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Catégorie : Matériel
L’actualité du matériel ferroviaire en France et dans le monde : innovation, acquisition, exploitation etc.

Ultime commande de Francilien
Le 12 décembre dernier, IdFM a voté le financement de 470 millions d’euros pour une nouvelle commande de rames Bombardier du Francilien.
Cette sixième levée de tranche optionnelle porte sur 47 rames livrables en 2021-2022. Il y aura 42 rames courtes à sept caisses pour finir de couvrir toutes les missions de Paris-Saint-Lazare. Il y aura aussi cinq rames longues à huit caisses : une pour Paris-Nord et quatre pour Paris-Est.
Au global, ce nouveau train d’Île-de-France est donc commandé à 360 exemplaires. À ce jour, Bombardier livre les rames commandées au titre de la tranche optionnelle n° 4 : 237 rames sont en service. On peut penser que la tranche 6 sera peut-être la dernière de ce marché de novembre 2006 qui portait sur 372 rames : l’ultime réflexion porte sur la desserte Paris – Vernon, assurée actuellement en rames VB 2N.
La DB choisit Talgo pour ses IC
Pour renouveler une partie de son parc de voitures InterCity, la DB avait lancé en 2017 un appel d’offres pour la fourniture de rames d’une capacité d’au moins 485 sièges, d’un confort équivalent à celui des ICE et pouvant circuler également dans d’autres pays européens comme les Pays-Bas, l’Autriche et la Suisse. La DB a annoncé le 5 février 2019 qu’elle avait sélectionné le constructeur espagnol Talgo. Un contrat-cadre a été signé entre les deux parties pour la fourniture de 100 rames réversibles composées de voitures Talgo 230, d’une voiture-pilote et d’une locomotive électrique. La vitesse maximale des rames est fixée à 230 km/h. La DB a d’ores et déjà passé une commande ferme pour un montant de 550 millions d’euros de 23 rames, qui devraient être mises en service en 2023. Devant être engagées sur la relation internationale Berlin – Amsterdam et sur les relations Cologne – Westerland (Sylt) et Hambourg – Oberstdorf, comportant des sections non électrifiées, certaines des locomotives de la première commande seront de type bimode électrique et diesel. À l’horizon 2024, le parc de matériel InterCity de la DB comportera 200 nouvelles rames représentant un investissement de près de 6 milliards d’euros et augmentant ainsi les capacités de DB Fernverkehr, dont le volume du trafic est en progression constante.

Le wifi sur Clermont-Ferrand
Après le TGV et le lancement d’expérimentations sur le TER, l’équipement des trains en wifi se poursuit avec Intercités. L’État investit 7,9 millions d’euros pour la mise en œuvre de ce service sur trois axes majeurs.
Depuis fin décembre, les voitures Corail de la liaison Paris – Clermont-Ferrand sont opérationnelles après adaptation au technicentre de Périgueux. Elles sont reconnaissables à la batterie de quatre antennes montées sur le toit de chaque voiture.
À l’été 2019, ce sera le tour de la relation Paris – Toulouse. Puis, à une date non encore déterminée, à celui des rames de la relation transversale Bordeaux – Marseille. Les rames neuves qui doivent se substituer aux voitures Corail dans les prochaines années seront équipées wifi de construction.
CAF va rénover les MI 2N RATP
Mi-janvier, IdFM et la RATP ont dévoilé avoir choisi le groupe CAF pour rénover les 43 rames de type MI 2N de la RATP qui circulent sur la ligne A du RER. Les opérations seront réalisées dans l’usine française basée à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées). L’entreprise espagnole est déjà connue en France pour ses tramways (Nantes, Besançon, Saint-Étienne) et la rénovation du métro de Lyon (ligne D). Elle doit également fournir prochainement des locomotives bimodes pour la RATP : il s’agira de locomotives électriques alimentées par caténaire ou batterie pour les trains de maintenance du réseau RER de la RATP. Le marché porte sur 18 engins dont 12 en commande ferme livrables entre 2019 et 2021.

Thalys habillé par Disney
Afin de promouvoir sa nouvelle relation biquotidienne entre Amsterdam et Marne-la-Vallée à partir du 1er avril 2019, Thalys a pelliculé entièrement la rame quadricourant PBKA n°4301 (propriété de la SNCB). Elle est sortie des ateliers de Forest le 17 janvier 2019 et a fait sa première apparition ce jour en gare de Bruxelles Midi, devant un parterre de voyageurs de tous âges. Elle conservera jusqu’à son OPMV cet habillage intégral sur lequel sont représentés les personnages les plus emblématiques de Disney de Buzz l’Éclair à Cendrillon en passant par Mickey.

Bombardier labellisé France
Pour la première fois dans l’industrie ferroviaire française, un constructeur a reçu le label Origine France garantie. Depuis 2011, cette certification permet grâce à un audit indépendant de garantir l’origine française des produits, avec un niveau d’exigence sans commune mesure avec le Made in France, critère douanier basé sur la règle dite d’origine non préférentielle (le produit prend l’origine du pays dans lequel il a subi la dernière transformation). Elle indique aux consommateurs que les produits respectent deux conditions : 50 à 100 % du prix de revient unitaire du produit est acquis en France et le produit prend ses caractéristiques essentielles en France, c’est-à-dire que toutes les étapes de transformation y sont effectuées. C’est l’association Pro France, composée de chefs d’entreprise, qui assure la promotion d’Origine France garantie. Le maintien de la conformité est assuré par un audit annuel. 600 entreprises ont été auditionnées, soit une gamme de 1 700 produits.
Le 15 janvier, c’est Bombardier qui a reçu le label pour ses trains Francilien et Omneo/Regio 2N fabriqués sur le site de Crespin. C’est une reconnaissance importante de l’entreprise canadienne implantée depuis 30 ans sur ce site d’où sortent 70 à 80 trains chaque année.
Z 5300 : un train spécial pour un ultime adieu
Le 8 décembre 2018, un train spécial composé de trois Z 5300 au départ de Paris-Lyon a célébré le retrait définitif de cette série d’automotrices. C’est l’un des plus anciens matériels encore en service à la SNCF qui est ainsi sorti de scène.
Mi-décembre 2018, il n’en restait plus que sept à l’effectif du technicentre de Villeneuve-Saint-Georges : les Z 5304, 5317, 5323, 5353, 5362, 5363 et 5368. On les voyait encore un peu sur les navettes de la ligne D du RER entre Juvisy et Melun. Uniquement aux heures de pointe. L’arrivée massive des rames neuves du Regio 2N pour la ligne R (26 rames fin 2018) a permis de libérer des Z 2N pour chasser les dernières représentantes des « petits gris ».
Et aussi le plus ancien des matériels ferroviaires français… si on excepte quelques exemplaires de locomotives diesels BB 63500 ou 66000. La Z 5304 a fêté ses 53 ans en cette fin d’année 2018 tandis que la « petite jeunette », la Z 5368, n’a que 46 ans.
Reine du 1,5 kV, elles ont régné de longues années, voire décennies sur les banlieues sud-ouest, puis TRG avant le RER C, ouest puis ligne N et sud-est avant le RER D ou la ligne R.
Grâce à une poignée de passionnés, principalement des conducteurs du dépôt du Charolais, près de la gare de Lyon à Paris, un train spécial peu médiatisé a circulé le samedi 8 décembre. En souvenir de la meilleure époque, c’est une triplette qui a été mise à quai sur la voie I de Paris-Lyon. La Z 5362 est côté heurtoir, la Z 5368 côté province avec la Z 5317 au milieu. Les amateurs présents regardent pour la dernière fois ces caisses en acier inoxydable qui ont révolutionné le train des années 60. Seule entorse à l’origine, la couleur rouge des portes permettant de reconnaître des rames équipées de la conduite à agent seul. Et bien sûr, les couleurs complètement improbables de la Z 5368, décorée ainsi en décembre 2017 lors de l’inauguration du Regio 2N à Melun. Cette rame est également la seule à disposer au-dessus de la cabine d’un afficheur de code mission, héritage de son passé sur la TRG.
À l’intérieur, les rames offrent deux ambiances. La Z 5362 a gardé ses habits d’origine avec des banquettes garnies de mousse de polyuréthane et recouvertes de Texoïd orange en 2de et rouge en 1re. Notons que la bande jaune repérant la 1re classe à l’extérieur est toujours présente. Au fil des ans, quelques banquettes ont été remplacées par des sièges individuels type Z 6400. Et sur une plateforme qui dispose encore de strapontins, voici les radiateurs verticaux, une spécialité. Ah, on était loin de la ventilation réfrigérée dans ces Z 5300 !
Au niveau des deux accès d’extrémité des motrices, il y a la présence d’un escalier à trois marches : un marchepied extérieur, une marche découpée à l’intérieur et la plateforme située à 1,21 m au-dessus du rail pour tenir compte des bogies moteurs. C’est aussi dans les motrices qu’il y a deux particularités : des banquettes placées en long vers la porte côté rame et un local fourgon à bagages au niveau de la porte côté cabine. Les deux autres rames font partie d’un lot de 16 qui ont connu une rénovation « light » entre 2005 et 2007.
Fin des BB 67400 à Montluçon
La mise en service des nouveaux horaires 2019 marque la fin de la relation directe Paris – Montluçon, désormais limitée à Bourges. Auparavant, dans cette gare, il y avait un changement de traction, une BB 67400 était attelée pour effectuer la fin du parcours, Bourges – Montluçon. Depuis décembre 2018, en lieu et place de ce dispositif, on a un changement de train avec un battement d’une dizaine de minutes. Les trains de correspondance seront bientôt assurés par les nouvelles rames Régiolis Liner dont l’arrivée de trois éléments prévus à cet effet se fera dans le courant du 1er trimestre 2019.

Histoire de la gare de Paris-Lyon
Gare emblématique du non moins emblématique PLM, Paris-Lyon occupe une place privilégiée au Panthéon des ferroviphiles. Excellent connaisseur de cette gare où il travaille, Denis Redoutey nous la raconte au passé, au présent et au futur. Un complément idéal au DVD sur le même sujet publié dans ce numéro.Dans le monde des gares en France, la gare de Paris-Lyon renvoie une image très favorable auprès du public et des agents du groupe SNCF : le restaurant du Train-Bleu, l’une des plus belles tables de Paris, et la légendaire tour de l’Horloge, phare qui rivalise avec les immeubles modernes, n’y sont pas totalement étrangers…
Pourtant, les débuts du réseau Sud-Est et de la tête de ligne ferroviaire connurent des moments difficiles. En effet, la première Compagnie concessionnaire fut rapidement mise en défaut suite à la commotion de 1848, qui laissa dans le doute les investisseurs. La reprise des travaux par l’État était inéluctable, dans l’attente d’un retour à la stabilité politique et financière.
Le décret rendu le 5 janvier 1852 par le ministre des Travaux publics concéda cette fois de façon pérenne le chemin de fer de Paris à Lyon à une nouvelle Compagnie, constituée d’entrepreneurs et de financiers réputés sur la place de Paris. Cette Compagnie fusionna quelques années plus tard, en 1857, avec la Compagnie de chemin de fer de Lyon à la Méditerranée pour devenir le mythique PLM.
De constructions en concessions nouvelles, le simple embarcadère d’origine devint une gare qui prit forme puis s’agrandit progressivement pour absorber le trafic voyageurs et de marchandises en constante augmentation sur les gares de Paris, Bercy et le triage de Villeneuve.
L’approche de l’Exposition universelle de 1900 imposa au PLM la reconstruction complète de la gare, lui donnant la physionomie que nous lui connaissons de nos jours au sein de l’arrondissement parisien. De trois voies à quais à sa création puis 13 en 1901, ce sont actuellement 22 voies de surface, quatre voies souterraines et cinq voies en gare de Bercy qui permettent ce ballet incessant de 700 trains par jour et 105 millions de voyageurs transportés par an dont 35 millions en grandes lignes.
Cette histoire de plus de 170 ans est retracée dans les pages qui suivent : des débuts du chemin de fer en France sur Saint-Étienne puis des prémices intéressées dans l’implantation de la gare de Paris au sein de l’ancien VIIIe arrondissement, des constructions et de la consistance du domaine ferroviaire, de son évolution et ses activités périphériques, dépôt du Charolais, entrepôts de Bercy, chantier de Conflans, ligne de la Bastille et gare de Reuilly.
Les périodes troubles que la France a connues seront analysées dans ce contexte : la guerre de 1870, la Commune, la guerre de 14-18, la Seconde Guerre mondiale, mais aussi les mouvements de travailleurs qui ont marqué le siècle : 1910, 1920, 1936, 1968, 1995…
L’architecture de ce site typique et représentatif des bâtisseurs des xixe et xxe siècles, dont les bâtiments sont dorénavant classés, et l’évolution ferroviaire permettront de comprendre le positionnement de l’activité voyageurs et de marchandises durant les décennies écoulées.
De même, le lecteur plongera dans l’univers secret de la gare de Lyon pour y découvrir :
– le fonctionnement des horloges de la tour ;
– le décor somptueux du Train-Bleu et sa peinture emblématique ;
– l’histoire avérée des fresques de la salle des pas perdus ;
– le bunker souterrain à la destinée avortée ;
– une voie étroite à l’étrange ressemblance avec une galerie de mine ;
– les carrières souterraines qui servirent Paris.
Enfin, nous nous projetterons dans l’avenir pour lever le voile sur les projets qui toucheront dans les prochaines années l’environnement de la gare et son intégration dans le cœur de ville au centre du XIIe arrondissement.(Extrait de la préface.)
Un ouvrage illustré de 160 pages au format 21 cm x 28 cm publié aux Éditions de La Vie du Rail.
En vente par correspondance à : La Vie du Rail – Service commandes – 29, rue de Clichy – 75009 Paris, ou en ligne sur www.boutiquedelaviedurail.com (réf. 110 379).
Prix : 30 € (+ 7 € de port).
Re 4/4 II et III. Une grande série des CFF touchée par la réforme
Construites à partir des années 60, ces locomotives électriques universelles constituent la plus imposante série jamais commandée par les CFF. Elles voient aujourd’hui les nuages qui s’amoncellent au-dessus d’elles et leurs rangs qui commencent à s’éclaircir, mais elles restent toujours très présentes dans le dispositif ferroviaire helvétique.
Après la liquidation ces dernières années des séries Re 4/4 I et Ae 6/6, nées après guerre, le service de la traction helvétique a désormais en ligne de mire la célèbre série des Re 4/4 II et le lot dérivé des Re 4/4 III, ayant porté sur 297 engins renumérotés partiellement 420, 421 et 430. La réduction des parcours tant voyageurs que marchandises et leur vieillissement conduisent à dégraisser les effectifs progressivement.
Le réseau suisse, exploité en courant monophasé 15 kV, a toujours eu le culte d’un entretien minutieux de grande qualité et tiré un parti maximal de son matériel moteur. Les vénérables Ae 4/7 du type 2D1 ont en effet roulé 60 ans durant et dépassé allégrement pour certaines le cap mythique des 10 millions de km, de quoi faire rougir nos BB 9200 et autres BB 15000, ayant couru dans un périmètre autrement plus vaste ! Les puissantes CC du type Ae 6/6, renumérotées 610, conçues pour la traction du trafic marchandises sur l’artère du Gothard, version de l’immédiat après-guerre, n’ont pas non plus démérité. Elles nous ont récemment quittés après 55 ans de bons et loyaux services. Autre série venue au monde dans la période faste des années 60, les non moins célèbres Re 4/4 II approchent pour les premières du seuil de leur 50e anniversaire. Et l’on peut dire que, dans l’ensemble, cette série, de loin la plus importante qu’aient comptée les CFF, se comporte toujours très convenablement, assurant encore, comme nous le verrons plus loin, un large éventail de trains de voyageurs de qualité.
À ce tournant de leur vie, après une carrière des plus diversifiée, elles ont été partagées, comme il est aujourd’hui de règle sur les réseaux européens, entre les activités Passagers et Cargo, avec pour cette dernière l’occasion de sortir assez loin des frontières de la Confédération. De plus, quelques exemplaires ont échoué à d’autres réseaux, comme le BLS.30 ans au service de l’élite des trains de voyageurs
La sortie de construction de cette valeureuse série s’est étalée sur deux décennies.
Au début des années 60, deux catégories de machines se partageaient le service voyageurs des trains rapides et express :
– les Ae 4/7 datant des années 1925-1934 de 2 300 kW limitées à 100 km/h, avec service de prédilection sur les artères de montagne ;
– les petites Re 4/4 I, construites à la fin des années 40, limitées à 125 km/h mais de puissance limitée (1 900 kW), spécialisées aux trains de tonnage réduit sur lignes de plaine.
La nécessité de disposer d’un parc de locomotives polyvalentes aptes aux trafics voyageurs et marchandises se fait jour et milite en faveur d’une commande, passée en 1961, de six locomotives prototypes de type BB sorties d’usine en 1964 sous n° 11101-11106 d’une longueur hors tout de 14,80 m, avec participation des usines SLM à Winterthour pour la partie mécanique ; Brown-Boveri BBC à Baden, MFO Oerlikon, les Ateliers de Sécheron à Genève pour la partie électrique. Parmi elles, les 11103 et 11106 ont reçu un pantographe unijambiste BBC.
Au vu des bons résultats obtenus lors d’essais multiples sur un panel de lignes dont les itinéraires montagneux du Lötschberg, du Simplon et du Gothard, les CFF commandent ensuite en 1964 à l’industrie helvétique 49 machines de série en livrée vert bronze (11107-11155) dont la caisse mesure 14,90 m, avec un seul pantographe classique en losange. Avec leurs quatre moteurs suspendus développant ensemble 4 700 kW et leur masse de 80 t, disposant du système d’antipatinage, elles sont capables de rouler à 140 km/h, vitesse dont la pratique est encore limitée vu les caractéristiques des lignes du réseau. Elles sont réceptionnées en 1967-1968 et vont appartenir peu à peu aux dépôts principaux de Bâle, Zurich, Berne et Lausanne. Elles prennent en compte les trains de voyageurs intérieurs et internationaux sur les grandes relations du réseau, à savoir : Bâle – Zurich, Bâle – Berne – Interlaken, Bâle – Lucerne, Bâle – Delémont – Bienne – Lausanne, Zurich – Berne – Lausanne – Genève, Zurich – Coire, Zurich – Saint-Gall, Genève – Brigue – Domodossola, Pontarlier – Neuchâtel – Berne, avec des améliorations horaires.