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Catégorie : Réseaux français
L’actualité des réseaux ferroviaires français.

La gare de Haguenau ferme pour faire place à un PEM
La gare actuelle de Haguenau vient de fermer définitivement ses portes. Inaugurée en 1964, elle a remplacé un bâtiment construit en 1892 et détruit pendant la Seconde Guerre mondiale. Au terme de 18 à 24 mois de travaux, Haguenau verra sortir du sol son nouveau PEM (pôle d’échange multimodal), conçu autour d’une nouvelle gare en forme de cube, avec une immense horloge sur chaque face, s’accordant esthétiquement avec la passerelle.

Menace sur le « Roussillon-Express »
La SNCF avait tiré la sonnette d’alarme depuis bientôt deux ans, mais à l’approche de l’échéance, cela a été répété plus fort : Le train nocturne Roussillon-Express arrive en fin de contrat à la mi-juin et la SNCF arrêtera sa circulation si aucune solution ne se dégage d’ici là. Ce train quotidien achemine sous froid depuis 40 ans les primeurs du Roussillon ou venant d’Espagne de Perpignan-Saint-Charles au MIN de Rungis. Le parc de 84 wagons frigorifiques aptes à 140 km/h a vieilli et devrait être remplacé. Cela a un coût que personne n’est prêt à assumer : ni le loueur, ni la SNCF, ni le groupement de transitaires et bien sûr ni la région qui, rappelons-le, n’a pas la compétence transport de fret. La presse s’est emparée du sujet, appuyée par tous les organismes qui avaient été appelés à cofinancer le déménagement du quai spécialisé il y a seulement 10 ans du quartier de Saint-Assiscle à Saint-Charles, la gare TGV de Perpignan devant prendre sa place. CCI, ville, agglo et quelques autres avaient alors financé ce transfert jusqu’à 2,5 millions d’euros chacun.
Rappelons qu’à la création du marché Saint-Charles à Perpignan, c’était quatre trains de primeurs qui ralliaient Rungis chaque nuit, qui se sont réduits au fil des années au bénéfice de la route. La suppression de ce dernier train entraînerait la mise sur route de 25 000 camions par an, pour un service rendu de moindre qualité, moins performant, mais plus régulier.
Personne ne souhaite actuellement assumer la responsabilité de cette suppression, mais le coût du maintien non plus. D’autres solutions techniques sont aussi à l’étude, combinant le fer et la route. Quelques points positifs : les sillons sont réservés jusqu’au 31 décembre 2019, et le loueur estime que les wagons ont encore deux ans et demi de potentiel.
La desserte régionale autour de Reims s’étoffe
La région Grand-Est a décidé de renforcer de 15 % les liaisons TER , notamment dans la zone nord de Champagne-Ardenne couvrant les départements de la Marne, de la Haute-Marne et des Ardennes, à effectifs de matériels constants. Toutefois neuf arrêts très faiblement utilisés seront supprimés. Pour l’horaire 2020, les dispositions suivantes vont être appliquées :
– sur Reims – Châlons-en-Champagne via Mourmelon : desserte cadencée à l’heure en journée, à la demi-heure en pointe avec 20 AR dont neuf prolongés à Vitry-le-François, Saint-Dizier, sept d’entre eux continuant vers Joinville et Chaumont ;
– sur Reims – Épernay : même type de desserte qu’en direction de Châlons ;
– sur Reims – Charleville-Mézières via Rethel, Amagne-Lucquy : renforcement de la trame atteignant 27 % grâce à une fréquence horaire en pleine journée, aux 30 min en pointe, une liaison sur deux rebroussant en direction de Sedan ;
– sur Charleville-Mézières – Longwy : adjonction de quatre AR en correspondance à 10 min vers Luxembourg ;
– sur Reims – Fismes : offre maintenue à 10 AR avec espacement de 30 min en pointe, mais porté à 4 heures en pleine journée.
Pour ce qui concerne l’artère de la vallée de la Meuse de Charleville à Givet, la desserte sera recalibrée en 2021 car les travaux de modernisation des installations entamés ces dernières années se poursuivent encore durant quelques mois.
Les TER vers Charleville et Châlons seront pour la plupart amorcés et terminus à Champagne-Ardenne-TGV pour relever les TGV du faisceau est-européen.
Des réouvertures de lignes aux voyageurs compromises en région Occitanie
En décembre 2016 une concertation dans le cadre des États généraux du rail et de l’intermodalité désignait six lignes prioritaires pour une sauvegarde. Mais les coûts annoncés à l’époque ne sont plus d’actualité.
Pour Montréjeau – Luchon (35,4 km, fermée le 18 décembre 2014), de 36 millions d’euros en 2016 SNCF Réseau est passé maintenant à 70 millions d’euros, ce qui a irrité la région il y a quelques mois. Elle a demandé une contre-expertise et a mandaté une entreprise de travaux publics ferroviaires. La contre-expertise menée en interne par SNCF Réseau révèle un coût trop élevé de 11 % et l’entreprise de TP évalue à 20 % la surestimation.
Pour Alès – Bessèges (31,3 km, fermée le 8 juillet 2012), l’estimation initiale de 80 millions d’euros par SNCF Réseau est maintenant majorée de 30 %. Lors de la proposition de réouverture en 2016 le montant était annoncé à 50 millions d’euros.
Pour Limoux – Quillan (25,2 km, fermée le 1er janvier 2018), SNCF Réseau prévoit 59 millions d’euros de travaux alors que la section régénérée en 2017-2018 entre Carcassonne et Limoux (26 km) avait coûté 11 millions d’euros.
Ces différends sur le montant des coûts entre la région Occitanie et SNCF Réseau entraînent une dérive dans le temps pour d’éventuels travaux. La région prend en charge à plus de 90 % les coûts de réalisation.
Les trois autres lignes sont Rodez – Sévérac (fermée 9 décembre 2017), la rive droite du Rhône entre Pont-Saint-Esprit et Nîmes (fermée 6 août 1973) et le Train jaune. Pas de chiffres communiqués sur les deux premières et la dernière est toujours en activité ; elle bénéficie depuis des années de travaux de remise à niveau.
Deux ans de plus pour CDG Express
La ministre des Transports a tranché le 29 mai dernier : le projet CDG Express qui doit relier directement sans arrêt la gare de l’Est au terminal 2 de l’aéroport Charles-de-Gaulle sera mis en service fin 2025 au lieu de fin 2023.
Cette décision fait suite à l’analyse du planning des différents travaux du réseau nord. Respecter fin 2023 entraînait trop de contraintes sur le RER B en termes de ralentissements et d’interruptions de circulation. Les élus franciliens voulaient une priorité absolue au transport du quotidien. Cependant, pour l’État comme pour la Région, CDG Express demeure indispensable à Paris et l’Île-de-France.
CDG Express ne sera donc pas au rendez-vous des JO d’été 2024. Ce qui ne chagrine pas le comité d’organisation car cette ligne ne dessert aucun site olympique.
Alors que le Grand Paris sera sans doute aussi en retard pour 2024, le ministère a demandé à Île-de-France Mobilités d’améliorer la desserte actuelle de l’aéroport pendant la durée des JO en créant par exemple des trains directs sur le RER B.
Retour d’un VTM en Corse
Partie en juin 2015, une des deux draisines VTM de l’entreprise Geismar est de retour en Corse. Ces deux engins avaient été acquis par les Chemins de fer corses en 1990, puis en 2008 et 2013. Tombés en panne fin janvier 2015, ils avaient été vendus en Italie. Après rénovation, le VTM 850.02 revient dans l’île, à l’occasion de travaux effectués par la STF (Société de travaux ferroviaires), dans une configuration modifiée : le bras articulé a été démonté et l’engin n’est plus équipé que d’un seul poste de pilotage positionné de côté contre un dans chaque sens auparavant.

La reine des neiges et les petites mains
Sur la portion Latour-de-Carol – Ax-les-Thermes de la ligne menant à Toulouse, le maintien du trafic en cas de fort enneigement dépend du chasse-neige. La menace qui pèse sur la pérennité de ce dernier, rentabilité oblige, met donc en péril la viabilité de ce tronçon de ligne. Sur le terrain des cheminots se battent au quotidien pour préserver un fragile statu quo…
Il est 4 h 30, j’ai déjà les yeux ouverts avant la sonnerie du réveil. Je regarde par la petite fenêtre de ma chambre située dans le long bâtiment de la gare de Latour-de-Carol-Enveitg, en Cerdagne. Pas un bruit, pas un mouvement, pas un flocon, pas un brin de vent. J’avais dit à Julien que je me lèverais si et seulement si les conditions météo étaient propices, c’est-à-dire avec neige et vent. Là, seules les étoiles scintillent dans le ciel noir.
4 h 35. Allez, debout ! De toute façon je me connais, je ne me rendormirai pas. Douche vite prise, un café et deux tartines de pain de mie pour petit-déjeuner. Je sors du bâtiment retrouver toute l’équipe dans le local appartenant à l’Infra (pôle responsable du matériel et des voies). Sont présents ce matin Éric, Julien, Pedro et Raphaël.
– Salut les gars, fait pas chaud mais fait pas mauvais.
– Oui, -7,6 °C, me répond Éric, 57 ans trapu et solide comme un montagnard, chef des opérations de déneigement ce matin. Il est au téléphone avec l’agent circulation d’Ax-les-Thermes pour lui poser une demande de fermeture de voie, seul moyen de partir en toute sécurité sur le parcours Latour-de-Carol – Ax-les-Thermes. Latour – Ax : 40 bornes de voie ferrée partant de 1 200 m d’altitude dans les Pyrénées-Orientales et descendant jusqu’à 700 m côté Ariège. À Porté-Puymorens (1 562 m, gare la plus haute de France), la voie s’engouffre dans un tunnel sous le col du Puymorens, bien connu pour son accès en Andorre mais souvent fermé l’hiver à cause des conditions climatiques dantesques qui peuvent régner dès que le vent se met à souffler. Pas de vent ce matin mais sait-on jamais. Une fois que CN 2 aura parcouru les 5 000 m du tunnel du Puymorens, quelle météo trouvera-t-il de l’autre côté ?
CN 2 c’est le chasse-neige n° 2, une vénérable machine électrique de la série 8500 !
21 m de long, 82 t de métal au service d’une technicité vieille de 40 ans ! Un joli monstre équipé de deux étraves pour se frayer un chemin dans la houle poudreuse !
Une machine au service de l’Infra qui assure le déneigement de la ligne, mais qui risque de ne pas survivre aux départs en retraite des derniers détenteurs d’un certain savoir-faire… et au tarissement du stock des pièces détachées !
Karine, la seule conductrice du chasse-neige de l’Infra, m’explique qu’ici, en plus d’une attention visuelle particulière, elle conduit aussi à l’écoute, en ressentant tous les sons et mouvements de Sa machine. Sa Machine car comme les autres conducteurs de l’Infra, Karine lui voue un profond attachement. Elle sait pertinemment que la survie du chasse-neige est le garant d’un volume de travail hivernal et c’est pour cela qu’elle lui porte autant d’attention, qu’elle le chouchoute comme ses enfants.
Mais plus encore, tous ces travailleurs de l’ombre (et du froid !) sont fiers de ce qu’ils accomplissent avec leur machine. Aussi, ils l’entretiennent du mieux qu’ils peuvent. En cas de panne ou de soupçons, contact est pris, photos à l’appui, avec le service Mobiloc pour qu’un camion de dépannage puisse se déplacer afin de réparer au plus vite.
Car la mission du chasse-neige ne peut être arrêtée ou compromise. Il y a une ligne ferroviaire à maintenir en exploitation. Et quelle ligne !…
Un peu d’histoire pour comprendre la particularité de l’axe Toulouse – Latour…Une réalisation tardive, une électrification précoce
Dès 1865, une commission mixte franco-espagnole fut instaurée pour développer les relations par chemin de fer entre les deux États. Pas moins de 12 projets furent présentés, dont une liaison entre Toulouse et Ripoll rejoignant un axe à destination de Barcelone.
Par ce biais, la France recherchait le moyen le plus court de relier Paris à ses colonies d’Afrique du Nord, en limitant le recours à la voie maritime.
On choisit d’utiliser le chemin de fer de Paris à Barcelone par la distance la plus faible, donc via Orléans, Limoges, Toulouse et une nouvelle traversée pyrénéenne.
Néanmoins, côté français, l’essor du chemin de fer n’avait pas attendu la conclusion de ce protocole. Une première convention en 1857 avait entériné la construction d’une ligne reliant Portet-sur-Garonne à Foix, à partir de l’axe Toulouse – Bayonne. Un régional de l’étape, Théophile Delcassé, ministre des Affaires étrangères de Napoléon III et natif de Pamiers, fut partie prenante de ce choix.
Mise en service en deux temps, en 1861 jusqu’à Pamiers et en 1862 jusqu’à Foix, cette réalisation devait constituer le premier maillon d’un transpyrénéen oriental. Le train entamait sa remontée de l’Ariège pour atteindre Tarascon en 1877 et Ax-les-Thermes en 1888.
En revanche, l’achèvement de la section entre Ax-les-Thermes et Latour-de-Carol dut patienter puisque le traité international ne fut signé qu’en 1904. Sa réalisation fut ralentie par la difficulté de son tracé escarpé, par le percement d’un tunnel au Puymorens de plus de 5 km et évidemment par les conséquences de la Première Guerre mondiale.
Rendez-vous le 27 juillet pour le tram de Caen
On l’attendait pour septembre, c’est finalement le 27 juillet que sera mis en service le nouveau tram de Caen. Depuis l’arrêt du TVR le 31 décembre 2017, il ne se sera passé que 19 mois, un record pour reconstruire un réseau de trois lignes. Avec ce nouveau tram, l’agglomération se dote de deux prolongements au sud vers Fleury-sur-Orne et en centre-ville vers Presqu’Île. Une nouvelle extension est attendue d’ici quelques mois au sud de Collège-Stephen-Hawking en attendant à plus long terme de nouveaux développements à l’ouest vers Bretteville.

Léman Express : les premiers Régiolis transfrontaliers
Dédiés à la nouvelle liaison franco-suisse, les premiers Régiolis Lex ou Z 31500, aptes à rouler sur les deux réseaux, ont été présentés ce printemps pour une mise en service prévue d’ici à la fin de l’année.
Le 10 avril dernier, à l’usine de Reichshoffen, Alstom a présenté officiellement la première rame finie de la gamme Régiolis destinée à l’exploitation du Léman Express (Lex), ex-projet Ceva (Cornavin – Eaux-Vives – Annemasse) de création d’une nouvelle liaison franco-suisse.
Il s’agit d’une commande de 17 rames financée par la région Auvergne-Rhône-Alpes faisant partie du marché de 1 000 trains « porteurs polyvalents » signé en octobre 2009.
L’architecture générale est identique au reste de la gamme. Mais conçue pour une desserte internationale, la rame Lex présente des singularités. Premier Régiolis transfrontalier, il s’est adapté à la Suisse avec la possibilité de fonctionner sous alimentation 15 kV 16 2/3 Hz… ce qui lui permet d’aller aussi en Allemagne. La rame garde deux pantographes, mais celui préposé au 25 kV 50 Hz prend un archet de 1 450 mm pour capter le 15 kV. Un nouveau transformateur tritension est installé. Plus volumineux, il entraîne le déplacement de quelques équipements dont les selfs de lissage.
De ce fait, les véhicules d’extrémité ont une occupation de toiture différente. Purement électrique, l’automotrice Régiolis Lex est numérotée dans la série Z 31500. Construites par Stadler, les rames Flirt série 2 type RABe 522 sont aptes au 15 kV et au 25 kV.
L’ERTMS est activé avec utilisation des deux écrans d’interface homme-machine en cabine et création d’un support coulissant pour la tablette du conducteur. Ces rames seront donc les premières à recevoir le CCS (contrôle-commande et signalisation) « bord », conforme à la STI. Apte à 160 km/h, le Régiolis Lex sera limité à 140 km/h sur la liaison nouvelle Ceva.
La configuration choisie est le modèle M à quatre caisses reposant sur cinq bogies. Pour optimiser les flux et réduire les temps d’arrêt lors des échanges voyageurs en gare, il y a sept portes de chaque côté : deux sur chaque véhicule d’extrémité, une sur le véhicule intermédiaire VI1 UFR spécialisé (1re classe et PMR) et deux sur l’autre véhicule intermédiaire VI2. Également à quatre caisses, les rames Flirt série 2 ont huit portes d’accès, deux par caisses.
Outre les marquages « Léman Express », la livrée extérieure est originale : à base de gris avec du gris foncé en bas de caisse et gris anthracite au niveau des baies, bandeau rouge en haut des caisses et en face frontale, portes de couleur rouge avec bandeau bleu en partie haute, 1re classe bien repérée par la bande jaune, deux arcs de couleur bleue sur chaque voiture. Les rames Flirt ont globalement la même livrée, le fond de caisse étant de couleur blanche. Les rames dédiées au Léman Express sont reconnaissables à leur emblème commun, le ruban de Mœbius.
À noter que toutes les portes sont munies d’un comble-lacune et pas seulement la porte d’accès UFR comme c’est la règle sur les autres rames Régiolis.
À l’intérieur, l’ambiance est similaire à celle des autres Régiolis : même siège avec accoudoirs, liseuses individuelles et prises de courant françaises (les rames Flirt ont des prises suisses et françaises), tissu de velours de couleur bleu en 2de et rouge en 1re. La disposition est principalement en 2 + 2 avec beaucoup de vis-à-vis par groupe de quatre, avec des petites tablettes surtout utilisables par les sièges côté fenêtre.
Les deux véhicules d’extrémité sont identiques avec côté cabine un espace de 16 places, deux plateformes d’accès avec quatre strapontins, un espace central avec un rack à vélos et neuf places. Les intercirculations larges sont équipées de portes pour isoler éventuellement un véhicule.
Une ferme au bord de la Petite Ceinture
Décidément, l’agonie de la Petite Ceinture sera longue et douloureuse. Alors que la Ville de Paris s’est engagée sur des aménagements publics réversibles, les projets et constructions se multiplient. Dans ce contexte, on se demande bien s’il sera possible d’y revoir circuler un jour du matériel ferroviaire, tramways ou trains de fret. Le dernier projet en cours concerne une ferme établie en bordure de voie dans le secteur de l’Ourcq, là même où il serait question d’un possible prolongement sud du tram T 8. En plus d’une exploitation agricole, des logements et un restaurant sont prévus. Au-delà de ces nouvelles constructions qui en elles-mêmes ne portent pas tellement à conséquence, on voit bien comment la Ceinture continue à se faire grignoter petit à petit, ce qui interdit de fait un retour à un usage ferroviaire, alors que de nombreuses infrastructures parisiennes sont totalement saturées.