusieurs pistes ont été envisagées plus ou moins sérieuses. La plus probable serait la Murtalbahn en Autriche. Cette ligne, gérée par la StB relie Unzmarkt, Murau et Tamsweg. Longue de 65 km, elle s’étend dans les districts de Styrie, du Lungau et de Salzbourg. Pour améliorer cette ligne typique, la province de Salzbourg s’est engagée à plaider pour la rénovation de son infrastructure et pour son électrification d’ici 2023. Ce qui correspond au planning qu’envisageait le BLT, qui doit recevoir ses nouveaux trains en 2022 (voir brève ci-contre). Une affaire à suivre, en souhaitant que les rames du Waldenburg ne finissent pas à la ferraille…
L’Occitanie commande de nouveaux Régiolis
Le 16 novembre, l’assemblée régionale de la région Occitanie a voté l’acquisition de 13 rames Régiolis. Il s’agira de huit rames électriques Z 54900 et de cinq rames bimodes B 83500. Ces nouvelles rames seront identiques aux rames existantes : le parc actuel se compose de 33 rames Régiolis, 15 électriques et 18 bimodes. Toutes ont été livrées entre août 2016 et octobre 2018. Les caractéristiques sont les suivantes : type M à quatre caisses, six portes par face, aménagement de type périurbain, monoclasse, 206 places assises dont 46 strapontins, deux espaces vélos, une toilette et de grandes bagageries. Les Régiolis sont amenées à circuler sur une grande partie des lignes régionales, avec une extension attendue vers l’est de la région lorsque le nouvel atelier de Nîmes sera opérationnel.
La présidente Carole Delga a par ailleurs annoncé l’acquisition de trois rames Régiolis bimodes hydrogène-électrique avec l’ambition de devenir le premier territoire d’expérimentation. La ligne Montréjeau – Luchon sera prioritaire pour une phase de test, a priori dès 2022.
Derniers tours de roue pour les « petits gris »
Ce 8 décembre a marqué la fin des circulations commerciales des Z 5300 sur les lignes de la banlieue de Paris-Sud-Est. La disparition des dernières représentantes des célèbres « petits gris » s’est faite en deux étapes par suite de l’arrivée des rames neuves Regio 2N. Tout d’abord, en décembre 2017, pour les cinq rames encore en roulement sur la ligne R, où ces Z 5300 assuraient les navettes Melun – Montereau. Puis en décembre 2018 pour les 10 rames en roulement sur le RER D (navettes Juvisy – Melun). À l’initiative d’une poignée de cheminots, une triplette a assuré un ultime AR entre Paris et Montereau, sans arrêt, à l’aller par Brunoy et Fontainebleau, au retour par Héricy et Corbeil-Essonnes. Les rames étaient la Z 5362, presque en aménagement d’origine, et les Z 5317 et 5368 rénovées, cette dernière avec une livrée colorée.
En cette fin d’année, Villeneuve avait encore sept rames à l’effectif. 15 rames ont été radiées depuis le 1er janvier.
Lettonie : Pasazieru Vilciens commande 32 automotrices électriques Talgo VitTal
Le 21 novembre 2018, Pasazieru Vilciens, l’opérateur voyageurs letton, a commandé au constructeur espagnol Talgo 32 automotrices électriques. Le contrat, d’un montant de 225 millions d’euros, couvre également la formation du personnel et la maintenance pendant cinq ans. Les constructeurs CAF, Stadler et Skoda Vagonka avaient également répondu à l’appel d’offres. Ces nouvelles automotrices électriques de la gamme Talgo VitTal, à voie large de 1 520 mm, fonctionnant en 25 kV 50 Hz et d’une capacité de 450 places, seront utilisées dans la banlieue de Riga et en service régional. Elles devraient être livrées de 2020 à 2023. Dans le cadre de la phase 1 du plan de modernisation du réseau letton, les 257 km de lignes de la banlieue de Riga, actuellement électrifiées en 3 300 V courant continu, seront converties en 25 kV 50 Hz et 313 km de lignes seront électrifiées pour fin 2023. Ces Talgo VitTal remplaceront les 22 automotrices électriques 3 300 V construites de 1962 à 1966 par le constructeur RVR et utilisées dans la banlieue de Riga, et une partie des 11 DR 1 A construites de 1980 à 1992 par RVR utilisées en trafic régional.