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Catégorie : Transports urbains
L’actualité des transports urbains : métros, tramways, bus etc.

Carcassonne s’offre un train électrique
La Régie des transports de Carcassonne Agglo acquiert un train électrique touristique avec panneaux solaires Soios Sunshuttle auprès de la société Mobilité Plus afin d’effectuer des navettes touristiques. Après sa livraison en juin, elle sera la première collectivité de France équipée d’un train électrique homologué route. Le petit train proposera deux circuits pour découvrir la ville centre et la cité médiévale de Carcassonne.
Le Soios Sunshuttle peut transporter jusqu’à 72 personnes. Le toit de chaque caisse est recouvert de panneaux solaires augmentant l’autonomie du train de 10 km par heure d’ensoleillement.
TSO et ETF réaliseront l’extension de la ligne 11 à Rosny-Bois-Perrier
TSO, filiale de NGE, et ETF, filiale d’Eurovia, viennent d’être choisies par la RATP pour réaliser les travaux d’infrastructure ferroviaire sur le prolongement de la ligne 11 du métro à roulement pneus. Réalisée dans le cadre du métro du Grand Paris, l’extension est longue de 6 km desservant six nouvelles stations. Le consortium TSO-ETF réalisera 12,4 km de pistes de circulation, le système de guidage et la voie classique.

Toulouse : une navette autonome pour amuser la galerie ?
Après avoir été expérimentée il y a quelques mois sur la commune de Pibrac en périphérie toulousaine (voir Rail Passion n° 240), la navette autonome EZ 10 circule maintenant au centre de Toulouse. Une nouvelle version du véhicule produit par la firme EasyMile est testée par Toulouse Métropole sur les allées Jules-Guesde, non loin du terminus Palais-de-Justice des lignes T 1 et T 2 du tramway. Une large allée piétonne se prête idéalement à ce test qui devrait durer jusqu’au printemps. Toutefois, on ne manquera pas de s’interroger sur le contre-exemple que constitue cette offre de transport expérimental en complément du tram pour des trajets dits du « dernier kilomètre ». En effet, lors de l’extension du tram vers le centre de Toulouse fin 2013, les allées Jules-Guesde ont été reconfigurées pour accueillir le tramway en direction du Grand-Rond. Celle qu’on appelait alors « ligne Garonne » devait rejoindre par la suite le projet de la « ligne Canal » en direction de la gare Matabiau. Ce dernier a été remis en cause par la nouvelle équipe municipale élue en mars 2014. Une belle pelouse établie en prolongement de l’arrière-station du terminus Palais-de-Justice recouvre sur ces mêmes allées en direction du Grand-Rond la dalle de béton déjà coulée pour supporter les rails de la section remise en cause par l’enquête publique du projet « Garonne », les commissaires-enquêteurs jugeant inutile ce dernier tronçon. De même, des massifs en béton ne demandant qu’à accueillir de nouveaux poteaux destinés à la LAC. Sur les allées Jules-Guesde, plutôt que d’amuser les journalistes locaux avec une expérimentation sympathique mais inefficace pour des transports de masse réclamés par la population, il serait sans doute plus utile de réaliser rapidement ce court prolongement qui maillerait un peu plus le réseau de surface en proposant une correspondance entre les lignes T 1 et T 2 et la récente ligne de bus à cadence renforcée Linéo L 7 vers Saint-Orens et aussi la ligne 29 qui emprunte la ceinture des Boulevards au départ du Grand-Rond.

Un nouveau tramway à Luxembourg au cœur d’un réseau multimodal
Depuis le 10 décembre, la capitale du Luxembourg dispose d’un tramway, dont des prolongements sont déjà en cours de construction, appelé à devenir le cœur d’un réseau interconnecté avec les bus, les trains et un nouveau funiculaire.
Ville européenne par excellence au carrefour de la France, de la Belgique et de l’Allemagne, Luxembourg n’est pas une mégapole. Sa population d’à peine 100 000 habitants, sa géographie particulière, avec un centre historique établi au sommet de falaises, en font une capitale atypique. Ponts et viaducs ont été édifiés pour assurer sa continuité territoriale, permettant à la ville de s’étendre vers de nouveaux quartiers périphériques. Les transports et les communications n’ont pas eu à en souffrir et, jusqu’en 1964, la ville a disposé d’un réseau de tramways à voie métrique qui, à son apogée, a compté jusqu’à 10 lignes sur près de 30 km. Après sa disparition, les autobus prennent le relais pour de longues décennies. À la fin du xxe siècle, alors que le tramway effectue un retour spectaculaire partout en Europe, Luxembourg se tourne à nouveau vers ce mode de transport. La taille de l’agglomération, comparable à une grosse préfecture française, s’y prête d’ailleurs parfaitement. Les premières réflexions s’engagent dès la fin des années 80, mais c’est véritablement au tournant du siècle que des projets sérieux commencent à émerger. Mais les études sur la mobilité dépassent rapidement le cadre de la capitale pour porter sur l’ensemble du pays, pas plus grand il est vrai qu’un de nos départements.
La ville elle-même, qui comptait moins de 25 000 habitants avant la Seconde Guerre mondiale, est en plein développement. Plusieurs pôles sont en mutation comme au sud les secteurs de Howald et de Cessange, le quartier de la gare centrale des CFL (Chemins de fer luxembourgeois), le centre-ville ou encore à l’est le plateau de Kirchberg. C’est là qu’est implanté l’un des trois sièges du Parlement européen, mais aussi la Banque européenne d’investissement, la Bibliothèque nationale, la Philharmonie, un campus universitaire, sans oublier un important centre commercial. Un nouveau parc des expositions, Luxexpo, sort de terre, appelé à devenir un pôle attractif majeur. Tout le quartier est resté isolé et insuffisamment desservi par les autobus, notamment dans ses liaisons avec le centre historique et la gare des CFL. Pareillement, à l’est du Kirchberg, l’aéroport de Findel souffre d’une mauvaise desserte assurée uniquement par des autobus. Un nouveau matériel Van Hool à trois caisses de 24 m de long assure pour l’heure la liaison entre la gare centrale et l’aéroport.
Si le principe du tramway est retenu assez rapidement, il reste encore à en définir les modalités. Plusieurs options sont à l’étude, qui pourraient se combiner à d’autres projets de développement du réseau ferré national. Ainsi, les CFL planchent sur la construction d’une nouvelle liaison ferrée vers l’aéroport depuis la gare centrale, qui pourrait se prolonger jusqu’au plateau de Kirchberg avec une nouvelle gare. N’est-ce pas là l’occasion de faire d’une pierre deux coups et d’assurer une desserte du nouveau quartier ? D’une manière générale, la proximité de lignes des CFL qui relient les quartiers en développement et le besoin d’une desserte interne plus fine ont conduit à sérieusement envisager l’option tram-train. Les rames auraient ainsi pu facilement se connecter aux infrastructures des CFL tout en assurant un transport de proximité dans l’hypercentre. Si la solution paraît assez séduisante, les études vont rapidement contredire cette fausse bonne idée. Le tram-train souffre en réalité de contraintes qui vont peser lourd au moment du choix. L’une des difficultés, c’est l’insertion d’un trafic d’origine urbaine dans la trame d’exploitation des chemins de fer avec le risque d’importer des retards.
10 Citadis supplémentaires à Bordeaux
Alstom vient d’annoncer la fourniture de 10 rames du Citadis 402 pour le tram de Bordeaux. Cette série vient compléter une précédente commande de 15 rames déjà en cours de fabrication. Il s’agit notamment d’accompagner la croissance du réseau bordelais, qui s’étend actuellement sur 77 km. Outre les extensions prévues des lignes A vers l’aéroport de Mérignac ou C vers Pyrénées, une nouvelle ligne D
est en chantier reliant Quinconces à Cantinolle. Ces extensions devraient intervenir fin 2019, date à laquelle sera livré le matériel commandé. Le parc s’élèvera alors à 125 rames.
Des artistes pour la rénovation d’Auber
La gare d’Auber du RER A, inaugurée en 1971, avait besoin d’une rénovation en profondeur. L’opération est engagée depuis plusieurs mois et une nouvelle phase de travaux commence, accompagnée par une démarche artistique. Ce sont 12 œuvres réalisées par six artistes qui vont se succéder durant neuf mois sur deux murs de la salle d’échanges. Les deux premières, en plus d’égayer des lieux assombris par les travaux, donnent aussi une direction aux voyageurs, orientant leur regard vers les tourniquets donnant accès aux trains. L’art accompagne ainsi le mouvement dans des espaces en mutation. La rénovation de la gare s’étalera jusqu’en 2022.

Métro : des rames neuves MP 14 pour la ligne 11
Le 13 décembre, le Stif a décidé de passer une commande de 20 rames neuves pour équiper la ligne 11 du métro. Il s’agira de rames type MP 14 construites par Alstom et livrées à partir de 2022. Elles viendront remplacer des rames MP 59. Mais contrairement à ces dernières, qui n’ont que quatre voitures, le MP 14 en aura cinq.
Cette commande est une levée d’option du marché passé début 2015 pour la fourniture de 217 trains. La commande initiale est de 35 rames à huit voitures pour la ligne 14, à livrer à partir de 2018 dans le cadre du prolongement à Saint-Ouen. Fin 2016, 20 rames ont été commandées pour la ligne 4 pour livraison en 2021-2022. Pour le prolongement de la ligne 11 à Rosny-Bois-Perrier, une vingtaine de rames supplémentaires devrait être commandées. En dehors des lignes particulières 3 bis et 7 bis, la ligne 11 est la plus courte du réseau b avec 6,3 km. C’est la première ligne équipée de matériel sur pneumatiques en 1954-1956 avec des rames MP 55. Et la première à recevoir le pilotage automatique en 1967. En 1999, les MP 55 sont remplacés par des rames MP 59 en provenance de la ligne 4.
25 ans de tramway en Île-de-France et des ambitions pour la RATP
En décembre 1992, la ligne T 1 Saint-Denis – Bobigny est mise en service en intégralité. 25 ans plus tard, la RATP, devenue leader mondial du tramway, est en charge de huit des 10 lignes du réseau.
Difficile d’imaginer au début des années 90 le succès qui s’annonce. Alors que le tramway s’apprête à faire un retour en Île-de-France après 54 ans d’absence, les avis restent partagés sur ce nouveau mode de transport. Les plus optimistes espèrent 30 000 voyageurs par jour. Après prolongement, il en transporte aujourd’hui plus de 216 000. Au niveau régional, c’est un million de voyageurs qui utilisent au quotidien le troisième réseau européen de tramways. C’est dire si la success story en a surpris plus d’un. C’est sans doute ce qui explique un certain sous-dimensionnement de cette ligne du T 1 entre Saint-Denis et Bobigny. Ses rames TFS (Tramway français standard) de GEC-Alsthom de moins de 30 m à plancher bas partiel se révèlent aujourd’hui totalement inadaptées au trafic de la ligne. Ses portes mal disposées créent des congestions en stations qui ralentissent l’exploitation. 31 rames sont nécessaires (sur 35 au parc) pour exploiter les 16,7 km de la ligne. Le succès du T 1 (plus de 52 000 voyageurs par jour après trois mois d’exploitation) imposera le tramway en Île-de-France.
Les 25 ans du T 1 coïncident avec les 20 ans du T 2, mis en service en 1997. Équipé des mêmes rames TFS, il reprend l’infrastructure SNCF de la ligne Puteaux – Issy-Plaine prolongée à La Défense. Son succès est aussi flagrant que celui du T 1, qui continue son extension, atteignant Noisy-le-Sec fin 2003. En 2012, il pousse à l’ouest vers Les Courtilles à la rencontre de la ligne 13 du métro. Le T 2 est à son tour prolongé une première fois au sud vers Porte-de-Versailles en 2009, puis en 2012 vers Pont-de-Bezons. Le parc TFS est finalement réaffecté au T 1 alors que le T 2 reçoit de nouvelles rames Citadis 302. Sa forte fréquentation conduit à allonger ses quais pour circuler en unités doubles, formant des rames de 64 m, un record de France. La ligne transporte aujourd’hui 212 000 voyageurs par jour.
En 2006, c’est dans Paris même que le tramway T 3 est inauguré entre Pont-du-Garigliano et Porte- d’Ivry sur le tracé du bus PC de ceinture. Comme toujours, le succès est au rendez-vous, anticipé cette fois avec des rames Citadis de 43 m sur 2,65 m de large, le plus capacitaire de la gamme. En décembre 2012, la ligne est prolongée à Porte-de-la-Chapelle, scindée pour l’occasion en deux branches, T 3 a et T 3 b à Porte-de-Vincennes. Là encore, la fréquentation est élevée, 211 000 voyageurs par jour sur le T 3 a et 117 000 sur le T 3 b, 328 000 sur l’ensemble du T 3. Si l’on compare avec les records de fréquentation de province comme la ligne 1 à Montpellier qui fait des pointes à 130 000 voyageurs par jour, le succès parisien est impressionnant. Le mouvement d’extension surfe sur cette réussite et les prolongements comme les nouvelles lignes se succèdent.
Des portillons à Saint-Lazare
Les portillons d’accès aux quais arrivent à la gare Saint-Lazare, pour l’heure limités aux voies grandes lignes en direction de la Normandie. Le gros défi pour l’année 2019 sera leur généralisation au réseau banlieue, où plusieurs centaines de milliers de voyageurs se pressent chaque jour.

Le RER fête ses 40 ans
Véritable révolution en 1977 à l’époque des trains de banlieue bondés et poussifs, le RER est devenu à son tour saturé et à bout de souffle 40 ans plus tard, totalement dépassé par un afflux continu de nouveaux voyageurs. Les infrastructures offrant peu de marges de manœuvre, les acteurs du transport parisien tentent d’agir sur deux variables : du matériel modernisé et des méthodes d’exploitation innovantes. Sans compter, bien sûr, avec le gros coup de pouce que constituera la mise en place du Grand Paris Express, soulageant les lignes existantes et favorisant le maillage des réseaux et l’intermodalité.
La date du 8 décembre 1977 est unanimement retenue pour marquer le démarrage du réseau express régional (RER) en Île-de-France. Car ce jour-là, trois événements majeurs ont lieu : la ligne de Sceaux devient RER B à l’occasion de l’ouverture du tronçon reliant Luxembourg à Châtelet-Les Halles ; la transversale est – ouest devient RER A avec l’ouverture du tronçon central entre Nation et Auber ; l’inauguration de la section du RER A reliant Vincennes à Noisy-le-Grand-Mont- d’Est.
Ce réseau est le fruit de plusieurs décennies de réflexion pour contrôler au mieux la croissance de la Région parisienne. Cela commence réellement le 1er janvier 1959 avec la création du Syndicat des transports parisiens (STP) constitué par l’État, majoritaire, la Ville de Paris et les départements de l’époque (Seine, Seine-et-Oise, Seine-et-Marne). En 1968, il se réorganise pour prendre en compte les nouveaux départements des petite et grande couronnes. Il évoluera en Stif en 2000 lorsque la région Île-de-France entre au conseil d’administration. Le STP doit organiser et moderniser les transports en commun de voyageurs avec les entreprises SNCF, RATP et bus. Pour moderniser ce réseau, il doit coordonner les grands projets de développement.
Dès 1965 est publié le premier schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme (Sdau) de la Région parisienne sous la plume d’un certain Paul Delouvrier, délégué général au district de la région de Paris. Le Sdau lance les projets de huit villes nouvelles, du Réseau express régional (RER) et d’autoroutes de banlieue. De huit, le nombre des villes nouvelles est ramené à cinq en 1969 : Évry, Melun-Sénart, Saint-Quentin-en-Yvelines, Cergy-Pontoise et Marne- la-Vallée. Le Réseau express régional est constitué de lignes à grand gabarit (train et non pas métro), avec interstations longues, vitesse minimale de 90 km/h, liaisons nord – sud et est – ouest pour en finir avec les gares terminus en cul-de-sac. Ce schéma comprend les dessertes des aéroports d’Orly et de Roissy. Outre de nouvelles lignes, il prévoit la modernisation des axes existants destinés à être incorporés au RER, comme la ligne de Sceaux, celle de Saint-Germain-en-Laye ou celle de la Bastille. En lignes nouvelles, on trouve une ligne reliant Melun à Lieusaint, Évry, Orly puis Paris, une ligne de Trappes à Saclay, Igny puis Paris, une ligne de Cergy à Ermont, une autre de Roissy au Bourget puis Paris. Les grands pôles de connexion parisiens sont Châtelet, Étoile et Gare-de-Lyon. L’histoire montrera que ce schéma a fortement dérivé.
Les travaux des premiers maillons démarrent même juste avant la publication de ce Sdau. En 1962, cela concerne la liaison entre la Folie (Nanterre) et Étoile avec dès 1963 son prolongement à Auber. En 1963 se décide la modernisation de la ligne de la Bastille entre Saint-Mandé et Boissy-Saint-Léger avec abandon de la partie parisienne entre la Bastille et Saint-Mandé, qui est remplacée par une liaison souterraine entre Nation et Saint-Mandé. Les travaux se déroulent jusqu’à la fin 1969 : renouvellement de voies, électrification, signalisation, postes d’aiguillage PRS, nouvelles gares. La nouvelle exploitation débute le 14 décembre 1969 avec les modernes rames neuves MS 61 spécialement construites par la RATP pour le RER.