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Catégorie : Transports urbains
L’actualité des transports urbains : métros, tramways, bus etc.

La RATP s’installe en Bretagne
Depuis le 1er juillet 2019, RATP Dev, filiale de RATP, s’est vu confier le contrat de délégation de service public pour la gestion du réseau Bibus de Brest Métropole pour une durée de 8,5 ans. Intéressant 213 000 habitants répartis sur huit communes, ce réseau comprend une ligne de tramway, 17 lignes de bus, 29 lignes scolaires, un téléphérique urbain, du transport à la demande et PMR.
RATP Dev devra notamment mettre en œuvre le nouveau réseau de bus à la rentrée 2020 et préparer pour l’horizon 2025 l’arrivée d’une deuxième ligne de bus et d’un BHNS.
Le contrat a été repris à Keolis, filiale SNCF, en charge du réseau depuis plus de 20 ans.
En septembre, RATP Dev reprendra le réseau de transport de Saint-Malo, détenu là aussi jusqu’à présent par Keolis depuis 2006.
Ces gains d’appel d’offres arrivent après les victoires de Vannes en 2017 et Lorient en 2018.
Les nouvelles gares de la Défense
Déjà très largement multimodal, le site ferroviaire de La Défense devait recevoir deux gares supplémentaires : l’une sur la ligne du RER E prolongée, l’autre sur la future ligne 15 du GPE. La première est en chantier, la seconde en revanche, en raison de la complexité du sous-sol du centre d’affaires, est plutôt incertaine…
Le site de la Défense dans l’Ouest parisien est déjà bien pourvu en matière de transports en commun avec le RER A, le métro ligne 1, le tram T 2 et les lignes L et U de Transilien. Mais, depuis quelques mois, le sous-sol est en pleine effervescence pour construire de nouvelles gares.
En 2024, une nouvelle ligne de RER reliera en Île-de-France les banlieues est et ouest en traversant le cœur de Paris. Plus exactement, il s’agit de doter de 55 km supplémentaires la ligne E existante entre Chelles-Gournay/Tournan et Haussmann-Saint-Lazare. Le terminus actuel sera reporté à l’ouest en deux phases : 2022 à Nanterre puis 2024 à Mantes-la-Jolie. Ce chantier de 3,8 milliards d’euros est le plus important de SNCF Réseau en France.
Si des travaux d’adaptation du réseau existant se déroulent entre Nanterre et Mantes-la-Jolie, le chantier le plus spectaculaire est le percement d’un tunnel de 8 km dans Paris. Entre Courbevoie et Haussmann, c’est un tunnelier baptisé Virginie qui creuse un tube unique à double voie d’environ 6 km, entre 30 et 40 m sous terre, depuis février 2019 jusqu’à l’automne 2021 espanolfarm.com/. Côté Nanterre, le creusement du tunnel bitube se réalise par des méthodes traditionnelles compte tenu de l’environnement particulièrement contraint de la Défense, comme les fondations profondes des tours de bureaux. Commencés en 2018, les travaux se poursuivront jusqu’au 1er semestre 2020. Le point de départ est le puits Gambetta Ouest, sur la commune de Courbevoie. À une profondeur moyenne de 35 m sous terre, le tunnel progresse de 1 à 2 m par jour. Il commence par une courte partie en monotube avant une longue partie en bitube comprenant la gare nouvelle de Porte-Maillot et débouchant dans la future gare de La Défense avant de poursuivre par une tranchée couverte vers la gare de Nanterre-la-Folie.
La gare de La Défense est idéalement placée au cœur du premier centre d’affaires français, voire européen. Mais elle est aussi à construire sous le Cnit et l’hôtel Hilton sans jamais interrompre leurs activités : 25 000 personnes travaillent chaque jour dans les commerces et bureaux. Le quai central large de 25 m desservant les deux voies sera situé à 35 m sous la dalle du rez-de-chaussée de cet édifice.
Deux ans de plus pour CDG Express
La ministre des Transports a tranché le 29 mai dernier : le projet CDG Express qui doit relier directement sans arrêt la gare de l’Est au terminal 2 de l’aéroport Charles-de-Gaulle sera mis en service fin 2025 au lieu de fin 2023.
Cette décision fait suite à l’analyse du planning des différents travaux du réseau nord. Respecter fin 2023 entraînait trop de contraintes sur le RER B en termes de ralentissements et d’interruptions de circulation. Les élus franciliens voulaient une priorité absolue au transport du quotidien. Cependant, pour l’État comme pour la Région, CDG Express demeure indispensable à Paris et l’Île-de-France.
CDG Express ne sera donc pas au rendez-vous des JO d’été 2024. Ce qui ne chagrine pas le comité d’organisation car cette ligne ne dessert aucun site olympique.
Alors que le Grand Paris sera sans doute aussi en retard pour 2024, le ministère a demandé à Île-de-France Mobilités d’améliorer la desserte actuelle de l’aéroport pendant la durée des JO en créant par exemple des trains directs sur le RER B.
Rendez-vous le 27 juillet pour le tram de Caen
On l’attendait pour septembre, c’est finalement le 27 juillet que sera mis en service le nouveau tram de Caen. Depuis l’arrêt du TVR le 31 décembre 2017, il ne se sera passé que 19 mois, un record pour reconstruire un réseau de trois lignes. Avec ce nouveau tram, l’agglomération se dote de deux prolongements au sud vers Fleury-sur-Orne et en centre-ville vers Presqu’Île. Une nouvelle extension est attendue d’ici quelques mois au sud de Collège-Stephen-Hawking en attendant à plus long terme de nouveaux développements à l’ouest vers Bretteville.

Le Regio 2N arrive sur le RER D
Alors que la 42e rame du Regio 2N version francilienne (Z 57000) est arrivée mi-mai au technicentre de Villeneuve, ce matériel va se déployer sur la ligne D du RER. 19 rames ont été commandées pour assurer la desserte des lignes « débranchées » en décembre 2018 : Melun – Corbeil-Essonnes et Malesherbes – Juvisy.
Le remplacement des Z 2N va débuter par la courte section reliant Melun à Corbeil-Essonnes : deux rames en juillet puis deux rames en août. La branche de Malesherbes recevra le Regio 2N à partir de septembre. La totalité des trains sera couverte par ce nouveau matériel en fin d’année.
Tram T 1, du retard à l’ouest et la reprise des travaux à l’est
C’est raté pour une mise en service en 2019 du prolongement du T 1 vers l’ouest à Quatre-Routes. Des difficultés locales obligent à reporter à 2020 l’extension de 900 m vers Asnières, prévue au premier semestre de cette année. Bonne nouvelle en revanche côté est puisque c’est enfin la reprise des travaux vers Val-de-Fontenay. Après les réticences de la Ville de Noisy-le-Sec, qui n’en voulait pas dans son centre-ville, un accord a été trouvé l’an passé. Désormais, le chantier à l’arrêt depuis près de… quatre ans peut reprendre et des travaux seront engagés dans les prochaines semaines. La ligne, qui sera l’une des plus longues du réseau, sera exploitée en deux arches est et ouest depuis un nouveau terminus à Bobigny. Plus aucune date de mise en service n’est annoncée, alors qu’on prévoyait à l’origine une inauguration pour 2017.

Rhônexpress va signer un nouveau contrat de concession
C’est seulement en 2038 que le contrat signé entre le conseil général et Vinci pour l’exploitation de Rhônexpress arrive à échéance. En service depuis 2007, la liaison par trams entre la gare de La Part-Dieu et l’aéroport Saint-Exupéry est efficace mais reste coûteuse. De plus, le monopole accordé à l’exploitant interdit la mise en place d’offres alternatives concurrentielles. C’est pour améliorer la desserte vers l’est et l’aéroport que la métropole et le Sytral, l’exploitant, annoncent la renégociation du contrat passé avec Vinci. L’objectif est de parvenir à la signature d’un avenant à l’automne, à défaut de quoi, le Sytral et la métropole envisagent la résiliation du contrat de concession.

Grand Paris Express, le temps des cathédrales
Changement d’échelle pour le Grand Paris Express. Les travaux de la ligne 15 sont bien avancés tandis que, sur les 16 et 17, on s’active pour tenir le calendrier des Jeux olympiques de 2024.
Déjà quatre tunneliers en action et pas moins d’une quinzaine avant la fin de l’année. Jamais des moyens aussi importants n’ont été mis en œuvre pour construire un réseau de métro. Jusqu’alors, le prolongement nord de la ligne 14, avec ses deux tunneliers, faisait figure d’exception, justifiée par la nécessité de soulager au plus vite la ligne 13 saturée. Mais tous les repères sont bousculés avec la construction des lignes 15, 16 et 17 du Grand Paris Express. Ces premiers tronçons sont construits dans l’urgence avec dans le viseur les Jeux olympiques à Paris en 2024. Pour la 15 sud de Pont-de-Sèvres à Noisy-Champs, c’est déjà trop tard puisque le calendrier prévoit une livraison à l’été 2025, un an après la manifestation. Mais cette ligne au sud de l’agglomération n’aurait de toute façon eu qu’un impact négligeable pour la desserte des infrastructures sportives. C’est tout différent pour les lignes 16 et 17, qui sont primordiales pour l’organisation des Jeux. Depuis Carrefour-Pleyel, elles desserviront en première phase Clichy-Montfermeil sur la 16 et Aéroport-du-Bourget sur la 17. C’est au Bourget qu’est prévu le centre de presse tandis que plusieurs équipements sportifs seront édifiés en banlieue nord.
Carrefour-Pleyel s’annonce déjà comme le pôle majeur de correspondance du nouveau réseau. À terme s’y croiseront les lignes 14, 15, 16 et 17 sans oublier la 13, reliée par un couloir de 200 m, et la gare Stade-de-France du RER D, rejointe par une passerelle. Avec la mise en service de la ligne 14 de Pleyel à Orly en 2024, les lignes 15, 16 et 17 seront connectées au réseau parisien de métro, offrant aux banlieues nord et sud une liaison rapide avec le cœur de Paris. C’est plus complexe pour les aéroports. Si la 14 sud devrait en principe tenir son calendrier de 2024 vers Orly, la ligne 17 n’arrivera pas à Roissy avant… 2030. Il faudra donc se contenter du RER B sans trop espérer sans doute pouvoir disposer de la liaison CDG Express, dont le calendrier très serré risque d’être difficile à tenir. On peut se demander dès lors si le rendez-vous des Jeux olympiques n’est pas déjà totalement manqué ? Sur le terrain, les équipes s’affairent à contredire les sceptiques. Pour l’heure, rien ne s’oppose encore au respect des délais. Pour s’en rendre compte, il suffit de se rendre à Carrefour-Pleyel. Là, aux pieds de la tour rouillée bientôt réhabilitée, un nouveau quartier se dessine sur 20 ha. Difficile d’imaginer que ce secteur défavorisé de la banlieue nord sera dans 10 ans au cœur de la région. Pourtant, les nouveaux immeubles commencent à sortir de terre à l’ombre de la tour. L’architecte Kengo Kuma a imaginé une gare monumentale de neuf niveaux dont quatre enterrés qui descend jusqu’à 28 m de profondeur. Cette cathédrale qui sera le centre du nouveau réseau s’étendra sur 35 000 m2 dont 5 000 de services. Elle disposera de vastes façades vitrées tandis que les matériaux nobles comme le bois seront privilégiés. Toute la partie supérieure de la gare sera vouée à la culture pour en faire un lieu de partage et de rendez-vous du nouveau quartier.
Le site de la gare est contigu au faisceau SNCF de Paris-Nord, qui, avec près de 50 voies, est l’un des plus importants du réseau français. Un détail non négligeable, d’autant que le chantier du Grand Paris Express ne doit en rien perturber la circulation des RER, Transilien, TER, Intercités, Eurostar et Thalys. Avant d’entamer les travaux de la gare, une barre de béton a été coulée pour bien isoler l’emprise SNCF et éviter la déformation des voies. Ce faisceau sera par la suite franchi par une nouvelle passerelle pour connecter la gare Stade-de-France du RER D à Pleyel et recréer du lien au cœur de Saint-Denis. Mais la largeur du faisceau, pas moins de 300 m, impose de poser les piles de l’ouvrage entre les voies. Une mission a priori impossible et écartée par la SNCF qui n’en veut pas. C’est tout aussi délicat sous terre puisque ce sont quatre lignes, 14, 15 et 16-17 (en tronc commun) qui doivent franchir ce même faisceau. Il y aura donc prochainement trois tunneliers à l’œuvre dans ce secteur à environ 20 m sous les voies.
Pour l’heure, cette gigantesque gare de Carrefour-Pleyel est au stade des parois moulées. Les ouvriers réalisent une boîte de 110 m de long sur 80 m de large à 23 m de profondeur. Commencée en décembre 2018, sa construction devrait s’achever à la fin 2019. Ensuite, les engins de terrassement entreront en action. Malgré la proximité des voies SNCF, les déblais ne seront pas évacués par le rail mais par camions, en raison de la complexité du site.
Vers un tramway sur l’Oberbaumbrücke à Berlin
Enjambant la Spree sur le tablier supérieur de l’Oberbaumbrücke, célèbre pont berlinois, en brique rouge, passent les lignes 1 et 3 du métro. Les automobilistes et piétons empruntant le tablier inférieur. Il y a 25 ans, sur cet ancien ouvrage emblématique de la guerre froide, point-frontière ente Berlin-Est et Berlin-Ouest, des voies de tramway ont été posées… mais aucun tramway n’y a jamais circulé.
Les rails devraient maintenant disparaître mais pour sans doute revenir bientôt ! En effet, du 6 mai au 24 septembre, ce pont doit être réhabilité. Renouvellement de l’imperméabilisation de la chaussée et du trottoir, soit 2 610 m2. Les rails sont en partie responsables de l’endommagement du pont, mais voilà : la ligne 10 du tramway sur Warschauerstrasse devrait être prolongée à Hermannplatz sur l’autre rive. Et sur les sept variantes du projet, cinq d’entre elles proposent un parcours sur l’Oberbaumbrücke. Les alternatives étant un parcours via le pont Elsen ou le pont Schilling. Le Sénat de Berlin étudie actuellement les différents itinéraires et une fois sa décision prise le calendrier et l’enveloppe budgétaire seront connus. Une étape supplémentaire dans l’introduction, progressive, du tramway dans l’ex-Berlin-Ouest.
Du nouveau pour les trams de Fribourg-en-Brisgau
Le 16 mars dernier, le réseau de Fribourg-en-Brisgau a inauguré une nouvelle ligne afin d’alléger une artère principale arrivant depuis un certain temps à saturation. C’est le plus grand projet mené par la Freiburger Verkehrs AG depuis 1973. L’occasion de nous intéresser à ce réseau, à son matériel en pleine mutation, qui font de Fribourg un exemple à suivre en termes de mobilité…
Implanté géographiquement dans le Land de Bade-Wurtemberg, Fribourg est situé dans la vallée rhénane à 25 km du fleuve faisant frontière entre la France et l’Allemagne. Fribourg est niché au pied des premiers reliefs de la Forêt-Noire et ceux, au sud-ouest, du Kaisersthul. La ville n’a cessé de se développer au fil des ans pour devenir la quatrième plus grande ville du Land après Stuttgart, Mannheim et Karlsruhe. En 2021, le 14 octobre, le réseau de tramways électriques fêtera ses 120 ans ! Inauguré en 1901, il est aujourd’hui fort de cinq lignes cumulant un total de 38,3 km exploité par 67 rames. On dénombre six séries différentes avec les anciens Düwag, qui s’éclipsent progressivement, remplacés par les récentes et spacieuses rames CAF. Pour pérenniser l’exploitation, il fallait trouver une alternative aux tramways hippomobiles qui devenaient obsolètes. La coentreprise Siemens et Halske, s’occupant de l’éclairage public dans la ville, réalise d’emblée quatre lignes d’un total de 13 km :
– ligne A : Lorettostrasse – Rennweg ;
– ligne B : Lehenerstrasse – Lorettostrasse ;
– ligne C : Lehenerstrasse – Bleicheweg ;
– ligne D : Rennweg – Günterstal.
Établies en forme de croix, elles préfigurent déjà le réseau actuel. 27 tramways construits par Hawa (Hanover Wagon Fabrik) assuraient les rotations. Le réseau s’agrandit en 1930 jusqu’à 20 km répartis sur six lignes complétées de quatre lignes d’autobus. La Seconde Guerre mondiale redessinera cette carte et le bombardement de novembre 1944 détruira une bonne partie de la vielle ville, des infrastructures et des tramways. Au lendemain du conflit, les lignes de tramways rouvrent très progressivement dès le 26 mai 1945 avec celles de Holzmarkt – Günterstal et Oberlinden – Littenweiler. L’essor du tramway n’intervient qu’à la fin des années 60 au moment où il devient une pièce maîtresse dans un schéma d’urbanisme. L’agglomération de Fribourg voit de nouveaux quartiers sortir de terre ; le tramway les reliera. C’est l’époque où le transport automobile prend de l’ampleur en Europe. Une coexistence qui a parfois été fatidique, comme nous le savons, dans plusieurs grandes villes de France et quelques-unes d’Allemagne. Mais à Fribourg on ose et, en 1972, le centre-ville historique s’articulant autour de la cathédrale devient une zone dépourvue de voitures. Tramways, piétons et vélos y sont rois. Des parkings pour les autos ont été conçus en extrémité de la ville. La qualité de vie change radicalement avec la décongestion des ruelles (débarrassées de 22 000 voitures environ). Et de nos jours, ce centre-ville reste toujours aussi dynamique. En 1983 est inauguré le pont Stühlinger, sur lequel est situé l’arrêt Hauptbahnhof. Plusieurs escaliers et ascenseurs mènent aux différents quais de la gare principale située sur l’artère ferroviaire Bâle – Offenburg. Le pont Wiwili ou Blaue Brücke pour « pont bleu » qu’utilisaient jadis les tramways est réapproprié par les piétons et cyclistes. Cette même année, le courant d’alimentation passe du 600 V au 750 V. Ce changement s’accompagne jusqu’à la fin du xxe siècle de cinq prolongements de lignes ou tronçons :
– 9 décembre1983 : Hauptbahnhof – Technisches Rathaus – Runzmattenweg – Paduaalle, ligne 1 (3,5 km) ;
– 14 juin1985 : Paduaalle – Landwasser, ligne 1 (2,2 km) ;
– 27 septembre 1986 : Technisches Rathaus – Robert-Koch Strasse – Friedrich-Erbert Platz, ligne 5 (1,1 km) ;
– 26 mars 1994 : Bissierstrasse – Am Lindenwäldle – Haid, ligne 3 (2,2 km) ;