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Catégorie : Matériel
L’actualité du matériel ferroviaire en France et dans le monde : innovation, acquisition, exploitation etc.

Hydrogène versus batteries en Allemagne
L’association allemande VDE (Verband der Elektotechnik Elektronik Informationstechnik) a conclu, dans une étude publiée le 21 juillet 2020, que sur une durée de 30 ans l’utilisation d’automotrices à batteries était moins chère que l’utilisation d’automotrices à hydrogène. L’étude montre que si les coûts (achat, entretien, énergie) d’une automotrice à batteries sont équivalents aux coûts d’une automotrice électrique, une automotrice à pile à hydrogène est 35 % plus chère, tout en ayant de moins bonnes performances. Au niveau énergie, le rendement de l’électrolyse pour fabriquer de l’hydrogène est de moins de 80 % en utilisant de l’électricité verte. L’hydrogène est converti dans la pile à combustible en électricité avec un rendement de moins de 70 %, si bien que le coût total de l’énergie consommée est nettement supérieur à celui d’une automotrice électrique ou d’une automotrice à batteries. De plus les piles à hydrogène doivent actuellement être changées au moins sept fois sur une période de 30 ans, ce paramètre étant susceptible d’évoluer suivant les avancées technologiques en la matière. Cette étude est issue de simulation de consommation d’énergie sur trois relations exploitées dans la région de Düren par l’opérateur Rurtalbahn sur la base du service annuel 2026, en intégrant entre autres les profils et les vitesses maximales des lignes concernées. Toutefois les trains à hydrogène comme les trains à batteries sont des alternatives à la traction diesel.

Les locomotives de Trans Rail AG en livrée historique
Trans Rail AG est une entreprise ferroviaire suisse fondée en 2007, sous le nom de TR Trans Rail GmbH. Polyvalente, elle propose à la fois du génie civil, du transport de voyageurs, de marchandises et de convois spéciaux. Elle change rapidement de structure, passant d’une société à responsabilité limitée (GmbH) à une société anonyme (AG) en 2010. En 2016, elle implante son nouveau siège social à Frauenfeld. À l’automne 2019, la maison mère de Trans Rail AG, l’International Rolling Stock Investment GmbH (IRSI), achète deux Re 421 à CFF Cargo, aptes à la circulation en Allemagne et en Autriche. Les deux locomotives, numérotées 421.387 et 421.393, et respectivement construites en 1984 et 1985, prennent alors du service chez Trans Rail AG, alors encore en livrée CFF Cargo. Ce n’était que temporaire, puisqu’en février 2020 la 421.393 sort des ateliers de Bellinzona après révision, repeinte en livrée historique Trans Europ Express. Voilà qui sera plus attrayant une fois la locomotive en tête de trains touristiques… ou de trains de betteraves ! En effet, elle devrait assurer la campagne de betteraves 2020, desservant la sucrerie de Frauenfeld. En juin 2020, c‘est au tour de la 421.387 de sortir de révision. Elle n’arbore pas la livrée TEE, mais la livrée Rheingold, à base de beige et de bleu cobalt. Elle effectue sans tarder son premier service longue distance, en assurant début juillet un AR Constance – Berlin affrété par ZRT Bahnreisen.

Autriche : les trois générations de rames de la S-Bahn de Vienne
Inaugurée en 1962, la S-Bahn viennoise établit à l’origine une liaison entre deux gares de la capitale autrichienne elles-mêmes points de convergence de nombreuses lignes de banlieue. Le réseau compte aujourd’hui 11 lignes exploitées presque exclusivement par les ÖBB, les chemins de fer fédéraux. Trois générations de rames ont été déployées sur ce réseau qui contribue à la réputation de la ville.
Un sondage publié par le magazine The Economist révélait que la capitale autrichienne était, pour la deuxième fois, arrivée en tête du classement des villes les plus agréables au monde, avec une note de 99,1/100. Le sondage liste ses atouts principaux, plébiscités par les habitants comme par les touristes :
– cinq fois moins dense que Paris, Vienne compte 1,9 million d’habitants qui trouvent aux robinets de la ville de l’eau de source, non traitée, acheminée directement depuis les Alpes ;
– à quelques stations de métro de la cathédrale gothique (classée à l’Unesco), les Viennois peuvent aller se baigner dans le Danube ou marcher des heures dans la forêt. Près de la moitié de la ville est recouverte d’espaces verts ;
– les places d’accueil sont en nombre suffisant pour les sans-domicile en hiver, les demandeurs d’asile sont hébergés par les pouvoirs publics et le taux de criminalité est au plus bas depuis près de 20 ans ;
– la qualité des transports en commun est dite « exceptionnelle » ; la ville profite d’un héritage historique : le réseau du BIM, le tramway local, largement développé à la fin du XIXe siècle, n’a été que peu réduit après la Seconde Guerre mondiale, alors qu’ailleurs en Europe, on misait sur l’automobile. Mieux, un métro est venu le compléter à partir des années 70. La ville était donc bien équipée pour s’attaquer à la voiture, ce qu’elle a fait de façon résolue ;
– les transports en commun sont développés mais ils ne sont pas chers. En 2012, le forfait annuel pour les TC est passé à 365 euros, soit un euro par jour ! Trois ans plus tard, victoire symbolique : le nombre d’abonnements dépassait, à Vienne, celui des véhicules individuels. Aujourd’hui, la part du tram, du métro, du bus et du train suburbain pour les trajets dans Vienne s’élève à 38 %, contre 29 % en 1993. Peu de villes dans le monde font mieux (Prague, Singapour…). Dans le même intervalle, la part du vélo est passée de 3 à 7 %, la marche est restée stable, et la voiture a baissé de 40 à 29 %.La S-Bahn de Vienne
Dans les grandes villes des pays germaniques, le terme duquel dérive notre RER français est S-Bahn (pour Schnellbahn), un réseau ferroviaire rapide mais qui n’est pas développé uniquement dans la capitale du pays ; il concerne aussi d’autres capitales de province comme Graz (Styrie), Linz (Haute-Autriche), Salzbourg (Land de Salzbourg), Innsbruck (Tyrol), ou un ensemble de villes proches comme Villach – Klagenfurt (Carinthie) et Brégence – Feldkirch – Bludenz (Vorarlberg). Les S-Bahn sont toutes exploitées par la compagnie des chemins de fer fédéraux autrichiens, les ÖBB, enfin… toutes ou presque comme nous le verrons à la fin de cet article, en abordant l’évolution récente de la S-Bahn viennoise. Ce réseau est complété par un réseau de métro, la U-Bahn, qui assure un maillage plus fin de la ville, et par un réseau de trains régionaux, dénommé Regionalbahn, qui dessert des villes plus éloignées, voire à l’étranger, telles que Bratislava (en Slovaquie) ou Bˇreclav (en République tchèque).
La S-Bahn de Vienne démarre le 17 janvier 1962 par la liaison entre la gare de Floridsdorf (au nord) et celle de Meidling (au sud-ouest), ces deux gares étant déjà des points de convergence de nombreuses lignes de banlieue. Le réseau comporte maintenant 11 lignes qui ont été quelque peu remaniées en 2012 lors de l’ouverture de la grande gare centrale (Wien Hauptbahnhof) construite alors que la ville n’en possédait pas.
La Renfe commande à CAF 37 automotrices à voie métrique
Les chemins de fer espagnols (Renfe), ont commandé le 29 juin 2020 pour un montant de 258 millions d’euros au constructeur espagnol CAF (Construcciones y Auxiliar de Ferrocarriles) 37 automotrices à voie de 1 000 mm. La commande comprend 26 automotrices électriques fonctionnant sous 1 500 V et aptes à 100 km/h, dont 10 à deux caisses et 16 à trois caisses, cinq bimodes électriques-diesels et six automotrices électriques pour la relation de la banlieue de Madrid « Ferrocarril Eléctrico del Guadarrama » C 9 Cercedilla – Los Cotos. Les automotrices électriques seront également équipées d’un dispositif de batteries « last mile », leur permettant de suppléer à d’éventuels problèmes d’alimentation en ligne. Le contrat prévoit la maintenance des automotrices pendant 15 ans, par une joint-venture composée de CAF et de l’activité maintenance de la Renfe, Renfe Fabricacion y Mantenimiento, ainsi qu’une option pour la fourniture de six automotrices électriques et d’une automotrice bimode supplémentaires. 31 automotrices seront utilisées sur le réseau métrique ex-Feve (Ferrocarriles de Via Estrecha), dont 10 dans les Asturies. Lorsque ces automotrices seront livrées, l’âge moyen du parc utilisé sur le réseau à voie métrique de la Renfe passera de 28 à 15 ans. Actuellement la Renfe, qui a hérité du parc des Feve le 1er janvier 2013 lors de la fusion des deux compagnies, dispose de 56 automotrices électriques à voie métrique dont 11 série 3300 de 1977, huit série 3500 de 1983, 21 série 3600 de 2001 et 16 série 3800 de 1990 et 39 automotrices diesels dont une série 2400 de 1983, huit série 2415 de 1985, huit série 2600 de 1984, 13 série 2700 et neuf série 2900 de 2010.

Commande de 30 ICE Velaro MS par la DB
La DB a commandé le 15 juillet 2020 au constructeur allemand Siemens Mobility, pour un montant d’environ un milliard d’euros, 30 ICE Velaro MS polycourant aptes à 320 km/h dérivés des Velaro D, et pouvant fonctionner en unité multiple avec les 15 ICE Velaro série 407 que possède déjà la DB. Cette commande, liée à la décision de la baisse de la TVA en Allemagne sur les billets de train nécessitant une augmentation des capacités de transport, comporte une option pour la fourniture de 60 ICE supplémentaires. Ils seront fabriqués sur le site Siemens de Krefeld, les systèmes électriques provenant du site d’Erlangen et les bogies du site de Graz. Ces 30 ICE, qui seront livrées entre 2022 et 2026, seront engagés dans un premier temps sur la relation Dortmund – Munich. Ils seront équipés de vitres permettant de capter directement les signaux téléphoniques, et de freins à courant de Foucault pour pouvoir circuler à 300 km/h sur la LGV Cologne – Francfort-sur-le-Main. Certains seront également utilisés en service international vers la Belgique et les Pays-Bas. À huit caisses et 32 essieux, dont 16 motorisés, ces nouveaux ICE développeront une puissance de 8 000 kW, et auront une capacité de 93 places en 1re classe, 347 en 2de classe et 16 dans la voiture-restaurant, et pourront transporter jusqu’à huit vélos, une première pour les ICE. Ils seront accessibles aux personnes à mobilité réduite et équipés d’ascenseurs pour fauteuils roulants. Afin d’être livrée très rapidement, la DB a opté pour ces ICE plutôt que pour les Velaro Novo que Siemens avait présentés en 2018. En 2026 la DB aura à disposition 411 ICE de différentes séries (58 ICE 1, 44 ICE 2, 60 ICE T, 82 ICE 3, 137 ICE 4 et les 30 nouveaux Velaro).

Une saga à l’américaine… Les SD 70 de Progress Rail (ex-EMD)
Fort d’une longue expérience, le constructeur des Class 66 et 77 continue à faire évoluer sa gamme de locomotives SD 70, définie en fonction du très exigeant marché nord-américain, et à exporter de par le monde des engins diesels-électriques efficaces.
Le transport des marchandises aux États-Unis d’Amérique reste, en grande partie (40 % de tonnes/mile [1 mile = 1,60934 km]), l’affaire du chemin de fer. L’activité mobilise un réseau de plus 225 308 km et représente annuellement un volume financier de quelque 60 milliards de dollars (soit environ 53,4 milliards d’euros) ! Ces performances peuvent être appréhendées en fonction de plusieurs facteurs. Aux dimensions continentales du pays et à son organisation économique s’ajoutent les impératifs de performances fixés par des compagnies ferroviaires dont le rang et la signification diffèrent sensiblement (1) mais qui se doivent d’assurer leur survie et leur développement. L’image des trains immensément longs, bénéficiant le cas échéant d’un double gerbage, souligne l’importance des engins de traction, de leurs caractéristiques et du rôle stratégique joué par les deux fournisseurs de locomotives marchandises que demeurent Général Electric (GE) et Progress Rail, l’ex-EMD. Que ce soit à l’est (CSX, NS) ou à l’ouest du Mississipi (BNSF, UP), au nord (CP, CN) ou au sud des Grand Lacs (CN, KCS) (2), voire jusqu’au Mexique (KCSM) (3), les compagnies de Classe I et de rangs inférieurs, ne font plus tant la course à la puissance installée. Mais elles veulent toujours des capacités de traction conséquentes. Si elles sont traditionnellement à la recherche d’une disponibilité et d’une fiabilité maximale, elles s’intéressent aussi de plus en plus à l’efficience énergétique de leurs engins diesels-électriques tout en composant, d’une manière ou d’une autre, avec des exigences environnementales sans cesse relevées. L’histoire de la famille des SD 70 (plus de 5 700 unités vendues en Amérique mais aussi de par le monde) résume à elle seule l’évolution des contextes, marqués par une forte tendance à la concentration, ferroviaire et industrielle, américains. En effet, à leur apparition en 1992, les SD 70 constituent une réponse à la toute nouvelle et menaçante C 99-44 W de GE qui dépasse depuis 1987, en termes de ventes, EMD. Elles sont aussi les héritières d’un riche savoir-faire dont les origines remontent à l’entre-deux-guerres, avec le rachat par GM d’Electro Motive Corporation en 1930 (la future Electro Motive Division) et la production d’abord de rames aérodynamiques dès 1934. Le passage aux locomotives voyageurs (modèles EA, CoCo) et fret (FT, BoBo) intervient en 1937 et en 1939 – cette évolution amorcera la fin de la traction à vapeur aux USA – tandis que l’apparition après guerre de l’engin mixte ligne/manœuvre BL 2, constituera la base des BoBo « universelles » à venir. Produites jusqu’en 1954, les GP 7 et GP 9 connurent un succès certain, avec 2 600 et 6 000 unités vendues. Les générations suivantes, les SD 7, 9, 18 et 24 (ligne/manœuvre) ouvrent la voie aux SD 40 et SD 40-2. Ces deux modèles expriment alors la domination d’EMD, avec plus de 5 200 unités produites jusqu’en 1986, et consacrent aussi la configuration encore prévalente à ce jour de la locomotive de fret américaine. Il s’agit d’une diesel-électrique, avec une seule cabine (« Hood-Unit » c’est-à-dire en extrémité, posée sur le châssis) (4) et un compartiment moteur étroit, généralement dotée de six essieux motorisés à quelques exceptions près (5). Cependant, EMD connaît de gros revers avec les générations suivantes, la SD 45 et plus encore la SD 50 qui pâtit en 1980 de nombreuses imperfections et qui lui causera un grand tort commercial, ce alors que GE poursuit ses efforts pour rattraper et dépasser son concurrent. Malgré la reprise des défauts par de nouvelles versions de la SD 50, il faut à la division ferroviaire de GM relever la barre. C’est en partie chose faite avec la SD 60 dont 1 000 unités seront produites et dont quatre exemplaires serviront à expérimenter la traction asynchrone ardemment promue par EMD. Les deux premiers de ces quatre prototypes seront les derniers engins assemblés sur le site de La Grange (Illinois), au moment du transfert de la production des locomotives à London (Ontario).
Les espoirs placés dans la SD 70 au début des années 90 sont très grands. S’il faut renouer avec la réputation de robustesse, de fiabilité et de facilité d’usage qui caractérisait notamment les SD 40, il importe aussi pour EMD d’apporter des évolutions technologiques en phase avec les attentes d’alors. EMD parviendra ainsi à convaincre de nombreux prospects, grâce aux bogies à essieux radiants HTCR dont le développement lui a coûté fort cher et dont il existe plusieurs générations, montés d’office de 1992 à 2002 sur les SD 70 ou de manière optionnelle, en lieu et place des bogies HTSC standard au-delà. Les bogies HTCR optimisent l’interaction roue-rail et permettent d’intéressantes économies en termes de maintenance aux niveaux des véhicules et de l’infrastructure.
Une étonnante tractation entre Alstom et Bombardier
On sait depuis plusieurs mois qu’Alstom veut racheter la branche ferroviaire de Bombardier pour un montant compris entre 5,8 et 6,2 milliards d’euros. L’objectif affiché est la constitution d’un groupe industriel renforcé et puissant pour lutter face au chinois CRRC. On se rappelle aussi que le premier projet de fusion avec Siemens en 2019 avait échoué car la Commission européenne craignait une position dominante en Europe du futur groupement. Le 9 juillet, pour faciliter la décision de l’Union européenne, Alstom annonce des engagements complémentaires comme le transfert de la plateforme Zefiro 300 de Bombardier, la cession de la plateforme Talent 3 Bombardier du site de Hennigsdorf en Allemagne et la cession du Coradia Polyvalent avec le site de production de Reichshoffen. Raisonnement étonnant : se séparer d’une usine de production de matériel régional au moment de constituer un géant européen ; miser sur la grande vitesse qui n’est peut-être pas le marché le plus porteur (attention au syndrome A 380). Et surtout, vendre à qui ? Siemens, CAF… ou CRRC ?

Les projets de trains à hydrogène se multiplient en Europe
Dans le cadre de l’élimination de la traction thermique sur les lignes non électrifiées, des constructeurs ont développé des trains à pile à hydrogène, dont deux exemplaires circulent déjà en service commercial en Allemagne et d’autres en essai au Royaume-Uni. D’autres pays envisagent également de recourir aux trains à hydrogène, qui sont en concurrence avec les trains hybrides électriques-batteries.
Un peu d’électrochimie
Le principe de la pile à combustible a été découvert il y a plus de 150 ans. Il répond à la réaction chimique hydrogène + oxygène > eau + électricité + chaleur (2 H2 + O2 > 2 H2O). Dans la pile, au niveau de l’anode la molécule d’hydrogène est oxydée en produisant des électrons (e–) qui créent un courant électrique. La réaction est 2 H2 > 4 H++ 4 e–. À la cathode, la molécule d’oxygène subit une réduction en présence des électrons libérés par la réduction de l’hydrogène selon la réaction O2 + 4 e– > 2 O²–. Au niveau de la cathode les protons H+ se recombinent avec les anions oxydes O²– pour produire de l’eau (H2O) selon la réaction 4 H+ + 2 O²– > 2 H2O. L’électrolyte employé (potasse, membrane polymère, acide phosphorique, carbonates de métaux alcalins ou céramique) détermine les possibilités d’utilisation des piles à combustible avec des températures de fonctionnement variant de 60 ˚C à 900 ˚C. Plusieurs types de piles ont été développés : les piles alcalines (AFC), les piles à membranes échangeuses de protons (PEMFC), les piles à acide phosphorique (PAFC), les piles à carbonates fondus (MCFC) et les piles à oxydes solides (SOFC). Les rendements varient de 50 % pour les deux premières à 80 % pour les MCFC. Au début des années 90, les constructeurs automobiles ont commencé à s’intéresser à la technologie hydrogène, qui est une des solutions, ne rejetant que de la vapeur d’eau, pour diminuer dans les transports les émissions de gaz à effet de serre.
Le dihydrogène (H2) peut être produit industriellement de deux manières, soit par vaporeformage d’hydrocarbures, très souvent du méthane, représentant 49 % de la production mondiale de dihydrogène, ou par électrolyse de l’eau avec un rendement d’environ 40 %. Pour réellement réduire l’émission de rejets carbonés et produire un « hydrogène vert », il faut que le dihydrogène soit fabriqué par électrolyse alimentée par de l’électricité d’origine renouvelable : éolienne, hydroélectrique ou photovoltaïque, ou d’origine nucléaire. D’autres procédés existent mais sont au stade expérimental.Les trains à hydrogène
Dès 2002 une locomotive avait été équipée d’une pile à hydrogène de 17 kW pour le groupe minier Placer Dome au Québec. Plusieurs projets de trains à hydrogène, dénommés aussi hydrail, ont été développés dans un certain nombre de pays, en 2006 au Japon par la compagnie JR East, en 2007 à Taïwan, en 2009 par la compagnie américaine BNSF, en 2010 en Indonésie. En Europe, le premier prototype de train à hydrogène a été développé pour trouver une alternative à la traction diesel en 2010 par la compagnie Feve, qui exploitait alors des trains à voie métrique en Espagne, et qui a été repris le 1er janvier 2013 par la Renfe. Le Feve avait lancé en 2011, en partenariat avec l’université de Leon, le projet « Roblasolar » d’un train à énergie solaire, mais abandonné à l’automne 2011.

Modernisation du parc de locomotives diesels en Moldavie
Les chemins de fer moldaves, les CFM (Calea Ferata din Moldova) avaient commandé 12 locomotives diesels de type TE 33 AC à General Electric Transportation, devenu Wabtec en 2018, pour moderniser leur parc de locomotives héritées des chemins de fer soviétiques (SZD). Cette commande passée en 2018 d’un montant de 45 millions d’euros, financée par une partie du prêt de 110 millions octroyé aux CFM par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) dans le cadre de la modernisation des chemins de fer en Moldavie, comprend également la rénovation du dépôt de Chisinau. À écartement de 1 520 mm, les TE 33 AC, de la famille Evolution de General Electric, de type Co’Co’ et à transmission diesel-électrique, sont équipées d’un moteur de 2 982 kW satisfaisant aux critères Stage IIIA en matière d’émission, et sont aptes à 120 km/h. Les TE 33 AC sont fabriquées dans l’usine LKZ (Lokomotiv Kurastyru Zauyty), appartenant à 50 % à Wabtec et à 50 % aux chemins de fer du Kazakhstan (KTZ), située à Nur-Sultan ex-Astana. Les six premières ont été livrées aux CFM mi-2020. Le parc de locomotives diesels des CFM était composé au 1er juin 2020 de 51 locomotives, dont trois 2 TE 10 L de 1962, une 2 TE 10 M de 1981, 15 3 TE 10 M et 32 ChME 3.

Report de la liaison aérienne Vienne - Salzbourg vers le train
La compagnie aérienne autrichienne Austrian Airlines a décidé d’abandonner l’exploitation par avion de la liaison Vienne – Salzbourg, et de transférer ses passagers vers des trains Railjet exploités par l’opérateur historique autrichien, les ÖBB. Cette décision découle de l’accord de renflouement d’Austrian Airlines par l’État autrichien à hauteur de 600 millions d’euros à la suite de la crise sanitaire liée au Covid-19, qui comprend une clause visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à supprimer les relations aériennes intérieures sur les parcours pouvant être effectués en train en moins de trois heures. Début juillet 2020, les ÖBB et Austrian Airlines ont signé un accord commercial pour porter à partir du 20 juillet 2020 à 31 le nombre de relations Railjet commercialisées par Austrian Airlines sous la désignation AIRail, contre trois auparavant. Ces 31 Railjet, qui portent également un numéro de vol, circulent quotidiennement de 5 h 00 à 20 h 30. Le temps de trajet entre les deux gares est actuellement au mieux de 2 heures 49. Les passagers munis d’un billet classe affaires d’Austrian Airlines voyagent en 1re classe, et ont la possibilité d’accéder avant le départ aux salons (Lounge) ÖBB des deux gares, et reçoivent un bon pour une collation à bord du train.