Blog

  • Une nouvelle activité pour le technicentre de Tergnier

    Une nouvelle activité pour le technicentre de Tergnier

    Après une période plutôt morose, l’avenir du technicentre de Tergnier s’est sérieusement dégagé. La fin de l’activité wagons menaçait fortement la pérennité du site et ses emplois, avant que les ateliers ne se réorientent vers de nouvelles missions. Après la rénovation du matériel roulant, un nouvel établissement consacré au traitement des essieux vient d’être inauguré sur le site. 100 millions d’euros ont été investis à Tergnier, 40 pour l’atelier du matériel roulant et 60 pour créer un centre pour entretenir et réparer les essieux. Connecté et en partie robotisé, le nouvel établissement peut traiter un essieu en seulement 12 min.

  • EDF attachée à ses lignes fret capillaires normandes

    EDF attachée à ses lignes fret capillaires normandes

    Les consultations menées par EDF auprès des élu(e)s et riverain(e)s de la ligne reliant Rouxmesnil à la centrale nucléaire de Penly (Seine-Maritime) se sont achevées à l’automne 2024. Cette voie unique non électrifiée de 26 km, propriété d’EDF et de SNCF Réseau pour la partie VUTR (voie unique à trafic restreint) ayant pour origine Rouxmesnil-Bouteilles (ligne n° 356000 du RFN), voit circuler environ 50 trains par an pour le transport de matières radioactives. Le chantier à venir de l’EPR pourrait être alimenté en partie par le rail, entraînant une augmentation importante du trafic avec jusqu’à cinq à 10 trains par jour. EDF souhaite racheter à SNCF Réseau la section actuellement en VUTR, et évalue les investissements de remise à niveau à 20 millions d’euros. Les travaux pourraient commencer en octobre 2025 et durer jusqu’à fin 2026.

    Toujours en Seine-Maritime, EDF envisage de cofinancer également pour un investissement total d’environ 40 millions d’euros la réhabilitation de la VUTR Motteville – Saint-Valery-en-Caux, ligne n° 358000 du RFN, longue d’environ 30 km. EDF est utilisatrice de la ligne pour expédier les wagons de la centrale nucléaire de Paluel, de même qu’une entreprise de démantèlement de matériels ferroviaires à Grémonville.

  • Premiers tours de roues pour Captrain sur le port de Cherbourg

    Premiers tours de roues pour Captrain sur le port de Cherbourg

    Le 10 décembre 2024, un train d’essai a circulé sur le raccordement maritime de Cherbourg, ligne à voie unique non électrifiée, en vue du lancement de l’autoroute ferroviaire entre le port normand et Bayonne-Mouguerre en mars 2025. Le trafic sera assuré par Captrain à l’aide de locomotives de type Euro 4000 et de wagons Sdmrs neufs (47 unités dédiées, type Modalohr new à poches doubles), construits par Lohr et propriété de la Brittany Ferries. Les trains de 21 wagons permettent l’acheminement de 42 semi-remorques.

    Le terminal ferroutage où seront chargés les convois représente un investissement de 17 millions d’euros, financé par la région, le département, la communauté d’agglomération, les ports et l’Union européenne. Pour la partie voie ferrée, il comporte des voies nouvelles sur ballast, béton et sur plots pour la fosse, trois appareils de voie et une traversée oblique permettant aux chariots des Constructions mécaniques de Normandie de mettre ses bateaux à l’eau. L’État et Ports de Normandie ont financé à hauteur de 3,4 millions d’euros les travaux menés par SNCF Réseau pour réhabiliter et modifier le raccordement de Cherbourg- Maritime (renouvellement voie et ballast, création de deux nouveaux appareils de voie, pose d’un platelage de type Edilon au PN n° 1, etc.).

    Ce projet marque le retour du fret ferroviaire à Cherbourg : le dernier passage d’un train de fret remontait à près de sept ans, à l’occasion d’une circulation ponctuelle d’un Fret SNCF pour STSI. Les voies menant vers le terre-plein des Flamands audelà du PN 13 restent néanmoins en sommeil, tandis que le raccordement du Homet qui transportait encore jusqu’à la fin des années 90 quelques rares wagons de tôles et explosifs pour l’arsenal est aujourd’hui occupé par une voie verte.

  • Fin du Ouigo Train classique Paris – Lyon

    Fin du Ouigo Train classique Paris – Lyon

    Lancée en avril 2022 pour une période d’expérimentation de deux ans, la desserte Ouigo Train classique est apparue sur Paris – Nantes (trois AR) et Paris – Lyon (deux AR) avec des voitures Corail tractées par des BB 22200. L’axe Paris – Rennes est venu s’y ajouter. SNCF Voyageurs a décidé de mettre fin à l’offre Paris – Lyon pour le SA 2025. Outre un remplissage modeste, ces trains étaient pénalisés par d’importants travaux sur l’axe PLM impliquant la suppression fréquente d’un AR. Le dernier Paris – Lyon a circulé le 7 décembre et le dernier Lyon – Paris le 8. Le matériel a été redéployé sur l’Atlantique pour couvrir le deuxième AR Paris – Rennes. La desserte Paris – Lyon reste assurée par TGV inOui et Ouigo grande vitesse à raison de 20 AR quotidiens. Sans oublier les cinq AR opérés par Trenitalia.

  • RP 328: En train sur la ligne Nîmes – Le Grau-du-Roi

    RP 328: En train sur la ligne Nîmes – Le Grau-du-Roi

    La ligne Nîmes – Le Grau-du-Roi traverse la Petite Camargue pour rejoindre la gare la plus occidentale de l’ancien réseau du PLM. Établie en 1873, elle fut d’abord limitée à Aigues-Mortes avant d’être prolongée en 1909 jusqu’à son terminus actuel, ce qui a supposé la construction d’une digue parallèle au canal du Rhône à Sète et d’un pont tournant à 90 degrés pour que les trains puissent franchir le bras du canal donnant accès au port. On peut y observer le passage des trains sur l’un des derniers passages à niveau gardés de France. Première ligne à avoir mis en place le tarif unique à un euro, elle est victime de son succès et prise d’assaut l’été. Pour mieux profiter de ce parcours, dans ce reportage, nous faisons ce trajet hors saison.

    T. Pupier

    Durée : 11 min

  • Valence: de la ligne impériale aux LGV

    Valence: de la ligne impériale aux LGV

    Valence a longtemps été une étape importante sur la ligne impériale Paris – Lyon – Marseille. L’arrivée des TGV Sud-Est en 1982 bouleverse les dessertes de cet axe très fréquenté, le système de la grande vitesse étant parachevé avec la construction des LGV Rhône-Alpes et Méditerranée. La ville compte deux gares au trafic en progression constante, Valence-Ville et, depuis 2001, Valence-TGV en périphérie.

    Préfecture de la Drôme, Valence est une ville active d’Auvergne- Rhône-Alpes qui compte aujourd’hui 64 500 habitants. Située sur la rive gauche du Rhône, elle a longtemps été une étape importante sur l’artère impériale Paris – Lyon – Marseille, n° 830 au RFN. Entre Vercors et Provence, au débouché de la vallée alpine de l’Isère, elle est entourée de cultures fruitières et de vignobles, alimentant l’activité agroalimentaire. Outre sa gare principale historique au coeur de la cité, elle compte depuis 2001 une seconde gare à la périphérie nord-est, Valence-TGV, à la jonction des LGV Rhône-Alpes et Méditerranée lui permettant d’être reliée à la capitale dans le temps record de 2 heures 11. Consécutivement la gare existante a été rebaptisée Valence-Ville.

    Le rail, facteur de développement économique

    Sous la férule de la Compagnie de chemin de fer de Lyon à Avignon, la voie ferrée est d’abord exploitée de Valence à Avignon le 29 juin 1854, puis le 16 avril 1855 de Lyon à Valence, section comportant plusieurs ouvrages d’art avec six tunnels dont celui du Cagnard (707 m) creusé sous la ville précède la gare de Valence établie au Km 619,939, à l’altitude 123, et enserrée dans le tissu urbain. Elle sera dotée à la reprise par la Compagnie du PLM en 1857 de trois puis quatre voies à quai recouvert partiellement par une marquise, d’un petit dépôt côté impair et à l’opposé des voies de garage et de débords créées plus au sud, sur le site de la Palla. Le 9 mai 1864 l’embranchement de la ligne du Grésivaudan remontant la vallée de l’Isère est mis en service vers Moirans avec bifurcation au nord du tunnel du Cagnard.

    Peu à peu le trafic de l’artère impériale s’amplifie avec des trains au long cours aux noms célèbres (Malle-des-Indes, Calais-Méditerranée- Express, Côte-d’Azur-Rapide, Train-Bleu, Mistral, Phocéen, Rhodanien, Hispania) de Paris vers Avignon, Marseille, la Côte d’Azur, complétés par des mouvements de Genève via Chambéry, Grenoble vers le Midi. En 1892, l’expansion du trafic conduit à transférer le dépôt vers un nouveau lieu construit 5 km plus au sud à Portes (voir encadré page 65). L’augmentation de la puissance des machines permet d’économiser un relais à Valence aux trains Paris – Marseille confiés à celles de Lyon-Mouche et Avignon, qui complètent au passage la capacité en eau des tenders.

    Le dépôt historique de Valence continuant à assurer de simples demi-tours de machines aux trains terminus/origine venant de Lyon, Grenoble et Avignon. Parallèlement le triage de Portes est agrandi avec un faisceau de réception de 12 voies, puis un de débranchement de 30 voies encadré de voies de circulation côté pair des voies principales, avec jonction par saut-demouton côté Marseille. Un block manuel PLM n° 3 est installé sur le parcours Lyon – Avignon et de Valence à Moirans pour accroître la sécurité des circulations. La Première Guerre mondiale n’aura pas d’incidence sur le noeud ferroviaire valentinois sinon des transports militaires dirigés vers les zones de combat du nord-est de la France.

    De l’entre-deux-guerres à la Libération

    Aux horaires de 1923, la trame express desservant Valence comprend tout au plus :

    • le jour, deux rapides Paris – Marseille, 11/12 mettant au mieux 9 heures 18 de la capitale à Valence et 15/16, deux express Paris – Vintimille (101/102, 103/104) un Lyon – Marseille – Vintimille (121/126) ;

    • la nuit, huit rapides et express de Paris à Marseille, Nice, Menton, Vintimille, Sète dont le Calais-Méditerranée- Express.

    Le nombre d’omnibus n’excède pas quatre par sens de Lyon à Valence, de Valence à Avignon, deux de Valence à Privas, un de Valence à Veynes, cinq de Valence à Grenoble et deux de Valence à Romans.

  • Allemagne : les ICE 3 neo poussent les ICE 3 MF vers la retraite

    Allemagne : les ICE 3 neo poussent les ICE 3 MF vers la retraite

    Avec six mois d’avance, les ICE 3 neo BR 408 remplacent depuis mi-juin 2024 sur les relations Francfort-sur-le-Main – Bruxelles, et Francfort-sur-le-Main – Amsterdam les ICE MF BR 406 qui devraient être radiés fin 2025.

    17 ICE BR 406 quadricourant

    Dans la perspective de l’exploitation de relations à grande vitesse depuis l’Allemagne vers la Belgique et les Pays-Bas via la ligne à grande vitesse Cologne – Francfort-sur-le- Main qui a été mise en service en 2002, ainsi que vers la France via la LGV Est, la DB a commandé 13 ICE de troisième génération (ICE 3) désignés ICE 3M, dont 10 quadricourant BR 406 et trois tricourant BR 405 qui ont été transformés en BR 406 en 1997.

    Fin 1995, les chemins de fer néerlandais NS souhaitaient acquérir six ICE BR 406 mais n’en ont finalement commandé que quatre, les Tz 4651 à 4654, l’ICE Tz 4654 a été racheté par la suite par la DB. Quadricourant 1 500 V CC, 3 000 V CC, 15 kV 16,7 Hz et 25 kV 50 Hz, les ICE 3 MF (Bo’Bo’ + 2’2’ + Bo’Bo’ + 2’2’ + 2’2’ + Bo’Bo’ + 2’2’ + Bo’Bo) ont une puissance continue sous courant alternatif de 8 000 kW et une vitesse maximum de 330 km/h et sous courant continu une puissance continue de 4 300 kW et une vitesse maximum de 220 km/h, une masse maximale de 488 t, une longueur de 200,84 m, et une capacité de 91 places en 1re classe et de 334 en 2de classe. Les BR 406 sont dotés des systèmes de sécurité allemands PZB90, du LZB, belges Memor, TBL 1 et TBL 2, suisses ZUB 121 et Integra-Signum, et néerlandais ATB EG et ATB NG. Un ICE BR 406 a été utilisé pour la première fois avec des voyageurs entre Amsterdam et Hanovre du 1er juin au 31 octobre 2021 sur la relation Expo-Express Hanovre – Amsterdam dans le cadre de l’Expo 2000 qui avait lieu à Hanovre. Au début du mois d’octobre 2000, six ICE 406 ont été livrés, ce qui a permis de les engager dès novembre 2000 sur deux AR Francfort- sur-le-Main – Amsterdam en remplacement de rames tractées.

    En août 2001, la livraison des 17 ICE BR 406 était achevée. Les premiers essais des ICE BR 406 ont débuté en juillet 2001. Les BR 406 ont été homologués fin 2001 pour pouvoir circuler également en Suisse. Avec la mise en service en juin 2006 en Belgique de la LGV 3 (Liège -) Chênée – Hammerbrücke (- Aix-la-Chapelle) équipée avec l’ETCS niveau 2, quatre BR 406 ont été dotés dans un premier temps avec l’ETCS, puis la totalité du parc. Fin 2002, deux rames, les Tz 4608 et 4605, ont été modifiées pour circuler en France sur les LGV avec entre autres l’installation du KVB, de la TVM 430. Fin 2005, la DB a fait modifier quatre autres ICE BR 406, les Tz 4606, 4609, 4612 et 4613 qui ont été renumérotés respectivement Tz 4680, 4683, 4681, 4682, 4684 et 4685, pour pouvoir circuler en France et cette sous-série a été désignée ICE 3MF.

    L’autorisation de circuler en France sur certaines lignes électrifiées en 25 kV 50 Hz leur a été délivrée par l’EPSF le 31 mai 2007 après près de six ans de tests, 120 000 km parcourus et la modification des bas de caisses pour éviter les projections de ballast à grande vitesse, et ils ont pu être engagés en service commercial sur la relation Paris-Est – Francfort-sur-le- Main Hbf dès le début du service annuel 2008. Remplacés sur les relations à grande vitesse France – Allemagne par des ICE BR 407 homologués en 2016 pour pouvoir circuler en France, les ICE 3MF ont été transférés sur les relations Allemagne – Belgique/Pays-Bas après dépose de la TVM 430 et équipement avec l’ETCS.

  • Deux sociétés pour Fret SNCF

    Deux sociétés pour Fret SNCF

    Confirmant la décision du gouvernement du 28 octobre 2024, Rail Logistics Europe (RLE) du groupe SNCF a annoncé le 4 novembre que Fret SNCF disparaissait et se transformait à compter du 1er janvier 2025 en deux nouvelles sociétés : Hexafret, nouvel opérateur ferroviaire spécialisé dans le groupage de wagons, et Technis, nouvelle société de maintenance des locomotives.

    La disparition de Fret SNCF et la création de deux autres sociétés, Hexafret et Technis, constituent la deuxième étape du plan de discontinuité négocié par l’État français auprès de la Commission européenne après l’instruction ouverte par cette dernière en janvier 2023 vis-à-vis de subventions jugées illégales versées par l’État à Fret SNCF. Pour éviter le remboursement de 5,3 milliards d’euros qui aurait entraîné la liquidation de la société, le gouvernement de l’époque avait opté pour ce plan de discontinuité. L’actuel gouvernement a confirmé cette position.

    Au cours du premier semestre 2024, Fret SNCF a dû abandonner à ses concurrents 30 % de son trafic (20 % du chiffre d’affaires) correspondants à des trafics dits à moyens dédiés. Essentiellement des trains du transport combiné avec des clients réguliers et des moyens dédiés. Cela concerne 23 flux pour une dizaine de clients. Il n’y a pas eu de report modal. L’intégralité des flux remis sur le marché a été reprise par d’autres opérateurs ferroviaires.

  • LGV+ : une première mondiale signée SNCF Réseau

    LGV+ : une première mondiale signée SNCF Réseau

    Durant le week-end du 11 novembre, SNCF Réseau a finalisé avec succès des travaux hors normes en procédant à une fermeture totale et dans les deux sens de la ligne à grande vitesse Paris – Lyon, la plus fréquentée d’Europe. Cette opération majeure du projet LGV+, une première mondiale pour un gestionnaire d’infrastructure, permettra d’augmenter le trafic TGV entre Paris et Lyon à partir de 2030. Un nouveau chapitre de la grande vitesse s’ouvre sur l’axe Sud-Est.

    Qu’a fait SNCF Réseau entre le 8 et le 13 novembre ? Les voyageurs TGV de l’axe Sud-Est et les opérateurs du groupe SNCF s’en souviendront longtemps. Le week-end du 11 novembre a été l’occasion pour le groupe de faire avancer le projet LGV+ de manière décisive. Du 8 novembre 23 h 00 au 13 novembre 4 h 00, depuis Marne-la-Vallée et Paris-Garede- Lyon jusqu’au nord de la LGV Méditerranée, aucun TGV n’a circulé sur la ligne à grande vitesse.

    Cette fermeture pour travaux de 101 heures en continu, une durée rarissime, a permis au gestionnaire d’infrastructure de lancer une nouvelle exploitation pour les prochaines décennies des LGV Sud-Est, LGV Rhône-Alpes et de la ligne Interconnexion Île-de- France. Pour ce faire, de nouveaux postes de commande de la ligne ont été mis en service alors que d’autres ont cessé définitivement. Le plus emblématique d’entre eux est le poste d’aiguillage et de régulation (PAR) de la ligne à grande vitesse Sud-Est. Ouvert en 1981, le PAR SE a cessé son activité dans la nuit du 8 au 9 novembre. Pour l’occasion, le ministre des Transports, François Durovray, avait fait le déplacement. Centre névralgique de la ligne, il renfermait les commandes des appareils de voie et de

  • Trains à hydrogène : où en est-on dans le monde aujourd’hui ?

    Trains à hydrogène : où en est-on dans le monde aujourd’hui ?

    La lutte contre le réchauffement climatique est enfin entrée dans une phase active, notamment dans le domaine ferroviaire. Les lignes électrifiées sont déjà considérées comme « dans les clous » et le travail sur les trains du futur, comme ceux à batteries ou à hydrogène, a démarré depuis un bon moment.

    La mise en service commercial dès 2018 d’une rame iLint 54 (version à hydrogène du Lint 54 d’Alstom) entre Buxtehude et Cuxhaven, dans le nord de l’Allemagne, avait constitué une grande première pour cette nouvelle technologie. Un train peu bruyant qui se déplace hors caténaires, qui n’émet que de la vapeur d’eau, et, qui plus est, fiable, avait de quoi ravir les exploitants. Dans l’éditorial de Rail Passion n° 304 (février 2023), avait été néanmoins pointé le problème du rendement « du puits à la roue » d’un train à hydrogène, et montré qu’il était nécessaire de consommer quatre fois plus d’électricité pour la traction d’un train à hydrogène que pour celle d’un train sous caténaire. Avait aussi été pointée la difficulté d’acheminement de l’hydrogène sur le lieu de stockage qui nécessite 12 semi-remorques au lieu d’un seul dans le cas d’un carburant fossile. Quelques mois plus tard, nous sommes en mesure de faire état du cas de la seconde expérience allemande, cette fois-ci dans le Land de Hesse, près de Francfort-sur-le-Main.

    Nous vivons avec les évolutions technologiques et, la plupart du temps, grâce à elles. Mais, tous les scientifiques le savent, une nouvelle technologie nécessite tout un processus, souvent long, fait de discussions, de réflexions sur le long terme puis la réalisation d’un prototype, de tests en conditions réelles et dégradées afin d’en parfaire la mise au point avant, dans le cas qui nous intéresse, de lancer le nouveau train sur les rails.

    À l’heure où l’écologie nous rappelle, à juste titre, qu’il est urgent de modifier notre mode de vie, on aurait tendance à brûler les étapes pour adopter au plus vite la technologie qui va résoudre le problème des émissions nocives qui sortent de nos moteurs thermiques. Le train électrique est, de loin, le plus écologique mais au prix d’une coûteuse électrification. Dans le monde entier, une bonne partie des lignes ferroviaires ne sont pas électrifiées (sauf en Suisse) et, souvent, les lignes non électrifiées sont les moins fréquentées, donc les moins rentables.

    On peut donc comprendre l’intérêt suscité par la nouvelle technologie et ne pas l’abandonner trop tôt. Mais pendant ce temps, les intérêts du politique, de l’industriel et de l’exploitant (voire du voyageur) divergent.

    Pour illustrer ce propos, étudions les deux premières expériences faites par les Allemands sur les lignes des plaines de Basse-Saxe puis sur les lignes plus accidentées des monts Taunus, en Hesse.