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  • Le port du Havre investit dans le ferroviaire

    Régulièrement critiqués pour avoir oublié de desservir autrement que par la route « Port 2000 », leur nouveau site portuaire ultramoderne censé booster les trafics conteneurisés, les responsables du Grand Port maritime du Havre (GPMH) sont en train de réparer leur erreur. Début juin, le conseil de surveillance du port a donné son feu vert au projet de chantier multimodal qui sera réalisé au cœur de la zone industrielle portuaire. 140 millions d’euros d’investissements sont prévus, dont plus de la moitié apportée par l’Etat.
    Les travaux doivent démarrer début 2011 pour une mise en service mi-2013. La plateforme multimodale aura une capacité de traitement de 300 000 EVP (équivalent vingt pieds). « Cette capacité pourra être facilement portée à 500 000 EVP, sans investissements majeurs. Nous disposons également d’une réserve permettant de porter ultérieurement le trafic à 850 000 EVP », précise Christian Feuvre, le directeur adjoint des opérations du port du Havre. Des navettes ferroviaires assureront la collecte et la distribution des marchandises entre les différents terminaux maritimes et la plateforme mutlimodale d’où se feront les post ou préacheminements.
    Ce sera le plus gros chantier multimodal de France, soulignent ses promoteurs. Il disposera de deux postes à quai fluviaux de 200 mètres (4 sont possibles) et de 8 voies ferrées sous portiques pour les échanges entre les navettes ferroviaires et les trains de ligne. Les projections tablent sur un trafic annuel de la plateforme, au démarrage, de 200 000 EVP, puis à l’horizon 2020 entre 350 000 et 450 000 EVP. Le port du Havre estime qu’à cette échéance ses post et préacheminements fluviaux et ferroviaires représenteront 25 % du total contre 16 % aujourd’hui.
    Un appel d’offres devrait être lancé vers 2012 pour trouver un opérateur ferroviaire portuaire (OFP) chargé d’exploiter ces navettes ferroviaires. « Nous serons particulièrement attentifs à la qualité des prestations. Dans un premier temps, le contrat avec l’OFP choisi sera court pour pouvoir le remettre en cause rapidement s’il ne donne pas satisfaction », souligne Christian Feuvre. Les responsables portuaires souhaitent aussi une meilleure interaction avec le réseau ferré longue distance. « Si un opérateur peut élargir son offre au fret conventionnel, cela nous intéresserait », indiquent-ils. Ils verraient bien, au départ du Havre, des trains mixant conteneurs et fret conventionnel, ce qui permettrait d’assurer de meilleurs taux de remplissage pour les convois.
    Pour inciter les opérateurs à utiliser la future plateforme multimodale, un montage original a été mis en place, calqué sur le modèle des hubs multimodaux de Dourges et de Clésud (Grans-Miramas). Une société d’investissement, Le Havre Terminal Trimodal, a été mise sur pied. Elle devrait être détenue à 49 % par le GPMH, à 25,5 % par Projenor (filiale du Crédit agricole immobilier), qui a participé aux montages des plateformes de Dourges et Miramas, et à 25,5 % par la Caisse régionale du Crédit agricole de Normandie-Seine.
    De leur côté, les cinq principaux opérateurs de transport combiné opérant au Havre – NavilandCargo, Novatrans, CMA Rail (ex-Rail Link), River Shuttle Containers et Logiseine – vont devenir actionnaires de la société Le Havre Terminal Exploitation qui doit être créée. Ils vont signer un bail de dix ans, renouvelable une fois, avec Le Havre Terminal Trimodal. Cela doit les inciter à utiliser au maximum cette plateforme, pour laquelle ils paieront un loyer. « Trop souvent en France des plateformes ont été financées par des collectivités locales et finalement n’ont pas été utilisées », rappelle Christian Feuvre. De nouveaux opérateurs pourraient arriver. Des contacts auraient déjà eu lieu avec IFB, Eurotunnel et ECR.
    En attendant sa future plateforme qui le reliera de façon plus performante au réseau ferré et fluvial, le port du Havre va bénéficier d’une amélioration de ses conditions de desserte ferroviaire dès la fin de l’année : en décembre, le raccordement de la Brèque doit être mis en service et permettre un accès plus direct au port en évitant le triage historique de Soquence.
     

    Marie-Hélène POINGT

  • Déminage terminé, Brest peut construire son dépôt

    Les bombes font un peu partie du paysage à Brest. Il est rare qu’une opération d’urbanisme ne tombe pas sur un explosif, dans l’une des villes les plus bombardées par les alliés en 1945. La zone du chantier de l’atelier-dépôt du futur tramway de Brest, a dû être évacuée une dernière fois mi-juin pour le désamorçage d’une bombe américaine de 250 kg. Le déminage de cette zone se sera soldé par 16,5 tonnes d’explosifs retirées. Il aura également fallu détruire 11 blockhaus pour finalement pouvoir procéder fin juin à la pose de la première pierre de ce dépôt et centre de maintenance du futur tramway de l’agglomération brestoise. Ce centre technique, qui assumera dépôt, entretien, vérification et nettoyage des 20 rames de tram, abritera aussi le centre de contrôle. Il sera « le maillon essentiel du nouveau dispositif de transport en commun », a indiqué la métropole dans un communiqué. A terme, une centaine de personnes devraient être rattachées à ce site de 7 000 m² orné de 1 279 m² de panneaux photovoltaïques (soit 960 panneaux).

  • Une ligne spéciale pour le Mont-Saint-Michel

    Les régions Basse-Normandie et Bretagne mettent en service la « ligne Baie », du 4 juillet au 29 août. Deux allers et retours quotidiens en TER sont prévus entre Saint-Malo et Granville, avec une escale à Pontorson. Pour rejoindre le Mont-Saint-Michel, les voyageurs ont le choix entre la desserte en car ou la location de vélo (9 km de véloroute au départ de Pontorson). Cette offre de transport public alternative a été testée avec succès l’année dernière, avec une fréquentation moyenne de 200 voyageurs par jour. Des animations à bord des TER sont assurées à certaines dates. De plus, le « pass ligne Baie » donne accès à tous les modes de transports partenaires (Illenoo, Manéo, Keolis Saint-Malo agglomération, etc.) à une tarification attractive.

  • Feu vert à un service de ferroutage France – Italie

    Le Parlement a ratifié définitivement, le 31 mai, après un ultime vote du Sénat, l’accord signé le 9 octobre 2009 entre la France et l’Italie sur la mise en place d’une autoroute ferroviaire alpine. Après l’accident du tunnel du Mont-Blanc en mars 1999 (39 morts), les deux pays avaient cherché des alternatives au « tout route » et décidé lors du sommet de Turin en 2001 de lancer un service expérimental d’autoroute ferroviaire en accompagnement de la réouverture du tunnel. Le bilan de cette expérience étant jugé satisfaisant, Paris et Rome ont décidé de le pérenniser et ont signé en 2009 un accord en ce sens. Pour l’exploitation de cette future autoroute ferroviaire, les deux Etats devraient recourir à une concession de service public. Un appel d’offres a été lancé en octobre 2009 et les deux pays ont reçu deux candidatures, l’une, d’un groupement constitué par la SNCF, Lorry-Rail et Opticapital, et la seconde, d’un groupement de Trenitalia, Sitaf et Autosped G. La mise en exploitation est prévue début 2011 après l’achèvement des travaux du tunnel du Mont-Cenis, précise le sénateur PS Bernard Piras, rapporteur du projet de loi de ratification de l’accord. « L’objectif de ce nouveau service est de parvenir, en quelques années, à un report modal de 100 000 poids lourds par an, soit environ 10 % du trafic circulant chaque année dans le tunnel de Fréjus. »

  • Avec le tram d’Angers, la télébillettique

    Avec l’arrivée du tram en juin 2011, les Angevins bénéficieront de la télébillettique : une carte ou une clé USB sans contact au lieu des tickets carton. Ces titres, pour les abonnés ou les voyageurs occasionnels, seront rechargeables dans les 45 bornes des stations du tram et sur le site Internet de la Cotra (réseau Keolis, 27 millions de voyages par an). Parkeon a été chargé de la mise en œuvre du système, voulu évolutif et prêt pour les technologies à venir. Angers Loire Métropole va aussi mettre en place une nouvelle carte de vie quotidienne sans contact, véritable sésame pour accéder à diverses activités (notamment les parkings-relais) de la commune. Le contrat de près de 5 millions d’euros signé en mai dernier comprend un serveur central, 350 valideurs dans les bus et 170 dans les trams, ainsi que les distributeurs automatiques de titres, les terminaux points de vente, 70 000 cartes sans contact, 5 000 clés USB NFC, 3 millions de tickets sans contact… Après Reims et Lille, Angers est la troisième ville française à se doter de cette offre billettique globale développée par Parkeon.

  • La voie sur ballast a-t-elle atteint ses limites en terme de grande vitesse ?

    La voie sur ballast a-t-elle atteint ses limites en terme de grande vitesse ?

    Voici maintenant trois ans que la LGV Est-européenne est en service. Une ligne qui collectionne les « premières » techniques en France à différents points : circulations à 320 km/h sur certaines sections, GSM-R, ERTMS au sol (RBC, Eurobalises), attaches Fastclip sur toute la ligne… Toutefois, comme les précédentes lignes nouvelles françaises, la LGV Est-européenne reste pour l’essentiel fidèle à la pose sur ballast. Mais deux sections s’y distinguent. La première, qui comprend deux voies parallèles de 1 800 m et des aiguillages de jonction, est le site d’un essai de voie sur dalle béton « à la française », relativement classique, avec un ferraillage important et une pose sur un socle en grave-ciment. L’autre section, longue de 3 km et située plus loin vers l’est, met quant à elle en œuvre une sous-couche de grave-bitume sous le ballast (voir VR&T n° 496, pages 60 et 61). Cette réalisation signée Colas, spécialiste des travaux routiers, offre comme avantage de permettre aux camions de circuler sur la plateforme de la future voie ferrée sans en détériorer la structure ou en compromettre les performances futures, l’objectif fondamental étant la meilleure durabilité de la voie ferrée, de l’ordre de 75 ans.
    Comparés à cet objectif, trois ans ne permettent pas de tirer des conclusions définitives sur la tenue de la plus récente des lignes nouvelles françaises actuellement en service. Toutefois, cette période aura été riche en enseignements. Vu de l’extérieur, les principaux incidents liés à la LGV Est-européenne ont concerné la disponibilité des rames ICE 3 de la DB, dont l’homologation en France avait pris quatre ans, en particulier pour des problèmes de soulèvement de ballast à grande vitesse. Mais à ce phénomène aérodynamique, tant lié au train (et à ses parties les plus basses) qu’à la voie (le ballast n’étant pas stabilisé en surface), s’est ajouté un autre désagrément au cours de l’été 2009. En effet, après un peu plus de deux ans de service, des enregistrements Mauzin sur la voie ont attiré l’attention de l’infrapôle Est-européen SNCF sur une dégradation rapide de la LGV Est-européenne touchant certaines sections, avec un indicateur de qualité de la géométrie de la voie équivalant à celui d’une LGV de 10 ans… Après analyse des défauts, qui ne concernaient toutefois pas les deux sections expérimentales citées plus haut, une série de mesures (ballastage, bourrage, stabilisation) a permis avec succès d’enrayer la dégradation. Maintenant, les TGV circulent à 320 km/h et il n’y a « plus rien à voir ». Encore une preuve de la souplesse permise par la solution ballast, mais cet incident a apporté de l’eau au moulin des partisans de la voie sur béton pour les plus hautes vitesses.
    Car la question qui se pose aux promoteurs et concepteurs de lignes à grande vitesse est bien celle-ci : voie sur ballast ou dalle béton ? « C’est au coup par coup », répond Alain Cuccaroni, directeur des opérations LGV Est-européenne : « Les deux ont leurs avantages et leurs inconvénients. » Alors que, selon Inexia, la voie sur dalle présente un intérêt sur une LGV, à condition d’être retenue en amont des projets et lorsque plusieurs facteurs se présentent simultanément : une contrainte en tracé (obstacles, jumelage avec des autoroutes), des reliefs marqués (fortes dénivelées) ou un passage à une gamme de vitesse 350-360 km/h.
    D’autres experts soulignent que l’intégration du rail et du radier sur ouvrage d’art présente de nombreux avantages, ne serait-ce qu’en termes de volume nécessaire (pas la peine de remplir partiellement l’ouvrage de ballast) ou de propreté (pas de poussières), comme cela a été vérifié dans le tunnel sous la Manche ou dans le tunnel du Perthus (ligne Perpignan – Figueras). Question sécurité dans les ouvrages d’art, la dalle béton présente d’autres avantages encore : on peut la mettre en forme de « trottoirs » de part et d’autre des rails afin de limiter les conséquences d’un éventuel déraillement et, si l’évacuation des voyageurs s’avère nécessaire, marcher sur une dalle béton reste plus facile que sur une voie ballastée.
    Sauf sur les ouvrages d’art, le béton reste plus cher que le ballast, mais cet écart se resserre si l’on considère que ce dernier demande plus de maintenance. Par exemple, sur la LGV Sud-Est, ouverte en 1981-1983, le ballast a été entièrement renouvelé entre 1990 et 2006, puis nécessitera une nouvelle régénération d’ici à 2014. Ceci dit, le ballast se prête mieux à des opérations de maintenance. Offrant une grande souplesse de mise en œuvre, ainsi qu’une cadence de pose et un potentiel de recyclabilité plus élevés, le ballast est également un meilleur absorbeur de bruit que le béton ! De plus, la voie ballastée reste un terrain d’innovations : la transposition de techniques routières par Colas a non seulement donné naissance à la sous-couche de grave-bitume citée plus haut, mais elle a également inspiré la pose du ballast au finisseur (engin habituellement utilisé pour goudronner les routes), plus précise et au moins huit fois plus rapide que la méthode classique. Essayée la première fois pour la pose des voies provisoires de l’opération Train Capitale à Paris en 2003, cette pose au finisseur a été mise en œuvre peu après sur la LGV belge de Liège à la frontière allemande.
    De l’autre côté de cette frontière se trouve la patrie des deux principales entreprises spécialistes de la pose de voie sur béton. La principale est Rail.One, dont la méthode Rheda 2000 (traverses bibloc mises en position sur une armature au moyen de rails provisoires avant la coulée du béton) a non seulement conquis le réseau DB pour ses lignes nouvelles, mais aussi la HSL Zuid néerlandaise, les tunnels espagnols, la ligne Taïpeh – Kaohsing à Taïwan (face aux spécialistes japonais) et – last but not least – la longue ligne nouvelle chinoise de Wuhan à Guangzhou, ouverte il y a six mois. L’autre type allemand de voie sur béton est la FFB (Feste Fahrbahn Bögl) de l’entreprise de BTP Max Bögl, qui se présente sous forme de dalles préfabriquées et a été mise en œuvre sur le lot nord de la ligne nouvelle Nuremberg – Ingolstadt (2006).
    Outre-Manche, une autre solution est proposée par Balfour Beatty Rail et Corus Rail : pour chaque voie, les deux rails sans patin – quasiment réduits à des champignons de 74 kg/m – sont simplement enchâssés dans deux rainures de la dalle béton par l’intermédiaire d’un coussinet amovible. Ce système ERS (Embedded Rail System) est d’autant plus simple à mettre en œuvre qu’il se passe d’attaches. Et plus de la prévention des déraillements par la forme donnée à la dalle (voir plus haut), ce dispositif limite les conséquences d’une rupture du rail, ce dernier étant maintenu prisonnier du béton. Un argument de poids en Grande-Bretagne, où une rupture de rail, à Hatfield, a été le grand révélateur de la crise qu’y traversait le secteur ferroviaire il y a 10 ans. Le système ERS a été mis en œuvre sur deux sections expérimentales, l’une en Grande-Bretagne, l’autre sur une ligne nouvelle espagnole.
    L’apparent « plébiscite » en faveur des solutions allemandes de voies sans ballast pour les lignes à grande vitesse les plus récentes à travers le monde est à relativiser, compte tenu des circonstances. Les matériaux disponibles à proximité des chantiers ainsi que la nature du terrain rencontré et la nécessité d’avoir recours à des ouvrages d’art dans des régions densément peuplées ne sont sans doute pas étrangers au choix de la voie sur béton en Chine. Ce sont en tout cas ces causes qui ont entraîné très tôt le choix de la voie sans ballast pour la HSL Zuid néerlandaise, reposant sur un sol meuble quand elle n’est pas construite sur des ouvrages d’art.
    En fait, si les voies ballastées et sur béton ont chacune leurs avantages, c’est au niveau des transitions entre ces deux techniques que se trouve le véritable point faible, les propriétés physiques des deux types de voie n’étant pas les mêmes. Pour gérer de telles transitions, la projection d’un mélange à base de polyuréthanne à prise rapide sur la surface du ballast permet de faire varier progressivement l’élasticité de la voie, offrant en outre une stabilisation du ballast. Cette solution nommée XiTrack a été essayée outre-Manche… mais sur lignes classiques.
    En dépit de son aspect moins « poli » que le béton, le ballast reste donc une solution au goût du jour – et même de demain pour les projets français comme la LGV Sud Europe Atlantique. Cependant, le choix du type de voie pourrait être laissé à la discrétion du concessionnaire en ce qui concerne le contournement de Nîmes et de Montpellier. Quant au projet de deuxième ligne à grande vitesse britannique (HS2), conçue d’emblée pour des vitesses supérieures à 300 km/h, le choix du ballast semble évident aux décideurs pour sa capacité à absorber les ondes de pression et les bruits. Comme le rappelle Alain Cuccaroni, « c’est tout de même sur une voie ballastée que le record des 574,8 km/h a été battu » !
     

    Patrick LAVAL

  • GHH-Valdunes inaugure son centre de maintenance pour essieux montés

    En inaugurant le 30 juin à Trith-Saint-Léger (Nord) son « European Wheelset Centre », le concepteur et constructeur d’essieux GHH-Valdunes diversifie ses services en proposant la maintenance des essieux montés de wagons de fret. C’est en vue de répondre aux besoins des nouveaux entrants du fret ferroviaire que GHH-Valdunes a lancé cette activité complémentaire dans laquelle 2 millions d’euros ont été investis. Concurrent des ateliers des opérateurs historiques européens (SNCF, DB…) sur un marché évalué à « près de 18 milliards d’euros » par son promoteur, l’European Wheelset Centre devrait atteindre d’ici quatre ans une capacité de maintenance de 4 000 essieux par an. Capable de traiter « plus de 100 types » d’essieux différents, ce centre a pour ambition de garantir une opération de maintenance en 15 jours ouvrés (transport compris), contre une moyenne de 4 mois en période de pointe dans les ateliers actuels. Avec son nouveau centre, GHH-Valdunes espère quintupler son chiffre d’affaires « services » d’ici quatre ans.

  • AGV, le train articulé de trop ?

    AGV, le train articulé de trop ?

    Vous avez dit « caisse large » et « quai haut » ? En motorisation répartie et à un seul niveau ? Et vous souhaitez vraiment qu’il roule sur une voie posée sur dalle ? Pas de chance : le meilleur train à grande vitesse du monde est à motorisation concentrée, et à deux niveaux. Certes, il ne saurait offrir de caisses très larges (charge à l’essieu oblige !), et il n’est pas vraiment adapté aux quais hauts. Mais c’est notre TGV Duplex, avec lequel vous n’aurez d’ailleurs nul besoin d’une voie sur dalle, puisque, à la différence de ses concurrents allemands, il n’a jamais provoqué le moindre envol de ballast… J’allais oublier : il aura toujours une longueur d’avance car c’est un train « ar-ti-cu-lé ». Ah ! vous n’en voulez pas ?
    A dessein caricaturée, cette posture aurait néanmoins pu s’apparenter à celle des Français, il y a seulement quelques années. A décharge pour eux, point n’est facile d’assumer un leadership historico-technologique. Exprimés en km/h, 515.3 ou 578.4 sont des chiffres qui imposent d’abord le respect. Surtout si l’on songe que le dernier record en date, sur la ligne à grande vitesse Est-européenne, était surtout bridé par la tension mécanique de la caténaire et le souci omniprésent de ne rien casser qui puisse risquer de retarder la mise en service commerciale toute proche. Dans l’absolu, la rame du record, telle qu’elle avait été conditionnée, aurait sans doute pu friser le seuil des 600 km/h…
    Mais il n’est jamais gagné de s’élancer le premier pour faire la course en tête. Car si le mérite d’avoir lancé en 1964 les fameux « bullet trains », ancêtres des Shinkansen, revient indubitablement aux Japonais, force est cependant de constater que ce sont les Français qui ont tracé, les premiers, les chemins canoniques de la grande vitesse ferroviaire moderne. Sans aucun doute « boosté » par le record de 1955, dans les Landes, à 331 km/h, puis par l’expérience en service commercial à 200 km/h sur les trains rapides à supplément Capitole et Aquitaine du Sud-Ouest, la SNCF a eu le trait de génie de vouloir son TGV à la fois très rapide (260 km/h à compter du premier jour) et destiné à tous. Autrement dit, tout le contraire d’un train de luxe prioritairement réservé à des privilégiés…
    Dès la définition du prototype à turbine à gaz TGV 001, le choix s’est orienté vers le concept de train articulé. Rouler très vite impliquait de pouvoir installer à bord beaucoup de puissance (elle croît comme le cube de la vitesse !), aussi cherchait-on à diminuer la consommation énergétique. Or la rame articulée a déjà le bon goût de réduire tout à la fois la part de la résistance à l’avancement due au roulement (puisqu’il y a moins d’essieux pour une même longueur de rame), et celle inhérente à l’aérodynamisme (les caisses peuvent être surbaissées entre les bogies, d’où leur moindre hauteur et un maître-couple plus favorable). Et cette dernière réduction est d’autant plus significative que la résistance aérodynamique varie justement avec le carré de la vitesse. Autres avantages, ce concept abaissait le centre de gravité du train et améliorait aussi le confort acoustique, car il permettait d’éloigner les voyageurs des roues, autrement dit de les préserver de l’une des principales sources de bruits comme de vibrations.
    Quand en septembre 1981 la première génération de TGV s’élance en service commercial sur la ligne Paris-Sud-Est, le succès, tant technique qu’économique, est immédiatement au rendez-vous. On se plaît alors à souligner qu’à 260 km/h, entre Paris et Lyon, la consommation rapportée au voyageur transporté n’excède pas celle d’un Solex ! Depuis, le célèbre vélomoteur a pris ses quartiers au musée, tandis qu’un nouvel intérêt insoupçonné du concept articulé se révélait incidemment lors d’un déraillement. C’était à Mâcon, à la suite de la défaillance d’un tiroir anti-enrayeur, qui au demeurant n’aurait plus pareille conséquence aujourd’hui. La rame avait conservé son intégrité, la rotation d’une remorque par rapport à l’autre selon l’axe de la voie se trouvant naturellement contrariée par les anneaux d’articulation. La démonstration se renouvellera sur le TGV Nord à la suite de l’effondrement, sous la plateforme, d’une ancienne galerie oubliée, vestige de la première guerre mondiale…
    L’optimisation suprême intervient sans doute avec le Duplex. Grâce au talent de deux ingénieurs d’exception, François Lacôte et Louis-Marie Cléon, alors tous deux à la SNCF, un TGV à deux niveaux peut finalement voir le jour. En termes de gestion de l’espace, l’architecture de train articulé se marie à merveille avec une formule à deux niveaux : le positionnement des bogies au droit des intercaisses, qui permet de surbaisser les remorques sur l’essentiel de leur longueur, minore la place perdue, si bien que le gabarit relativement restrictif du réseau français se trouve ainsi pleinement mis à profit. Le Duplex fait donc figure de porteur « grande vitesse, hypercapacitif », parfaitement adapté à la typologie de dessertes avec prolongements sur un réseau classique au gabarit contraint…
    Le grand challenge du Duplex était, bien sûr, le respect du bilan de masse. Le défi ne put être relevé qu’à la suite d’une incroyable « chasse aux kilos », la définition de sièges révolutionnaires ou encore le recours à des planchers « nid-d’abeilles », en s’inspirant, pour l’une des premières fois, de techniques issues du monde aéronautique. Il fallait impérativement ne pas dépasser la très fameuse charge à l’essieu de 17 t, fixée dès l’origine par les Français pour tous leurs TGV et autres trains à grande vitesse qui viendraient à circuler sur leurs infrastructures. Cette limite, atteinte sur les TGV à un seul niveau, non dépassée sur ceux à deux niveaux, et que ne pouvaient honorer les Allemands sur leurs deux premières générations d’ICE avec des valeurs supérieures à 19 t sur les motrices, trouvait tout son sens dans la perspective française de rouler très vite, autrement dit à 300, puis à 320 km/h. Comme l’on sait, l’accélération transversale en courbe varie comme le carré de la vitesse, et il en va donc de même avec les efforts transversaux exercés sur la voie (efforts de ripage), qui sont par ailleurs directement proportionnels aux masses mises en jeu. Les Japonais, avec une forte culture du « métrique anglais » (1 067 mm) pour leur réseau classique, et en butte à des phénomènes de ravinement des plateformes dus aux typhons et autres tremblements de terre, ont toujours été naturellement portés vers la recherche de très faibles charges à l’essieu. C’est pourquoi, même si l’opérateur JR East a bien construit, dans les années 90, un prototype dit « Star 21 » intégrant des bogies moteurs articulés et motorisés (à l’époque une première mondiale !), les Japonais n’en sont pas moins toujours restés fidèles au concept classique de voitures reposant chacune sur deux essieux pour leurs Shinkansen. Selon les mêmes motivations, ils se sont orientés d’emblée vers la motorisation répartie (d’où d’ailleurs le premier bogie d’articulation motorisé apparu sur Star 21), afin de contourner l’écueil de charges à l’essieu trop élevées pour leurs infrastructures avec des motrices stricto sensu. Mais assez étrangement, le critère moins restrictif des 17 t qu’ont su à juste titre imposer très tôt les Français, et qui fit désormais force de loi sur le réseau à grande vitesse européen, est peut-être en passe de se révéler insuffisant. L’usure apparemment rapide des infrastructures de la ligne à grande vitesse Est-européenne (qui sont les premières à être parcourues à 320 km/h) peut avoir de multiples origines, mais il n’en demeure pas moins vrai que la circulation, à ces vitesses, d’un matériel de plus faible charge à l’essieu contribuerait encore à la diminuer, d’autant que ces phénomènes sont tout sauf linéaires…
    La conception du Duplex, avant-dernière génération de trains à grande vitesse français avec motorisation concentrée (si l’on considère que les motrices POS en constituent la dernière), aura curieusement coïncidé avec la charnière de deux époques : celle, bien révolue, où la SNCF avait coutume de formuler, parfois de A à Z, les solutions techniques à mettre en œuvre dans ses matériels roulants qu’elle donnait ensuite à construire, et celle, totalement actuelle, où la société nationale doit se contenter de rédiger des spécifications fonctionnelles à partir desquelles les constructeurs eux-mêmes définissent lesdites solutions devant répondre au cahier des charges. L’Europe est passée par là : autres temps, autres mœurs…
    Si Alstom s’est donc impliqué, en parallèle et d’une manière jusqu’alors inaccoutumée, dans sa conception, le Duplex reste néanmoins un vrai produit « made in SNCF », et en l’occurrence ce sera le dernier. La formule « train à grande vitesse et à deux niveaux » n’étant visiblement pas encore prisée à l’étranger, le constructeur a donc développé, sur fonds propres, l’AGV. Ce nouveau concept de rame à un seul niveau résulte du mariage totalement inédit de deux technologies : l’architecture de rame articulée (un acquis des générations précédentes de TGV qui distingue les trains à grande vitesse français de tous leurs concurrents), et la motorisation répartie.
    Déjà mise en œuvre sur les Shinkansen japonais et l’ICE 3 allemand, la motorisation répartie saupoudre moteurs de traction et électronique de puissance tout au long de la rame, sous les voitures, au lieu de les « concentrer » à l’intérieur des deux motrices d’extrémité. Cette formule issue d’une miniaturisation des composants redonne ainsi toute la longueur du train aux seuls voyageurs. Sans pénaliser la capacité unitaire, ce train pourrait donc se composer de plusieurs rames courtes, acheminées ensemble jusqu’à une gare de bifurcation pour ensuite continuer séparément leur parcours vers des terminus différents. Sur l’AGV, le constructeur a motorisé les bogies d’articulation grâce à son nouveau moteur synchrone à aimants permanents. Conçu pour une puissance nominale de 720 kW, ce moteur ne pèse que 740 kg et offre donc, de très loin, la plus forte « puissance massique » : environ 1 kW/kg, contre 0,6 à 0,7 kW/kg pour le moteur asynchrone du TGV POS Est-européen ! On a fait développer à ce moteur 1 MW lors du record du monde ! Grâce à sa légèreté et à sa compacité, on a pu le « descendre » dans le bogie de l’AGV sans nuire au comportement dynamique de l’ensemble, supprimant ainsi la délicate transmission « tripode » autrefois nécessaire pour que les moteurs de TGV, suspendus sous caisse, viennent entraîner les essieux. Avec seulement six bogies moteurs sur un AGV de 200 m (soit douze moteurs), la puissance installée sera largement suffisante pour rouler en service commercial à 360 km/h. D’autant que l’AGV est de 60 à 70 t plus léger que ses concurrents, ne comportant que douze bogies au lieu de seize, ce qui diminue de surcroît la fatigue de la voie. Avec le travail mené sur la forme du nez et les césures entre voitures, sa résistance à l’avancement chute de 10 à 20 % par rapport à ses concurrents, réduisant la consommation d’énergie d’au moins 15 % ! Reste seulement à espérer que les « terres rares » nécessaires à la fabrication des moteurs à aimants permanents ne viennent pas à flamber un jour sur le marché…
    A la demande de la SNCF, Alstom prépare aujourd’hui un AGV Duplex dont on peut raisonnablement penser qu’il va faire grand bruit. Ce nouveau défi, qui semble en bonne voie d’être relevé, montre à quel point le leadership technique sur la construction de matériel ferroviaire à grande vitesse demeure bien français. Pour autant, l’AGV n’est peut-être pas le produit universel auquel on aurait été en droit de s’attendre, même s’il satisfait pleinement aux STI (spécifications techniques d’interopérabilité) et dispose d’une chaîne de traction idéalement adaptée à certaines versions polycourant, dont celle avec le 3 kV : bien vu pour l’opérateur italien NTV ! L’architecture articulée élargie à la totalité de la rame (à l’image du prototype TGV 001) et la diminution significative du nombre d’essieux qui en résulte (24 au lieu de 32 sur un train classique !) compliquent le respect du bilan de masse. Du coup, le montage d’un système de freinage à courants de Foucault s’avère impossible, surtout avec le bogie tel qu’il a été conçu. Or ce système, qui équipe les ICE 3 venant en France, a été jusqu’ici imposé par les Allemands pour circuler sur leur propre réseau à V max, même si la démonstration de son caractère « de sécurité » ne semblerait pas avoir été établie. Autre difficulté de même origine, la réalisation d’un transformateur pour le 15 kV 16,7 Hz ne pourrait s’envisager qu’en recourant à des composants très onéreux. Actuellement, l’AGV ne saurait donc avoir quelque chance de s’imposer dans le parc d’un opérateur qui voudrait pouvoir rouler en Allemagne…
    L’« articulé attitude » est une posture qu’à l’étranger, souvent, on s’explique difficilement. Peut-être à cause de la culture pendulaire qui, chez certains, a été une étape, ou demeure même une composante de leur approche de la grande vitesse. Or la pendulation requiert les plus faibles charges à l’essieu possibles car, comme l’on sait, si elle permet d’annuler en courbe la composante tangentielle au plancher de la résultante entre accélération transversale et gravité, elle n’a bien évidemment aucun effet sur cette même accélération transversale au niveau de la voie, d’où le risque de ripage et la nécessité de s’en préserver. De surcroît, pendulation et articulation ne font pas forcément très bon ménage car la différence des angles d’inclinaison d’une caisse à la suivante, en entrée de courbe, serait forcément limitée par la nécessité de ne pas décharger de manière significative l’une ou l’autre des roues de leur bogie commun…
    L’affaire des envols de ballast provoqués par l’ICE 3, si elle a pu jeter l’opprobre sur la voie ballastée, n’en éclaire pas moins un aspect très intéressant de l’architecture articulée qui n’a pourtant pas vraiment été souligné. Dans une rame composée de voitures reposant classiquement sur bogies, ceux-ci ne sont pas uniformément répartis. En particulier, les bogies situés de part et d’autre des attelages se retrouvent très voisins. Or ces groupes de deux bogies ont un effet particulièrement défavorable sur l’aérodynamique du train. De plus, l’architecture classique se traduit par d’importantes césures intercaisses qui génèrent des écoulements turbulents et autres phénomènes tourbillonnaires. Pour éviter les envols de ballast qui en résultaient, il a donc fallu installer des déflecteurs aux césures des ICE 3 circulant sur voie ballastée, tout en carénant leurs dessous de caisses afin que d’éventuelles projections résiduelles ne risquent d’endommager les équipements. Résolvant le problème, ces dispositions constructives ne peuvent néanmoins pallier l’inconvénient aérodynamique que représenteront toujours ces successions de deux bogies groupés, alors qu’a contrario les anneaux d’intercirculation d’une rame articulée, surtout quand on les habille de bavettes caoutchouc dans le plan des faces latérales, représentent de très loin la solution optimale. Mais quelle pertinence y a-t-il à proposer la solution technique la plus optimisée si elle n’est pas d’emblée reconnue comme telle par le marché ?
    Enfin, le train à grande vitesse « à la française » paraît encore souffrir d’un autre trait de sa personnalité, là encore assez directement issu de son architecture articulée. Chacune de ses caisses ne dispose, en effet, que d’une porte d’accès par face latérale, contre deux sur les solutions classiques de ses concurrents. Même s’il convient de relativiser cet inconvénient (car les caisses de TGV sont plus courtes que les voitures classiques), il n’en demeure pas moins vrai que la rapidité des échanges de voyageurs aux arrêts intermédiaires est souvent vécue comme primordiale par certains clients étrangers, en l’occurrence ceux qui veulent du quai haut pour les mêmes raisons. Le TGV, parfaitement adapté aux missions pour lesquelles il avait été conçu à l’origine, avec de longs parcours sans arrêt sur les lignes à grande vitesse, semblerait donc moins naturellement « chez lui » dès lors qu’il s’agit plutôt de cabotage…
    Que le Duplex ne soit pas le produit « export » par excellence semble aujourd’hui une affaire entendue. Le credo « caisse large, quai haut », très en vogue sur certains marchés asiatiques, ne favorise pas non plus le choix du train articulé. Dans la mouvance actuelle, tout semble se passer comme si notre hégémonie technique était soudainement tombée en disgrâce. Prenons garde, néanmoins, de ne pas jeter l’AGV nouveau-né avec l’eau du bain…
     

    Philippe HERISSE

  • Premiers rails et premières soudures pour la seconde ligne de tram d’Orléans

    Alstom, qui livrera le matériel roulant et qui assure également la construction des plates-formes sur 12 kilomètres, vient d’installer les premiers rails et de réaliser les premières soudures. Le phasage des travaux a privilégié la partie est du tracé sur Saint-Jean-de-Braye à proximité du dépôt des bus urbains et du futur centre de maintenance. Les travaux sur ce tronçon doivent être achevés dès cette fin d’année afin d’assurer les premiers essais de matériels en 2011. Quatre rames du futur tram seront cependant mises en service dès septembre prochain pour alléger le trafic de la première ligne qui dépasse désormais les 40 000 voyageurs/jour. Mais le chantier doit aussi faire face à quelques aléas. Ainsi, les travaux du centre de maintenance viennent d’être interrompus après que plusieurs importantes cavités souterraines ont été détectées. « Mais nous tiendrons notre planning, estime Charles-Eric Lemaignen, président de l’agglomération, ce tram roulera à l’été 2012. » Pour accélérer le chantier l’agglomération a d’ailleurs choisi le procédé Appritack d’Alstom qui sera utilisé sur plus de la moitié du tracé, à l’exception du centre-ville qui sera doté de l’alimentation par le sol. Le chantier de cette ligne va culminer cet été dans l’hypercentre notamment pour assurer le croisement des deux lignes place du général de Gaulle. Les travaux d’interconnexion, menés 6 jours sur 7 de 6 heures à 22 heures, vont d’ailleurs couper la première ligne qui sera partiellement fermée jusqu’au 30 août.
     

    Jean-Jacques TALPIN

  • Thales décroche un contrat avec le métro de New York

    Thales a remporté un contrat de sept ans et d’une valeur de 343 millions de dollars, soit 280 millions d’euros, pour la modernisation d’une ligne de métro à New York. Le groupe d’électronique français a annoncé avoir été choisi par le réseau de transport public de la ville de New York pour réaliser la modernisation et la remise à neuf des systèmes de signalisation de la Fuscine Line, longue de 15 kilomètres. Un contrat qualifié par Thales d’« étape essentielle » dans le développement de ses activités de modernisation des réseaux de transports outre-atlantique.