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Étiquette : France
A Rennes, le salut passe par le métro
La plupart des municipalités ne veulent pas de travaux dans leurs rues pendant les campagnes électorales. A Rennes au contraire, on espère que le chantier sera bien visible pour les prochaines municipales. Puisqu’il est matériellement impossible de construire la deuxième ligne du métro avant la fin du mandat, autant marquer les esprits avec les premiers coups de pioche ! L’objectif est de les donner en 2013. L’ouverture de la ligne, elle, n’est pas envisagée avant 2018 ou 2019. Officiellement, on réfléchit depuis 2001 à cette deuxième ligne du métro rennais. Avant l’ouverture de la première, donc. En fait, l’idée trottait déjà dans la tête des élus depuis beaucoup plus longtemps. Quand bien même leur ville allait être la plus petite du monde à se doter d’un tel moyen de transport (place que Lausanne lui a ravie depuis). Une ligne pourquoi pas, mais deux ? N’est-ce pas avoir les yeux plus gros que le ventre ? Pour étayer leur dossier, ils mettent en avant le formidable succès de la ligne A, qui permet depuis mars 2002 de traverser tout Rennes en un quart d’heure, du nord-ouest au sud-est. Or, si la première ligne est un succès, c’est parce que la configuration des lieux s’y prêtait : Rennes n’est pas une grande ville, certes, et l’agglomération n’est pas énorme, mais elle possède un noyau urbain très dense et compact, séparé de la plupart des localités de la périphérie par une « ceinture verte » que les autorités locales entendent bien préserver. En outre, les rues du centre historique, très fréquentées, sont particulièrement étroites. Alors que le cap des 100 000 voyageurs quotidiens était attendu vers 2012, il a été très rapidement franchi. Le Val rennais transporte actuellement quelque 115 000 personnes par jour en semaine, avec des pointes supérieures à 130 000. Et ce sans rabattement systématique des lignes de bus, contrairement à ce qui a été fait dans bien d’autres villes. Au contraire, souligne le chantre de l’intermodalité Daniel Delaveau, maire de Rennes et président de la communauté d’agglomération Rennes Métropole : « On a réussi le métro pour une raison fondamentale : on a un réseau. » L’agglomération s’est dès l’origine employée à soigner ses bus en complément de son nouveau métro, pour éviter d’avoir un réseau à deux vitesses. Elle a renforcé les liaisons vers la périphérie, avec des lignes express aux heures de pointe, et a mis en place dans le noyau urbain des « lignes majeures » offrant des fréquences élevées et la même amplitude que le métro. Le concept fait aujourd’hui école ailleurs en France sous le nom de bus à haut niveau de service (BHNS). La station République, la plus fréquentée, est devenue un pôle d’échanges stratégique. Le ballet des bus y est impressionnant à la pointe du matin ! Et les manifestants, comme les agriculteurs il y a quelques semaines, ne s’y trompent pas : en s’y installant régulièrement, ils grippent tout le système. A Rennes Métropole, on préfère y voir une certaine forme de reconnaissance… Du coup, les bus rennais, qui assurent 57 % des déplacements, sont aujourd’hui plus fréquentés qu’avant le métro. Le réseau Star est passé de 33,3 millions de voyages en 2001, juste avant son arrivée – et de 37 millions en 1994, car il y a eu un déclin en partie dû aux travaux à la fin des années 1990 –, à 67,4 millions en 2008. « Cette année, on en sera à peu près au même point, pronostique Frédéric Mazeaud, le directeur de Keolis Rennes, l’exploitant. Sans doute 67,7 millions. » La crise est en effet passée par là. Et les grèves des étudiants au printemps ont pesé « de manière significative » sur la fréquentation. Malgré ce net ralentissement conjoncturel, l’objectif du contrat de délégation de service public (DSP), atteindre 72,2 millions de voyages en 2012, devrait être rempli, estime-t-il. On notera à ce propos que ledit contrat impose à Keolis d’augmenter l’offre de 20 % sur la période 2006-2012, quand la subvention d’exploitation ne progressera que de 10 %. La barre des 100 millions de voyages devrait être dépassée vers 2020 avec le métro, estime-t-on à Rennes Métropole. Les études de faisabilité ont également imaginé ce à quoi pourrait ressembler le réseau de transports en commun sans nouvelle construction de métro, avec une simple augmentation de l’offre de bus. Cette hypothèse se heurte aux limites physiques du centre-ville, à la saturation des axes utilisés par les bus, avec en corollaire une augmentation des nuisances. Cette solution limiterait la fréquentation annuelle des transports en commun à un maximum de 84 millions de voyages. Elle présenterait également une limite financière, insiste Daniel Delaveau : les dépenses de fonctionnement exploseraient, « et cela coûterait plus cher que de construire la deuxième ligne de métro ! » Quant à la construction d’un tramway, elle a été écartée en raison justement de ces « limites physiques » d’un centre-ville envahi de piétons, où les rues sont étroites. Il faudrait soit le contourner, soit passer en souterrain sous une assez longue distance. Une étude du cabinet allemand TTK a montré que le métro, plus rapide et plus flexible pour définir un tracé, attirerait beaucoup plus de monde qu’un tramway (largement enterré), pour un coût identique à la personne transportée. Le jeu n’en vaudrait pas la chandelle. Le choix du métro automatique pour la ligne B a été validé par les élus de l’agglo en juillet 2003. Après une concertation qui a tourné au plébiscite, les mêmes élus en ont approuvé le tracé en décembre 2007. Quelques mois plus tard, Daniel Delaveau, le père du dossier, a été confortablement élu à la mairie de Rennes. Il restait toutefois un point à éclaircir : au nord-est, des riverains s’étaient élevés contre les projets de métro aérien de Rennes Métropole. Finalement, la ligne B sera bien aérienne dans le coin, mais contournera leur quartier, passant un peu plus au sud, plus près du campus universitaire. Cette péripétie l’a rallongée de 200 m. La nouvelle ligne devrait donc être longue de 12,9 km, dont 7 km de tunnel, 2,7 km de tranchées couvertes et 3,2 km en viaduc. Elle ne doit comporter que quinze stations, soit autant que la ligne A qui ne fait que 8,6 km. Un gage de rapidité, pour ses concepteurs. Pour tenir compte des générateurs de trafic qu’il reste à desservir et de la nécessaire complémentarité avec la ligne A, le tracé choisi pour la B est relativement sinueux, en forme de « S » dans sa partie centrale. Il passe en périphérie par les grands ensembles délaissés par la ligne A, Cleunay et Maurepas, ainsi que par le pôle universitaire de Beaulieu. Au cœur de l’agglomération, les deux lignes se rencontreront deux fois : à la gare et à Sainte-Anne. La station République a été écartée, pour éviter la thrombose. Mais la ligne B s’arrêtera au pied de l’église Saint-Germain, à deux pas de là. De même qu’elle s’arrêtera à Puits-Mauger tout près du forum culturel de l’esplanade Charles-de-Gaulle. Ces quasi-doublons sont volontaires : « Nous ne voulons pas surcharger le tronçon central de la ligne A avec l’ouverture de la B », explique Noël Philippe, directeur adjoint des services de Rennes Métropole chargé des transports, en citant l’exemple récent de Toulouse où l’ouverture de la deuxième ligne de Val a presque étouffé la première dans l’hypercentre. « C’est pourquoi les deux lignes desserviront les principaux pôles du centre-ville. Il s’agit d’éviter les correspondances pour une ou deux stations. » A l’horizon 2020, la ligne B devrait transporter 110 000 passagers par jour, et la A 130 000. Cette dernière sera alors fort chargée ! Avec la construction d’une arrière-gare au terminus de Kennedy et l’achat de rames supplémentaires, elle devrait pouvoir absorber 180 000 personnes par jour. Au-delà, il faudrait allonger les rames, actuellement longues de 26 m, ce qui imposerait de reconstruire toutes les stations… D’où la nécessité de mailler le réseau, et de faire venir la B à la rescousse là où c’est possible. « A terme, la ligne B sera plus fréquentée que la A », pronostique d’ailleurs Daniel Delaveau. De fait, elle partira au sud-ouest du nouvel écoquartier de la Courrouze – avant une éventuelle extension vers Saint-Jacques-de-la-Lande – et arrivera de l’autre côté en bordure d’une vaste zone de 500 ha, le « secteur intrarocade nord-est », qui a vocation à devenir une véritable ville nouvelle, et où elle doit être ultérieurement prolongée. Rennes Métropole veut donc pour sa future ligne B un métro plus capacitaire que pour la A. « Le choix du système aura lieu après l’été », prédit Noël Philippe. Quatre constructeurs ont retiré le dossier, et deux ont fait une offre, pour trois modèles, comme ils nous l’ont décrit : Siemens avec à la fois la dernière version du Val et le NeoVal (un système tiré du mode routier), et Bombardier avec un métro automatique à moteur linéaire comme à Vancouver. Alstom et AnsaldoBreda n’ont pas donné suite, tandis que les constructeurs asiatiques (Mitsubishi ou Rotem) ne se sont pas manifestés. Le marché reste ouvert, puisque les deux lignes A et B ne seront pas connectées (« cela aurait été cher et compliqué pour un intérêt limité », dit M. Philippe). Or, on attend de voir ce qui circulera dans le tunnel pour pouvoir en définir les dimensions… Ce qui aura une influence certaine sur le coût du génie civil. La ligne B est toujours estimée à 1,03 milliard d’euros (valeur 2005). Soit environ 1,2 milliard tout compris. Une somme que Rennes Métropole devrait pouvoir se permettre, selon son président. Quitte à augmenter la fiscalité locale, un choix assumé. Les services de l’agglo ont bien planché sur des plans de financement courant jusqu’en 2040, mais ils manquent singulièrement de visibilité. Sur quels revenus pourra compter l’agglomération ? Les élus rennais comptent sur la solidarité de leurs collègues du département et de la région, sur l’Europe et surtout sur l’Etat. A cet égard, ils s’étonnent de ce que les métros ne soient subventionnés qu’à hauteur de 15 % d’un coût plafonné à 20 millions du kilomètre (quand le métro rennais devrait en coûter 90 !), alors que les trams, jugés moins performants, ont droit à 20 %… « Il faudrait prendre en compte l’efficacité du système », juge Daniel Delaveau. Alors, Rennes Métropole compte jouer la carte du développement durable. L’agglo vient de publier un « bilan Loti » (bilan de grand projet d’infrastructure prévu par l’article 14 de la loi d’orientation sur le transport intérieur) détaillé de la restructuration du réseau Star engagée après la mise en service de la ligne A du métro. Flatteur. L’Etat sera-t-il convaincu des bienfaits du métro dans le cas rennais ? « L’objectif, c’est de construire la ligne B d’un seul tenant », clament en chœur Daniel Delaveau et Guy Jouhier, son vice-président chargé des transports. « En cas de difficultés dans le plan de financement, il faudra en phaser la réalisation », répond Guy Malbrancke, le directeur général de la Semtcar, la société d’économie mixte chargée de la réalisation de la ligne. Dans ce cas, la première tranche irait de Mermoz à Beaulieu, soit environ 11 km. Mais qui dit phasage dit surcoût. Il restera d’autres questions à trancher, comme le note M. Malbrancke : « Nous aurons un tunnel de 7 km à creuser. Engagera-t-on un ou deux tunneliers ? Un deuxième tunnelier, ça coûterait de 20 à 40 millions d’euros, mais ça permettrait de gagner presque un an. Cela dit, cette année de travaux supplémentaire avec un seul tunnelier, elle coûte aussi ! » Lorsque les élus de Rennes Métropole ont choisi le tracé de la ligne B fin 2007, ils devaient aussi se prononcer sur un autre projet : le prolongement de la ligne A au sud-est, vers Chantepie. Il aurait été long de 3,4 km avec trois stations nouvelles, pour plus de 200 millions d’euros. Finalement, il a été reporté, d’autant que le nouveau maire de Chantepie veut mettre la pédale douce sur le développement urbain, jugeant que sa commune a grandi trop vite. A la place, il devrait y avoir en 2013 un site propre bus conduisant directement au terminus du métro à La Poterie. Long de 3 km, il doit coûter 25 millions. Enfin, Rennes Métropole veut achever en 2011 son axe est – ouest, le site propre pour bus dont la première phase a ouvert en 2000, et où passent plusieurs lignes. Deux sections sont déjà en service dans le centre de Rennes – il y passe à République – et à Cesson-Sévigné, il reste à les relier sur 2,3 km. Il y en a aussi pour 25 millions. A moyen terme, l’espace dédié aux bus devrait encore être agrandi, notamment à République où le second quai de la Vilaine leur serait cédé. Et ce malgré le métro. Ou plutôt grâce à lui.
Réalisé en partenariat avec Rennes Métropole
Success story pour la ligne A du métro de Rennes
Depuis octobre 2008, Lausanne, en Suisse, a son métro. Du coup, Rennes a perdu le titre de plus petite ville du monde dotée d’un tel moyen de transport, qu’elle détenait depuis l’ouverture de la ligne A en mars 2002. Evidemment, personne ne parle de concours ! Les élus des deux villes en sont convaincus : le métro était LA solution, compte tenu de la configuration des lieux. A Rennes, imposer la ligne A n’a pas été une partie de plaisir pour l’équipe d’Edmond Hervé, qui fut maire de 1977 à 2008. Etait-il bien raisonnable de se lancer dans une telle aventure dans une si petite agglomération ? Partis sur un tram en 1984, les Rennais se sont intéressés à un métro automatique à gabarit réduit à partir de 1987. Ils en ont adopté le principe en 1989, mais diverses oppositions, à commencer par celle de l’Etat, ont retardé le projet. Finalement, les élections municipales de 1995 ont servi de référendum : la victoire sans appel d’Edmond Hervé l’a relancé. La ligne A du métro rennais a été ouverte en mars 2002. Longue de 8,6 km, elle a coûté au final 550 millions d’euros (valeur 1995). Elle compte quinze stations, dont quatre dans le centre-ville (Gare, Charles-de-Gaulle, République et Sainte-Anne), et dessert deux quartiers populaires sur quatre (Villejean et Le Blosne), les trois gros pôles hospitaliers de l’agglomération et le campus de Villejean. Côté technique, Rennes a choisi le Val 208 de Matra Transport (entité maintenant absorbée par l’allemand Siemens), dont les 24 rames sont longues de 26 m. Il faut un quart d’heure pour traverser la ville d’un terminus à l’autre, avec un taux de ponctualité de 99,95 %. Le succès du petit métro rennais a été immédiat, dépassant les espérances. Au bout de six mois, il voyait passer quelque 95 000 passagers quotidiens, soit presque les 100 000 envisagés au bout de dix ans ! Aujourd’hui, la ligne a transporté environ 115 000 voyageurs par jour en semaine – avec des pointes dépassant les 130 000 –, 65 000 le samedi et 22 000 le dimanche. Soit en tout 43 % des déplacements sur le réseau Star. Le métro circule de 5h15 (7h20 le dimanche) à 0h35. Il passe toutes les 2 à 4 minutes quelle que soit l’heure (et plus souvent encore aux heures de pointe). La ligne sera entièrement remboursée en 2010. L’exploitation atteint maintenant le petit équilibre, avec des coûts suffisamment bas pour maintenir la contribution de la collectivité au fonctionnement des transports en commun à un niveau que bien des agglomérations envient… Reste que cet engouement extraordinaire pour le Val rennais a aussi un côté un peu inquiétant… Que faire si la fréquentation continue à augmenter ? D’ores et déjà, l’agglomération pense à acheter de nouveaux véhicules. Mais une chose est sûre : on ne pourra pas rallonger les rames, comme cela est envisagé à plus ou moins long terme à Lille et Toulouse : les stations n’ont pas été prévues pour, et les travaux seraient ruineux. Un bon moyen de gagner en capacité serait de construire une arrière-gare au terminus Kennedy (au nord-ouest), ce qui n’a pas été fait à l’origine par souci d’économie. Les rames s’y arrêtent sur un quai unique avant de repartir dans l’autre sens. Du coup, la fréquence minimale est limitée à 1 minute 30, contre un très théorique 1 minute 07 à Lille ou Toulouse. Il reste cependant encore un peu de marge, puisque la fréquence minimale est actuellement de 1 minute 40… Creuser derrière le terminus devrait coûter environ 75 millions d’euros, un investissement qui pourrait être envisagé dans une dizaine d’années, après l’ouverture de la ligne B. Rennes Métropole en est de toute façon convaincue : le meilleur moyen d’éviter la saturation de la ligne A est de construire la ligne B.
Réalisé en partenariat avec Rennes Métropole
Péages : ce que vont payer les TER, les TGV et le Fret
Dominique Bussereau, n’a pas caché son agacement, rapportent Les Echos, devant la façon dont la SNCF a conduit un débat dont il juge « qu’il devrait moins se dérouler sur la place publique que dans des lieux plus adéquats ». A RFF, on prépare la tarification de 2011. Elle sera présentée à l’Etat qui publiera un arrêté interministériel dans la première quinzaine de décembre. Déjà, dès 2010 (en fait le 13 décembre 2009), de fortes nouveautés vont apparaître, suivant les recommandations du Conseil général des ponts et de l’Inspection générale des Finances validées l’an dernier par l’Etat.
– Fret : le péage passe de 2 euros à 4,30 euros au train.kilomètre. Mais l’opérateur ne payera toujours que 2 euros, un des péages les plus bas d’Europe. La différence (260 millions par an), sera compensée par l’Etat auprès de RFF. A partir de 2011, la compensation sera versée directement aux entreprises ferroviaires. Quand au niveau de péage, il sera maintenu jusqu’en 2015.
– Services conventionnés : une redevance d’accès vient s’ajouter, de 200 millions pour le Transilien (payés par le Stif) et de 1,2 milliard pour le TER (payé par l’Etat).
– Grande vitesse : deux types de coefficients sont appliqués. L’un selon les axes, de 1,05 pour les TGV radiaux, de 0,84 pour les TGV d’intersection. L’autre, selon la capacité des trains (modulation à l’emport) : 4 classes sont créées, allant du TGV simple (coefficient 0,88) au Duplex en unité multiple (1,20). Idée : inciter les opérateurs à mettre les trains les plus capacitaires au moment où l’infra est la plus rare. Quant aux calculs sur l’augmentation des péages pour les TGV en 2013 par rapport à 2007, sur la base d’une augmentation de 60 millions par an depuis 2008 (85 en 2009), ils sont différents : 940 millions selon la SNCF, 750 selon RFF. La différence viendrait, selon Gérard Depont, (adjoint au directeur du pôle Clients et services de RFF) du fait que RFF fait ses calculs hors effet volume (augmentation des circulations, mise en service d’une partie de la LGV Rhin-Rhône en 2012).
Ces chiffres sont, de plus, sensiblement différents de ceux qu’établissait un calcul théorique, soit 385 millions d’euros des péages en 2013 par rapport à 2007. Deux facteurs, selon Gérard Depont, expliquent cette disparité : l’inflation, et l’augmentation des coûts de la SNCF en tant que gestionnaire d’infrastructure délégué, impactés par la réforme du système des retraites. Ces comptes d’apothicaire ne doivent pas faire oublier l’essentiel. Pour Mireille Faugère, citée par l’AFP, « le résultat courant généré par les TGV sera nul d’ici trois ans si on continue sur cette voie ». Pour Hervé de Tréglodé, le directeur général adjoint de RFF, « la SNCF s’inquiète vivement des effets de la crise économique. Mais il était évident que la crise frapperait les TGV ! Là où nous divergeons, c’est sur la sortie de crise. Nous l’espérons rapide. C’est un accroc dans la courbe. ça va repartir, même si on ne sait pas si la pente sera la même. Le produit est excellent, le service est excellent ». D’ailleurs, signale RFF, si on met les péages trop bas, on fait un cadeau aux concurrents. Des concurrents ? Lesquels ? « On commence à voir nos voisins intéressés », dit-on elliptiquement, sans préciser qui, en dehors des FS (Ferrovie dello Stato), regarde de près le premier marché d’Europe pour la grande vitesse. Argument fort, mais qui n’est pas fait pour rassurer la SNCF !
François DUMONT
Cemex : une réactivation exemplaire
Patron de Réseau ferré de France, Hubert du Mesnil l’avoue tout net : « Pour nous, c’est le rêve. Un de nos plus gros clients, et une entreprise qui, sur ce site, remplit chaque jour deux trains. » Un rêve en forme de renaissance d’une ligne longtemps oubliée pour le gestionnaire d’un réseau où l’on recense 5 000 km de lignes « en veille ». Entre Flambouin et Montereau, en Seine-et-Marne, le trafic fret avait disparu en 1985. Depuis octobre 2008, huit premiers kilomètres sont rouverts et desservent l’installation terminale embranchée créée par Cemex. Pour les 22 autres kilomètres, le remplacement massif de la voie – 30 000 traverses, 30 000 tonnes de ballast… – vient de s’achever. Reste, en particulier, la remise aux normes de toute la signalisation ferroviaire, la rénovation de sept ouvrages d’art, la remise aux normes des 17 passages à niveau… Objectif la « réactivation » de toute la ligne pour fin 2011. Pour le secrétaire d’Etat aux Transports, Dominique Bussereau, c’est un exemple : « Le symbole de ces petits projets innovants qui permettent de combiner des chaînes modales alternatives à la route. Et le signe d’une véritable inversion de tendance pour ces petites lignes. Nous en avons besoin. » Si la logistique de Cemex est « exemplaire », c’est qu’elle conjugue le rail, pour s’approvisionner en granulats, et le fleuve. Chaque jour quatre convois fluviaux acheminent 1 000 tonnes de granulats depuis la carrière de Villiers-sur-Seine, puis 4 000 tonnes de produits finis vers le bassin parisien. Alors que 8 km seulement ont été rouverts, sur les 30 de la ligne, 500 000 tonnes de granulats ne passent déjà plus par le réseau routier. Cette seule première phase a donc permis de reporter près de 6 000 camions par an des routes entre Montereau et Marolles vers le rail. Pour RFF, ce n’est « qu’une étape dans un processus de revitalisation économique de la zone irriguée par cette ligne ferroviaire. » Fin 2011, la réactivation complète de la ligne permettra l’acheminement direct vers l’installation terminale embranchée de Cemex à Courcelles-en-Bassée de granulats en provenance de la Seine-et-Marne, de l’Aube et de la Haute-Marne. A la clé, pour les trains de fret : l’économie d’un détour de 170 km qu’ils faisaient en empruntant la ligne Paris – Troyes depuis Flamboin, une section de la Grande Ceinture et la ligne Paris – Lyon – Marseille jusqu’à Montereau. D’autres industriels sont déjà intéressés comme Holcim, CSS-Lafarge, Saipol, entre autres. Alors que, déjà, certains élus départementaux et régionaux pensent à une réouverture de la ligne pour les voyageurs, Hubert du Mesnil se veut prudent : « L’idée principale avec cette ligne, c’est de permettre d’acheminer des marchandises vers le marché parisien. Et de regrouper sur le secteur les entreprises qui ont ce type de besoins. Si on remet un trafic voyageurs, j’ai peur que l’ensemble ne soit pas dimensionné pour laisser toute sa place au fret. » La première priorité.
Pascal GRASSART
Nantes aménage ses futures gares de connexion
Une « prudence » qui se chiffre à 55 millions d’euros. Lors de son dernier conseil communautaire, Nantes Métropole a décidé d’aménager ses gares de connexion au futur tram-train Nantes-Châteaubriant et de ne seulement esquisser que deux « grands projets » : le raccordement de ses lignes 1 et 2 de tramway et la desserte « lourde » du nord-est de l’agglomération. « Comme tout le monde, nous sommes dans le flou le plus complet sur nos ressources après 2011 », se justifie Jean-François Retière, le vice-président aux transports de Nantes Métropole. La ville entamera donc prochainement la construction de pôles d’échange autour de deux futures gares de tram-train. L’un, Haluchère, sera complètement déménagé. Le tramway et la ligne de chemin de fer s’y côtoieront, pour des échanges en quai à quai. Ce pôle formera par ailleurs le point de ralliement des bus du centre-ville d’un côté et de l’autre celui des cars et des bus vers l’est de Nantes. La seconde gare servira de point de contact du tram-train dans un premier temps avec des bus, en direction notamment du campus universitaire et à terme, le tramway y viendra. Ce sera la ligne de raccordement entre les lignes 1 et 2 de tramway, un projet déjà ancien, mais qui coûte un peu trop cher (160 millions d’euros) pour le moment. Nantes Métropole a décidé d’entamer ce raccordement sur quelques centaines de mètres. Une dépense de 10 millions d’euros qui permet de rappeler un autre projet ancien : de cette station du Ranzay, partira une ligne de bus à haute fréquence (Chronobus) vers le nord-est, première étape, en principe, vers la construction d’un transport en site propre.
Hubert HEULOT
5 questions sur le futur des transports niçois
1/ Pourquoi avoir renoncé à faire passer le tramway sur la Promenade des Anglais ?
En avril 2009, la consultation publique sur l’extension du réseau de tramway dégageait, selon la communauté urbaine (CU) à l’origine de cette initiative, « une majorité des contributions en faveur d’un tracé empruntant la Promenade des Anglais ». Ce tracé avait été proposé par Christian Estrosi, alors que l’option en bord de mer avait été abandonnée au profit d’un tracé par le centre-ville lors d’une concertation en 2007, organisée cette fois par son prédécesseur Jacques Peyrat. Christian Estrosi voyait alors dans ce tramway via la Prom’ un projet 15 % moins cher, des travaux plus rapides et moins perturbateurs pour le commerce et l’occasion d’une requalification de la célèbre promenade. Solution abandonnée désormais au profit du tracé « intérieur » car, explique le président de la communauté urbaine, « elle avait pour inconvénients de ne pas bien desservir le centre-ville, de ne pas être connectée à la ligne 1, de ne pas desservir la future nouvelle mairie et de ne pas aller jusqu’au port ou à la gare de Riquier ». Cette ligne qui entend répondre « à l’une des priorités de résoudre la problématique de la desserte est – ouest », sera souterraine sur 3,6 km afin « de limiter les nuisances tout en préservant l’espace public et en assurant une meilleure vitesse commerciale », explique Christian Estrosi. La ligne 2 est estimée à 450 millions d’euros, soit 135 millions de plus que la version par la Promenade des Anglais mais avec 3,3 km supplémentaires que le projet initial. Longueur : 8,6 km et 16 stations. La Promenade des Anglais, précise la CU, « fera l’objet d’une requalification [un concours a été lancé] et accueillera un site propre bus en 2012 ».
2/ L’extension de la ligne 1, c’est pour quand ?
Inaugurée en novembre 2007, la ligne 1 du tramway doit relier Nice à La Trinité, à l’est. Mais cette extension se fait attendre. « L’objectif est bien de constituer un réseau de transport maillé, en liaison avec les lignes ferroviaires existantes et tenant compte des projets d’aménagement stratégiques. Il repose donc également sur l’extension de la ligne 1 de tramway vers l’hôpital de Pasteur. A partir du terminus actuel du Pont-Michel, elle sera prolongée jusqu’à La Trinité », confirme Christian Estrosi en précisant : « Dans une première phase, le prolongement entre les stations Pont-Michel et Pasteur sera mis en service en 2013. » Cette extension de 4,4 km, comportera 9 stations, dont 6 accompagnées de pôles d’échanges, dont le parc-relais des Ponts-Jumeaux, en lien avec l’autoroute A8 (1 600 places). Le site intermodal du Pont-Michel sera développé pour créer un pôle d’échange principal comprenant une halte ferroviaire de la ligne Nice – Breil et une gare routière. Il accueillera également le point de départ d’un téléphérique vers l’Observatoire.
3/ Où passera la ligne 3 de tramway ?
« Véritable accélérateur du développement urbain », ce sera, selon Christian Estrosi, « l’épine dorsale de la basse plaine du Var », où a été lancée l’Opération d’intérêt national (OIN) Eco Vallée, à l’ouest de Nice. Cette nouvelle ligne de tramway nord – sud desservira les deux terminaux de l’aéroport ainsi que de nombreux pôles existants ou à construire dans le cadre de l’OIN, comme le Centre administratif départemental, le quartier des Moulins, la salle de spectacles « Nikaïa », la zone d’activités économiques « Nice-Méridia » et le futur Grand Stade. Longueur : 8,3 km, 13 stations, dont 6 seront accompagnées de pôles d’échanges.
4/ On place des pôles d’échanges à l’est. Et à l’ouest, quoi de nouveau ?
Les connexions, en particulier de la ligne de tramway de la plaine du Var, avec le réseau ferré s’effectueront sur le site des deux pôles d’échanges principaux, à Saint-Augustin (TGV, grandes lignes et TER), au sud, et à Lingostière (ligne Nice – Digne des Chemins de fer de Provence), au nord. Cette ligne de la plaine du Var sera également équipée de 3 parcs de stationnement relais : à Lingostière, destiné aux véhicules en provenance du nord (300 places) ; à la Digue des Français, pour les véhicules sortant de l’autoroute A8 (200 places) ; au pôle multimodal de Saint-Augustin, pour les véhicules provenant de l’ouest de l’agglomération. Celui-ci comportera 1 000 places de stationnement à la mise en service de la ligne T3, jusqu’à la mise en place de la ligne T4 en projet (Saint-Laurent-du-Var – Cagnes-sur-Mer).
5/ Quel est le fil conducteur du développement des transports de l’agglomération à l’horizon 10 ans ?
« Nice Côte d’Azur s’est fixée comme ambition de réduire la place de la voiture dans les déplacements, avec une réduction de 30 % des gaz à effet de serre d’ici à l’horizon de 2020 et se doit, dans ce cadre, d’être dotée d’un réseau de transports publics plus performant », répond Christian Estrosi. Les trois objectifs majeurs du schéma directeur des transports niçois sont, selon le président de la CU, de « développer de 50 % l’offre de transport sur le réseau du transport public urbain et sur le réseau ferroviaire pour permettre une réduction sensible de la circulation automobile ; construire une offre de transport cohérente et complémentaire, articulée autour du futur pôle multimodal de Saint-Augustin et de trois autres pôles d’échanges principaux : la gare Thiers, Pont-Michel et Lingostière ; favoriser l’émergence de nouveaux parcs de stationnement relais pour faciliter l’accès aux réseaux de transports collectifs. »
José SOTO
Nouveau service de conteneurs DB Schenker entre lEspagne et la Grande-Bretagne
Habituellement très discrète, la filiale française de fret ferroviaire de la Deutsche Bahn, Euro Cargo Rail (ECR) a présenté en grande pompe son nouveau service de transport international de conteneurs, qui a démarré fin octobre entre l’Espagne et la Grande-Bretagne. « C’est le train le plus long d’Europe sous le contrôle d’un seul opérateur ferroviaire dans trois pays, DB Schenker, avec la participation des filiales européennes : ECR France et ECR Espagne », explique Alain Thauvette, le directeur général d’ECR. Les conteneurs sont tractés sur la partie anglaise par les locomotives électriques DB Schenker, qui sont relayées à la sortie du tunnel par des locomotives diesels Class 77. Ces dernières seront prochainement remplacées par des locomotives électriques BR 186, dès qu’elles recevront l’autorisation de circuler par RFF. Un train composé de 30 conteneurs réfrigérés est prévu chaque semaine. Dès l’année prochaine, le rythme devrait passer à trois trains hebdomadaires. « Le train part le mardi de Valence en Espagne. Après un bref arrêt à Port-Bou, le temps de transférer les conteneurs sur des wagons à l’écartement standard européen, le train poursuit sa route vers le nord jusqu’au tunnel sous la Manche, en passant par Toulouse et Paris », explique ECR. Jusqu’alors, les maraîchers espagnols recouraient à la route pour acheminer leurs fruits et légumes. Le logisticien britannique Stobart Rail qui organise les flux entre les régions maraîchères du sud de l’Espagne et le hub londonien où sont dispatchés les produits alimentaires, les a convaincus de passer au rail. Avec la perspective de gagner du temps (le train met moins de 60 heures) et d’éviter toute rupture de charge. « Nous travaillons avec Réseau Ferré de France sur les sillons pour améliorer encore les temps d’acheminement. Nous pourrions gagner 5 ou 6 heures », explique Christian Costa, le directeur des opérations chez ECR. La portion Valenton – Calais, qui prend 10 heures pour 320 km, devrait notamment faire l’objet de toutes les attentions. L’opérateur ferroviaire de fret a calculé les bénéfices de ce report modal : « Ce service va permettre d’éliminer 13,7 millions de kilomètres routiers annuels. Ce qui se traduira par plus de 105 000 tonnes de CO2 en moins dans l’atmosphère d’ici fin 2011. »
Marie-Hélène POINGT
SEA : remise des offres le 15 décembre
C’est la dernière ligne droite pour les groupements menés par Bouygues, Eiffage et Vinci, candidats à la concession du tronçon Tours – Bordeaux de la future LGV Sud Europe Atlantique (SEA). RFF vient d’annoncer qu’ils devront rendre leurs offres finales le 15 décembre au plus tard et leur a pour ce faire adressé un dossier complémentaire, qui, au vu des engagements de financement de l’Etat et des collectivités locales, confirme que le périmètre des offres doit intégrer l’ensemble de la ligne nouvelle (302 km) et de ses raccordements aux lignes classiques (39 km). Les difficultés à obtenir les engagements de financement des collectivités locales ont fait perdre un an au projet. RFF entend désormais choisir le concessionnaire d’ici à la fin mars 2010, signer le contrat à l’été 2010 et lancer les travaux début 2011. Estimée à 7,2 milliards d’euros (valeur 2015), la nouvelle ligne doit mettre Bordeaux à 2h05 de Paris à l’horizon 2016.
Eole : à louest, du nouveau
On entre dans le concret avec la décision, le 20 octobre, de lancer le débat public sur cette extension du RER E. Une décision prise à l’issue de la première réunion du comité de pilotage des études, initiée par le ministre d’Etat chargé des Transports, Jean-Louis Borloo. Sous la présidence conjointe de l’Etat et de la région, associant la ville de Paris, les conseils généraux des Hauts-de-Seine et des Yvelines, la SNCF et RFF, ce comité a un objectif essentiel de mettre en place les modalités de lancement du projet. Le Stif, syndicat des transports d’Ile-de-France, proposera au vote de son conseil d’administration du 9 décembre le dossier d’objectifs et de caractéristiques principales (DOCP). Puis avant la fin de l’année, la Commission nationale du débat public devrait être saisie. Le débat, qui devrait être lancé dès 2010, portera sur la réalisation d’un tronçon en tunnel entre Haussmann-Saint-Lazare et La Défense, son raccordement à la ligne vers Mantes, une nouvelle gare à La Défense, les aménagements de voies entre Mantes et La Défense. Et, comme le précise la préfecture de région, les travaux devront « être menés en cohérence avec la réalisation d’une liaison ferroviaire à grande vitesse entre Paris et Le Havre par Mantes et Rouen. » Déjà, les études ont porté sur deux tracés possibles pour la partie parisienne, entre l’actuel terminus à Haussmann-Saint-Lazare et La Défense. Le RER E poursuivra ensuite en direction de la Normandie, avec un terminus en gare de Mantes-la-Jolie. Les atouts de cette extension ? Faciliter les déplacements est-ouest, entre lieux de travail et lieux d’habitat ; désaturer le RER A et la gare de Châtelet-Les Halles. Elle devrait faciliter aussi l’accès au pôle d’activité promis à un fort développement de La Défense et les échanges avec le Mantois et les régions normandes. Début des travaux envisagé en 2013. Quant au coût, il avoisinerait 2 milliards, hors matériel roulant.
Pascal GRASSART
Création dun itinéraire orienté fret entre Le Havre et Paris
La question de l’évacuation des conteneurs des ports est essentielle. Pour le fret ferroviaire qui passe actuellement par la ligne historique, il est prévu de lancer un axe alternatif à « prédominance fret » proposant des sillons de qualité, conformément aux engagements du Grenelle de l’environnement. Cet axe suivra le parcours Le Havre – Motteville – Serqueux – Gisors – Pontoise – Conflans. A partir de Conflans, il repartira vers l’est rejoindre la Grande Ceinture. Cet axe existe mais doit être « régénéré » entre Serqueux et Gisors. Actuellement, il permet des circulations à une trentaine de kilomètres à l’heure. Un raccordement sera créé sur la ligne Le Havre – Amiens, à hauteur de Serqueux, et des travaux complémentaires devraient être menés comme l’électrification de Serqueux – Gisors, une signalisation plus performante et la création d’une troisième voie entre Conflans et la Grande Ceinture. « Nous avons besoin le plus vite possible d’un itinéraire alternatif, car la ligne historique fait déjà l’objet de travaux. Jusqu’à l’année dernière, deux trains quotidiens de passagers passaient sur cet axe alternatif. Mais ils ont été transférés sur la route en raison de leur lenteur. Lorsque la régénération sera réalisée, ces trains seront remis sur les rails », précise-t-on à RFF. Les travaux ne sont pas encore programmés. Ils devraient l’être dans le cadre des futurs contrats de projets qui devraient être signés l’an prochain, après les élections régionales. La régénération nécessitera une soixantaine de millions d’euros, le raccordement une dizaine de millions à court ou moyen terme. L’ensemble du chantier qui sera mené à plus long terme, incluant l’électrification, la signalisation et la troisième voie, qui donnera un meilleur accès à l’Ile-de-France, s’élève à 350 millions.
Marie-Hélène POINGT