Auteur/autrice : admin_lvdr

  • CFBS: affluence à la 10e Fête de la vapeur

    CFBS: affluence à la 10e Fête de la vapeur

    La 10e édition de la Fête de la vapeur du Chemin de fer de la baie de Somme (CFBS), qui s’est tenue du 15 au 17 avril 2016, a été un véritable succès : pas moins de 13 locomotives à vapeur en pression, de trois écartements de voie différents, 7 200 voyageurs à bord des trains et 23 000 visiteurs sur les différents sites. Durant trois jours, tous ces matériels ont participé aux nombreuses circulations entre Le Crotoy, Cayeux, Saint-Valery et Noyelles. Mais tous n’appartenaient pas au CFBS, nombre d’entre eux avaient été prêtés par d’autres réseaux. En voie métrique, la 030 T JS 909 SLM venue du Blonay-Chamby (Suisse) et la 131 T 99.6001 Krupp des Harzer Schmalspurbahnen (Allemagne) étaient les vedettes de la fête. En voie normale, la Pacific 231 K 8 du MFPN, la 130 d’origine norvégienne appartenant au réseau ami du Kent and East Sussex Railway et la Saddle Tank « Fred » du Stoom Centrum Maldegem (Belgique) ont assuré des navettes entre Noyelles et Saint-Valery Canal. La superbe 230 D 9 de la cité du Train est également venue sur le réseau des Bains de mer afin d’y être présentée, froide, en gare de Noyelles-sur-Mer.

  • De Paris à Ispahan, une odyssée ferroviaire (1re partie)

    De Paris à Ispahan, une odyssée ferroviaire (1re partie)

    Encore un voyage au long cours : deux mois de Paris aux confins de l’Iran, et retour, en train, en bateau, en bus… Et à vélo ! Cette première partie nous mènera jusqu’aux abords du mont Ararat, en Turquie, via l’Italie, la Slovénie, la Croatie, la Serbie et la Bulgarie. Au prix de bien des péripéties et détours pas forcément inutiles…

    Mercredi 23 avril 2014, Carnia, Italie

    Enfin un peu de calme. Il y a même beaucoup de calme ici, à Carnia, Italie. Vendredi dernier, c’était ambiance week-end de Pâques à Gare-de-Lyon. Pas le meilleur moment pour se pointer comme une fleur devant le TGV Paris – Milan sans réservation, fût-ce à 6 h 40 et avec un pass Interrail en poche. Le train prétendument complet – et, de fait, bien rempli – est parti en silence, dans l’enfer gris. C’était une de ces journées sans lumière ou le ciel semble vouloir se mélanger avec la terre, en un couvercle gris uniforme et oppressant qui menace de tomber sur la tête, où pas un souffle de vent ne vient animer les sombres feuilles des arbres, comme figés pour l’éternité et pris d’assaut par les plantes grimpantes, où les animaux et les êtres humains ont disparu on ne sait où, en attendant on ne sait quoi. Après un passage plus agréable par Chambéry, la vallée de la Maurienne, le tunnel du Fréjus et le Val de Suze, le train est rentré à nouveau dans les infinités plates et éteintes. La plaine du Pô offrait à perte de vue ses champs de terre en forme de piscine, qui se remplissaient d’eau avec une lenteur extrême par un réseau de canaux distribuant l’eau des Alpes. Même le train, pourtant déjà largement en retard, semblait se mettre au diapason en traversant ce désert inanimé au ralenti. Cette atmosphère lourde n’a pas empêché mes voisins italiens de porter des lunettes de soleil, le premier s’étant empressé de les remettre lorsque l’autre est monté sans les enlever à Modane. Question d’honneur, peut-être.

    Correspondance pour Naples et le ferry de nuit ratée à Milan. Le plan B pour rallier le Stromboli était simple, mais c’était aussi le week-end de Pâques en Italie. Le train de « jour et nuit » (13 h 35-8 h 05 !) pour Reggio-de-Calabre, qui traverse toute l’Italie de Turin à la pointe de la Botte, s’est élancé à son tour, débordant de voyageurs et de bagages, dans l’océan gris. Dans les voitures à compartiment, les strapontins du couloir étaient pris d’assaut. Vers Bologne, le paysage est repassé en 3 D, par intermittence ; à peine le temps de dire ouf entre deux tunnels. À Florence, le jour presque terminé, notre train a laissé passer ce qui ressemblait à un grand rendez-vous de tous les matériels italiens. Les deux enfants d’Alessia et Alberto, en partance pour Syracuse, se sont mis à la fenêtre pour observer le ballet : « Oooh, una Frecciargento… » La jeunesse n’est pas perdue ! Quand ils ont vu qu’une fillette occupait le compartiment d’à-côté, ils l’ont invitée à jouer. Chiara a sorti son cheval rose, la soeur d’Antonio a dégainé son cheval blanc, et Antonio a rangé sa petite voiture. Le compartiment s’est immédiatement transformé en garderie sous l’oeil émerveillé des parents et, à la nuit tombée, la lumière est revenue ; le monde n’était plus gris.

  • Nantes – Pornic et Saint-Gilles-Croix de-Vie : les bénéfices d’une rénovation

    Nantes – Pornic et Saint-Gilles-Croix de-Vie : les bénéfices d’une rénovation

    Entamée par étapes en 2010, la rénovation de ces deux VU, qui se rejoignent à Sainte- Pazanne, s’est achevée à l’été dernier. Elle a permis fin 2015 des relèvements de vitesse qui se traduisent par des gains de temps significatifs pour rallier Nantes. Menacées à plusieurs reprises, les deux lignes ont ainsi leur avenir assuré.

    Le dimanche 30 août 2015, a eu lieu l’inauguration des installations rénovées des lignes à voie unique de Pornic, en Loire-Atlantique, et Saint-Gilles-Croix-de-Vie, en Vendée, depuis Sainte-Pazanne. Assistaient aux cérémonies le président du conseil régional des Pays de la Loire, le président du conseil départemental de la Vendée, les élus locaux et des représentants de SNCF Réseau. Cette manifestation très attendue intervenait après un retard de deux mois sur le planning initial, qui avait prévu la remise en service du trafic le 5 juillet précédent. Ce contretemps annoncé à la dernière minute, qui a occulté la saison d’été – dû à la faiblesse du pilotage du projet et à l’externalisation par la SNCF des vérifications techniques notamment pour la signalisation des passages à niveau –, avait provoqué l’ire des instances régionales et locales, tout comme la colère des voyageurs. Pour atténuer ses effets, des navettes de cars directes à 2 euros avaient été mises en marche, en plus du programme de substitution routier en place depuis le 1er septembre 2014, entre Pornic et Sainte- Pazanne et Saint-Gilles-Croix-de-Vie et Sainte- Pazanne, mesure qui s’est révélée être un fiasco monumental.

    Les deux sections de lignes concernées, formant une fourche totalement rénovée, reviennent de loin, car la menace de leur fermeture au trafic voyageurs a à plusieurs reprises plané sur elles. Cette remise à niveau fait suite à une première étape réalisée en 2010, qui avait concerné l’introduction du BAPR (block automatique à permissivité restreinte) à compteurs d’essieux à la place du BMVU (block manuel unifié de voie unique) sur le tronc commun Rezé-Pont-Rousseau – Sainte-Pazanne ainsi que sur les deux branches vers Pornic et Saint- Gilles-Croix-de-Vie, là à la place du Capi (cantonnement assisté par informatique). Parallèlement, la voie a été renouvelée jusqu’à Sainte-Pazanne, soit 27 km, avec évitement à Bouaye permettant un relèvement de 90 à 140 km/h (un ralentissement à 120 étant imposé à la traversée de cette gare et un à 100 au droit du pont sur l’Acheneau au Km 18,576). En 2011, la région de Nantes avait procédé au renouvellement de 7 km de voie très usagés dans la zone de Commequiers, puis en 2012 à un relevage de voie avec ajout de ballast et assainissement de plate-forme sur 18 km sur la branche Pornic et 5 km sur celle de Saint-Gilles. Mais, eu égard à l’obsolescence de la voie et de ses constituants – composés de rails légers

  • Les chemins de fer à voie métrique au Pays basque (1re partie) : les Chemins de fer basques (Euskotren)

    Les chemins de fer à voie métrique au Pays basque (1re partie) : les Chemins de fer basques (Euskotren)

    L’Espagne est un paradis de la voie métrique, qui s’y développe sur 1 573 km avec des réseaux importants, modernes, dotés d’une infrastructure de qualité et assurant des dessertes d’un bon niveau, surtout autour des grands centres urbains. On en trouve notamment en Catalogne, dans la région de Valence, à Majorque et au Pays basque. C’est ce dernier que nous allons examiner, en commençant par les Chemins de fer basques (Euskotren).

    Nous avions fait état dans Rail Passion n° 184 (février 2013) de la modernisation du réseau basque, de 177,3 km à voie métrique, électrifié en courant continu 1,5 kV géré par ETS/RFV (Euskal Trenbide Sarea/Red Ferroviaria Vasca) et exploité par l’opérateur Eusko Trenbideak (ET)/Ferrocarriles Vascos (FV). Les lignes sont dotées d’un block automatique lumineux et supervisées par deux commandes centralisées situées l’une à Bilbao Atxuri et l’autre à Saint-Sébastien Amara. En sus de ces lignes suburbaines, Euskotren exploite les tramways de Bilbao et de Vitoria – Gasteiz, le Musée basque des chemins de fer à Azpeitia, la future ligne 3 du métro de Bilbao, le funiculaire de Larreineta et un réseau d’autobus. Depuis 2012, il y a eu des évolutions, dont certaines liées au changement du parti politique à la tête du gouvernement basque en octobre 2012, avec une révision de l’ambitieux programme de modernisation, dont l’ajournement de certains projets. L’entreprise Euskotren est déclinée en marques commerciales : Euskotren Trena (réseau suburbain), Euskotren À Hendaye, la rame n° 313 ex- « Eusko Pullman », assurant le semi-direct Bilbao – Hendaye, sur le pont international, relation supprimée depuis janvier 2013 (11 mars 2012). Les chemins de fer à voie métrique au Pays basque (1re partie) : les Chemins de fer basques (Euskotren) L’Espagne est un paradis de la voie métrique, qui s’y développe sur 1 573 km avec des réseaux importants, modernes, dotés d’une infrastructure de qualité et assurant des dessertes d’un bon niveau, surtout autour des grands centres urbains. On en trouve notamment en Catalogne, dans la région de Valence, à Majorque et au Pays basque. C’est ce dernier que nous allons examiner, en commençant par les Chemins de fer basques (Euskotren).  Tranbia (tramways) et Euskotren Kargo (fret) pour la partie ferroviaire.

    Ligne de Bilbao Atxuri à Hendaye

    La ligne principale du réseau, longue de 130 km, qui relie Bilbao Atxuri à Hendaye via Donostia/Saint-Sébastien – Hendaye (1), poursuit son doublement de voie au-delà des 20 premiers kilomètres, de Bilbao à Amorebieta, avec la mise en service en décembre 2012 de celui de 14,3 km sur un tracé tout neuf jusqu’aux nouveaux ateliers de Lebario après Traña, avec une partie en souterrain sur 2,2 km dans la ville de Durango. On note sur ce parcours trois nouvelles gares (Euba, Durango et Traña), un tunnel de 200 m et la suppression de 27 PN. Le projet d’un nouveau tracé de 5,5 km entre Zaldibar (Km 39) et Ermua avec deux nouvelles gares piétine. Sur ces 5,5 km, la zone entre les Km 43,398 et 45,139 actuels devait voir, dans une première phase, un nouveau tracé de 1 250 m en double voie incluant un tunnel de 1 025 m suivi d’un viaduc de 40 m (sur la RN 634) précédant la nouvelle gare d’Ermua. Le tunnel comporterait en sus une galerie borgne de 90 m débutant à 60 m de la tête côté gare permettant de garer des rames. Les travaux de la gare d’Ermua commencés en décembre 2012 ont été arrêtés en mars 2013 puis repris récemment.

    À Eibar, les travaux avaient débuté à l’automne 2012 pour la double voie sur 650 m, maintenant opérationnelle, entre Amaña (nouvelle gare au Km 47,5 mise en service le 24 octobre 2015) et Ardantza. Entre Ardantza et Eibar, le doublement est en projet avec la couverture des voies. La voie a été doublée récemment entre Eibar et Azitain sur 775 m. Il existe une étude d’une traversée souterraine en double voie à Zarautz sur 4,65 km. Un projet de doublement entre Usurbil et Lasarte Empalme (4 km) est également étudié. La section doublée entre Lasarte Empalme et Añorga est opérationnelle depuis le 4 octobre 2012. Entre la gare fret de Lasarte Empalme et Errekalde s’embranche la courte ligne à voie unique de 0,9 km vers Lasarte Oria. Le projet de prolongement de cette antenne n’est plus d’actualité. L’ambitieux projet de supprimer le rebroussement des trains en gare d’Amara avec un nouveau tracé se détachant à Lugaritz et décrivant une boucle de 4,2 km dans la ville de Saint-Sébastien (Donostia en basque) pour rejoindre Anoeta, un moment ajourné, est repris avec trois stations (Bentaberri, La Concha, Easo) au lieu des quatre prévues. Ce nouvel itinéraire devrait être mis en service en 2020.

  • Le néerlandais Abellio progresse en Rhénanie-du-Nord-Westphalie

    Le néerlandais Abellio progresse en Rhénanie-du-Nord-Westphalie

    Basée à Hagen et créé en 2007, Abellio Rail NRW GmbH, est détenu par Abellio Rail GmbH, filiale allemande à 100 % des Chemins de fer néerlandais. Déjà présent en Rhénanie-du-Nord- Westphalie depuis 2007, Abellio Rail NRW a obtenu (dans le cadre du contrat Rhein-Ruhr-Express (RRX), de 14,6 millions de kmtrains par an, perdu en octobre 2015 par DB Regio et partagé avec National Express) l’exploitation :

    • dès le 9 décembre 2018, de la relation RE 11 Rhein-Hellweg- Express Kassel Wilhelmshöhe – Warburg – Paderborn – Hamm – Bochum – Dortmund – Düsseldorf (297 km), prise à DB Regio ;

    • à partir du 14 juin 2020, de la relation RE 1 NRW-Express Hamm – Dortmund – Duisbourg – Cologne -Aix la Chapelle (218 km), prise à DB Regio, représentant un volume annuel de 6,2 millions de km-trains et ce jusqu’en décembre 2033. Abellio NRW assurera cette relation avec une partie des 82 automotrices électriques Desiro High Capacity à deux étages qu’a commandées à Siemens en mars 2015 le VRR (Verkehrsverbund Rhein- Ruhr) dans le cadre du projet RRX. Abellio exploite déjà, dans le cadre du contrat réseau Ruhr-Sieg :

    • depuis décembre 2005, la relation RB 46 Glückauf-Bahn Gelsenkirchen – Wanne Eickel – Bochum (16 km) avec trois autorails Coradia Lint 41 H VT 11 (648.328 à 648.330) et avec ses 17 automotrices Flirt, louées à Ascendos Rail Leasing GmbH, dont huit à deux caisses ET 22 (426.100 à 426.107) et neuf à trois caisses ET 23 (427.100 à 427.108) ;

    • depuis décembre 2005, la relation RB 40 Essen – Bochum – Wetter – Hagen (45 km) ;

    • depuis décembre 2007, les relations RE 16 Ruhr-Sieg-Express Essen – Hagen – Letmathe – Siegen/ Iserlohn (152 km/72 km) et RB 91 Ruhr-Sieg-Bahn Hagen – Letmathe – Siegen/Iserlohn (107 km/27 km). Ces relations représentent un volume annuel de 4 millions de km-trains, le contrat pour la RB 46 expirant en décembre 2017, et en décembre 2019 pour les autres relations. Abellio NRW exploite également la ligne S 7 Der Müngstener Wuppertal – Remscheid – Solingen (- Düsseldorf) (42 km) avec neuf autorails Coradia Lint 41/H VT 12 (648.001 à 648.009) et ce pour 15 ans depuis décembre 2013. Dès décembre 2016 et ce jusqu’en décembre 2028, pour un volume annuel de 2,6 millions de km-trains, Abellio NRW exploitera également les relations RB 33 Rhein-Niers-Bahn Wesel – Duisbourg – Krefeld – Mönchengladbach (80 km) et RB 35 Der Weseler, à vocation transfrontalière, Düsseldorf – Duisbourg – Emmerich – Arnhem (Pays-Bas) (124 km). Relations prises à DB Regio, décision annoncée le 22 mars 2013 à l’issue du processus d’appel d’offres du VRR. Pour cela, 20 Flirt 3 à cinq caisses ont été commandés, dont sept sont bicourant 1 500 V/15 kV 16 2/3 Hz. Avec l’attribution d’une partie du contrat RRX, Abellio conforte ses positions en Rhénanie-du-Nord- Westphalie au détriment de DB Regio, l’opérateur historique.

  • RP224 : En cabine d’une Sybic à 200 Km/h, entre Nevers et Clermont (2e partie)

    RP224 : En cabine d’une Sybic à 200 Km/h, entre Nevers et Clermont (2e partie)

    Dans cette vidéo, nous vous emmenons en cabine de conduite de la locomotive Sybic BB 26234, pour parcourir l’étape de Nevers à Clermont-Ferrand. Depuis 2008, la radiale Paris – Clermont, encore appelée « ligne du Bourbonnais », fait partie des infrastructures classiques du Réseau ferré national, qui possède des sections parcourables à la vitesse limite de 200 km/h. Ces sections ont été successivement aménagées entre les gares de Saincaize et de Saint-Germain-des-Fossés. Nous partons donc au train 5955, composé ce jour de 14 voitures Corail – une composition fréquente autrefois mais qui, avec le développement des dessertes TGV, tend à se faire rare aujourd’hui –, et en affrontant de surcroît une pluie parfois intense, qui ne facilite pas l’adhérence de l’engin moteur. Une nouvelle séquence de la « vraie vie » du chemin de fer, que nous vous faisons partager en direct… Ph. Hérissé
    Durée : 25 min.
    Réalisation et montage : Nello Giambi et Philippe Hérissé
    Conception : Pascal Riffaud

  • La délicate migration de l’ETCS

    La délicate migration de l’ETCS

    La Suisse recourt massivement à l’ETCS. L’ETCS de niveau 2 équipe déjà le tunnel de base du Lötschberg (TBL), le tunnel de base du Gothard (TBG), actuellement en essais, et ses sections encadrantes. Les sections du réseau principal à voie de 1 435 mm, non concernées de manière rapprochée par l’ETCS de niveau 2 passeront en ETCS niveau 1 LS à partir de 2018. Cette technologie permet de gagner des capacités et contribue à l’interopérabilité, mais sa mise en œuvre s’avère aussi parfois délicate. Ainsi, la conversion ETCS de la section Brunnen – Erstfeld (19 km) à la mi-août 2015 a-t-elle posé problème à des locomotives Traxx (BR 186 et Re 486) dotées d’équipements Bombardier. Il a été temporairement nécessaire de recourir à d’autres engins (en double traction) pour le franchissement de cette section sise au nord du TBG. CFF Infra a par ailleurs été obligé de faire reprogrammer spécifiquement les balises au sol. Notons que cette partie du réseau des CFF ainsi que d’autres (TBG, tunnel de base du Monte Ceneri…) vers et dans le sud de la Suisse sont ou seront équipées de la version 2.3.0 d (norme officielledel’UE). Cette norme est compatible avec la2.2.2 + dont sont dotés la NBS Mattstetten – Rothrist et le TBL, ce dernier devant passer 2.3.0 d à la mi-juin 2016. Les véhicules 2.3.0 d peuvent donc circuler sous 2.2.2 +, mais seules certaines plates-formes (ETR 470 et 610) 2.2.2 + ont pu ou peuvent (grâce à une dérogation valable jusqu’en juin 2016) rouler sous 2.3.0 d. De manière générale, tous les engins 2.2.2 + doivent être portés au standard 2.3.0 d, qui satisfait à de nouvelles exigences fonctionnelles. Cette opération est menée par les CFF pour ses propres véhicules déjà équipés Alstom (ex. Re 6/6). Siemens traite les engins CFF non encore pourvus (ex. une vingtaine de Re 4/4II) ou ceux dotés de systèmes Bombardier (Re 484), ce qui ne serait pas sans poser des difficultés entre les deux industriels. Des locomotives (BR 185 DB ou BR 189) ne sont plus ou ne sont pas encore aptes Gothard, mais la situation est en voie de normalisation. Ce changement de standard impliquerait à terme de réhomologuer les ETR 610/RABe 503 des CFF en Italie… Les Re 425 BLS sont pour leur part déjà configurées 2.3.0 d par Alstom alors que les Re 485 BLS sont en train d’être mises à niveau par Siemens et que les Re 486 BLS sont de nouveau autorisées Gothard depuis l’automne 2015. Notons que cet épisode a eu pour effet la concentration sur cet itinéraire, tout particulièrement pour le compte de CFF Cargo International, des engins les plus anciens (Re 6/6, Re 4/4II avec équipement Alstom) de CFF Cargo. Par ailleurs, il convient de ne pas négliger l’arrivée de la Baseline 3 (compatible Baseline 2) dans sa version 3.5.0, valable aussi pour l’ETCS 1 LS, à l’horizon 2018… En attendant, le basculement vers l’ETCS version 2.3.0 d de la section Bodio – Castione (au sud du TBG), le 6 décembre dernier, n’a pas non plus été « indolore ».

  • 180000 documents inestimables à portée de souris

    180000 documents inestimables à portée de souris

    La bibliothèque publique de New York a fait un bien beau cadeau aux amateurs d’histoire en mettant à leur disposition 180 000 documents, sans aucune restriction d’usage. Un véritable trésor !

    Avec plus de 53 millions de documents, la bibliothèque publique de New York (New York Public Library) est la deuxième plus importante des États-Unis après celle du Congrès. Le 6 janvier dernier, elle a décidé d’offrir via son site Internet plus de 180000 d’entre eux (sur plus de 670 000 documents numérisés par ses soins), dont l’usage est libre, ne nécessitant pas d’autorisation préalable et sans aucune restriction de diffusion. Un magnifique cadeau pour les passionnés d’histoire, les animateurs de blogs ou de sites Internet. Fondée en 1895, elle possède une multitude de collections, témoignages de la vie à New York, mais également aux États-Unis et même dans le reste du monde. Forcément, les transports en général et le ferroviaire en particulier y sont représentés. Ainsi, vous y trouverez une collection impressionnante de cartes de réseaux, de plans de projets ferroviaires, de brevets de matériels roulants… Après des heures d’immersion dans cette bibliothèque digitale, nous découvrons encore des perles. Parmi celles-ci, nous pouvons citer la reproduction de l’ouvrage (Histoire et progrès du moteur à vapeur) de Luke Herbert et Elijah Galloway, publié en 1830 et où on découvre sur de magnifiques planches des locomotives inventées par Stephenson ou Snowden.

    Autre trouvaille, Les Travaux publics de la France par F. Lucas et V. Fournié édité en 1883 qui permet de découvrir de magnifiques viaducs ferroviaires de notre pays, comme celui qui franchit l’Orb à Bédarieux (34), construit entre 1854 et 1857. Vous pouvez aussi y consulter un nombre incroyable de menus servis dans les trains ou dans les hôtels, comme celui, impressionnant, offert à la délégation française venue participer au Congrès international des chemins de fer qui s’est tenu à Washington DC en 1905. Vous pouvez également y suivre les avancées des travaux de construction du métro new-yorkais sur Broadway grâce aux clichés de CC Langill pris au tout

    Renseignements :
    http://digitalcollections.nypl.org

  • Les 151 de la DB, de grosses pointures sur le déclin

    Les 151 de la DB, de grosses pointures sur le déclin

    Commandées par la DB à la fin des années 60 pour moderniser son parc fret, ces puissantes machines de type CC sont aujourd’hui en phase de déclin. Elles ne devraient toutefois pas quitter la scène avant quelques années.

    Destinée à supplanter la série des machines à marchandises 150 de 4 500 kW, sorties d’usine de 1957 à 1973, la série des 151, de type CC, a été commandée par la DB à la fin des années 60. Les premières citées, également du type CC, se montraient insuffisamment puissantes dès que le profil des lignes devenait plus accentué. De plus, il devenait indispensable d’éradiquer définitivement les derniers exemplaires de la série 94, elles aussi à configuration d’essieux CC, acquis par la DRG pendant la dernière guerre et au-delà. Montées sur deux bogies à trois essieux à roues de 1,25 m, d’une masse de 126 t en ordre de marche, avec caisse de 19,49 m, développant 6 288 kW sous caténaire 15 kV, elles se situaient dans le parc électrique de la DB, au point de vue puissance, immédiatement derrière les 103, conçues pour la vitesse, puis elles ont été égalées par la catégorie des 120, de type BB, dont les engins prototypes sont acquis en 1979. Construites par les firmes allemandes AEG, BBC, Henschel, Krauss-Maffei, Krupp, Siemens, les 151, limitées à 120 km/h, munies du frein rhéostatique, ont été fabriquées à 170 exemplaires. La 151.001 est sortie le 21 novembre 1972, suivie de 11 engins tête de série soumis à de nombreux tests et essais de traction dans diverses situations.

    Revêtues d’origine d’une livrée vert bronze assez austère, elles se sont montrées pleinement aptes à remplir les missions assignées par le cahier des charges, à savoir la traction sur rampe de 5 ‰ de convois de messageries de 1 000 t à 120 km/h, de marchandises de 1 200 t à 100 km/h et de 2000 t à 80 km/h. Les 151.001-024 ont d’abord été affectées en bloc au Bw de Hagen Eckesey sur la BD Wuppertal, pour trafic lourd issu et en direction des nombreuses gares du complexe minier et sidérurgique de la Ruhr, avec des tournées directes vers Hambourg, Brême, Hanovre, Francfort-sur-le- Main, Mannheim, Bâle, Stuttgart, Munich et Sarrebruck. En 1973, les 151.025-054 ont, elles, été attribuées au Bw de Nuremberg Rbf, où leur emploi en fret a été orienté sur Ratisbonne, Passau, Probstzella (gare frontière DBDR), Wurtzbourg, Mayence Bischofsheim, Kornwestheim via Aalen, Mannheim via Ulm, Munich via Treuchtlingen, Ingolstadt et Donauwörth, ainsi que jusqu’à Salzbourg via Freilassing et Kufstein, aux portes des ÖBB. Alors que de nombreuses électrifications complémentaires étaient réalisées sur le réseau de la DB, le reste de la série était totalement livrée en 1977, avec ventilation dans les deux seuls Bw de :

  • BLS Cargo mise sur l’interopérabilité

    BLS Cargo mise sur l’interopérabilité

    Malgré quelques aléas, la compagnie suisse semble s’être recentrée avec succès sur la part la plus lucrative de son activité, à savoir le trafic international. Une stratégie qui passe par l’exploitation des capacités des matériels moteurs interopérables de nouvelle génération.

    BLS Cargo a produit en 2014 environ le quart des trains de marchandises transitant par la Suisse, contre 5 % pour le trafic des trains complets circulant dans ce pays et celui de l’import-export. Des problèmes de change et de coûts ont généré des pertes au premier semestre 2015. Mais la stratégie de BLS Cargo, qui, pour remporter des trafics lucratifs, mise sur l’international et sur l’interopérabilité, est plus que jamais confortée. À ce titre, l’opérateur a commandé à Siemens des Vectron quadricourant. La posture du BLS, qui est historiquement reconnu comme leader dans ce domaine (voir encadré page 34), est révélatrice de bien des tendances actuelles en matière de locomotives. L’ouverture à la concurrence du trafic marchandises a contribué à l’accroissement du rayon d’action du BLS. L’entreprise a longtemps été cantonnée peu ou prou à la section Thoune – Brigue (ainsi qu’à quelques antennes), soit son itinéraire historique. Aujourd’hui, la division Cargo du BLS exerce sa responsabilité commerciale, en plus de la Suisse et sans oublier l’Allemagne ou l’Autriche, des Pays-Bas à l’Italie. Même si la conduite et/ou la traction à l’étranger relève(nt) de partenaires, le BLS est de fait actif sur le corridor n° 1, alias Rhine- Alpine, ainsi que sur le corridor n° 2 (via la rive gauche du Rhin). La compagnie revendique une part de marché (exprimée en tonnes brutes) de 27 % dans le transit sur rails à travers la Suisse pour 2014. Ce flux exprimé en tonnes nettes a représenté globalement 26,6 millions de t – la part de BLS Cargo est alors de 24,4 % – en 2014 et 25,17 millions de t en 2013, soit + 6,2 % par rapport à 2 012.

    L’activité de BLS Cargo concerne à 85-90 % le transit soit par le Lötschberg, soit par le Gothard, avec dans les deux cas un trafic combiné très important. Le format général de ces convois est de 1 400 t (UM 2) ou 1 600 t (UM 2 + pousse), voire 1 800 t sur la ligne de faîte du Lötschberg, pour une longueur de 550-600 m. Leur vitesse maximale peut être de 120 km/h, mais leur vitesse moyenne n’est dans la pratique que de 50-60 km/h. Les 15-10 % restants des trafics de BLS Cargo portent sur des trains complets et d’import-export, ou « Bimpex » en allemand (voir encadré en page 36). La corrélation entre le développement de BLS Cargo et l’évolution de la flotte de locomotives, de 2001 à 2015, est de fait particulièrement saisissante. Dès 2002, le BLS s’équipe de 10 Re 485 (+ 10 en 2004) dans la configuration DCH (Allemagne, Suisse). Ce sont des Traxx AC 1 (5,6 MW en régime continu, avec le « Swiss Paket », dont les fameux 300 kN jusqu’à 67 km/h), identiques aux Re 482 de CFF Cargo et aux BR 185 de la DB. Elles ont d’origine le ZUB 262 en plus des équipements de sécurité allemands. Des engins loués à Angel Trains complètent alors ponctuellement cette dotation. La coopération avec Railion puis DB Schenker et ses filiales s’intensifie : plates-formes de productions communes sur le Gothard en 2003, Railport en 2005, collaboration avec ECR (filiale de DB Schenker) en 2007. La part de l’entreprise allemande dans le capital de BLS Cargo est portée à 40 % (3 % pour le logisticien italien Ambrogio) en 2008. Pour mémoire, BLS Cargo est autorisé Allemagne en 2006 et installée dans ce pays (via BLS Cargo Deutschland) en 2007. L’opérateur créé BLS Cargo Italia en 2006. On notera que ces deux filiales n’ont pas de fonctions commerciales et qu’elles se limitent à des tâches opérationnelles. Aujourd’hui, BLS Cargo bénéficie d’une autorisation pour circuler sur les noeuds ferroviaires de Bâle et de Singen, mais n’a plus de certificat pour l’Allemagne.