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Catégorie : Infrastructure
L’actualité des infrastructures ferroviaires en France et dans le monde.

LGV SEA et BPL, la côte atlantique se rapproche (1re partie)
La mise en service simultanée le 2 juillet dernier des prolongements jusqu’à Rennes et Bordeaux des branches Bretagne et Aquitaine de la LGV Atlantique a fait incontestablement franchir une nouvelle étape au réseau à grande vitesse hexagonal. Dans la première partie de ce dossier, nous revenons sur la genèse et sur la construction de ces deux LGV. Nous détaillerons dans un deuxième volet la véritable révolution en termes de desserte que cette double ouverture va provoquer dans les territoires concernés, avant que d’aborder d’autres aspects plus spécifiques dans un troisième temps.
L’ouverture concomitante au trafic commercial le 2 juillet des deux LGV Bretagne-Pays de la Loire (BPL) et Sud-Europe-Atlantique (SEA), totalisant 484 km de lignes et 70 km de raccordements, marque l’apport le plus important à l’histoire des lignes à grande vitesse en France, dont le total atteint désormais 2 525 km.
L’inauguration officielle, le 28 février, par le président de la République François Hollande de la seconde lors d’une manifestation à Villognon (Charente) marque la fin de son quinquennat. Quant à l’inauguration conjuguée des deux LGV BPL et SEA, elle a eu lieu le samedi 1er juillet dans une ambiance festive avec :
– le matin, la rame TGV Océane 863 de Paris à Bordeaux emmenant Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, et Élisabeth Borne, ministre des Transports ;
– l’après-midi, la rame TGV 812 de Paris à Rennes avec à son bord Emmanuel Macron, président de la République. Reste pour le nouveau gouvernement à concrétiser dans les faits le projet de LGV Grand Projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO), qui doit propulser la grande vitesse vers Toulouse et Dax.
Pour tous les territoires allant des rivages bretons de la Manche à la barrière pyrénéenne, les avantages découlant de ces nouvelles infrastructures se révèlent être considérables en termes de temps de parcours, améliorant la compétitivité du rail par rapport à la voie aérienne. L’expansion attendue du trafic (20 millions de passagers actuellement) devrait être très sensible et atteindre respectivement 1,5 million et 2,3 millions de voyageurs supplémentaires sur les LGV BPL et SEA.
La mise en place du nouveau plan de transport a nécessité un sévère remaniement des horaires non seulement sur les branches Bretagne et Aquitaine, qui s’interpénètrent entre Paris et Courtalain, mais aussi sur les lignes en prolongement, impactant les sillons de quelque 3 000 trains de toutes catégories. Pour accompagner cette révolution horaire, les grandes gares de province vont revêtir une parure améliorée, dès juillet prochain pour Bordeaux-Saint-Jean, en 2018 pour Rennes et en 2019 pour Nantes.
27 ans se sont écoulés au cours desquels la desserte TGV s’est élargie à la faveur d’aménagements complémentaires diversifiés, favorisant l’expansion géographique continue du trafic. Nous aborderons tour à tour la réalisation de la LGV Atlantique puis celle de ses nouveaux prolongements (BPL, SEA) ainsi que les composantes des horaires offerts à compter de cet été.
Une nouvelle solution de repérage pour les lignes classiques
Le repérage des voies, nécessaire notamment à leur maintenance, effectué jusqu’ici par un système de bornage par piquets, va être progressivement remplacé par un dispositif plus fiable faisant appel à des plaques de repère.
Toute voie ferrée nécessite des repères afin d’être établie, contrôlée et entretenue. À cet effet, il est historiquement fait usage de bornage par piquets de courbe. Mais ce système, difficile et coûteux à maintenir, pâtit aujourd’hui de sérieuses carences. Le repérage des points caractéristiques des éléments du tracé sur lignes classiques est devenu malaisé en France. Cette réalité justifie donc, à l’occasion de travaux de renouvellement, le déploiement d’une nouvelle solution de repérage des éléments géographiques des voies. La nouvelle approche repose en partie sur des plaques de repère longitudinal, collées sur le rail, généralement à l’extérieur de la file extérieure de la voie. Cette approche a les mêmes fonctionnalités que la technique précédente. Mais elle l’enrichit par un repérage des éléments géographiques requis par le bourrage mécanique lourd, un repérage général en alignement ainsi que vis-à-vis des contraintes de gabarit. Elle permet aussi le géoréférencement de la position nominale de certains points, ce qui autorise de détecter et de corriger d’éventuels déplacements de la voie. Enfin, elle doit être accompagnée par la mise en place d’une base de données nationale, à la disposition des mainteneurs. Le nouveau système recourt à des plaquettes en plastique dur qui, en fonction du type de repérage, sont de couleurs différentes. Sont ainsi répertoriés : les points caractéristiques du tracé (indications blanches sur fond vert), les éléments nécessaires au travail (blanches/rouge), de repérage général (blanches/noir), les points nécessaires au respect des particularités de gabarit (blanches/ bleu). Les inscriptions y figurant renseignent (désormais) sur le numéro de la voie, le bornage décamétrique le cas échéant et un point à considérer. Une même plaquette peut informer, en plus de la voie, sur des repères différents (comme un repère décamétrique et un élément nécessaire au travail sur une zone d’obstacles en bleu).
Le nouveau système se substitue, dès que l’infrastructure est renouvelée, au bornage existant. Il sera calé sur ce dernier, dans le sens kilométrique croissant, pour pérenniser le chaînage décamétrique de la voie, et est étoffé par un géoréférencement. Le système utilise à cet effet la projection Lambert 93. Le positionnement des plaquettes doit de fait être précis, afin de correspondre à des points dont certains sont aussi définis topographiquement.
L’Essonne investit 15 millions pour le T 12
Le 15 mai, le département de l’Essonne a approuvé une convention de financement de 15 millions d’euros pour le futur tram express T 12. La ligne, qui reliera en première phase Évry à Massy avant de poursuivre vers Versailles-Chantiers, a déjà bénéficié d’un investissement départemental de 12,5 millions en 2015, et devrait encore recevoir 15 autres millions en 2018 et 5 millions en 2019, soit plus de 47 millions au total. En 2020, le T 12, qui transportera 40 000 voyageurs par jour, reliera Massy à Évry en 39 min, desservant 16 stations.

La ligne R du Transilien en pleine modernisation
Reprenant les axes entre Paris, Montereau et Montargis, non inclus dans le RER D, cette ligne, moins fréquentée que ses homologues parisiennes, a longtemps pâti de conditions d’exploitation médiocres. Son cadencement en 2008 a apporté une nette amélioration et le mouvement se poursuit aujourd’hui avec d’importants travaux de modernisation des infrastructures qui accompagnent l’arrivée sur la ligne du matériel Regio 2N à partir de la fin 2017.
La présentation de la version Île-de-France du Regio 2N de Bombardier et son arrivée prochaine sur les rails franciliens nous incitent à découvrir la ligne R du Transilien. Héritière de la banlieue de la gare de Paris-Lyon, elle correspond aux axes non repris par la ligne D du RER dans sa partie sud. Sa faible fréquentation la classe en bas du tableau des lignes SNCF de l’agglomération parisienne. Les représentants des collectivités et les voyageurs ont souvent dénoncé l’absence de modernisation de cette ligne à tous les niveaux (matériel roulant, desserte, gares, services), y compris la tarification. Avant le Pass Navigo à tarif unique, les habitants du sud de la Seine-et- Marne payaient en effet le prix maximal pour un service qu’ils estimaient insuffisant. Depuis quelques années, la tendance s’inverse et la mise en service des nouvelles rames Regio 2N sera le point d’orgue de cette modernisation. Cette arrivée va aussi demander un certain nombre d’aménagements que nous allons décrire.
Une ligne, trois axes
Dans le cadre de l’artère impériale Paris – Lyon – Marseille, le premier tronçon à être mis en service est Melun – Montereau par Moret-Veneux-les-Sablons (rive gauche) le 3 janvier 1849. Il est suivi de Paris – Melun par Combs-la- Ville le 12 août 1849 puis Moret – Montargis le 14 août 1860 au titre de la liaison Moret – Lyon et enfin Melun – Montereau par Héricy (rive droite) le 1er juin 1897 au titre de la liaison Corbeil-Essonnes – Melun – Montereau du plan Freycinet. Le quadruplement entre Paris et Villeneuve- Saint-Georges se fait par étapes entre 1884 et 1887. Et deux voies supplémentaires sont aménagées de Paris à Melun par Brunoy entre 1904 et 1926. L’électrification en courant continu de l’axe PLM, y compris la rive droite, est opérationnelle en août 1950. Dès 1954, les nouvelles automotrices Z 5100 pren-nent en main les trains de la petite et la moyenne banlieue jusqu’à Melun. Au-delà, c’est le royaume de la grande banlieue avec des rames réversibles de voitures ex-PLM. Les autorails 150 puis 425 ch (X 4630 notamment) circulent quant à eux sur Moret – Montargis. L’électrification de l’axe du Bourbonnais n’interviendra qu’en mars 1988 avec du 1,5 kV jusqu‘au sud de Montargis pour permettre l’utilisation du parc monocourant de la banlieue sud-est, notamment Z 5100 et Z 5300, en 1982, puis Z 5600 en 1989.
En 1980, les voitures VO 2N, dérivées des VB 2N et adaptées à la grande couronne (sièges individuels type Z 6400 avec appui-tête ou bagageries par exemple), arrivent sur Paris – Montereau. Il y a cinq rames de huit voitures et leurs parcours les amènent jusqu’à Sens et Laroche-Migennes. Dès 1992, elles sont remplacées par des voitures V 2N au confort proches des voitures Corail, la climatisation en moins. La grande couronne sud-est, future ligne R du Transilien, se compose en fait de trois branches. Au départ de Paris-Lyon, les trains utilisent principalement les voies 1 et 2 jusqu’à Melun, premier arrêt et préfecture de Seine-et- Marne, département dans lequel est établie la quasi-totalité de la ligne. Un premier axe, dit de rive gauche, rejoint Montereau-Fault- Yonne en desservant cinq gares : Bois-le-Roi, Fontainebleau-Avon, Thomery, Moret-Veneux-les-Sablons et Saint-Mammès. L’axe de rive droite permet lui aussi de relier Melun à Montereau en desservant huit gares : Livry-sur-Seine, Chartrettes, Fontaine-le-Port, Héricy, Vulaines-sur-Seine-Samoreau, Champagne-sur-Seine, Vernousur- Seine et La Grande-Paroisse. Enfin, le troisième axe relie Moret à Montargis avec sept gares intermédiaires : Montigny-sur-Loing, Bourron-Marlotte-Grez, Nemours- Saint-Pierre, Bagneaux-sur-Loing, Souppes-Château-Landon, Dordives et Ferrières-Fontenay. Ces deux dernières gares, ainsi que Montargis, sont situées dans le Loiret, en région Centre-Val de Loire. La ligne R comporte donc 24 gares. Les trois axes sont à double voie. Les bifurcations de Melun Nord, Moret et Montereau sont à niveau. Seule la bifurcation de Melun sud possède un sautde- mouton.
Des équipements contrastés
L’ensemble est équipé du BAL depuis 1935-1936 entre Paris et Villeneuve-Saint-Georges, 1950 au-delà vers Melun et Montereau par les deux rives, 1987 sur le Bourbonnais. Il est complété par du KVB et la radio sol-train. Une modernisation de la signalisation intervient en 1991 entre Melun et Saint-Mammès avec création de deux pas d’IPCS puis en 1994 entre Villeneuve-Saint-Georges et Melun avec redécoupage des cantons.

Travaux sur Mulhouse – Saint-Louis
Parmi les travaux engagés par la région Grand Est et notamment en Alsace (où 370 millions d’euros ont été investis) cette année figurent ceux concernant le tronçon Mulhouse – Saint-Louis, situé sur la très fréquentée ligne Strasbourg – Bâle. Les travaux, chiffrés à 73 millions d’euros, portent sur le renouvellement de la voie. Ils sont réalisés de nuit depuis le 5 avril jusqu’au 5 août 2017. Le chantier est effectué en « suite rapide », un système qui peut, à titre d’exemple, traiter 900 m de voie sur 9 heures d’amplitude. 500 personnes sont mobilisées, dont les deux tiers de l’entreprise mandataire, Colas Rail. Ces travaux impactent les trajets avec un rallongement du parcours de 4 min pour les TER omnibus et de 6 min pour les TER 200, limités à Saint-Louis en semaine, la fin du parcours s’effectuant en train-navette. Parallèlement, la station de Schlierbach voit ses quais rehaussés.

Réorganisation des sites de garage des matériels radiés
Depuis plusieurs années, le volume des locomotives, éléments automoteurs et voitures voyageurs retirés du service a assez considérablement augmenté. Cela a conduit la direction du Matériel à choisir de vastes installations pour leur stockage avant dépeçage. L’agonie des triages suite à la disparition du lotissement a permis de réutiliser ceux de Sotteville, Villeneuve- Saint-Georges et Toulouse-Saint- Jory pour cette fonction.
Ces dernières années, il est apparu judicieux d’augmenter notamment les possibilités de garage en répartissant selon des sites désignés, les mêmes catégories de véhicules moteurs et remorqués. Parallèlement, les garages de Villeneuve et Saint-Jory ont été supprimés. En sus des centres qualifiés de démolition de Baroncourt et Culoz, se chargeant du désamiantage avant découpe, trois autres centres ont été créés pour assurer cette tâche préliminaire, au dépôt de Chalindrey (fermé en avril 2016 suite à incendie dans la rotonde) et aux ex-ateliers du Mans et de Sotteville- Quatre-Mares.
Actuellement, les lieux de stockage préalables (3 138 véhicules en avril dernier), véritables cimetières à ciel ouvert, figurent dans trois régions : l’Est, l’Ouest et le Sud-Ouest, à savoir :
• Épernay pour les voitures UIC, Corail ;
• Châlons-en-Champagne pour les éléments Z 2 9600 ;
• Saint-Dizier (Clos-Saint-Jean) pour les EAD, Z 7300, 7500 ;
• Langres-Jorquenay pour les voitures Corail, ambulances et wagons-lits, avant envoi à Épernay ;
• Conflans-Jarny pour des voitures de cantonnement, RIO, RRR et les EAD ;
• Vesoul pour les Z 5300, 6100, 6400, RIO, RIB, RRR ;
• Sotteville pour les locomotives électriques et diesels ; • Mézidon et Le Mans pour les voitures Corail ;
• Juvisy pour les voitures Corail, UIC, USI ;
• Vierzon, pour les voitures VB 2N et VO 2N ;
• Gièvres pour les RIO, RIB, RRR. Pour ce qui est des TGV (rames Sud-Est, Atlantique et Réseau), leur stockage a lieu à l’abri des regards des voyageurs de passage, dans l’enceinte d’un parc militaire à Ambronay, près d’Ambérieu.

Saint-Denis-Catus : une ITE productive
Établie dans l’enceinte de l’ancienne gare de Saint-Denis- Catus (Km 585,2 de la ligne Paris – Toulouse), l’ITE CM Quartz comporte deux voies de chargement en impasse pouvant accueillir chacune sept wagons. Le système de chargement des galets de quartz s’effectue par des convoyeurs à bande transporteuse dans les trémies type Facs. L’expédition des rames par Fret SNCF se fait les mardis et jeudis vers les usines Ferropem, dont celle de Montricher-Albanne, embranchée dans l’ancienne gare de Saint- Julien-Montricher sur la ligne Chambéry – Modane.

Rénovation et nouveau matériel en vue sur la Rhune
Avec 364 033 visiteurs en 2016, la crémaillère de La Rhune, gérée par le département des Pyrénées-Atlantiques, est un atout touristique majeur dans la région. Un projet de développement du site touristique baptisé « La Rhune 2020 » va porter sur trois éléments constitutifs :
• la gare de départ au col de Saint- Ignace sera dotée d’un préau, de toilettes et d’un nouveau parvis dédié aux piétons, obligeant à une déviation de la route ;
• la voie et les trains vont être rénovés. 70 % de la ligne sera refaite en rails de 36 kg/m. Les quatre trains existants engagés en ligne (quatre locomotives + huit voitures) vont être révisés et épaulés par deux trains neufs construits sur le même modèle avec une voiture permettant l’accès aux PMR. Les deux nouvelles locomotives, bimodes électriquediesel (moteur de 588 kW/800 ch) permettront le rapatriement des trains en cas de coupure d’électricité. Le centre de maintenance sera agrandi ;
• la gare sommitale de la Rhune sera refaite avec un accès PMR et des toilettes.
La crémaillère de la Rhune (4,2 km) est exploitée par la régie départementale Epsa (Établissement public des stations d’altitude). Le projet, d’un coût de 36 millions d’euros, sera opérationnel en 2022.

Premiers rails sur la ligne Belfort – Delle
Après la pose des poteaux caténaires en février-mars 2017, jusqu’à Bourogne, courant avril la pose des premiers rails a débuté sur la ligne Belfort – Delle, dans le secteur de Danjoutin et Andelnans (sauf sur trois PN), jusqu’à la gare de Meroux, et en direction de Bourogne, fin mai. En gare de Meroux, la station de correspondance avec la LGV Rhin – Rhône, les deux aiguillages de l’évitement ont été montés. La pose des poteaux se poursuit au-delà de Bourogne en direction de Grandvillars et Delle. Deux stocks de ballast ont été constitués en gare de Delle, dont un desservi par une voie provisoire raccordée. Avec la météo plus clémente de ce printemps, le chantier s’accélère. La mise en service définitive est programmée pour courant 2018.

Un nouvel accès à la gare RER de Châtelet-Les Halles
Dans le cadre de la restructuration en cours de la gare RER de Châtelet-Les Halles, qui s’achèvera fin 2017, un tout nouvel accès monumental à ouvert le 5 mai place Marguerite-de-Navarre. Ces installations vont faciliter les flux de la première gare souterraine d’Europe, qui voit passer 750 000 voyageurs par jour.