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Catégorie : Transports urbains
L’actualité des transports urbains : métros, tramways, bus etc.

Des portes palières pour les lignes 14, 16 et 17 du métro
C’est plutôt bon signe pour les nouvelles lignes 16 et 17 du métro de Paris tout comme pour le prolongement de la 14 vers Orly. Si la signature du contrat de fourniture des portes palières par Engie et Portalp semble anecdotique, il indique surtout le bon avancement de ces projets. Le chantier qui doit commencer en 2022 porte sur la fourniture de 672 façades de quai avec pour objectif l’ouverture de la branche sud de la 14 en 2024. Pour cette seule ligne, le marché de 46 millions d’euros concerne l’installation de 384 portes sur les deux quais des huit nouvelles stations de 120 m. Ce contrat, le quatrième pour Engie solutions avec la Société du Grand Paris, confirme la place de l’entreprise sur ce secteur après les succès obtenus en 2019 à Vienne en vue de l’automatisation de la ligne U 5.

Tramways contre BHNS, l’exemple de Caen et Amiens
À l’heure de la construction un TCSP (transport collectif en site propre), les élus se déchirent souvent entre tramway et BHNS. À travers les exemples de Caen et Amiens, une comparaison des modes permet de mettre en avant des avantages et des inconvénients.
En 2019, deux nouveaux réseaux de tramway ont vu le jour en France, Caen et Avignon. Avec près d’une trentaine d’agglomérations équipées, la France a quasiment fait le plein. Désormais, les élus sont de plus en plus tentés par le BHNS, entendez bus à haut niveau de service. Ce sigle cache en fait des réalités très différentes puisqu’il n’en existe pas de définition claire et précise. On admet communément qu’un tel bus dispose d’un matériel roulant amélioré et d’un site propre sur une bonne part de son parcours. Depuis les récentes prises en compte des questions environnementales, on attend désormais qu’il soit électrique, ce qui n’impose plus le recours à une ligne aérienne.
Mais comment comparer tramways et BHNS et lequel des deux modes est supposé le meilleur ? Pas facile bien sûr de répondre à une telle question, encore qu’un journaliste de Rail Passion a forcément ses préférences pour le rail. En réalité, les deux systèmes sont difficilement comparables et dépendent en grande part du service recherché et du prix que l’on est prêt à payer pour y parvenir. Présenter le BHNS comme moins cher (comme le font souvent les élus) est une absurdité dans la mesure où l’offre proposée est proportionnelle aux dépenses et n’est pas comparable à celle offerte par un tramway.
Après une expérience douloureuse, Caen a décidé l’arrêt du TVR également qualifié de tramway sur pneus, en fait un trolleybus guidé par un rail central. Plusieurs choix étaient possibles pour le remplacer, bus en site propre diesel ou électrique, trolleybus, tramway sur pneus Translohr, ou tramway fer.
Le Havre : un funiculaire tout neuf et une troisième ligne de tramway
Le Havre envisage la conversion du TER Lézarde en troisième ligne de tramway desservant les quartiers sud de la ville. Avant cela dès l’an prochain, les cabines du funiculaire seront reconstruites pour accompagner un trafic important.
En 1945, la ville du Havre est un vaste champ de ruines. Les bombardements du port ont largement débordé sur les habitations, obligeant à une reconstruction en profondeur. C’est une nouvelle cité qui est imaginée par l’architecte Auguste Perret avec de larges avenues ouvertes vers la mer. La gare, au centre de cet ensemble, est facilement accessible et permet une convergence des différents modes de transport. Mais la géographie particulière du Havre vient perturber ce bel équilibre, avec une ville dont les extensions progressives ont gagné les hauteurs d’une falaise, coupant l’agglomération en deux. Les quartiers bas, côté bord de mer, sont séparés par les quartiers hauts, plus difficilement accessibles mais où le foncier est disponible pour de nouvelles extensions. Cette césure constitue depuis longtemps une vraie difficulté et dès la fin du XIXe siècle, des escaliers puis en 1890 un funiculaire sont ouverts pour faciliter l’ascension. La route, sinueuse et au rude profil, est également parcourue par les tramways. En 1928, on inaugure même un escalier mécanique qui fonctionnera jusqu’en 1984. Mais tout cela reste insuffisant, et c’est finalement le tunnel routier Jenner qui assure une jonction efficace à partir de 1955. Cet ouvrage a l’inconvénient d’encourager le recours à l’automobile, déjà favorisée par les larges avenues du centre. La circulation routière ne cessera de croître en particulier à la faveur des nouveaux immeubles qui apparaissent sur les hauteurs au-delà de la zone pavillonnaire, repoussant plus encore les habitants de ces quartiers.
Durant les Trente Glorieuses, les transports publics sont en net recul, après la disparition du tramway en 1951 et du trolleybus qui l’a en partie remplacé en 1971. Comment donner un accès aux quartiers périphériques tout en recréant du lien entre la ville basse et la ville haute ? C’est de cette équation que naît le projet de tramway. Son objectif est multiple, desservir les quartiers excentrés, recoudre la ville et redessiner ses larges artères qui favorisent un usage important de l’automobile. Aussi génial soit-il, Auguste Perret a imaginé une cité fluide où les déplacements individuels sont favorisés. Le nouveau transport a donc l’opportunité de rectifier cette approche dépassée en redonnant sa place au transport public.
Plan d’investissements pour les transports publics de Berlin
La BVG (Berliner Verkehrsbetriebe), détenue à 100 % par l’État de Berlin, est la société qui exploite les réseaux de bus, de métro, de tramway et de bacs pour piétons dans l’agglomération berlinoise. Le 7 juillet 2020, le Sénat de Berlin a reconduit directement la BVG pour l’exploitation de ses réseaux pour 15 ans à compter du 1er septembre 2020. Le nouveau contrat pour la période 2020-2035 d’un montant de 12,7 milliards d’euros couvre entre autres les compensations pour certains tarifs sociaux pour un montant de 3,1 milliards d’euros, la construction de nouvelles lignes de tramway pour un montant d’environ 2 milliards d’euros, l’entretien et la rénovation des réseaux pour un montant de 1,7 milliard d’euros, l’achèvement de projets en cours comme le prolongement de ligne de métro U 5 pour un montant de 600 000 euros, et la décarbonisation du système de transport pour un montant de 2 milliards d’euros, dont 450 millions d’euros pour l’acquisition de 227 bus électriques. Au cours de la dernière décennie la BVG a investi environ 300 millions d’euros par an. Avec le nouveau contrat, 800 millions d’euros par an seront dépensés soit deux fois et demie de plus. D’ici à 2030, environ 3,14 milliards d’euros seront investis pour renouveler le matériel, dont 2,4 milliards pour le métro et 740 millions pour le tramway. Le réseau de tramway va être étendu d’environ 40 % pour desservir de nouvelles zones densément peuplées. Un cadencement aux 10 min en journée sera institué sur tous les réseaux.

Lignes 16 et 17 : la RATP, Alstom et ComfortDelGro se regroupent
C’est une joint-venture, un regroupement d’entreprises, qui part à la conquête des marchés des lignes 16 et 17. RATP-Dev, Alstom et la société de transports ComfortDelGro Transit basée à Singapour se sont rapprochés pour répondre aux futurs appels d’offres concernant le métro du Grand Paris. L’importance du projet francilien conduit logiquement à des alliances offrant des convergences de compétences pour de nouveaux débouchés tant en Île-de-France que sur d’autres contrats. C’est donc un nouvel acteur de poids qui fait son apparition sur un marché très convoité.

La station Villejuif-IGR de la ligne 14 remontée par vérins
Le 22 juillet, une spectaculaire opération de vérinage a été réalisée à la station Villejuif- Gustave-Roussy du métro parisien. Depuis le passage du tunnelier de la ligne 14 sur un viaduc à une dizaine de mètres au-dessus de la station de la ligne 15 en contrebas, une caisse de béton a été construite pour la future station. Soutenue par des pilotis, elle était un peu trop basse, son radier abaissé pour permettre le passage du tunnelier. Pour les futurs trains en revanche, il était nécessaire de remonter la caisse de béton de 1,73 m. C’est donc en une journée à l’aide de vérins hydrauliques que l’opération a été réalisée. Pour l’occasion, le tunnelier de la ligne 14 a été arrêté exceptionnellement avant de reprendre sa course vers Maison-Blanche.

Bras de fer entre Île-de-France Mobilités et le gouvernement
C’est pour dénoncer l’immobilisme du gouvernement que le conseil d’administration d’Île-de-France Mobilités au complet a voté la cessation des paiements le 8 juillet. Face à une dette accumulée (suite à la crise sanitaire) de 2,6 milliards d’euros pour la seule année 2020, l’autorité en charge des transports n’a pas trouvé d’autre moyen pour obliger l’État à venir à la table des négociations. Sa présidente Valérie Pécresse a refusé de se faire financer par les voyageurs avec une augmentation du passe Navigo de 20 euros par mois ou encore une réduction de l’offre. Cette cessation des paiements de la RATP et de la SNCF ne devait pas avoir de conséquences à court terme puisque les opérateurs disposaient encore de trésorerie. Mais IdFM a bien insisté sur la nécessité de réaliser dès l’été (et non à l’automne) des investissements importants afin de maintenir les calendriers des nouvelles lignes et les renouvellements de matériels. La fin de non-recevoir présentée par l’État a été jugée d’autant plus choquante que la plupart des autres pays confrontés à la crise sanitaire ont compensé les pertes générées, à l’image de l’Allemagne avec 7 milliards d’euros.

Une 100e rame Citadis à Lyon
Indéniablement, le tramway Citadis d’Alstom est un best-seller avec 2 600 rames commandées et déjà 2 300 en service. Parmi les bons clients du constructeur, l’agglomération lyonnaise.
Le Sytral, son exploitant, vient ainsi de recevoir sa 100e rame. Le parc est désormais composé de 27 rames de 43 m, et 73 de 32 m. Début 2021 s’y ajouteront sept nouveaux trams de 43 m destinés aux lignes T 3 et T 4. Commandé depuis 1998, le Citadis lyonnais devient ainsi l’une des plus belles vitrines d’exposition du constructeur. Côté métro, Alstom n’est pas en reste : les 68 rames pneus et les cinq rames fer sont toutes sorties de ses usines. Le nouveau MPL 16 en cours de livraison confirme cette tendance.
Le marché de génie civil de la ligne 18 du métro attribué
Le 14 mai, le marché des travaux de génie civil de la ligne 18 a été attribué. Le groupement autour de Vinci, Spie-Batignolles et Campenon Bernard réalisera le tunnel, les gares et les ouvrages de service entre Aéroport-d’Orly (en correspondance avec la ligne 14) et le plateau de Saclay, le tout au gabarit de 2,45 m du métro parisien. D’un montant de 799 millions d’euros, le marché comprend le percement de 11,8 km de galerie réalisé par deux tunneliers, ainsi que la construction des gares de Massy-Opéra, Massy-Palaiseau, la traversée de la gare d’Orly (hors marché) ainsi que 13 ouvrages de service. À sa mise en service espérée pour 2027, la ligne 18 reliera le pôle de Saclay à Orly en 20 min contre 50 aujourd’hui

Versailles-Chantiers. Première étape d’une nouvelle gare multimodale
La deuxième gare d’Île-de-France est en pleine mutation. En travaux depuis 2013, elle se prépare à devenir l’un des plus importants pôles d’échanges de la région.
Pour comprendre l’ampleur du projet en cours à Versailles-Chantiers, il faut prendre de la hauteur et se projeter en 2030. À cette date, la gare sera au centre d’un important complexe de transports cumulant TGV, TER, RER, Transilien, métros, tramways, autobus et taxis. C’est cette fonction très particulière qui place le projet en cours au niveau d’une grande gare parisienne. Grande gare, Versailles-Chantiers l’est indéniablement. Avec plus de 500 trains et 85 000 voyageurs par jour, c’est la deuxième de la région, au même niveau que celle de Strasbourg. En plus des TGV Réseau, des TER des régions Centre, Haute et Basse-Normandie, la gare reçoit aujourd’hui les trains des lignes N et U et les RER C. En 2030 s’y ajouteront les tramways de la ligne T 12 Évry - Massy - Versailles en remplacement de la branche Massy - Versailles du RER C. La ligne 18 du métro arrivera également sur le site offrant des liaisons rapides vers Aéroport-d’Orly, Nanterre et Saint-Denis-Pleyel.
Le bâtiment reconstruit en 1932 en forme de locomotive dans un style Art déco n’avait pas autant d’ambition. Très moderne pour l’époque avec ses volumes généreux, il était devenu dépassé au fil du temps. C’est dans ce contexte qu’a été imaginé un projet d’extension pour redynamiser les circulations tout en facilitant la correspondance vers une vingtaine de lignes de bus.
La gare historique des années 30 souffre d’un premier handicap, sa linéarité. Son parvis s’ouvre sur un hall d’accueil qui distribue les voyageurs (en distinguant entrants et sortants) vers une passerelle au-dessus des quatre quais. Des escaliers permettent ensuite de rejoindre les trains. Cette conception très moderne pour l’époque limite les circulations en gare et concentre les voyageurs qui ne se répartissent pas sur la longueur des quais. Une première étape a consisté en 2010 à ouvrir un nouvel accès vers Porte-de-Buc (sortie 3) à l’extrémité de la passerelle rendant la gare traversante dans le sens nord-sud.
Progressivement, il est apparu que le bâtiment dans cette configuration n’était plus adapté. C’est donc un vaste projet qui est imaginé visant à transformer Versailles-Chantiers en véritable pôle multimodal. La réutilisation d’anciennes emprises ferroviaires marchandises à l’ouest va permettre de repenser l’ensemble du site.
Première étape, doubler le hall d’accueil d’origine pour permettre à la gare de fluidifier davantage les déplacements. Une nouvelle passerelle est installée au-dessus des voies côté ouest qui créé un second accès aux trains et permet une meilleure répartition des voyageurs sur la longueur des quais. Cet équipement est également doté d’escaliers fixes et mécaniques, complétés d’ascenseurs pour personnes à mobilité réduite. La passerelle vaste et lumineuse permet également aux voyageurs de patienter à l’abri en attendant leur train. À son extrémité côté nord, un nouveau hall 2 est créé avec des espaces de repos et de travail. Un commerce et un bureau SNCF sont également à la disposition des voyageurs.
Depuis le hall 2 une nouvelle coursive permet de rejoindre directement le hall historique. Elle donne également accès à l’espace des ventes volontairement en retrait des halls d’accueil. Mais l’intérêt principal de ces nouvelles installations est de donner un accès direct (sortie 2) à une toute nouvelle gare routière créée à l’emplacement des emprises marchandises. Ainsi, le voyageur qui sort par la nouvelle passerelle débouche par des escaliers fixes et mécaniques sur le terre-plein de la gare routière. Tous les bus du secteur, urbains et suburbains, y disposent de vastes quais aménagés. La redéfinition de l’ensemble de cet espace a permis de créer une nouvelle rue Alexis-de-Tocqueville (en prolongement de l’avenue de Sceaux) réservée aux bus et aux piétons. Cette voie ouvre la gare sur le quartier Saint-Louis jusqu’alors enclavé. Les bus circulent désormais avec une plus grande fluidité dans une gare routière accessible depuis le parvis ou la rue Tocqueville.