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Catégorie : Réseaux français
L’actualité des réseaux ferroviaires français.

Inondations : des dégâts sur la ligne Béziers – Montpellier
Dans la nuit du 23 au 24 octobre les pluies diluviennes sur le Languedoc ont occasionné des dégâts conséquents, particulièrement sur la commune de Villeneuve-lès-Béziers. La ligne Béziers – Montpellier a été très endommagée sur plus de 600 m, le remblai supportant la ligne a été affouillé sur 3 à 4 m de hauteur, déchaussant totalement certains supports caténaire, déterrant 600 m de l’artère câble et laissant les voies suspendues au-dessus du vide.
Les conséquences sont considérables, la circulation ferroviaire étant interrompue sur les lignes Narbonne – Perpignan, Toulouse – Narbonne – Montpellier, Béziers – Millau et Carcassonne – Limoux. Les dégâts étant mineurs sur les autres lignes, la circulation y a été progressivement rétablie dans les jours suivants. Mais restait pour cinq semaines l’interruption de la transversale sud, qui écoule quotidiennement plus de 150 trains.
Après levée des restrictions, le trafic devait redevenir normal vers le 10 décembre. Le préjudice commercial est important pour le fret, que tous les acteurs régionaux œuvrent à faire progresser, particulièrement le ferroutage à destination de Bettembourg et Calais. Le repli massif des transporteurs vers l’autoroute a fait encore progresser le nombre de camions, déjà supérieur à 13 200 quotidiens au col du Perthus avant cette coupure.
Les travaux ont commencé par la dépose de 900 m se voie, la mise en sécurité des caténaires, la reconstitution de 600 m d’artère câble et l’apport de plusieurs milliers de m3 de grave pour reconstituer le remblai.
Mise en service du T 3 à Saint-Étienne
C’est une révolution qu’a connue le réseau de tramway de Saint-Étienne le 16 novembre dernier. À la faveur de la mise en service de la nouvelle ligne T 3, les trois lignes ont été réorganisées pour plus de cohérence. Le nouveau T 3 de Bellevue à Terrasse via la gare de Châteaucreux, avec 4,3 km et huit nouvelles stations, assure la desserte du quartier de Soleil, du technopôle Christian-Cabal ou encore du stade Geoffroy-Guichard. La ligne permet également de soulager l’axe central historique du T 1 entre les stations Peuple-Foy et Roger-Rocher. Ce prolongement confirme l’engagement fort de l’agglomération pour le tramway, en service dans cette ville depuis 1881. Après le matériel roulant qui a vu l’arrivée de 16 rames CAF Urbos 3, c’est le réseau qui continue à se moderniser.

Les travaux de la 4e voie au nord de Strasbourg avancent
L’exploitation du tronçon Vendenheim – Strasbourg long de 10 km est devenue très délicate avec des périodes de saturation endémiques lors des pointes de matinée et soirée. Le plan de voies actuel comporte trois voies banalisées 1, 2 et D, cette dernière ayant été aménagée vers 2000 par fusion des ex-voies 2 bis et 2 ter. Il écoule en mélange quelque 270 circulations dont les TGV de et vers Paris, Rennes, Nantes, Bordeaux, Metz, Luxembourg, Lille, Bruxelles et les TER de Wissembourg, Niederbronn-les-Bains, Haguenau, Sarreguemines, Metz, Nancy, Saverne ainsi que des convois de fret du transit nord-sud (Benelux – Suisse). Cette situation, source de fréquents conflits voire de retards, s’oppose à la création de nouveaux sillons TER notamment du type périurbain. C’est pourquoi la région SNCF de Strasbourg a proposé un projet de 117 millions d’euros supporté par l’État (41 millions), la région Grand Est (41 millions), la Communauté européenne (25 millions) et SNCF Réseau (10 millions) afin d’accroître la fluidité. Ayant fait l’objet d’une étude d’impact sur l’environnement des communes traversées (Mundolsheim, Souffelweyersheim, Bischheim, Schiltigheim) avec un mur antibruit de 400 m dans la première, l’opération consiste à insérer une voie nouvelle sur 6 km apte à 160 km/h entre la voie D et le triage d’Hausbergen et à remanier les voies existantes sur 2 km côté Vendenheim. Le coup d’envoi des travaux a été donné officiellement le 15 octobre 2018, ceux-ci devant se dérouler jusqu’en 2021 selon sept phases avec des coupures ponctuelles du trafic pour l’adaptation de la nappe caténaires et de la signalisation. Cet automne les travaux depuis une base installée au niveau du bâtiment de service principal d’Hausbergen ont largement progressé avec la réalisation de la plateforme et la pose des supports caténaires. À terme il deviendra possible de tracer chaque heure 14 TER par sens au lieu de 10 actuellement et un TGV supplémentaire.

Des rails pour la ligne 15
À Noisy-Champs au coeur d’un pôle de correspondance entre les lignes 15, 16 et du RER A, les travaux avancent. La pose des rails commencée en janvier est sur le point de s’achever dans l’arrière-gare de la ligne 15. Dans un vaste ouvrage de 450 m, quatre voies sont en place, supportées par des traverses noyées dans un radier de béton. Deux des voies seront directement affectées à l’exploitation, servant au retournement des trains grâce à une double communication croisée. En parallèle deux autres voies serviront au garage des rames. Cet ouvrage sera relié grâce à des « voies ascenseurs » au profil de 3 % à la ligne 16 construite en contrebas. Ce raccordement purement technique sans voyageurs permettra les échanges de matériels d’une ligne à l’autre. Ce chantier a été attribué au consortium Coral qui réunit Colas Rail et Alstom. En plus des voies (soudées électriquement, sauf pour les appareils de voie à aluminothermie), le consortium est chargé de la pose de tous les équipements du tunnel, caténaire rigide en 1 500 V, colonne sèche, passerelle piéton, câble, etc. L’achèvement de ce premier lot de second oeuvre est de bon augure pour tenir l’échéance de mise en service attendue en 2025.

Une gare va revivre en Gironde !
Le fait est suffisamment rare en France pour le signaler et s’en réjouir : une gare fermée aux voyageurs depuis 70 ans va rouvrir en décembre 2023. Il s’agit de Talence-Médoquine dans la banlieue sud de Bordeaux au PK 4.194 de la section de ligne commune à celle de ceinture ou du Médoc et celle de Facture.
Ouverte en 1841, fermée au trafic voyageurs en 1949 et au fret en 1987, elle va donc connaître une nouvelle jeunesse.
Dans un premier temps, seuls les trains de la ligne du Médoc s’y arrêteront.
La montée en puissance se fera ensuite, d’abord vers Arcachon, après l’automatisation de la gare arcachonnaise, puis Talence-Médoquine devrait devenir une gare multimodale comme Pessac et Cenon et desservir tous les TER intervilles du sud Aquitaine (Dax, Hendaye, Bayonne, Mont-de-Marsan, Pau) et même Libourne au nord puisque est à l’étude une liaison Cestas-Gazinet – Libourne évitant le changement à Bordeaux-Saint-Jean.
Avec cette réouverture c’est la réalisation d’un RER métropolitain pour l’agglomération bordelaise qui prend forme. Les élus ont la volonté d’accompagner le développement harmonieux d’une aire urbaine qui pourrait atteindre le million d’habitants à l’horizon 2030 et de faire du train un maillon fort de la mobilité.
Avenir assuré pour la ligne des Horlogers
L’incursion en juin d’un X 2800 rénové sur cette ligne a jeté un coup de projecteur sur cette dernière, déjà redynamisée par la région Bourgogne-Franche-Comté et qui va bénéficier en 2021 de travaux qui rendront sa desserte plus attractive.
10 ans après le retrait des autorails unifiés U 825 de l’artère franc-comtoise de Besançon au Locle, l’X 2816 préservé par l’association L’Autorail X 2800 du haut Doubs, siégeant à Valdahon, a fait sensation sur cette voie unique de la région de Dijon qui, comme bien d’autres, a bien failli voir disparaître son trafic voyageurs. Mais le conseil régional Bourgogne-Franche-Comté, qui a penchant pour le rail, a tout fait pour la maintenir en vie et a développé son trafic en jouant sur la carte des travailleurs frontaliers se rendant dans le Jura suisse.
Les samedi 1er et dimanche 2 juin, l’X 2816 en livrée bleue Massif central, attelé à la remorque XR 6154 ex-Aquitaine, a transporté chaque jour une grosse centaine de passionnés de Besançon à Morteau et retour, voulant revivre l’atmosphère des années 1970-2000, où ce matériel assurait une desserte omnibus, certes frugale mais par tous les temps, la région connaissant des enneigements sévères certains hivers. Après quatre ans passés à la remise en état de l’engin, livré à la SNCF en 1958 (1), dont c’était la première sortie officielle, les bénévoles ayant participé aux travaux de réappropriation pouvaient être satisfaits de leur engagement. La bête a avalé sans broncher la dure rampe de Morre en 30 ‰ à la sortie de Besançon et celles de 25 ‰ qui parsèment le parcours de cette artère pittoresque numérotée 872 au catalogue du RFN.
Si Marie-Guite Dufay, présidente du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, a encouragé cette initiative appréciée d’un retour sur le passé et de la promotion touristique du territoire traversé, loin des grands axes de circulation, elle ne cache pas son ambition de développer l’offre ferroviaire sur cette ligne avec une participation financière en vue de sa prochaine modernisation, comme indiqué plus loin. Cela non seulement en faveur des pendulaires se rabattant sur la cité bisontine, mais aussi a contrario des travailleurs frontaliers se rendant dans les localités du Locle et de la Chaux-de-Fonds, hauts lieux de l’horlogerie helvétique.Un redressement remarquable ces 20 dernières années
Depuis la régionalisation, cette voie unique d’un développement de 76 km entièrement tracée dans le département du Doubs, qui se prolonge en Suisse sur 10 km dans le canton de Neuchâtel jusqu’à l’importante localité de La Chaux-de-Fonds, forte de 39 000 habitants, à 994 m d’altitude, entre deux chaînons du Jura, fief de l’horlogerie et comptant plusieurs musées, a connu une certaine embellie.
Au début des années 2000, le schéma de desserte peu à peu couvert par des autorails monocaisses X 73500 comprenait deux AR Besançon – La Chaux-de-Fonds, trois AR Besançon – Morteau, quatre AR Besançon – Valdahon, un AR Morteau – Le Locle-Ville et un AR Morteau – La Chaux-de-Fonds.
Entre 2002 et 2008, l’offre a été densifiée à la fois pour le trajet périurbain jusqu’à Valdahon et pour les liaisons transfrontalières avec la Suisse, où l’ouverture par les CFF de la halte du Crêt-du-Locle en 2007 a permis un accès direct aux entreprises de ce secteur. Ainsi, depuis le 22 avril écoulé, la SNCF a ajouté une desserte supplémentaire en mi-journée Morteau – La Chaux-de-Fonds, soit sept sur la journée. Pour permettre un renforcement de certaines des compositions aux heures de pointe, la région Bourgogne-Franche-Comté vient d’acquérir neuf X 73500 cédés par la région Picardie, aidés par des AGC X 76500 sur certaines des courses. On obtient dès lors le canevas portant sur les mouvements TER fer suivant, les jours ouvrables de base :
Nouvelle commande de Régiolis par la région Grand Est
Fin octobre, la région Grand Est a passé une commande complémentaire de trains Régiolis à Alstom. Elle comporte 39 rames pour un montant de 360 millions d’euros. Elles seront livrées entre 2022 et 2024 et produites à l’usine de Reichshoffen.
Il y a d’abord neuf rames bimodes en version périurbaine identiques au parc en cours de livraison : cinq rames de quatre caisses et quatre rames de six caisses. La nouveauté réside dans l’acquisition de 30 rames destinées aux relations transfrontalières avec l’Allemagne (Sarre, Rhénanie Palatinat et Bade- Wurtemberg). Bimodes, bifréquence 25 kV 50 Hz et 15 kV 16 2/3 Hz, aptes à 160 km/h, ces rames seront bistandard KVB/ERTMS et PZB, auront quatre caisses avec un espace de 1re classe et un espace vélos, pour une capacité globale de 210 places. La livraison s’échelonnera de septembre 2023 à novembre 2024 à raison de deux rames par mois. Ce projet franco-allemand a pour ambition de réactiver sept lignes de Metz vers Trèves et Sarrebruck, de Strasbourg vers Sarrebruck, Neustadt, Wörth, Karlsruhe et Offenbourg et de Mulhouse vers Müllheim. Un appel d’offres sera lancé en 2022 pour des prestations de transport à l’échelle européenne. La mise en service est souhaitée en janvier 2025.
Acte II pour Marseille – Aix-en-Provence
En 2010 la SNCF avait procédé à une amélioration des installations de la section à voie unique non électrifiée Marseille – Aix-en-Provence de 36 km, avec doublement partiel et création de haltes supplémentaires, autorisant une desserte TER à la demi-heure. Une seconde phase est entamée depuis l’été 2018. Objet d’une opération de 173 millions d’euros inscrite au contrat de plan État-Région 2015-2020, supportés par l’État, la région Paca, le département des Bouches-du-Rhône, la métropole Aix-Marseille et SNCF Réseau, elle vise à:
– créer une seconde voie sur 4 km de Gardanne à l’ex-gare de Luynes en direction d’Aix-en-Provence, avec reprise de parois rocheuses et de sept ouvrages d’art dont deux ponts-rails sur la RD 7, le ruisseau de Luynes et cinq petits aqueducs ;
– améliorer les installations de la gare d’Aix-en-Provence avec allongement des quais à 220 m conduisant à élargir le pont-rail sur l’avenue Robert-Schuman ;
– allonger les quais à 220 m des gares de Saint-Antoine et Simiane. Les travaux au nord de Gardanne ont nécessité une interception totale du trafic de cette gare à Meyrargues du 1er juillet au 4 novembre 2018. Durant cet intervalle les TER ont été limités au parcours Marseille – Simiane, avec continuation par cars, ceux pour Gap, Briançon étant origine-terminus Meyrargues. Une nouvelle coupure de trafic est prévue à l’été 2020, la mise en service devant avoir lieu en 2021 avec une desserte au quart d’heure aux heures de pointe. Pour l’alimentation de l’usine chimique de Gardanne, le train entier de bauxite chargé au terminal minéralier de Fos qui était jusqu’ici acheminé via Miramas, Rognac et Aix est détourné via Marseille.
Euskotren : Bilbao Atxuri fermée et gare provisoire à Hendaye
Depuis le 9 septembre dernier la section Bilbao Atxuri – Kukullaga Etxebarri (4 km) de la ligne à voie métrique d’Euskotren de Bilbao Atxuri à Saint-Sébastien Amara via Amorebieta est fermée. Les trains qui y parvenaient ou en partaient encore étaient origine-destination Bermeo via Amorebieta. Désormais, ils sont reportés à Bilbao Matiko sur la ligne 3 du métro Kukullaga Etxebarri – Matiko (8 km, ouverte le 8 avril 2017) tout comme ceux venant ou partant de Saint-Sébastien, qui avaient déjà déserté la gare d’Atxuri depuis le 19 juin 2017.
Du 2 ou 4 octobre dernier, la gare Euskotren d’Hendaye, dotée d’une seule voie en impasse, située dans la cour de la gare SNCF, a été fermée avec les trains limités à Irun Ficoba. Depuis le 5 octobre, une gare provisoire a été ouverte avec un quai de 80 m en structure métallique à 150 m de l’ancienne, en cours de démolition pour faire place à un nouveau BV et à deux nouvelles voies en impasse. Cette gare, qui permet de relier Lasarte via Saint-Sébastien toutes les 30 min actuellement passera à une cadence de toutes les 15 min avec les nouvelles installations.
Ouigo investit Lyon
L’offre à bas coût de la SNCF continue de tisser sa toile. À compter du 1er juin 2020, les trains Ouigo desserviront les gares de Lyon-Part-Dieu et Lyon-Perrache au départ de Paris-Gare-de-Lyon.
Trois AR quotidiens seront mis en route : départs à 6 h 26, 12 h 30 et 18 h 35 de Paris, départs à 9 h 17, 15 h 35 et 21 h 21 de Lyon-Perrache. La durée du trajet total sera de 2 heures 10. Les billets seront mis en vente en mars. Ces nouveaux parcours s’ajoutent aux trois AR quotidiens depuis Marne-la-Vallée-Chessy et aux deux AR quotidiens depuis Aéroport-Charles-de-Gaulle à destination de Lyon-Saint-Exupéry et Lyon-Part-Dieu.
Mi-octobre, Ouigo disposait de 31 rames spécialement aménagées (TGV Dasye 760 à 790).