Catégorie : Matériel

L’actualité du matériel ferroviaire en France et dans le monde : innovation, acquisition, exploitation etc.

  • Les dernières BB 17000 se retirent du service

    Les dernières BB 17000 se retirent du service

    Apparues sur le réseau en 1965, les BB 17000 ont sillonné les régions en trafic voyageurs et marchandises. Elles se sont principalement distinguées à la traction de trains de la banlieue parisienne. L’utilisation en régime fret a cessé au début des années 90 pour la série qui est devenue propriété de la région Île-de-France à la fin de cette décennie. Retour sur une carrière de plus d’un demi-siècle.

    Descendantes directes des BB 16500 mais plus puissantes, les BB 17000, locomotives du type mixte équipées de deux moteurs TAB 660 B, un par bogie à roues de 1,10 m avec réducteur à deux rapports (150 km/h en régime voyageurs, 90 en régime marchandises), d’une masse de 79 t, développant 2 940 kW, couplables entre elles ont en décembre dernier terminé leur carrière pour les trois dernières unités : 17053, 17055 et 17071 sur le site d’Achères où elles étaient conservées en réserve.

    Ayant assuré, hormis au début de leur carrière, du trafic toutes catégories en province (Normandie et nord de la France), leur activité majeure a concerné les trains de la banlieue parisienne essentiellement des réseaux Saint-Lazare, Nord et Est. De ce fait leur parcours total depuis construction ne pouvait être très élevé. Il atteint pourtant 4 973 421 km pour la 17011, les 17020, 17017 et 17013 les talonnant. Commandées en 105 exemplaires à Alsthom, les premières sont livrées en détachement en 1965 au dépôt de La Chapelle et sont utilisées provisoirement sur des omnibus vers Compiègne, Amiens et sur des supplémentaires Paris – Lille et Maubeuge. Au fur et à mesure de l’électrification de Paris – Le Havre découpée en phases, elles prennent asile au dépôt d’Achères et vont assurer le relais de la traction vapeur 141 TC, TD à la fois depuis Paris-Saint-Lazare sur les missions banlieue des groupes V par Poissy, VI par Conflans-Sainte-Honorine jusqu’à Mantes, les trois rapides « oiseaux » entre Paris – Le Havre autorisés à 150 en 1 heure 55, qui restera leur plus beau palmarès (1), ainsi les express ordinaires Paris – Le Havre et Paris – Rouen. Au fur et à mesure elles seront utilisées sur le trafic RA, RO de l’axe du val de Seine, depuis les triages du Havre- Soquence et Sotteville vers ceux d’Achères et de Batignolles.

  • BB 75000. La série gagne du terrain chez les opérateurs

    BB 75000. La série gagne du terrain chez les opérateurs

    Au début des années 2000, la SNCF acquiert des BB 75000 pour assurer la relève des BB 67300, 67400, A1A-A1A 68500. Bien que conçue pour le Fret, la série est aussi engagée au service de l’Infra. L’adoption de ces engins par les nouveaux opérateurs favorise la multiplication de leurs livrées.

    Cette catégorie d’engins diesels-électriques de type BB construits par le consortium Alstom-Siemens a été acquise par la SNCF au début des années 2000, dans le but de renouveler le parc de l’espèce destiné au trafic marchandises et composé de séries vieillissantes : BB 67300, 67400, A1A-A1A 68500 accusant un âge moyen de 35 ans, dont la maintenance devenait plus onéreuse.

    Elle devait répondre avant tout aux nouvelles normes imposées par l’Union européenne en matière d’antipollution et de nuisances sonores. Fruit d’une synergie entre les deux constructeurs, elle s’appuyait sur la technique réussie des Prima électriques (27000, 37000) développée par l’un et des diesels de la gamme 2016 des ÖBB par l’autre.

    Avec leur caisse de 20,28 m, d’une masse de 86 t, ces engins sont limités à 120 km/h. Leur motorisation fait appel à un moteur diesel quatre temps suralimenté à injection directe type MTU 16 V 4000 R 41 EURO III développant 1 600 kW, avec une capacité en combustible de 4 000 l. Leur chaîne de traction avec alternateur synchrone triphasé à six pôles accouplés à un ensemble convertisseur de puissance à IGBT est associée à quatre moteurs de traction asynchrones à ventilation forcée. Les BB 75000 sont aptes à la marche en unités multiples, leur cabine de conduite est climatisée avec poste de conduite central innovant est pourvue de tous les sacrements de sécurité (Vacma, KVB, ATF, RST, Atess, Daat, RSO, AU, radio GSMR et GPS).

    Commandées par la SNCF selon le marché en date du 27 février 2004 en 132 exemplaires, les quatre premières machines effectuent des essais divers à la fois en Champagne, en Bretagne et sur la Côte d’Azur. Mais c’est en décembre 2006 que les 475006-475008 revêtues de la livrée mixte vert et gris, genre tranche napolitaine, sont les premières à être affectées au dépôt nord de Longueau.

  • Les Régiolis au complet en Occitanie

    Les Régiolis au complet en Occitanie

    À quatre caisses et déclinées en deux versions, électrique (Z 54900) et bimode (B 83500, B 84500), les rames Régiolis Occitanie sont au complet (54 unités) avec la mise en service de la dernière rame, électrique, la Z 54931/32, le 11 décembre dernier. Le parc TER est constitué de 26 électriques (Z 54901/02 à 951/52) dont les 11 dernières sont en livrée rouge LiO et de 27 bimodes (Z 83517/18 à 545/46, 579/80 à 583/84 et 587/88 à 599/600) dont les sept dernières sont en livrée LiO. Le parc Intercités est composé de trois rames Cévenol B 84695/96 à 699/700 dont la première et la dernière ont une livrée Cévenol.

  • Un appel d’offres historique pour les tramways de Montpellier

    Un appel d’offres historique pour les tramways de Montpellier

    Le changement d’équipe à la tête de Montpellier commence à se faire sentir dans les transports publics. Depuis la rentrée de septembre, le réseau bus et tram est devenu gratuit les week-ends pour les seuls résidents de la métropole. À terme, la mesure devrait s’appliquer tous les jours pour 450 000 habitants, une première à cette échelle. Est-ce pour autant la fin du développement du réseau de transport urbain ? Certainement pas, si l’on en croit les élus avec à leur tête le maire Michaël Delafosse. Malgré le coût non négligeable de la gratuité, le réseau entend continuer à s’étendre, en particulier pour le tramway. Avec ses quatre lignes, la première lancée à l’été 2000, Montpellier fait déjà figure de bon élève. Mais les besoins ne cessent de s’accroître à mesure que la métropole se développe. Longtemps mis à l’index, le projet de ligne 5 est enfin sorti du purgatoire. Le tracé a été modifié, notamment dans certains secteurs contestés et les travaux sont en phase active pour une mise en service en 2025 (voir encadré).

    Pour faire face à l’augmentation du trafic des tramways suite à la gratuité, et pour équiper la ligne 5, la métropole vient de décider de lancer un appel d’offres historique de 77 rames pour un montant de 275 millions d’euros. Est-ce une bonne nouvelle pour Alstom et Bombardier désormais liés ? Pas sûr, puisque ce marché est déclaré « le plus ouvert possible », ce qui signifie que le constructeur ne sera pas forcément européen. Compte tenu de l’importance de la commande, Montpellier fait le choix du « mieux voire du moins disant », espérant obtenir le coût le plus bas. Un jeu dangereux puisque les constructeurs seront tentés de décentraliser leur production pour

  • Fin de service voyageurs pour les 6000 du MOB

    Fin de service voyageurs pour les 6000 du MOB

    En dépit de leurs performances techniques éprouvées, les fourgons automoteurs série 6000 du Montreux – Oberland bernois se sont retirés du service voyageurs de cette ligne au profil sévère. La relève est notamment assurée par les 9000.

    Le choix de passer à l’attelage automatique pour la traction des trains de voyageurs du Montreux – Oberland bernois aura eu raison de ses six fourgons automoteurs série 6000. En effet, il n’est pas prévu de les en équiper, ce qui a pour conséquence l’arrêt des rames tractées à attelage classique (tampon central). Au changement d’horaire 2021, la flotte voyageurs est uniquement constituée des « rames-blocs » suivantes :

    • une rame « Belle Époque » encadrée par deux demi-9000 ;

    • quatre rames de trois voitures avec une voiture- pilote modifiée tractées/poussées par une demi-9000 ;

    • une rame de trois voitures encadrée par deux demi-9000 ;

    • quatre rames série 5000.

    Ce changement d’horaire marque aussi, temporairement, la fin des trains directs sur le MOB. Depuis le 13 décembre, tous les trains sont devenus des trains régionaux avec un départ de Montreux toutes les heures au XX h 50 (temps de parcours de 2 heures 07) et au XX h 02 de Zweisimmen (temps de parcours de 2 heures 08). Les trois Ge 4/4 8000 (1), destinées à la traction des trains GPE (GoldenPass Express) pour Interlaken (avec un relais traction à Zweisimmen) assureront la réserve. Notons qu’avec le contexte sanitaire actuel et dans l’attente des bogies à écartement variable (2), la mise en route du GPE est encore repoussée, prévue cette fois-ci au changement d’horaire 2023. Ces trains directs étofferont

  • Suisse : Fart commande huit automotrices à Stadler

    Suisse : Fart commande huit automotrices à Stadler

    La société de transports, basée à Locarno dans le Tessin, Ferrovie Autolinee Regionali Ticinesi (Fart), a commandé début janvier 2021, pour un montant d’environ 87 millions d’euros, au constructeur suisse Stadler huit automotrices électriques à voie de 1 000 mm pour la ligne Centovallina électrifiée en 1 350 V courant continu. Ces dernières devraient être livrées pour le centenaire de la ligne en 2023. La commande comprend quatre automotrices électriques à quatre caisses, d’une longueur de 63 m et d’une capacité totale de 343 places, dont 141 assises, qui seront utilisées sur la relation Domodossola – Locarno, et quatre à trois caisses, d’une longueur de 49 m et d’une capacité totale de 264 places, dont 106 assises, qui seront utilisées sur les trains régionaux circulant sur la portion suisse de la ligne. Elles disposeront de zones pour les vélos, les fauteuils roulants et les landaus, et seront équipées entre autres du wifi et d’écrans d’information innovants.

  • Éthiopie : Dire Daoua… une ville, un train, des hommes

    Éthiopie : Dire Daoua… une ville, un train, des hommes

    Porteuse de promesses de désenclavement et de modernité, l’idée d’un chemin de fer d’Addis-Abeba à Djibouti naît dès la fin du XIXe siècle. Parti de Djibouti, le rail parvient à Dire Daoua en 1902. Dire Daoua est le centre névralgique de la ligne sous tutelle française. Après le retrait de la SNCF à la fin des années 70 et la concurrence de la route, commence le long déclin de l’infrastructure. En 2013, un accord est signé avec la Chine pour la construction d’une ligne électrifiée reprenant le tracé de l’ancien chemin de fer. Portraits de cheminots de Dire Daoua dans leur gare.

     

    L’histoire du train et de la ville de Dire Daoua, ou Dire Dawa selon l’orthographe anglo-saxonne, est à replacer dans le contexte historique de la fin du XIXe siècle. Pour la première fois depuis bien longtemps sans doute, un pays africain, l’Éthiopie, tient tête à l’Europe coloniale qui se partage le continent. Il défait même l’Italie en 1896 lors de la bataille d’Adoua dans le nord du pays. Ottomans et Britanniques avaient déjà tenté en vain de s’emparer de la région, sans parler des Français présents depuis une dizaine d’années dans les territoires voisins « d’Obock et Dépendances », aujourd’hui Djibouti.

    C’est dans cette lutte que se rassemble le pays, jusqu’alors constitué de petits royaumes, autour de son négus Ménélik II, le roi des rois, stratège militaire hors pair et véritable démiurge. Tourné vers l’avenir, fasciné par la modernité, il n’a de cesse de transformer son territoire. Électricité, téléphone, éducation, santé, photographie, postes, aviation font leur apparition dans cet État maintenant reconnu par les gouvernements du monde entier. Mais Ménélik II a aussi compris qu’il lui fallait, pour se hisser au niveau des Occidentaux, le moyen de transport efficace et à la mode de l’époque: le train. L’Éthiopie, pays enclavé, n’a pas de débouché maritime indispensable au commerce international alors en plein essor, un train ayant pour terminus un des ports de la mer Rouge remédierait un peu à ce grave handicap.

    En 1894 la décision est prise et en accord avec les autorités françaises, Addis-Abeba, la toute nouvelle ville fondée par l’empereur (Addis Abeba signifiant la nouvelle fleur en amharique) sera reliée à Djibouti par une voie ferrée. La Compagnie impériale du chemin de fer éthiopien est aussitôt créée. L’autorisation officielle française, elle, n’arrivera qu’en 1897, peu avant le début des travaux.

    Travaux qui dans un premier temps sont confiés à un ingénieur suisse, Alfred Ilg, employé d’une entreprise européenne implantée en Éthiopie, grand connaisseur des cultures locales et proche du négus (il y côtoie aussi Arthur Rimbaud). Léon Chefneux, important commerçant français et ami de Rimbaud est associé au projet en tant que cofondateur de la société et en charge de son financement.

  • Royaume-Uni : des Class 93 trimodes pour Rail Operations

    Royaume-Uni : des Class 93 trimodes pour Rail Operations

    Le constructeur Stadler et l’opérateur Rail Operations Ltd, racheté le 12 janvier 2021 par le fonds d’investissement Star Capital, ont signé mi-janvier 2021 un contrat-cadre pour la fourniture de 30 locomotives trimodes électriques-diesels-batteries, désignées Class 93, avec une première commande de 10, qui doivent être livrées début 2023. Dérivées des Class 68 diesels et des Class 88 bimodes, qui avaient été construites par Stadler pour l’opérateur britannique Direct Rail Services (DRS), les Class 93, de type BoBo, seront aptes à 180 km/h, et auront une puissance de 4 000 kW sous 25 kV 50 Hz, une puissance de 900 kW en mode diesel, délivrée par un moteur Caterpillar C32 Stage V en matière d’émissions, et une puissance de 400 kW en mode batteries, fournie par deux batteries lithium-titanate, activé soit en combinaison avec le mode diesel, soit seul en mode last mile.

  • Arrivée du Regio sur la ligne N

    Arrivée du Regio sur la ligne N

    Enfin ! Le 14 décembre 2020, une première rame Regio 2N a été engagée sur la ligne N en heures de pointe sur la desserte Paris – Sèvres-Rive-Gauche. Après la pause de Noël, le service a repris avec deux lignes de roulement.

    À l’origine, le Regio devait rouler en mars 2020. Quatre rames (062 R à 065 R) avaient été reçues neuves de Bombardier sur le site de Montrouge. Mais le confinement puis les problèmes de finances d’Île-de-France Mobilités ont arrêté le processus de déploiement (formation des conducteurs, travaux d’adaptation de l’infrastructure). Alors qu’une 5e rame est livrée en août, le projet est réactivé à l’automne permettant cette mise en service au SA 2021.

    En avril, le Regio devrait arriver sur Paris – Dreux (deux lignes de roulement) puis Paris – Plaisir- Grignon – Mantes-la-Jolie puis Paris – Rambouillet. Fin 2022, les 73 rames en commande auront remplacé l’ensemble du matériel actuel : Z 8800, VB 2N, BB 7600 et BB 27 300.

  • Les CFL revendent sept locomotives électriques série 3000

    Les CFL revendent sept locomotives électriques série 3000

    Les chemins de fer luxembourgeois, les CFL, ont mis en vente sept de leurs 19 locomotives série 3000 par l’intermédiaire de la DB, via sa filiale DBresale. Le constructeur Alstom avait livré de 1998 à 2001 aux chemins de fer belges, la SNCB, 60 locomotives électriques série 13, et de 1998 à 1999 aux CFL 20 série 3000. Dérivées des « Astride » BB 36000 de la SNCF, les 3000 CFL, comme les HLE 13 SNCB, sont tricourant une puissance réduite)/3 000 V= /25 kV 50 Hz.
    D’une puissance de 5 200 KW, elles sont aptes à 200 km/h et peuvent remorquer aussi bien des trains de voyageurs que des trains de fret. Elles sont équipées du KVB, de la TBL1+, de l’ETCS niveau 1 baseline 2.3.0d. et de Memor/RPS. Elles peuvent circuler au Luxembourg, en France et en Belgique. Avec l’introduction au service annuel 2020 des automotrices électriques Desiro AM 08 de la SNCB entre Liège et Luxembourg, les prestations voyageurs des 3000 ont fortement diminué, et les 3000 sont surtout utilisées par CFL Cargo et Sibelit.