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Catégorie : Réseaux étrangers
L’actualité des réseaux ferroviaires étrangers.

Suisse : des travaux en perspective pour le MVR à Vevey
Pour faire face à l’afflux constant de voyageurs tout en restant conforme à la loi sur l’égalité pour les handicapés (LHand), les Transports Montreux-Vevey-Riviera envisagent de rénover la gare de Vevey.
Le coût estimé à un montant d’environ 28 millions d’euros est soumis à une enquête. Ce projet prévoit un nouveau quai de 100 m de long, situé au nord des deux voies ferrées et tout proche du parking actuel.
Le passage souterrain existant sera prolongé pour y accéder. Le plan prévoit également l’élargissement et l’agrandissement du quai des voies 6 et 7 commun aux CFF et MVR. La marquise du début XXe siècle présente sur ce quai sera elle aussi restaurée. En sortie de gare, le passage à niveau de la rue des Deux-Gares sera équipé de feux et de barrières sécuritaires. Le pont sur la rue des Bosquets juste après sera complètement reconstruit, et les installations ferroviaires (voies, aiguillages, installations de sécurité, caténaire) allant vers le centre de maintenance seront renouvelées.
Pendant les travaux, entre les étés 2021 et 2023, la circulation devrait être maintenue excepté une interruption totale d’exploitation de la gare qui est prévue pour l’été 2022. Une gare provisoire pour les trains de Blonay et des Pléiades sera alors installée à côté de l’actuelle gare.
Les Giruno homologués en Italie
Les CFF avaient commandé en 2014 au constructeur suisse Stadler 29 automotrices électriques Smile EC 250 « Giruno », immatriculées dans la série RABe 501, pour le trafic international entre la Suisse et l’Italie via le tunnel de base du Saint-Gothard. Cette commande comportait également une option pour la fourniture de 92 rames supplémentaires. À 11 caisses, de type 2’Bo’Bo’2’2’2’2’Bo’Bo’2’2’2’, les Giruno, tricourant 3000V-15 kV 16,7 Hz-25 kV 50 Hz, ont une puissance de 6 000 kW, une vitesse maximale de 250 km/h et une capacité de 117 places en 1re classe et 286 en 2de classe. Après une série d’essais en ligne en Suisse, les Giruno ont été homologués pour circuler sur le réseau suisse en US (unité simple) en avril 2019, et en UM (unité multiple) en mai 2019, et engagés par la suite en service commercial, entre autres entre Bâle et Zurich. Depuis le 15 décembre 2019, ils assurent en service commercial régulier des trains IC sur les relations de Zurich ou Bâle vers le Tessin, via le tunnel de base du Gothard. Après une campagne d’essais en Italie, les Giruno ont également été homologués début mars 2020 par l’Agence de l’Union européenne pour les chemins de fer, l’ERA, pour pouvoir circuler à 200 km/h sur le réseau italien en US ou en UM. Les Giruno devraient également être homologués pour pouvoir circuler en Allemagne mi-2020 et en Autriche fin 2020.

République tchèque. Une nouvelle étape dans l’ouverture à la concurrence
Au service annuel 2020, deux opérateurs, jusqu’alors en open access, Leo Express et RegioJet, exploitent des relations subventionnées, tout comme Arriva vlaky et Die Länderbahn. Une ligne a aussi été rouverte au service voyageurs en Bohême.
Au service annuel 2020, 11 opérateurs voyageurs exploitent des relations ferroviaires en République tchèque, à savoir Arriva vlaky, AZD, l’opérateur historique Ceske Drahy (CD), Die Länderbahn, GW Train Regio, JHMD, KZC, Leo Express, MBM Rail, Railway Capital et RegioJet. Toutefois seulement 5 % du trafic voyageurs échappent à l’opérateur historique.
Arriva vlaky s.r.o.
Arriva Ceska republika s.r.o a pris la succession le 11 janvier 2007 de la compagnie Erisipela s.r.o. créée le 20 novembre 2006, qui exploitait des bus en République tchèque. Ayant racheté cinq autres compagnies de bus, Arriva Ceska republika s.r.o disposait d’un parc d’environ 2 000 autobus, lors de son rachat en 2010 par les chemins de fer allemands, la DB. La filiale ferroviaire d’Arriva Transport Ceska republika s.r.o, Arriva vlaky s.r.o. a été créée le 2 septembre 2009. Après plusieurs tentatives, Arriva vlaky lança sa première relation ferroviaire Prague Masarykovo nad – Kralupy nad Vlatvou le 23 septembre 2013 mais dut l’interrompre le 13 décembre 2013 par manque de financement.
Au service annuel 2020, Arriva vlaky exploite :
– depuis le 11 décembre 2016 un AR en fin de semaine Prague hl. nad. – Trencin – Nitra (aller les vendredis et samedis, retour les samedis et dimanches) et depuis le 8 avril 2017 en plus un AR quotidien. Ces trains sont désignés AEx ;
– depuis le 9 décembre 2018 pour une durée de trois ans, sous contrat avec l’autorité organisatrice de transports de Prague, la PID (Prazka integrovana doprava), la relation S49 Prague Hostivar – Prague Holesovice – Roztoky u Prahy ;
– depuis le 15 décembre 2019 sous contrat avec le ministère tchèque des Transports et ce jusqu’au 10 décembre 2022 les relations R21 Prague hl. nad. – Turnov – Tanwald, R22 Kolin – Novy Bor, R24 Prague-Bubny Vltavska – Rakovnik et R26 Prague hl. nad. – Pisek – Ceské Budejovice ;
– depuis le 15 décembre 2019 et ce jusqu’au 8 décembre 2029 sous contrat avec la région de Liberec, les relations L3/L5 Liberec – Turnov – Zelezny Brod – Stara Paka – Lomnice nad Popelkou, qui sera prolongée vers Lomnice en 2021 voire vers Hradrec Kralové si d’ici là un accord est trouvé avec la région de Hradrec Kralové et L18 Tanvald – Zelezny Brod mais que jusqu’en 2026, représentant un volume annuel de 0,74 million de km-trains ;
– depuis le 15 décembre 2019, sous contrat avec la région de Zlin, les relations Roznov pod Radhostem – Vstetin – Bylnice, Vsetin – Velké Karlovice, Staré Mesto u Uherského Hradiste – Uhersky Brod – Bylnice et Uherske Brod – Ujezdec – Luhacovice, représentant un volume annuel de 1,87 million de km-trains.
Stadler remporte le contrat du métro de Berlin
Le BVG (Berliner Verkehrsbetriebe), l’autorité, qui gère les transports publics à Berlin, a signé avec Stadler un contrat-cadre d’un montant de trois milliards d’euros pour la fourniture de 1 500 véhicules de métro. La cour d’appel a débouté le 20 mars 2020 Alstom, autre concourant à l’appel d’offres, qui avait contesté l’attribution de ce marché par le BVG à Stadler. La commande minimale est fixée à 606 véhicules. La première tranche comprend la fourniture de 376 véhicules livrés à partir de 2022 en rames de deux et quatre éléments réparties dans les deux gabarits requis selon les lignes d’utilisation. Une deuxième tranche de 230 véhicules livrée ultérieurement a également été commandée par le BVG. Le contrat prévoit la fourniture des pièces détachées et comporte une option pour 894 véhicules supplémentaires. Stadler va investir pour la fabrication de ces nouvelles rames de métro type J/JK 70 millions d’euros pour adapter son site de production de Pankow. Six séries à petit gabarit et trois séries à grand gabarit circulent actuellement sur les 10 lignes que comprend le réseau de métro de Berlin.

Le Luxembourg devient gratuit
Depuis le 1er mars tous les transports publics du Luxembourg, trains, trams et bus sont gratuits. La mesure concerne autant les résidents que les voyageurs de passage. Sont concernés les transports urbains mais aussi les lignes du réseau ferré des CFL en 2de classe. En complément les suppléments pour accéder à la 1re sont supprimés. Le Luxembourg prend donc une décision courageuse (et coûteuse) pour promouvoir le transport public. Reste à savoir si les nouveaux voyageurs auront opéré un vrai report modal de la voiture vers le train, le bus ou le tram. Le danger de la gratuité est de susciter un effet d’aubaine avec des voyages qui n’auraient pas eu lieu autrement. On risque alors de créer de l’affluence au détriment des voyageurs qui payaient leurs billets. Les investissements pour des infrastructures nouvelles sont également fragilisés. Reste que le Luxembourg est un petit pays riche qui peut se permettre la mise en œuvre d’une telle mesure.

Léman Express : le plus grand RER transfrontalier d’Europe
Inauguré en décembre dernier, le Léman Express déploie ses 40 rames Flirt et Régiolis à la livrée unique sur six lignes desservant 45 gares. 50 000 voyageurs par jour sont attendus pour la desserte transfrontalière qui a opté pour une tarification multimodale.
La date du 15 décembre 2019 devait rester gravée dans le marbre des relations ferroviaires franco-suisses. Ce jour-là, le tout premier train commercial était programmé pour quitter Annemasse à 5 h 05 pour rejoindre Genève et Coppet. Mais le conflit social en cours à la SNCF a plombé les prévisions et seules des navettes Genève – Annemasse ont pu être mises en marche provisoirement. C’est seulement vers le 20 janvier que le service normal a pu être mis en place.
Pourtant la SNCF et les CFF avaient uni leurs efforts pour ouvrir au public comme annoncé un service de qualité reliant les cantons romands de Vaud et de Genève à la Haute-Savoie, permis grâce à l’ouverture de la jonction souterraine du projet Ceva Genève – Annemasse. Excellent exemple de coopération internationale en faveur de la mobilité de la population, elle ouvre la porte à d’autres réalisations équivalentes envisagées entre deux où plusieurs réseaux voisins.
Trois jours plus tôt avait eu lieu l’inauguration officielle – dans un climat houleux côté France du fait des manifestations – où les rames venues l’une de Genève, l’autre de La Roche-sur-Foron ont assuré la jonction forte en symboles des deux réseaux en gare des Eaux-Vives. Puis le samedi 14 intervenait celle du tramway prolongé de la frontière (douane de Moillesulaz) au cœur d’Annemasse (parc Montessuit). Durant le week-end cette ville frontalière de 35 000 habitants était néanmoins en fête avec de nombreuses manifestations ludiques.
Imaginée dès 1912, la réalisation de ce lien ferroviaire à double voie sous caténaire 15 kV d’un développement de 16,1 km aura nécessité sept ans de travaux complexes en milieu urbain très dense, ce qui va contribuer à réduire de 12 % l’asphyxie actuelle de la voirie de la ville de Genève encombrée par le trafic automobile. Il réutilise à la sortie de la gare principale de Genève-Cornavin le tronçon existant conduisant au chantier fret de la Praille créé en 1949, avec traversée du Rhône, comportant au-delà deux tunnels encadrant un pont sur l’Arve, puis une tranchée couverte à l’emplacement de l’ex-voie unique de Genève-Eaux-Vives à Annemasse supprimée, dont le toit est transformé en voie verte pour piétons et modes doux. Sur le parcours Ceva les CFF ont aménagé quatre gares : Lancy-Pont-Rouge à l’air libre déplacée de quelques centaines de mètres vers La Praille, puis quatre autres en sous-sol dont l’architecture revient à Jean Nouvel : Carouge-Bachet, Champel-Hôpital, Eaux-Vives et Chêne-Bourg.
Aux extrémités des aménagements très conséquents ont été nécessaires à la fois :
– côté Suisse de Coppet à Genève, la troisième voie banalisée qui comportait un évitement à Creux-de-Genthod a été complétée en 2018 par deux autres à Chambésy et Mies nécessaires pour des croisements de rames, tandis que le plan de voies à la sortie ouest de la gare de Genève était remanié pour faciliter la desserte vers Annemasse traitée sur les voies 1 et 2 à quai ;
– côté France, l’agrandissement et la reconfiguration totale en 2018 du plan de voies de la gare d’Annemasse dépendant du PCD adapté en conséquence, avec quatrième quai réservé aux trains RE des CFF terminus, nouveau passage souterrain traversant vers Ambilly et technicentre pour la maintenance du matériel couplé à des voies de remisage à l’emplacement des ex-débords et réaménagement du quartier de la gare et d’un parking silo. Un nouveau BV remplace celui d’origine datant du PLM.
Suède : Transitio commande 30 Civity Nordic
La société suédoise de location de matériel ferroviaire AB Transitio a commandé après appel d’offres au constructeur espagnol CAF (Construcciones y Auxiliar Ferrocarriles S.A.) 30 automotrices électriques Civity Nordic. La commande d’environ 580 millions d’euros, comprend une option pour la fourniture de 34 automotrices supplémentaires. Ces Civity Nordic ont les mêmes caractéristiques que la version standard des Civity, et satisfont en plus aux normes scandinaves, en particulier en matière climatique, car devant pouvoir fonctionner entre – 40 °C et + 40 °C. Ces Civity Nordic sont destinées aux autorités régionales des comtés de Jönköping, Kalmar, Kronoberg (Växjö) et Blekinge (Karlskrona), qui les mettront à disposition de Vy Tag AB (ex Tagkompaniet), qui a repris le 9 décembre 2018 à Transdev Sverige AB, l’exploitation des relations Krösatagen : Jönköping – Tranas, Jönköping – Nassjö – Eksjö, Nässjö – Halmstad, Jönköping – Växjö, Nässjö – Vetlanda, Nässjö – Alvesta – Växjö, Växjö – Hässleholm et Kalmar – Emmaboda – Karlskrona. Les Civity Nordic sont entre autres destinées à remplacer les automotrices électriques X11 de 1982 et X14 de 1994 utilisées actuellement sur ces relations.

Allemagne : électrification de la Schönbuchbahn
Dans le Bade-Wurtemberg, la ligne Böblingen – Dettenhausen, dénommée Schönbuchbahn, a été remise en service le 15 décembre 2019, après près de deux ans et demi de fermeture pour électrification et mise partielle à double voie. Longue de 16,978 km et appartenant au ZVS (Zweckverband Schönbuchbahn), elle est exploitée par l’opérateur privé WEG (Württembergische-Eisenbahngesellschaft mbH), qui exploite également les lignes Strohgäubahn (Korntal – Heimerdingen), Tälesbahn (Nürtingen – Neuffen) et Wieslauftalbahn (Rudersberg-Oberndorf – Schorndorf). D’un montant d’environ 103 millions d’euros, les travaux de modernisation, pour permettre un cadencement aux 15 min et d’électrification en 15 kV 16,7 Hz, ont débuté en août 2017. En attendant la livraison à l’horizon 2021 par le constructeur espagnol CAF de neuf automotrices électriques à trois caisses, d’une vitesse maximale de 100 km/h et d’une capacité totale de 212 places dont 94 assises, commandées par le ZVS, le WEG a loué à DB Regio quatre automotrices électriques à deux caisses série 426 (les 002, 003, 025 et 026), qu’il utilise en complément d’autorails Regioshuttle série 650 pour la desserte de la Schönbuchbahn. Avec le nouveau plan de transport applicable au service annuel 2020, le WEG escompte transporter quotidiennement près de 20 000 passagers, pour une ligne qui avait été fermée de 1966 à 1996.

Allemagne : démarrage raté pour Vlexx dans la Sarre
Les autorités régionales des transports de Sarre et de Rhénanie-Palatinat avaient attribué, le 11 janvier 2017, après appel d’offres européen, à l’opérateur Vlexx, filiale de Die Länderbahn du groupe FS, l’exploitation du lot 2 du réseau électrique de Sarre, pour une durée de 15 ans à compter de décembre 2019. Le lot 2 comprend les relations, exploitées jusqu’alors par DB Regio, RB 72 Sarrebruck Hbf – Illingen – Lebach-Jabach, RB 73 Sarrebruck Hbf – St. Wendel – Neubrücke (Nahe), RB 74 Hombourg (Sarre) Hbf – Neunkirchen – Illingen et RB 76 Sarrebruck Hbf – Neunkirchen (Sarre) Hbf – Hombourg (Sarre) Hbf. Vlexx avait commandé en mars 2017 à Bombardier 21 automotrices électriques Talent 3 à trois caisses. Au 15 décembre 2019, seules six étaient livrées, rendant impossible l’exploitation du lot 2 avec ce type de matériel. Le 15 décembre, 20 automotrices électriques financées en juillet 1998 par l’État de Sarre, dont 12 série 425 à deux caisses et huit série 426 à trois caisses, ont été transférées de DB Regio à l’État de Sarre, qui les loue provisoirement à Vlexx. Elles sont engagées par Vlexx sur les relations RB 73, RB 74 et RB 76. De plus Vlexx manquant de conducteurs, le transfert de personnel et de matériel n’étant pas obligatoire en Allemagne en cas de changement d’opérateur, pour pallier les nombreuses annulations de trains au démarrage, l’État de Sarre a sous-traité à DB Regio l’exploitation de quelques trains Vlexx de la relation RB 73 entre Sarrebruck Hbf et St. Wendel pour la période du 1er février au 12 décembre 2020. Pour l’exploitation de la RB 72, assurée en traction diesel, Vlexx utilise quatre Desiro provenant de l’opérateur Trilex du groupe Die Länderbahn en complément de ses Lint 54 série 622.4.

SOB : Un réseau privé suisse qui monte en gamme
Ce réseau de Suisse alémanique, qui possède notamment le prestigieux « Voralpen-Express », s’est agrandi en 2001 avec l’absorption du BT et l’acquisition prochaine de matériels modernes va intensifier encore sa coopération avec les CFF au réseau desquels il est déjà très intégré.
Longtemps, le Südost Bahn, avec son domaine à voie normale étriqué établi en Suisse alémanique dans les cantons de Zurich, Schwyz, Saint-Gall, était, avec la myriade des autres compagnies de la Confédération, loin derrière en termes d’importance de celui du BLS, plus imposant, jouant un rôle international. Son extension est intervenue en 2001 avec la reprise des lignes de la compagnie du Bodensee – Toggenburg – reliant les rives des lacs de Constance et de Zurich à travers un paysage moyennement montagneux –, avec laquelle il coopérait étroitement tout comme avec les CFF. Tout récemment, sa décision d’acquérir du matériel moderne Flirt produit par la firme Stadler de Bussnang, en Thurgovie, va le propulser bien au-delà des limites de son périmètre en assurant des prestations grandes lignes pour le compte du grand réseau CFF.
Quoi qu’il en soit, les nouvelles automotrices en cours d’acquisition vont également redorer le blason de son train mythique : le Voralpen-Express, dont le caractère touristique est indéniable et qui depuis des décennies relie Romanshorn à Lucerne, un parcours pittoresque de choix aux facettes changeantes, tantôt verdoyantes, tantôt enneigées.De l’origine à la fusion avec le BT
Le réseau initial du SOB naît le 1er mai 1877 sous l’étiquette WE avec le tronçon de 17 km de Wädenswil, gare de l’axe Zurich – Coire, à Einsiedeln, siège d’une abbaye connue pour ses pèlerinages. L’année suivante, c’est au tour du court parcours de 4 km joignant Pfäffikon à Rapperswil, traversant grâce à une digue- viaduc le lac de Zurich, d’être mis en service par le ZGB. Ces deux compagnies sont fondues le 1er janvier 1890 en SOB (Schweizerische Südostbahn), laquelle ouvre à l’exploitation le 8 août 1891 les sections Pfäffikon – Samstagern (8 km) et Biberbrugg – Arth Goldau (20 km), gare de l’axe international du Gothard. Cet ensemble entièrement à voie unique se caractérise par une implantation digne des lignes de montagne, avec des courbes descendant à 200 m de rayon, des rampes multiples atteignant 50 ‰ (9 km seulement étant en palier), et point haut à l’altitude 932 à Biberegg, pimentées par quelques tunnels et viaducs de petite envergure. La traction vapeur y réside en maître, mais non sans peine compte tenu du profil très sévère, le trafic voyageurs étant prédominant, celui des marchandises étant par contre marginal.
Quittant l’axe du Gothard Bâle – Chiasso en gare d’Arth Goldau, la ligne s’élève brutalement sur les flancs de l’échine montagneuse des sommets du Rossberg et de la chaîne du Hochstuckli-Nüsellstock, puis bascule à Biberegg dans la vallée de l’Alp, affluent de la Sihl. Elle recoupe à Pfäffikon la rocade Zurich – Coire et traverse le lac de Zurich dans sa partie orientale.
L’embranchement Samstagern – Wädenswil, long de 5 400 m, descend en forte pente vers la rive sud du lac dans un décor de coteaux peuplés et se soude à l’axe Zurich – Coire précité. Celui de Biberbrugg remonte le cours de l’Alp pour terminer à Einsiedeln.
C’est seulement en 1910, avec l’ouverture conjointe par le BT et les CFF de la section septentrionale Romanshorn – Wattwil et du trajet Wattwil – Uznach (1) avec le long tunnel de Ricken (8 603 m), que les trains du SOB sont autorisés à s’échapper de leur domaine primitif.