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Catégorie : Matériel
L’actualité du matériel ferroviaire en France et dans le monde : innovation, acquisition, exploitation etc.

Les rames MF 01 bientôt toutes livrées
Commandées à 172 exemplaires, les rames MF 01 du métro parisien sont désormais toutes livrées sur la ligne 9 Mairie- de-Montreuil – Pont-de- Sèvres. Elles sont finalement au nombre de 75. Il y a d’abord les 66 rames de la commande initiale qui ont permis fin 2016 de retirer l’intégralité des rames MF 67. Rénovées en 1995-1997, elles étaient apparues en 1974 sur cette ligne 9. Elles ont été réparties sur les lignes 10 et 12. Ensuite, la ligne 9 a reçu jusqu’à fin mars 2017 les neuf rames de la commande complémentaire du Stif (octobre 2014). D’ici juin, la ligne 2 recevra une rame et la ligne 5 deux rames. La répartition finale des rames MF 01 sera donc de 45 rames pour la ligne 2, 52 pour la ligne 5 puis 75 pour la ligne 9.

Île-de-France : le vent tourne pour les Z 6400
Ce matériel, apprécié en son temps pour son confort, son esthétique et sa fiabilité, aura conservé ses prérogatives jusqu’à l’an dernier. Mais l’arrivée du Francilien sur la banlieue Saint-Lazare commence à le faire vaciller. Les radiations, encore peu nombreuses cette année, vont s’accélérer par la suite pour ramener la série à un effectif symbolique en 2020.
L’année 2017 va marquer un tournant dans la carrière des automotrices Z 6400. La montée en puissance des rames du Francilien dans la banlieue de Paris- Saint-Lazare va entraîner vers la sortie cette mythique série d’automotrices.
Ces 75 rames seront commandées en deux vagues : 65 rames en mars 1973 puis 10 rames en juillet 1977. La première Z 6400 est livrée en mars 1976 et la dernière en mai 1979. Comme les Z 5300, chaque élément comporte quatre caisses, mais, pour gravir les rampes de 27 ‰ de la nouvelle ligne de l’aéroport de Roissy à laquelle elles sont destinées, la SNCF opte pour deux motrices encadrant deux remorques. Avec leurs huit moteurs, chaque rame a donc une puissance de 2 360 kW. Monocourant (25 kV, 50 Hz), chaque élément, long de 92,43 m, peut rouler à 120 km/h. Dernière automotrice construite en acier inoxydable par le consortium Carel-Fouché-Languepin-Alsthom, elle se démarque de ses prédécesseurs par une livrée plus seyante grâce au bleu au niveau des baies et à la bande jaune entre les phares.
Chaque caisse comporte trois portes d’accès de 1,30 m. Pour la première fois, ces portes sont bloquées en position de fermeture pendant la marche et, de ce fait, il n’y a pas de poignées-montoirs. L’équipement permet la conduite à agent seul (encore une première), y compris avec des écrans embarqués… qui ne seront cependant jamais opérationnels : la Z 6400 fonctionne donc avec l’EAS dit « tout au sol » (caméras et écrans). Le plancher des caisses est à 1,19 m au-dessus du niveau du rail. Il y aura donc deux sousséries selon les hauteurs de quai des gares à desservir : 32 éléments (Z 6401/02 à 6433/34, 6437/38, 6439/40, 6525/26 à 6549/50) ont un marchepied intermédiaire pour desservir les quais de 550 ou 920 mm ; les 43 autres éléments (Z 6435/36, 6441/42 à 6523/24) n’ont pas d’emmarchement et ne peuvent desservir que les quais de 1 200 ou 920 mm (cas des lignes de Versailles- Rive-Droite et Saint-Nomla- Bretèche).
Pour la première fois également, l’aménagement fait appel à des sièges individuels recouverts cependant du célèbre Texoïd marron. Chaque rame offre 364 places assises dont 72 en 1re classe (dans la motrice impaire) ainsi que 88 strapontins. Il y a quatre places de front en 1re (2 + 2) et cinq en 2de (2 + 3). Derrière chaque cabine se trouve un compartiment à bagages. Grâce à l’attelage automatique Scharfenberg qui les équipe, les Z 6400 peuvent circuler en UM 2.

Les bons résultats de la navette autonome
Franc succès pour la navette autonome testée jusqu’au 7 avril entre les gares de Lyon et d’Austerlitz. Durant près de deux mois et demi d’expérimentation, les deux cabines en service (d’une capacité de six places) ont transporté près de 30 000 voyageurs. Tous les espoirs sont désormais permis du côté de la RATP qui, à travers sa filiale RATP-DEV, teste également un véhicule à Boulogne- sur-Mer sur le quai des Paquebots.
Ces phases d’expérimentation permettront d’améliorer la qualité du service, notamment en ce qui concerne la vitesse, le franchissement des carrefours, l’évitement d’obstacles ou encore la commande à distance. En partenariat avec le Stif, les navettes seront déployées (toujours à l’essai) en mai sur le site Saclay et pour l’été entre le métro Château-de- Vincennes et le Parc floral.

Le garde des voies de communication
Le garde des voies de communication, vigile des voies ferrées durant la Première Guerre mondiale
Qui est cet homme âgé, adossé à un poteau télégraphique qui semble si las et fatigué? On distingue au loin une locomotive et dans son sillage, de gros nuages de vapeur s’échappant dans le ciel. Cet environnement ferroviaire et le brassard qu’il porte au bras gauche sont autant d’indices qui nous renseignent sur sa fonction, il est garde des voies de communication, « GVC ». Il surveille tous les passages sensibles d’une ligne, protège les abords des gares, les passages à niveau mais aussi les tunnels, les ponts, les viaducs.
Le GVC est en général équipé d’un fusil à baïonnette, il s’agit probablement ici d’un fusil modèle 1874 dit Fusil Gras. Sa tenue pouvait varier selon la saison et en fonction des stocks de vêtements disponibles au dépôt militaire. C’est à partir de 1916- 1917, que l’uniforme bleu horizon composé d’une capote et d’un pantalon de même couleur se répand au sein de l’armée mais il n’est pas obligatoire pour le GVC. Autour de sa taille, apparaît un ceinturon qui retient une cartouchière, bravant les intempéries, il se protège de la pluie et du froid avec un képi à visière et une grosse écharpe.
Le voici donc représenté en pleine page sur la couverture de ce numéro spécial de La Baïonnette consacré aux GVC. L’hebdomadaire satirique est créé en janvier 1915 par Henri Maigrot, dit Henriot (1857-1933), illustrateur et ancien directeur du journal Le Charivari. Sur un ton caricatural, la publication ridiculisait l’ennemi pour soutenir le moral des Français en évoquant la guerre sous différents angles. Elle employa de nombreux illustrateurs et caricaturistes tels que Marcel Capy, Francisque Poulbot, Charles Léandre ou Albert Robida et souhaita garder, jusqu’à la cessation de sa parution en 1920, une orientation familiale et de bon ton.
À gauche, sous le titre La Baïonnette, on distingue la signature de l’auteur, Maurice Leroy. Ce dessinateur et graveur, ancien élève des Arts décoratifs, exposa au Salon des humoristes à partir de 1913. Il réalisa beaucoup de caricatures dans les journaux de la première moitié du XXe siècle et mit son coup de crayon au service de la publicité et du livre pour enfant. Si ses dates de naissance et de mort ne sont pas connues, il est en revanche certain que son activité professionnelle se concentra de 1913 à la fin des années 1950. Maurice Leroy a pu esquisser ce GVC en situation et reprendre le croquis en atelier pour l’achever en 1916 (date mentionnée sous sa signature).

La fin des rames tractées sur la ligne 4…
La dernière semaine de mars, c’est par une belle météo printanière que la ligne 4 a vu circuler les dernières rames tractées par les mythiques CC 72000/72100. En effet, face à l’arrivée massive des automoteurs modernes bimodes Coradia Liner, les jours étaient comptés pour les rames Corail.
Désormais, seuls subsistent, jusqu’au mois d’août, deux AR entre Paris et Culmont-Chalindrey la semaine et le dimanche (arrivée Paris-Est 7 h 39 du lundi au vendredi et 8 h 55 le dimanche ; départ Paris-Est 16 h 42 du lundi au vendredi et 18 h 12 du lundi au vendredi + dimanche). Les Paris – Belfort et Paris – Troyes sont maintenant couverts par les Coradia.
Le samedi 25 mars 2017, l’annonce d’une des dernières circulations commerciales opérée par la CC 72084, unique exemple de la série à avoir conservé sa robe d’origine, a rassemblé bon nombre de passionnés au bord de la ligne 4. Pas loin de 150, vidéastes ou photographes, ont été recensés entre Paris et Vesoul !

Paris-Gare-de-Lyon: le week-end où tout a basculé…
L’interruption totale du trafic à Paris-Lyon les 18 et 19 mars a permis la mise en service d’un PAI moderne en remplacement des postes I et II de la gare, datant des années 30. Cette opération, qui a nécessité cinq ans de préparation, est la première étape de l’installation de la commande centralisée du réseau de Paris-Sud-Est, située à Vigneux.
En 48 heures, les 18 et 19 mars 2017, la commande des postes d’aiguillage de l’une des plus importantes gares du réseau ferroviaire français a fait un bond technologique d’un siècle. Et pourtant, ils avaient fière allure, ces postes I et II de Paris-Lyon, abrités dans ce bâtiment dominant la gare au milieu des voies, juste au bout des quais.
C’est à l’issue d’un grand remodelage de la gare, en 1927, avec la construction de la nouvelle plateforme de départ de neuf voies supplémentaires 3 à 19 et le transfert de l’atelier du matériel du Charolais à Villeneuve, que sont construits ces postes, mis en service respectivement en juin 1933 pour le poste I (plate-forme des voies à lettres) et janvier 1934 pour le poste II (plate-forme des voies à chiffres).
Ils appartiennent à la famille des postes à combinateur mécanique et à barres d’itinéraires type Thomson-Houston. 29 postes de ce type ont été installés et le premier fut celui de Lyon-Perrache 2 en 1925, remplacé par un PRS (poste tout relais à transit souple) en 1952. L’ultime exemplaire encore en service après ce weekend est celui de Mâcon, de 1952 (120 itinéraires).
Le poste I disposait de 320 leviers et le poste II de 160. Chaque poignée servait à commander un itinéraire par l’intermédiaire de deux mouvements successifs : traction pour lancer la commande des aiguilles puis rotation pour permettre l’ouverture des signaux. On disposait ainsi de 400 itinéraires au poste I et 270 au poste II. Au cours de leur longue existence, ces postes n’auront eu qu’une seule grosse opération d’adaptation : entre 1947 et 1950, pour les travaux de reprise du plan de voies des gares de Lyon et Bercy dans le cadre de l’électrification. À ce moment-là, l’ensemble de ces postes constitue le plus grand poste à leviers d’itinéraire d’Europe. Ils résisteront à la création de la gare souterraine banlieue et même à l’arrivée du TGV en 1981. Il faut dire qu’à cette époque peu de gens croient en l’avenir du chemin de fer. Les travaux de cette première LGV tout comme les installations terminales se font dans le strict respect des deniers de l’entreprise et à moindre coût. Et le renouvellement des postes d’aiguillage, qui ont déjà 50 ans, ne fait pas partie du projet. Il n’en sera pas de même pour les autres gares parisiennes, qui auront toutes des postes modernes lors de l’arrivée des rames à grande vitesse.
Et, les années suivantes, l’intensité du trafic refroidit toutes les ardeurs. La gare pourra quand même se doter de deux voies supplémentaires (21 et 23) pour l’arrivée du TGV Méditerranée.
Cependant, tout en accomplissant chaque jour le travail pour lequel ils ont été construits, en acheminant correctement près de 1 000 trains quotidiens, les postes vieillissent inéluctablement. Et l’inquiétude grandit quant à la capacité à entretenir le coeur même de leur dispositif (la table d’enclenchement, les verrous, les tringles, les relais de 1950, le câblage en fils de coton), que ce soit du côté des compétences du personnel ou du côté des pièces. Chez les industriels spécialisés, il y a longtemps qu’on a changé d’époque. L’obsolescence guette les postes I et II. Ces postes sont aussi un handicap au développement du trafic de la

Essais de BB 75400 sur la desserte de Digoin
La desserte de Digoin au départ de Gevrey consiste à y acheminer des coils en provenance de Belgique, ensuite chargés sur camions pour rallier l’usine de Gueugnon, où les tôles sont transformées pour l’industrie. À l’aller, le train achemine aussi des tombereaux vides servant à rapatrier les déchets issus de la transformation. Cette desserte quotidienne est assurée en UM de BB 69400, éventuellement en BB 60000, conduite par des CRML (conducteurs de manoeuvre et de lignes locales) du roulement 473 de Perrigny. Le train 481067 quitte Perrigny à 4 h 53 et arrive à Digoin à 7 h 32. Après manoeuvre et reprise de la rame du retour, le départ se fait à 8 h 38 pour une arrivée à Gevrey à 10 h 51.
Afin de disposer d’engins plus puissants que les BB 69400, notamment sur le parcours en rampe précédent Saint-Julien-Écuisses, des essais ont été organisés courant mars dernier avec des BB 75400. Ces dernières sont préférées aux 75000, car affichant 2 000 kW au lieu de 1 600 pour la première sous-série.
Ainsi, le vendredi 31 mars dernier, le 481067 a été pris en charge par la BB 75414, avec la 75061 en véhicule, prête à être remis en service en cas de nécessité, acheminant sans problème un train d’une masse remorquée de 2 062 t, soit 28 véhicules remorqués pour une longueur totale de 412 m.
À noter la présence des BB 69402, 69432, 69436 et 69496, elles aussi en véhicules, dans le but d’augmenter la masse du train, les 1 704 t de la rame commerciale n’étant pas assez significative pour les essais, puisque le but est d’acheminer 2 100 t avec une seule 75400. Trois arrêts ont eu lieu dans les 5 km précédents Saint-Julien-Écuisses, secteur le plus dur de la ligne avec un profil de 10 ‰, agrémenté de courbes et contre-courbes. La 75414 s’est acquittée de sa tâche sans problème, annonçant la fin des 69400, qui seront reversées à l’Infra, et des 60000 sur cette relation.

Janvier 1917: les syndicats de cheminots fusionnent !
Il y a 100 ans, le paysage syndical cheminot enregistre la fusion de ses composantes majeures. Le Syndicat national des employés et ouvriers des chemins de fer, fondé en 1890, en constitue la cheville ouvrière. Ainsi naîtra la Fédération nationale des travailleurs des chemins de fer, fidèle jusqu’à nos jours à la CGT, qui connaîtra deux scissions (1920, 1947) entrecoupées d’une nouvelle fusion en 1935. Évidemment le contexte de la guerre a été déterminant : la solidarité à l’égard des agents partis au front a rapproché toutes les organisations cheminotes ; la dégradation des conditions de travail et le blocage des traitements par temps d’inflation galopante ont poussé tous les syndicats à formuler les mêmes revendications salariales prioritaires ; non plus clivantes, comme celles portées avant guerre par des organisations divisées entre collaboration, réformisme et syndicalisme révolutionnaire, mais alignées plutôt sous la bannière patriotique de l’Union sacrée…
I Dégradation du niveau de vie, déchéance sociale… I
Dès août 1914, les organisations syndicales et mutuelles d’agents décident de créer une Union nationale des cheminots en faveur des victimes de la guerre (UNC), sous le haut patronage du ministre des Travaux publics, et dont la présidence est confiée au président de la Protection mutuelle. Basée 43, rue Saint-Lazare, puis 42, rue de Londres, elle compte 34 organisations en février 1915, dont l’Orphelinat national des chemins de fer (ONCF) et l’Orphelinat des chemins de fer français (OCCF) lié organiquement au Syndicat CGT des cheminots, ainsi que tous les syndicats, nationaux ou non, catégoriels ou non. Son bulletin mensuel Union nationale des cheminots publie régulièrement le « Livre d’or des cheminots tombés au champ d’honneur. »
Tous les cheminots ne bénéficient pas de l’affectation spéciale : tels sont les auxiliaires, les agents de moins de six mois de service. Les militaires ont aussi opéré des prélèvements pour constituer leurs sections de chemins de fer de campagne, pour envoyer aussi au front des appoints pris dans les jeunes classes de 1914, 1915 et 1916, le réseau de l’État ne pouvant résister aussi bien à ces prélèvements que les compagnies. Pour compenser ces « trous », l’État dispose d’un appoint disparate de 11000 personnes en avril 1915 : agents retraités (3 120) et veuves ou femmes d’agents (300) bien entendu, mais aussi agents réfugiés des réseaux belges et des Compagnies du Nord et de l’Est (1 400), hommes temporaires (9000) et autres femmes (750).
Fin 1916, aussitôt nommé sous-secrétaire d’État aux Transports, Claveille soulève la question des effectifs : les effectifs d’avant guerre ont chuté de 23000 agents alors que « l’usure normale (décès, accidents, maladies incurables…) » atteint 830 agents par mois sans la contrepartie du recrutement habituel des temps de paix. Malgré cela, le tonnage kilométrique transporté en 1916 a dépassé de 37 % celui de 1913. « Ce résultat donne la mesure des efforts qui sont faits et soutenus depuis bientôt trois ans », souligne Claveille qui relaie auprès des compagnies, l’exigence du relèvement de leurs traitements. Mais celles-ci lui rétorquent que leur consentement est subordonné au relèvement de leurs tarifs : un bras de fer durable, insupportable !
Face à cette condition matérielle dégradée, à cet un avilissement de leur statut social au contact de ces appoints étrangers, les leaders syndicaux réagissent. Autorisé à formuler des revendications strictement professionnelles auprès du ministre socialiste des Travaux publics Marcel Sembat, un solide front revendicatif pour l’octroi d’une indemnité de cherté de vie, unit les principales organisations : le Syndicat national des travailleurs des chemins de fer, fondé en 1891, que dirige Bidegaray, qui publie la Tribune de la Voie ferrée; la Fédération générale des mécaniciens et chauffeurs, fondée en 1900, basée 31, rue Berzélius (XVIIe), qui a été à la pointe de la grève d’octobre 1910 au Nord, qui publie un Journal officiel bimensuel ; enfin, la sage Association professionnelle des agents des trains fondée en 1910. Dès 1915, les rapports de police pressentent une marche inexorable vers l’unité syndicale. L’Humanité du 14 janvier 1917 rend compte d’une réunion des dirigeants de cinq organisations, s’accordant pour la tenue d’un congrès intersyndical de fusion les 17 et 18 janvier.
I Un congrès enthousiaste et quasi-unanime I
Faute de compte rendu officiel, les rapports de police permettent de rendre compte précisément de l’ambiance et du rituel de ces deux journées.
« Paris, le 19 janvier 1917. L’unité des cheminots
Journée du 21 janvier « Le congrès intersyndical de fusion (Association générale du personnel

Essai réussi à 80 km/h du Coradia iLint à hydrogène
Le 14 mars 2017, Alstom a réalisé avec succès le premier essai à 80 km/h du train Coradia iLint, seul train de voyageurs à pile à combustible au monde, sur sa voie d’essai de Salzgitter (Basse-Saxe).
Une importante campagne d’essais sera menée en Allemagne et en République tchèque dans les prochains mois avant que Coradia iLint n’effectue ses premières marches avec des voyageurs sur la ligne Buxtehude – Bremervörde – Bremerhaven – Cuxhaven début 2018. Les essais à Salzgitter, qui ont duré quatre semaines, avaient pour but de confirmer la stabilité du système d’alimentation basé sur une interaction coordonnée entre la traction, la pile à combustible et la batterie du véhicule.
Ce projet bénéficie du soutien du ministère allemand du Transport. Alstom a déjà signé des lettres d’intention pour 60 trains avec les Länder de Basse-Saxe, Rhénaniedu- Nord-Westphalie, Bade- Wurtemberg et Rhein-Main- Verkehrsverbund (Hesse).

L’accord SNCF Logistics-BLS Cargo vu de Suisse
L’annonce, le 16 février, de la prise de participation de 45 % dans le capital de BLS Cargo par SNCF Logistics n’a pas suscité de vives réactions en Suisse. Les commentaires n’ont pas été d’une ampleur comparable à ceux formulés alors que l’éventualité d’un rapprochement des branches fret des CFF et de la SNCF était discutée. Ce décalage atteste que la perception à l’étranger de l’opérateur français a depuis évolué, mais aussi, que les modalités du partenariat BLS Cargo-SNCF Logistics sont claires.
Il s’agit en l’occurrence, grâce à une coopération accrue aux frontières, de développer l’activité des deux groupes de Rotterdam à Gênes. BLS Cargo souligne que son modèle économique est proche de celui des Captrain et que la prégnance des flux Nord – Sud, dans leurs activités respectives, leur est commune. Mais les deux parties ont en l’état des positionnements différents sur le corridor précité. BLS Cargo est très actif dans le domaine du combiné, alors que les filiales au Benelux, en Allemagne et en Italie de SNCF Logistics sont avant tout présentes sur le segment du fret conventionnel. Parallèlement, les deux camps se connaissent fort bien. Alors que le groupe SNCF est le deuxième client de BLS Cargo, ses filiales étrangères sous-traitent, hors de Suisse, une part importante des trafics dont l’entreprise helvétique a la responsabilité. Avec le nouvel accord, la compagnie bernoise explique qu’elle va intensifier son recours aux Captrain sur le corridor Rotterdam – Gênes. À l’inverse, la même logique devra s’appliquer aux Captrain, vis-à-vis de BLS Cargo, pour le transit via la Suisse. Cette option nécessitera de renforcer la coopération aux frontières et d’une certaine manière aussi, d’appliquer les mêmes standards de qualité. Nul doute qu’une fois validé par les autorités compétentes, le rapprochement de BLS Cargo avec SNCF Logistics impliquera des échanges d’expériences et d’expertises soutenus…
BLS Cargo se propose d’assumer le pilotage stratégique de la nouvelle collaboration, tout en expliquant qu’elle constituera un sérieux atout pour les futurs appels d’offres internationaux. Mais l’opérateur bernois souligne que sa « souveraineté » entrepreneuriale n’est pas pour autant remise en question. Son modèle économique et son positionnement (neutre) vis-à-vis de la clientèle vont rester inchangés. Les coopérations en cours, avec d’autres entreprises ferroviaires ou prestataires (comme RAlpin pour la Rola Fribourg – Novare), ne seront pas non plus affectées par le nouvel accord avec le groupe français. Par ailleurs, le siège de BLS Cargo, avec tous ses services commerciaux et de suivi en temps réel de l’exploitation, restera à Berne. Il en va de même pour tout ce qui relève de la production : l’entreprise helvétique gardera la haute main sur ses conducteurs, ses locomotives et ses ateliers.
Vu de Suisse, l’accord passé entre BLS Cargo et SNCF Logistics a les atours d’un pacte gagnant-gagnant ponctuel, centré sur les flux Nord – Sud, précisément défini dans son périmètre. Selon BLS Cargo, il ne devrait pas avoir d’incidence sur les coopérations SNCF-CFF Cargo (qui déclare laconiquement avoir pris connaissance du partenariat) que sont Sibelit et le wagon isolé.