Votre panier est actuellement vide !
Blog

La semelle de frein composite : une révolution silencieuse
Il existe deux façons d’appliquer l’effort de freinage sur la roue :
- soit un seul ensemble porte-semelle + semelle(s) vient appuyer sur la roue,
- soit deux ensembles porte-semelles + semelle(s) installés diamétralement viennent enserrer la roue de chaque côté.
On comprendra que dans la configuration à deux porte-semelles, la roue n’a aucune échappatoire : elle est « prise en étau » entre les deux porte-semelles, qui peuvent alors la serrer à loisir.
Dès lors, des semelles avec un coefficient de frottement élevé ou faible conviennent, sous réserve d’un réglage adéquat de la pression du porte-semelle.À l’inverse, dans une configuration avec un seul porte-semelle, la roue n’est pas prise en étau, donc par le biais inévitable des jeux mécaniques, la roue va partiellement « s’échapper » sous la pression du porte-semelle. Ceci impose alors le recours à des semelles à haut coefficient de frottement, afin de compenser cette perte d’efficacité due à l’absence de prise en étau.
Les wagons à essieux ont généralement une configuration à deux porte-semelles par roue, de type « Bg » ou « Bgu ». Les wagons à bogies ont quant à eux un ou deux porte-semelles par roue, de type « Bg » ou « Bgu ».
Les configurations avec un seul porte-semelle par roue sont couramment mises en œuvre sur les wagons pour lesquels la place est comptée sous le châssis, au point que la présence d’une tringlerie de frein à l’extérieur du bogie est gênante et/ou peut entraîner un risque de détérioration notamment lors du déchargement.
C’est typiquement le cas des wagons-trémies à déchargement axial par gravité (céréaliers, transport de granulats, ballastières, etc.).
Suisse : les CFF s’approprient et défrichent l’automatisation
Les CFF ,en collaboration avec Alstom, ont effectué des essais de téléconduite d’une Aem 940 (voir Rail Passion n° 264) évoluant sur le site de Zurich Müllingen, un ancien triage fermé en 2014 par CFF Cargo et depuis réutilisé par CFF Voyageurs. Selon les CFF, ces tests réalisés en environnement « ouvert », en l’occurrence un faisceau de voies toujours en exploitation, constituent une première au niveau européen. Ces courses ont permis de s’assurer que des opérateurs pouvaient à distance, dans le cadre d’une exploitation automatisée (ATO GoA4), faire se mouvoir un convoi (en fait, un scénario théorique, car l’Aem 940 était seule) en détresse vers une zone de remisage adaptée.
Le système utilisé est celui développé par Alstom, avec un pupitre de commande déporté qui a été mis en œuvre par 24 collaborateurs (conducteurs et agents de manœuvre) issus des divisions Infrastructure, Cargo et Voyageurs des CFF. Les écrans vidéo associés leur ont permis de tenir compte du parcours, des signaux et de possibles obstacles filmés par les caméras équipant la locomotive et retransmis (avec redondance via la connectivité 4G/5G de deux fournisseurs publics) en temps réel. Se trouvaient cependant à bord de l’Aem 940 029 (utilisée en modes électrique et thermique – commutation dynamique possible) un conducteur et un responsable d’essai afin de veiller à la sécurité opérationnelle et de parer à toute éventualité. La vitesse maximale autorisée était de 30 km/h.En plus de la « simple » démonstration de faisabilité technique, une attention particulière a été apportée au ressenti et à l’interaction des « utilisateurs » vis-à-vis du et avec le système. Des commentaires, plutôt variés mais utiles pour les développements à venir, ont été récoltés alors que le « facteur humain » a fait l’objet d’une évaluation spécifique. L’impact dudit facteur et la manière dont les participants ont pu se projeter dans la réalité durant les tests, ont ainsi été étudiés par le DLR (Deutsches Zentrum für Luft- und Raumfahrt ou Centre allemand, pour l’aéronautique et l’aérospatiale), fort d’une longue expérience en exploitations automatisées.
Les CFF mettent clairement en avant que l’introduction de trains autonomes de voyageurs ne constitue pas pour eux une priorité. En revanche, ils considèrent que le recours à un système de télécommande peut à terme être pertinent pour des chantiers ne nécessitant que des mouvements courts et peu nombreux ou dans le cadre de garages et de dégarages de rames voyageurs. Cette option faciliterait alors les prises et les fins de service des conducteurs, tout en diminuant les risques encourus dans les faisceaux. L’opérateur précise cependant que de nombreux développements techniques sont encore requis et que des processus opérationnels ainsi que réglementaires (au niveau européen) devront être adaptés, préalablement à toute application concrète.
En fait, la démarche des CFF (menée dans le cadre du programme Horizon- Europe « Europe’s Rail Innovation Pillar ») (1) est à ce stade exploratoire. L’entreprise ferroviaire cherche à défricher le corpus normatif européen et à s’assurer de son applicabilité en Suisse, mais aussi à acquérir des compétences en matière d’interactions homme- nouvelles technologies. Ses investigations permettront de rédiger des rapports (intermédiaire et final) qui seront mis à disposition de l’Office fédéral des transports (OFT). Au niveau international, la version publique du rapport final servira à spécifier les requis suisses en matière de commande à distance, à prendre en compte lors de la définition des normes européennes.
L’agenda « ATO » des CFF porte à court terme sur des essais d’accélération et de freinage automati- sés en transport de marchandises (2025), de démarrage automatique des trains (2024/2025) et d’assistance à la perception de la signalisation et des obstacles (2024/2025).

Bulgarie : et sept Kiss commandés à Stadler
Le ministère bulgare des Transports et des Communications a sélectionné le 4 avril Stadler Rail pour la fourniture de sept automotrices électriques à deux niveaux de type Kiss aptes à 200 km/h et d’une capacité de 300 places assises destinées à l’opérateur voyageurs BDŽ PP.
La commande, d’un montant de 154,2 millions d’euros, comporte leur maintenance pour 15 ans. Un précédent appel d’offres avait été annulé, car seul Vossloh Rolling Stock filiale du groupe chinois CRRC y avait répondu, et que la commande était financée en partie avec des fonds du plan de résilience bulgare qui devaient être dépensés avant août 2026, ce qui a poussé Vossloh Rolling Stock à retirer son offre. Fabriqués en Pologne par Stadler Polska, ces Kiss devraient être tous livrés d’ici juillet 2026.

La dernière séance pour Railcoop
«Voilà c’est fini, on ne va pas se dire au revoir comme sur le quai d’une gare »… ces quelques paroles pourraient s’appliquer à Railcoop. À l’issue d’une période d’observation de six mois par le tribunal de Cahors, la coopérative a été placée en liquidation judiciaire. C’est la fin d’une aventure ayant beaucoup fait parler, mais ayant le mérite d’avoir mis en lumière des points faibles du ferroviaire français. Retour sur Railcoop, dont la chronologie des événements peut ressembler à un medley de la chanson française.
Le projet initial, le retourdu Bordeaux – Lyon : « On the road again » ?
Avec la libéralisation du ferroviaire, plusieurs personnes joyeuses, insolentes et drôles songent à créer leur propre entreprise. Leur objectif est de relancer la liaison Bordeaux – Lyon via Limoges et Montluçon. Les initiateurs du pro- jet sont convaincus de la viabilité de la liaison, ex-TET (Train d’équi- libre du territoire) stoppé par l’État en 2014. Pour convaincre un plus grand nombre de rejoindre le pro- jet, une société anonyme d’intérêt collectif est créée : Railcoop.Leur premier projet est de louer des rames Régiolis pour assurer la liaison, restée sans suite à cause du coût élevé de location. En 2021, la coopérative se tourne vers l’acquisition de matériel d’occasion. Après des recherches menées dans les pays de l’est de l’Europe, c’est finalement sur des X 72500 que la coopérative jette son dévolu. Les aménagements envisagés sont « non substan- tiels », sans besoin de réhomolo- guer les rames. Plusieurs médias confrères s’intéressent au projet,entraînant une croissance du nombre de sociétaires.
Déjà, les sujétions relatives aux sillons et aux levées de fonds se font jour. Railcoop annonce son souhait de lancer le Lyon – Bordeaux à l’été 2022 et une navette fret entre Capdenac et Toulouse-Saint-Jory pour la fin de l’année 2021.
Le lancement du fret et un report du Lyon – Bordeaux : « Je m’voyais déjà » ?
La licence d’entreprise ferroviaire et son certificat de sécurité ayant été décrochés, la liaison fret Capdenac – Saint-Jory est lancée le 15 novembre 2021. Prenant la forme d’une navette fret circulant à heure fixe du lundi au vendredi, elle est assurée avec deux G 1000 louées à DB Cargo France et 26 R-26 loués à Ermewa. Plusieurs chargeurs se déclarent intéressés par l’offre de services proposée par Railcoop, qui se sait attendue au tournant et qui compte en profiter pour roder son SGS (Système de gestion de la sécurité).Dans le même temps, la mise en route de son service voyageurs Lyon- Bordeaux subit un premier report de juin à décembre 2022. La mauvaise qualité des sillons délivrés par SNCF Réseau est avancée, empêchant selon l’entreprise de pouvoir progresser sur les roule- ments des rames et des personnels. Sans compter que l’équilibre économique de certaines circulations est remis en cause. Railcoop annonce dans le même temps à l’Autorité de régulation des transports (ART) ses neuf projets de liaisons dans toute la France (pour rester en haut de l’affiche?).

RP 320 : EN LIGNE DE PARIS-AUSTERLITZ À TOURS (3ème partie)
Malgré les vagues successives de modernisation, l’âme propre aux anciennes infrastructures de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (PO) n’a jamais totalement disparu. Sans doute est-ce la raison même pour laquelle, aujourd’hui encore, le réseau du Sud-Ouest continue d’exercer, pour le ferroviphile, un incomparable attrait… Tout particulièrement, la radiale Paris – Les Aubrais – Tours se distingue par quantité de points singuliers, tels le noeud ferroviaire de Juvisy, la traversée de la gare d’Étampes sous son élégante marquise, l’interminable rampe de Guillerval, longue de 9 km, dont les deux tiers affichent une déclivité de 8 ‰, la traversée de la Beauce avec, au lointain, le squelette de l’Aérotrain, ou encore les gares des Aubrais et de Saint-Pierre-des-Corps, avec leurs triages et dépôts respectifs. Faisant suite au reportage en cabine sur le train 14061, nous vous proposons, cette fois, de découvrir le parcours de Paris à Tours dans son intégralité, comme si vous étiez vous-même le conducteur…
Durée : 24 min

Suisse : la maintenance en grand à Glisergrund
La Matterhorn Gotthard Bahn (MGBahn) fait partie de la holding Brig-Visp-Zermatt (BVZ), au même titre que la Gornergrat Bahn (GGB). C’est la division « Matériel roulant » de cette holding qui assure l’entretien (dans le sens d’entité en charge de la maintenance) de ces « produits » ferroviaires, y compris le fameux Glacier Express (GEX) qui relève pour sa part de Matterhorn Gotthard Verkehrs AG, connus dans le monde entier.
La maintenance mobilise environ 125 collaborateurs et repose sur trois centres localisés à Brigue-Glis, à Andermatt et à Zermatt. Le premier (sur le site dit de Glisergrund) a le rang d’atelier principal, le second est cantonné aux rames porte-autos du tunnel de la Furka ainsi qu’aux rames navettes assurant la desserte locale, le troisième est axé sur la GGB. Mais la division Matériel de la MGBahn suit aussi une approche de centres de compétences. Ainsi, les révisions de bogies (à l’exception de ceux des rames porte-autos) et d’attelages automatiques sont effectuées à Brigue, le test des ressorts de suspensions ayant lieu à Andermatt où de nouvelles installations doivent être construites.
Le site de Glisergrund se compose de l’atelier principal, dédié aux activités de maintenance lourde mais aussi d’un dépôt pour les tâches simples d’entretien et d’un établissement de service concourant au nettoyage. Le lancement de sa réalisation, à l’époque pour le compte du Furka Oberalp (FO), a lieu le 10 mai 1992, les travaux de construction se déroulant de 1995 à 1998, son inauguration intervenant le 11 décembre 1998. En marge de la fusion (dont est issue la MGBahn) entre le FO et le BVZ en 2003, le site de Glisergrund bénéficie d’une rénovation et d’une première extension en 2010-2012. Un second agrandissement a été lancé en 2018 et sera achevé en 2025. La superficie est d’environ 50000 m2 (sans compter la zone ajoutée en 2003 pour le compte du BVZ). La surface bâtie des ateliers et du dépôt avoisine, après agrandissements, les 15300 m2. Le volume correspondant est de 162400 m3. Le site de Glisergrund permet ainsi de gérer un stock conséquent de quelque 23900 articles.

Trois projets de SERM sur les rails en Nouvelle-Aquitaine
Depuis la promulgation de la loi sur les Services express régionaux métropolitains fin décembre 2023, plus d’une trentaine de projets de RER métropolitains ont été présentés en France par des agglomérations grandes ou moyennes, dont dans la région Nouvelle-Aquitaine ceux concernant le RER métropolitain de Bordeaux, le RER basco-landais, le RER pyrénéen et celui de Limoges en cours d’élaboration.
Le projet de RER métropolitain Bordeaux Métropole I Gironde I Nouvelle-Aquitaine (RERM) est porté par la région Nouvelle-Aquitaine, Bordeaux Métropole, le département de la Gironde et l’État, en partenariat technique avec SNCF Réseau, SNCF Voyageurs et SNCF Gares & Connexions. Dès 2020, l’offre ferroviaire, avec parfois de nouveaux horaires, avait été augmentée sur les trois lignes 41U Libourne – Bordeaux- Saint-Jean – Arcachon, 42 Bordeaux- Saint-Jean/Pessac - Macau - La Pointe-de-Grave, et 43U Saint- Mariens - Saint-Yzan – Bordeaux- Saint-Jean – Langon, du futur RER métropolitain de Bordeaux.
Par ailleurs la ligne Libourne – Arcachon a été diamétralisée supprimant en semaine pour les clients de 32 TER le changement éventuel de train en gare de Bordeaux- Saint-Jean. Ces trois lignes d’une longueur cumulée d’environ 300 km, desservent 54 gares, dont 15 dans la métropole bordelaise. Près de 1,2 million d’habitants résident à moins de 20 min en voiture des gares desservies.

Au chevet du Paris – Clermont-Ferrand
L’incident de trop : 7 heures de retard pour l’Intercités de soirée reliant Paris à Clermont- Ferrand le 19 janvier dernier. Le ministre a sommé la SNCF de trouver des solutions en rappelant que l’État, autorité organisatrice des Intercités, investit 1,2 milliard d’euros sur cette ligne. Au programme, des rénovations de la voie et l’acquisition de nouvelles rames commandées à CAF. Mais, si tout va bien, elles n’arriveront que fin 2025 en même temps que pour Paris – Limoges – Toulouse. Pour un remplacement total des voitures Corail fin 2026.
Deux ans d’attente, c’est trop long. D’où ce plan d’action présenté le 23 février. Trois objectifs : les grands retards supérieurs à une heure, la réactivité et les causes externes.
L’un des points faibles est le matériel : les locomotives BB 22200 et 26000 ou les voitures Corail ont entre 30 et 40 ans. Notons qu’en 2023, le parc global dédié à Intercités s’est étoffé de 10 locomotives BB 22200 récupérées de TER Centre. Depuis 2021, le parc est en cours de fiabilisation au niveau des disjoncteurs et batteries. Le télédiagnostic se développe pour mieux maîtriser les dérives de composants avant l’incident.

Paris-Nord: remplacement massif d’aiguillages
Selon SNCF Réseau, ce chantier hors normes est le plus grand chantier de remplacement d’aiguillages en Europe. Outre le nombre d’appareils, 43, il se caractérise par les moyens déployés et bien sûr la situation géographique du chantier.
La zone d’action se situe dans l’avant-gare de Paris-Nord, plus précisément sur le noeud de communications permettant l’accès et la sortie des voies 30 à 36. Cette partie de la gare est construite à la fin des années 70. Il faut libérer des voies utilisées par les trains de banlieue avant l’arrivée du TGV Nord. En même temps, la réalisation de la gare souterraine destinée aux futures lignes B et D du RER offre une opportunité. Les nouvelles voies 30 à 36 dédiées à la banlieue nord hors RER B et D, c’est-à-dire les futures lignes H et K, sont posées sur la dalle recouvrant la mezzanine facilitant les échanges de voyageurs entre les différentes lignes y compris le métro et ensuite la future ligne E.
Ce niveau intermédiaire recouvre le niveau accueillant les quatre voies et deux larges quais des RER. Mi-décembre 1980, les premiers trains de Roissy et Mitry arrivent sur les nouvelles voies 34 à 36. Ceux d’Orry arrivent sur les voies 31 à 33 mi-juillet 1982. Ceux de Pontoise et Valmondois rejoignent les voies 34 à 36 en septembre 1983. Les trains de Montsoult seront les derniers transférés en 1989.

Des mesures d’urgence pour sauver la ligne 8
La ligne 8 du métro parisien connaît une inquiétante saturation aux heures de pointe. Île-de-France Mobilités et la RATP ont décidé de s’attaquer frontalement au problème.
Il suffit de se rendre aux heures de pointe sur le quai d’une des stations de la 8 pour comprendre que la situation est grave. Les voyageurs sont parfois si nombreux dans les rames qu’il devient impossible de monter à bord, laissant à quai un nombre toujours plus grand de voyageurs. Les échanges en station sont de plus en plus longs, et la fréquence élevée des rames ne parvient plus à transporter tout le monde. C’est l’effet de saturation, qui ne fait que s’amplifier à mesure que les trains perdent du temps lors de leurs arrêts. Les voyageurs de plus en nombreux viennent s’entasser jusqu’au bord des quais, obligeant les conducteurs à une marche très lente en entrée et sortie de station pour éviter les accidents de personne… Comment en est-on arrivé là et pourquoi la ligne 8? D’abord, la 8 n’est pas la seule à connaître de sérieuses difficultés, avec en janvier seulement 82% de l’offre effectivement réalisée. La 3 et la 13 avec 84%, la 6 (86%) ou la 12 (87%) font à peine mieux.
Parmi les causes identifiées, il y a d’abord le manque de conducteurs, qui empêche de réaliser l’offre contractuelle. Un certain nombre de courses sont annulées, augmentant l’écart entre deux trains. L’affluence à bord augmente progressivement, ralentissant la rame dont les temps d’échanges en station s’allongent…