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Catégorie : Infrastructure
L’actualité des infrastructures ferroviaires en France et dans le monde.

Paris-Est : la porte de l’Orient (1re partie)
Porte orientale du rail parisien, la plus discrète et pourtant la plus vaste des gares de la capitale s’inscrit dans un parcours historique qui n’a rien à envier en richesse et en intensité à celui de ses cinq homologues. Nous traitons ce passé en annexe et en détail, depuis les premiers pas de la Compagnie de l’Est, mais nous avons choisi pour commencer d’évoquer le destin de Paris-Est dans sa période contemporaine, qui débute véritablement dans les années qui suivent l’électrification.
Un bouleversement pour le trafic grandes lignes comme pour le trafic banlieue, qui n’aura d’autre équivalent que ceux provoqués, quelques décennies plus tard, par l’ouverture de la LGV Est-européenne et la création du RER E, deux événements qui seront abordés dans une seconde partie…Le plus vaste des grands terminus de la capitale, avec ses 30 voies à quai, la gare de l’Est est, comme sa voisine du Nord, établie dans le 10e arrondissement, mais à une altitude inférieure : 46 m contre 53 m. Porte ouverte vers les ex-régions Champagne-Ardenne, Lorraine, Alsace et Franche-Comté, c’est le point de départ vers le Luxembourg, l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse et, par extension, vers les pays de l’Europe centrale. Ayant connu des trains mythiques comme l’Orient-Express, l’Arlberg-Orient-Express, elle a vu son trafic banlieue décliner avec l’ouverture de la ligne E du RER compensée par l’introduction du TGV Est-européen. Pour nombre de nos concitoyens, elle conserve des souvenirs amers, car elle a été le tremplin de départ, lors des conflits de 1870, 1914-1918, 1939-1945, de milliers de militaires enrôlés dans les combats contre les forces allemandes. Pendant la dernière guerre, le Reich s’est servi de Paris-Est pour expédier outre-Rhin quantité d’hommes au titre du Service du travail obligatoire et des déportations politiques. De tout temps, des hordes de permissionnaires l’ont aussi fréquentée pour rejoindre leurs garnisons de l’est de la France et des Forces françaises d’occupation en Allemagne. Pour faire face au développement des trafics grandes lignes et banlieue, son site a fait l’objet de plusieurs agrandissements concernant ses installations terminales, avec remaniement du quartier, comme ses voies d’accès dans l’avant-gare, y compris au niveau du dépôt de La Villette jusqu’à leur croisement avec la ligne de Petite Ceinture. Le dernier en cours, apparemment modeste, consiste en l’insertion d’une halte voyageurs dénommée Rosa-Parks, ouverte le 13 décembre 2015, destinée à l’arrêt des trains de la ligne E du RER, sensiblement à l’emplacement de celle d’Est-Ceinture, disparue en 1931.
Au fil des décennies, nous suivrons, tout en traitant à part la partie plus spécifiquement historique, les bouleversements de dessertes ponctués par deux évènements majeurs espacés de 45 ans : l’électrification en mai 1962 et la naissance du TGV Est en juin 2007, avant de jeter un coup d’œil sur l’avenir, qui s’annonce un peu terne.1968-1980 : la gare de l’Est rentre dans la modernité
La très célèbre grève de mai 1968, transforme la gare parisienne de l’Est en cathédrale abandonnée, sans le moindre train durant trois semaines à compter du 13. À l’été suivant, le rapide 47 de soirée est retardé de 18 h 20 à 18 h 55 depuis Paris vers Mulhouse. On assiste dès lors à l’explosion des dessertes grandes lignes liées aux voyages professionnels mais aussi de loisir, surtout lors des week-ends. Au 29 septembre, la relation Paris – Strasbourg est gratifiée d’un nouveau rapide 1re classe à supplément, prenant les n° 7 en soirée/8 en matinée, ne desservant que Nancy avec temps de parcours tombé à 3 heures 57, suite à des relèvements de vitesse à 150 et 160 km/h. De plus voit le jour un rapide 16 Nancy 6 h 47-Paris 9 h 47 plus véloce que l’express 102 à arrêts fréquents. Le 22 septembre 1969, la rame diesel Ram néerlando-suisse est retirée de la circulation sur le TEE Arbalète et remplacée par une rame inox Mistral 56, avec traction par les nouvelles CC 72000 chauffantes, qui surclassent les 68500. C’est le chant du cygne de la traction vapeur à Paris-Est. Pour le service d’été 1969, la rame allemande VT 08 du Paris – Francfort-sur-le-Main (renumérotée 209/210 depuis 1967) laisse la place à un train classique, transformé en TEE Goethe 51/50 un an plus tard avec matériel inox type Mistral 56. Paris – Metz est alors couvert en 2 heures 40. L’Orient-Express est désormais dédoublé jusqu’à Vienne par un 10005/10006 en fin de semaine l’été. Au 27 septembre 1970, un rapide 15 de fin de soirée (homologue pair du 16) est ajouté de Paris 20 h 05 à Nancy 23 h 01. En 1971, la numérotation des trains de grandes lignes change dans le cadre de la réservation électronique prônée par l’UIC. Pour l’été, une salve de modifications concerne :
– le prolongement de Nancy à Strasbourg des 15/16 devenus 1009/1000 ;
– un nouveau rapide Paris – Luxembourg via Metz 203 en matinée à l’aller (Paris 11 h 10), 205 en soirée, jumelé au 258 Francfort – Paris 23 h 30 au retour ;
– les trains 7/8 Paris – Strasbourg, endossant le sigle TEE avec nom de baptême Kléber, équipé en matériel Grand Confort et devenant les 61/60, l’horaire du sillon pair étant avancé à 11 h 38 à Paris.
En septembre, un second TEE est ajouté sur Paris – Strasbourg en 3 heures 47 avec nom de baptême Stanislas sous n° 63 départ 11 h 00/62 arrivée 21 h 05. C’est le début des nouvelles BB 15000, qui vont s’implanter progressivement sur les lignes du réseau Est au détriment des BB 16000. Pour l’été 1972, le TEE Goethe 51/50 change de sillon et circule en matinée
Pont-Cardinet, une rénovation au cœur d’un quartier en pleine mutation
Pont-Cardinet entre en rénovation pour faire face à ses nouveaux défis. La mise en accessibilité permettra à la gare de s’ouvrir davantage sur le nouveau quartier des Batignolles au cœur d’un pôle de correspondance multimodale.
Pont-Cardinet est une drôle de gare au nord-ouest de Paris. Située sur la ligne L du Transilien, elle est installée juste au-dessus de la tranchée ferroviaire des Batignolles. Si l’on fait abstraction du RER, c’est même la seule gare parisienne en dehors des grands terminus. C’est donc une curiosité à seulement 1,725 km de Saint-Lazare. À l’origine, la gare des Batignolles est située en dehors des limites de Paris (avant l’annexion des banlieues en 1860) sur la ligne d’Auteuil, ouverte en 1854 entre Saint-Lazare et Auteuil. En 1922, la gare devient même origine-terminus de la ligne après la démolition du tunnel des Batignolles. À cette occasion, la ligne d’Auteuil est électrifiée par troisième rail, devenant un véritable métro urbain avec ses rames Standard qui assureront le trafic jusqu’en 1985. Les trains venant de Saint-Lazare assurent la correspondance, parfois quai à quai dans le sens Paris – banlieue. Après l’ouverture de la branche VMI (vallée de Montmorency-Invalides) du RER C, la ligne d’Auteuil est en partie absorbée, seule subsistant une courte antenne entre Pont-Cardinet et Pereire assurée en navette par une rame Z 5300. À cette occasion, une des deux voies Auteuil du terminus de la ligne est supprimée, avec élargissement du quai. Le trafic de cette liaison est anecdotique, seuls quelques voyageurs montant ou descendant des trains. Pendant un temps, il est question de services directs entre Pont-Cardinet et Austerlitz via le RER C, mais l’idée est finalement abandonnée. L’antenne, pourtant électrifiée à grands frais en 1 500 V, est finalement remplacée par un bus en 1996. Avec la fin de la ligne d’Auteuil, Pont-Cardinet perd une part de son trafic, mais pas tous ses voyageurs. Il faut préciser qu’aucune ligne ni station de métro n’est située à proximité, une particularité liée à la fonction très urbaine de la ligne d’Auteuil. Aussi, les habitants du quartier ont pris l’habitude de considérer Pont-Cardinet, à seulement 2 min de Saint-Lazare, comme « leur station » de métro. Cette disposition a placé la gare au cœur de divers projets. Son intégration au RER était plus ou moins actée dans le cadre du prolongement à l’ouest de la ligne E. Il était fortement question en effet d’une extension depuis Haussmann-Saint-Lazare vers la banlieue ouest en reprenant les branches de Versailles et de Saint-Nom-la-Bretèche de la ligne L. Le RER E se serait alors prolongé en tunnel jusqu’aux abords de Pont-Cardinet où il aurait regagné la surface. On le sait, finalement, l’extrême saturation du RER A a conduit à retenir un autre tracé vers Porte-Maillot et La Défense. Pour autant, Pont-Cardinet n’est pas en reste. Les installations actuelles datent de 1924, période où la gare des Batignolles, dont les voies d’Auteuil étaient orientées vers Saint-Lazare, a été détruite. À la place, un nouveau bâtiment a été érigé côté nord sur le pont au-dessus de la rue Cardinet.

Un nouvel atelier à Moulin-Neuf pour les appareils de voies
L’établissement SNCF Réseau de Moulin-Neuf, à Chambly (Oise), inaugure un nouvel atelier Horizon dédié aux appareils de voies. De nouvelles méthodes d’assemblage, d’acheminement et de pose permettent d’accompagner plus efficacement la régénération des aiguillages du réseau.
La régénération du réseau est en marche. Longtemps négligé, le renouvellement de l’infrastructure ferroviaire est en cours et les moyens sont à la hauteur de la tâche. Chaque jour, 15 000 trains transportent 5 millions de voyageurs et acheminent 250 000 t de marchandises en tout genre. Une telle charge demande un entretien constant pour éviter la dégradation rapide des équipements. La catastrophe de Brétigny en 2013 a tristement montré les conséquences d’un manque de maintenance des infrastructures. Le GPMR (Grand Plan de modernisation du réseau) lancé à la suite de cet accident vise à augmenter la performance et les capacités du réseau ferré tout en assurant les niveaux de sécurité nécessaires. Ces missions sont devenues primordiales à l’heure de la mise en concurrence qui se profile à court terme. Dès 2019, le marché voyageurs sera ouvert pour les lignes conventionnées, suivi en 2020 des lignes non conventionnées.
Dans ce contexte, le trafic est appelé à connaître une augmentation conséquente qu’un réseau vieillissant aurait du mal à supporter. SNCF Réseau, conscient des enjeux s’est engagé via Infrarail dans une vaste opération de modernisation étalée sur plusieurs années. Le contrat pluriannuel signé avec l’État prévoit un investissement de 34 milliards d’euros sur 10 ans dont 5,3 milliards pour 2018. Durant cette année, pas moins de 1600 chantiers ont ainsi été engagés portant sur la vérification de 4 000 km de caténaires, le renouvellement de 1 000 km de voies et le remplacement d’un peu moins de 500 appareils de voies. Pour faire face à ces enjeux, SNCF Réseau s’appuie sur ses différents établissements spécialisés répartis à travers le pays.
Parmi eux, Moulin-Neuf est concentré sur la production des appareils de voies. Il est déployé sur deux sites, Chamiers, en Dordogne, et surtout Chambly, dans l’Oise, où de vastes emprises de 64 ha ont permis de moderniser l’outil de production. C’est ainsi qu’un nouvel atelier Horizon entièrement dédié aux appareils de voies vient d’être inauguré fin novembre. Il permet de révolutionner les méthodes de conception, d’acheminement et de mises en place des aiguillages du réseau ferré. L’idée d’édifier un bâtiment permettant la mise en œuvre de techniques nouvelles s’est imposée face à la nécessité d’augmenter le nombre d’appareils de voies remplacés chaque année. De 330 en 2013, puis 400 en 2016, il atteint finalement aujourd’hui le nombre de 495. Ce sont donc 12 millions d’euros qui ont été investis dans le nouvel atelier, dont 8 millions pour la seule construction, une enveloppe réglée par SNCF Immobilier. Le bâtiment, de 120 m de long sur 35 m de large, offre une surface 4 300 m2 où toute la chaîne de montage est optimisée en concentrant les phases de production. Des ponts de 25 t complétés par des grues de 4 t permettent de déplacer facilement les différents éléments. Deux voies ferrées traversent le centre de l’atelier.
C’est en pièces détachées qu’arrivent les matériaux qui composeront le futur aiguillage. Horizon permet une fabrication sur mesure, s’adaptant aux différentes configurations rencontrées sur le réseau. Les rails sont livrés bruts, déplacés à l’aide des grues de 4 t avant d’être précisément découpés et adaptés selon chaque aiguillage. L’élément de rail arrive sur un tapis roulant jusqu’au niveau d’une impressionnante presse manœuvrée par un opérateur.
Florence va se doter d’une gare souterraine
Sur le réseau italien des FS, seuls deux nœuds ferroviaires importants disposent d’une gare souterraine : Milan et Turin, cette dernière ville avec la station de Porta Susa.
Une troisième, dont le projet a longtemps été repoussé doit concerner, au milieu de la décennie 2020, Florence, où elle prendrait place sous celle en impasse de Santa Maria Novella.
Cette gare concentre la majorité des liaisons à grande vitesse de l’opérateur NTV, qui depuis décembre 2009 dispose de la ligne nouvelle issue de Bologne se raccordant au nord à Florence Castello, avec des fréquences Turin – Milan et Venise – Rome – Naples en rebroussement, huit d’entre elles shuntant la gare par le raccordement direct de Statuto vers la gare locale de Campo di Marte en direction de la direttissima (DD) vers Rome. En sus, le terminus en impasse traite des mouvements IC Nord – Sud et un gros trafic de trains régionaux de et vers Pise, Lucques, Sienne, Pistoia, Bologne, Faenza, Arezzo, Rome, Pérouse, etc.
Le projet initial sous le bâtiment de la gare principale actuelle, écarté en définitive, a été remplacé par une liaison souterraine de 7 km prenant naissance à Castello, passant par le tracé actuel au niveau de Rifredi, puis au nord du plateau de Santa Maria Novella avec desserte d’une gare nouvelle désignée Belfiore au nord de l’agglomération, avant de rejoindre l’itinéraire de la DD vers Rome à Rovezzano. Entamés en 2007, les travaux de génie civil sont particulièrement avancés côté nord, ceux de la gare de Belfiore, aux lignes futuristes dessinées par l’architecte Norman Foster, longue de 454 m et large de 52 m avec quatre voies à quai à établir, étant en cours.
L’ouverture de la gare souterraine, réservée au trafic à grande vitesse, sera précédée de celle d’une ligne de tramway.
Nouvel exercice anticrue à la RATP
C’est au métro Balard que la RATP a réalisé de nouveaux exercices de lutte contre les crues de la Seine. En plus d’assurer la formation des personnels, ces opérations ont pour but de tester de nouvelles méthodes. Ce matin-là, il s’agissait de neutraliser deux entrées d’eau potentielles avec des batardeaux d’aluminium et des parpaings. On estime qu’en cas de crue sévère, il y aurait environ 400 points à protéger sur le réseau. Les batardeaux permettent une sécurisation en 3 heures contre huit avec les méthodes traditionnelles. Il s’agit donc désormais de voir s’il est possible de généraliser cette technique avec pour objectif de maintenir l’exploitation aussi longtemps que possible. On estime que sans aucune protection, une crue centennale engendrerait environ 3,5 milliards d’euros de dégâts, entraînant une interruption du métro durant un an et demi avant une reprise complète du service !

Le tramway T 13 : la phase 1 en cours
Reliant Saint-Cyr-l’École à la gare RER A de Saint-Germain-en-Laye, la phase 1, de 18,8 km intégrant la GCO, de cette ligne de tram-train est en pleins travaux de gros œuvre.
C’est bien parti pour la nouvelle ligne de tramway T 13 ex-tangentielle ouest de l’Île-de-France. Les travaux sont dans une phase très active. En réalité, il s’agit d’une première phase qui doit relier fin 2021 la gare de Saint-Cyr-l’École, desservie par les lignes C, N et U, à la gare du RER A de Saint-Germain-en-Laye. On pourrait même presque dire qu’il s’agit déjà d’une seconde phase si on accepte que la GCO, entièrement intégrée à ce projet, soit depuis 2004 la première étape de cette ligne tangentielle. Le nouveau tracé de 18,8 km se décompose en fait en quatre parties. Au sud existe une courte partie neuve d’environ 700 m sous maîtrise d’ouvrage d’IdFM (Île-de-France Mobilités). Cette double voie se détache des voies de la Grande Ceinture vers l’ouvrage de la RD 10. Une courbe très prononcée et une rampe de 6,5 % amènent le tram au pied de la station de Saint-Cyr. Les travaux de terrassement de la plateforme ont mis au jour un ancien château d’eau et une décharge sauvage. Un mur de soutènement doit être construit en limite des voies Paris – Chartres. Cette « virgule » doit être livrée en juillet 2021.
Les deux autres parties appartiennent au Réseau ferré national et sont sous maîtrise d’ouvrage de SNCF Réseau. Du sud au nord, il y a d’abord 6 km de l’ancienne Grande Ceinture. Les travaux ont démarré en octobre 2017 par un sérieux élagage ! Au printemps 2018, les anciennes voies (rails et traverses) ont été déposées. Jusqu’en juin 2019 se déroulent les travaux d’assainissement, de terrassement de la plateforme, déroulage de fibre optique et détournement de réseaux. Certains ouvrages méritent une attention particulière. La plateforme sous les ponts-routes de la RD 10 et de l’A 12 sera abaissée avec mur de soutènement ou confortement des fondations. Pour les passages à niveau, l’actuel PN 1 deviendra piétons. La RD 7 sera déviée pour franchir le T 13 par un nouveau pont-rail, et création d’un giratoire au niveau de la ferme de Gally. Le PN 1.4 est conservé, comme les PN 2 et 3 de Bailly. Avant Noisy-le-Roi, le PN 4 est transformé pour les modes doux.
Au printemps 2019, les travaux concerneront le génie civil caténaires et signalisation. La pose de la double voie (traverses en béton et LRS) démarre à l’été 2019 depuis Saint-Cyr en remontant vers Noisy-le-Roi. La caténaire sera déroulée au printemps 2020 et les installations de signalisation début 2020. Quatre nouvelles stations sont aménagées : Saint-Cyr-l’École, Saint-Cyr-ZAC au niveau de l’ancienne gare de la GC, Allée-Royale-de-Villepreux et Bailly.
Opération « coup de poing » pour le remplacement du viaduc de la Siagne
Cet ouvrage d’art métallique, comportant deux tabliers contigus à treillis totalisant 83 m pour chacune des deux voies, enjambe la rivière la Siagne, à 400 m de son embouchure dans le golfe méditerranéen de La Napoule, et la RD 92 (avenue de la Mer sur la rive gauche). Situé entre les gares de Mandelieu-la-Napoule et Cannes-la-Bocca au Km 186,585, sur la double voie électrifiée Marseille – Vintimille, datant de la construction de la ligne en 1862, il a été renforcé en 1885 avec remplacement des deux piles primitives par trois autres en rivière.
Pour admettre le passage des machines lourdes du type Mountain, le renforcement des tabliers a été réalisé par la construction en 1936 de quatre arcs supérieurs, d‘une architecture remarquable.
En 2010, des fissures sont apparues sur des pièces de pont en fer puddlé et un phénomène de corrosion activité par la proximité de la mer a été constaté, conduisant à un ralentissement de la vitesse des trains de 140 à 40 km/h très pénalisant. L’aggravation des dommages aurait même conduit à un abaissement de vitesse à 10 km/h, inconcevable sur une artère à forte circulation (TGV, TER et fret). Sa réparation étant irréalisable, l’option du remplacement par un ouvrage neuf à deux travées mixtes fer-béton avec voies sur ballast et coque inox a donc été retenue, le profil des voies étant rehaussé de 0,25 m. D’un coût de 40 millions d’euros pris en charge intégralement par SNCF Réseau, il répond aux règles sismiques en vigueur, tandis que les moyens utilisés pour la mise en place de la nouvelle structure sont adaptés aux spécificités de la zone :
– l’appartenance à deux sites inscrits : le Golf Old Course en amont et la bande côtière de Nice à Théoule ;
– plusieurs espaces protégés localisés : espace boisé classé et zones humides ;
– la faune et la flore présentes aux abords ;
– les activités de navigation sur la Siagne, du golf, la circulation routière et le passage des promeneurs sur les rives.
Après le confortement des piles et culées en avril 2017, les nouveaux tabliers, préassemblés au sol à partir de l’aval, ont été mis en place, pendant une coupure totale du trafic de 132 heures du 25 au 31 octobre entre Toulon et Cannes, avec l’aide d’une grue routière de 650 t. L’aménagement paysager soigné des abords est programmé pour les mois suivants.
Inondations dans l’Aude : le bilan des dégâts sur le réseau
Le 15 octobre 2018, une pluie diluvienne déclenchait les pires inondations qu’ait connues ce département. Sa moitié nord et la vallée de l’Aude étaient ravagées en pleine nuit. La montée brutale des cours d’eau entraînait des destructions estimées à 220 millions d’euros, un bilan humain de 12 victimes, 53 coupures de routes et celle du canal du Midi. Le réseau ferré n’a pas été épargné. Les axes les plus impactés ont été Carcassonne – Lézignan et la ligne Carcassonne – Quillan.
Sur Carcassonne – Limoux (limite actuelle de la section exploitée remise à neuf en 2017), le secteur de Leuc est le plus touché. Sur de longs tronçons, la violence des flots a emporté le ballast et une partie des remblais, laissant pendre la voie sur plusieurs mètres en de nombreux endroits. La stabilité des ouvrages d’art sera à vérifier avant réouverture. Les travaux ne pourront être envisagés qu’après la fin des réparations sur l’axe sud, qui mobilise toutes les équipes Infra.
Sur Bordeaux – Marseille les dégâts sont multiformes, particulièrement entre Carcassonne et Trèbes. Les déblais ont été envahis par l’éboulement des talus, obstruant voies et fossés. Certains remblais ont été partiellement emportés et sont à reprendre. En de nombreuses zones, les voies ont été polluées et déstabilisées, nécessitant de lourds travaux d’urgence. Seule la voie 2 a pu être rendue à la circulation, sous régime de VUT au moins jusqu’au 19 novembre. Un nombre réduit de trains circulent dans ces conditions d’exploitation et accusent des retards de 50 min minimum.
Même les poteaux caténaires, ancrés dans ces terrains gorgés d’eau, ont été déstabilisés, imposant d’en étayer un grand nombre pour assurer la sécurité des circulations, particulièrement vers Berriac. Nous reviendrons plus en détail sur ces évènements et la remise en état des installations.
GPE : ripage sous la gare RER de Noisy-Champs
Un coffre de béton a été ripé durant la Toussaint sous les voies du RER A à Noisy-Champs. L’élément mis en place permettra la construction en contrebas de la gare des lignes 15 et 16 du Grand Paris Express.
Encore un ripage pourrait-on dire si l’opération n’en restait pas moins exceptionnelle. Durant les vacances de la Toussaint, un coffre de béton a été installé sous les voies du RER en gare de Noisy-Champs. Et pourtant, la répétition de ces chantiers ne les rend pas plus simples. Interrompre une ligne comme le RER A qui transporte chaque jour 1,2 million de voyageurs n’est pas chose aisée. Largement annoncée en amont, la coupure de la ligne s’est étalée sur six jours du 27 octobre au 1er novembre. Trois gares sont restées fermées entre Noisy-le-Grand-Mont-d’Est et Torcy. Durant cette période, la ligne a été exploitée en deux branches, jusqu’à Noisy-le-Grand-Mont-d’Est, et en navette de Torcy à Chessy. En amont, une longue préparation a eu lieu avec les communes desservies ainsi qu’avec le parc Disney pour qui la période d’Halloween est un rendez-vous important. 120 bus de substitution ont été engagés, desservant les gares fermées, mais assurant aussi des liaisons directes vers le parc d’attractions. Toute cette logistique a permis de réaliser le plus important ripage intervenu sur une infrastructure du réseau RATP. Des travaux directement liés au Grand Paris Express dont le chantier bat son plein. Pour engager la construction des gares du nouveau métro creusées en contrebas du RER, il était indispensable de mettre en place une nouvelle assise supportant l’infrastructure. En 2025, le RER y sera en correspondance avec la ligne 15 sud et en 2030 avec la ligne 16. Un nouveau bâtiment voyageurs donnera accès aux trois lignes superposées, la A au niveau – 1, la 15 au – 2 et la 16 au – 3.
Durant plusieurs mois, un ouvrage a été construit en bordure du quai du RER direction Chessy. Ses dimensions hors normes de 46 m de long, 20 m de large et 10 m de hauteur, le tout surplombé d’un toit de 1 m d’épaisseur, ont fait de ce chantier une opération exceptionnelle. Les 7 300 t de l’ouvrage sont à comparer avec la masse de celui de l’élément ripé il y a un an à Arcueil-Cachan, de « seulement » 3 500 t. Comme toujours, cette opération prévue de très longue date était soumise à un calendrier serré.
Lignes 15 et 16 : un tunnelier baptisé et les marchés des centres de maintenance attribués
Le 1er décembre, le public a été invité au baptême du troisième tunnelier de la ligne 15 sud. Descendu au puits Robespierre à Bagneux, il commencera à creuser en janvier en direction de la gare de Fort-d’Issy-Vanves-Clamart.
Cet événement est intervenu alors que la Société du Grand Paris venait d’attribuer les marchés des futurs centres de maintenance du métro du Grand Paris. C’est à Aulnay, sur les anciens terrains PSA, que sera construit le centre des lignes 16 et 17. Le premier marché de génie civil, d’un montant de 54,8 millions d’euros, a été attribué à un groupement d’entreprises piloté par Guintoli, aux côtés de NGE et EHTP. Quelques semaines plus tard, c’est le marché du centre de Champigny qui a été attribué pour 125 millions d’euros. Piloté par Spie Batignolles, il regroupe les entreprises Demathieu Bard, Atlas Fondations et Colas. Ce centre, outre les installations de maintenance et de remisage, comprendra un poste de commande centralisée qui pourra gérer les lignes 15 sud, mais aussi 15 est et 15 ouest.