Catégorie : Réseaux étrangers

L’actualité des réseaux ferroviaires étrangers.

  • Ukraine : à bord du train de Donetsk

    Ukraine : à bord du train de Donetsk

    Donetsk est au cœur du conflit encore non résolu qui a secoué l’Ukraine il y a plus de cinq ans. La gare, touchée par les combats, en porte encore les marques. L’imposant bâtiment historique ne voit plus partir qu’un seul train par jour depuis la relance de l’activité courant 2019. Nous montons à bord pour rejoindre Olenovka, son terminus proche de la ligne de front. Durant ce trajet qui dure à peine plus d’une heure, nous avons pu recueillir des témoignages riches d’enseignements d’agents des chemins de fer et de voyageurs…

    Dans l’immense salle des pas perdus de la gare centrale de Donetsk, l’écran d’information n’affiche qu’un seul départ : le train de 7 h 50, direction Olenovka. Trois personnes viennent de prendre des billets au guichet, le seul ouvert. Le majestueux bâtiment au style architectural soviétique semble abandonné mais affiche une propreté glaciale qui contraste avec le chahut de l’extérieur où défilent les autobus, sur la place. « Avant la guerre, il y avait 53 trains chaque jour ici, explique en soupirant l’une des employées, le dernier train à partir a été celui qui reliait Donetsk à Sébastopol, en septembre 2014. Il a été touché par l’artillerie et à partir de là le trafic s’est arrêté ». Avec une certaine tristesse, la vieille femme se remémore les tragiques événements qui ont secoué l’Ukraine il y a plus de cinq ans.
    Contesté par une grande partie de la population et acculé par une série de révoltes de grande ampleur dans la capitale, le président Viktor Ianoukovitch, proche de Moscou, est renversé durant le mois de février 2014 et remplacé par un nouveau gouvernement aligné sur la politique de l’Union européenne. Fer de lance de la mobilisation, les nationalistes ukrainiens rentrent au nouveau gouvernement et provoquent la réaction hostile des populations russophones (majoritairement installées à l’est du pays), défavorables aux nouveaux dirigeants. La situation s’envenime rapidement au cours du printemps. Les régions de Donetsk et de Lougansk proclament leur indépendance respective face au gouvernement intérimaire qui répond par l’envoi de l’armée. La partie orientale du pays bascule alors dans une guerre dans laquelle se cristallisent les enjeux disputés par les puissances internationales (principalement l’UE et la Russie). Non résolu à cette date, le conflit donna naissance à deux États non reconnus par la communauté internationale : les républiques populaires de Donetsk et de Lougansk.
    « La gare avait également été touchée par les combats, vous pouvez encore observer des impacts d’obus sur les colonnes extérieures », nous explique un usager, son billet à la main. Face à nous, plusieurs quais se distinguent les uns derrière les autres. Tous vides. Les passerelles aériennes en verre et les couloirs souterrains pour y accéder semblent interminables. La majorité des accès ont été fermés faute de monde. Une atmosphère de gare fantôme imprègne le lieu. Depuis le 19 août 2019, la compagnie de chemin de fer de Donetsk (anciennement ukrainienne) a relancé l’activité ferroviaire, modestement. Un seul trajet aller-retour est possible entre la ville devenue capitale et Olenovka, située à quelques kilomètres au sud, avant la ligne de front.
    À côté du bâtiment historique de la gare, construit dans les années 50, s’étale une immense façade de verre dans laquelle se reflète le ciel bleu d’hiver. Un imposant bâtiment de construction moderne qui se détache du reste du paysage urbain. Au-dessus des portes d’entrée, comme un vestige de ce qui se trouvait là auparavant, on peut lire « Rail Center, centre commercial ». « C’était la nouvelle gare, nous explique un habitant, une extension afin d’accueillir les visiteurs pour la Coupe d’Europe de football en 2012, dont certains matchs se sont déroulés à Donetsk. Aujourd’hui elle est abandonnée ».
    7 h 40. Une poignée de personnes montent dans le train qui stationne déjà sur la voie. Celui-ci se compose d’une locomotive et d’une seule voiture ! « 22 m de long pour 53 t, c’est un modèle de fabrication soviétique qui date de 1981 », nous informe Vladimir, le contrôleur. Vêtu d’une veste bleu marine et d’une simple chemise blanche malgré le froid glacial de ce mois de novembre, le jeune homme s’efforce de donner une image d’élégance.

  • Pologne : Polregio veut exploiter des trains grandes ligne

    Pologne : Polregio veut exploiter des trains grandes ligne

    Polregio est le nouveau nom depuis novembre 2016 de l’opérateur PKP Przewozy Regionalne, qui avait repris en 2001 l’exploitation des trains régionaux des PKP. Dans le cadre de l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire voyageurs en Pologne, assuré quasi exclusivement par l’opérateur historique PKP IC, Polregio a déposé début avril 2020 auprès du régulateur du rail polonais, l’UTK, une demande pour obtenir dès le 14 juin 2020 des sillons sur les relations Bialystok – Zielona Gora Glowna, Gdynia Glowna – Wroclaw Glowny, Gdynia Glowna – Poznan Glowny, Gdansk Glowny – Kolobrzeg, Olsztyn Glowny – Kolobrzeg, Wroclaw Glowny – Kolobrzeg et Wroclaw Glowny – Swinoujscie. L’UTK avait déjà donné son accord fin 2019 à l’opérateur tchèque Leo Express pour l’exploitation de trains en open access sur les relations (Prague) – Frontière – Katowice – Varsovie – Terespol et (Prague) – Frontière – Cracovie – Przemysl – Medyka, gare située à la frontière avec l’Ukraine. La crise sanitaire liée au Covid-19 entraînant la fermeture des frontières en République tchèque et en Pologne a repoussé les projets immédiats de Leo Express d’exploitation de trains sur la relation Varsovie – Cracovie. Regiojet prévoit également d’exploiter des trains en open access sur la relation Prague – Cracovie – Przemysl – Mostyka (Ukraine), ainsi qu’Arriva Polska, du groupe Deutsche Bahn, sur les relations Wroclaw – Szczecin, Lodz – Szczecin, Olsztyn – Szczecin et Katowice – Wejherowo.

  • Des retards de livraison pour Abellio RBW en Allemagne

    Des retards de livraison pour Abellio RBW en Allemagne

    Bombardier Transportation de­­vait livrer à l’opérateur Abellio Rail Baden-Württemberg 52 automotrices électriques Talent 2 pour exploiter le lot 1 a « Vallée du Neckar » comprenant l’exploitation, à partir du 9 juin 2019 des relations régionales RB 17 a Stuttgart – Bad Willdbad/Singen, RE 17 b Stuttgart – Bretten – Heidelberg et RB 17 c Stuttgart – Bretten – Bruchsal, à partir du 15 décembre 2019 des relations RB 18 Stutt­gart – Osterburken, RE 10 a Tübingen – Stuttgart – Eberbach – Mannheim et RE 10 b Tü­bin­­- gen -Stuttgart – Meckes­heim – Mannheim, et à partir du 14 juin 2020 de la relation IRE 6 Stutt­­gart – Reutlingen – Tübingen. Début mars 2020, seuls 30 Talent 2 avaient été livrés, et les problèmes de charge de travail chez Bombardier ne permettaient pas de livrer les 22 manquants pour le 14 juin 2020. De plus l’homologation des Talent 2 en UM de trois rames ne devrait intervenir qu’en juin 2020. Afin d’honorer le contrat d’exploitation, Abellio RBW a annoncé le 25 mars 2020, qu’il allait sous-traiter à l’opérateur privé Wedler Franz Logistics (WFL) l’exploitation de la relation IRE 6 Stuttgart Hbf – Tübingen à partir du 15 juin et ce pour une durée de six mois, avec une option pour six mois supplémentaires, WFL fournissant le matériel et les conducteurs et Abellio RBW le personnel de bord. Suite au retard de livraison de Bombardier, Abellio RBW avait dû louer à DB Regio des automotrices électriques série 425 pour exploiter à partir du 15 décembre 2019 les relations RB 18 et RE 10. L’opérateur Go-Ahead avait déjà sous-traité du 15 décembre 2019 à fin avril 2020 à WFL l’exploitation de la relation RE 90 Stuttgart – Nuremberg en attendant la livraison par Stadler de ces Flirt 3 XL affectés à cette relation. WFL utilise deux rames réversibles de cinq voitures de type n, ex-DB, avec des Traxx louées.

  • Électrifications en série à la DB

    Électrifications en série à la DB

    Alors qu’en France les mises sous tension se font rares, nos voisins allemands mettent en œuvre un ambitieux programme d’électrifications qui concernera quelque 1 000 km de lignes en comptant l’ouverture de nouveaux tronçons de NBS (LGV).

    En France, la SNCF, profitant des matériels hybrides bimodes, limite aujourd’hui au strict minimum les mises sous tension de lignes tant en banlieue parisienne qu’en province. Il n’y aura pas eu de nouveautés en 2019 alors qu’en 2020 seule sera bénéficiaire le tronçon Gisors – Serqueux, pour les besoins du fret en relation avec le port du Havre, et, un an plus tard, le parcours Gretz-Armainvilliers – Nogent-sur-Seine avec la courte antenne Longueville – Provins pour le trafic Transilien.
    A contrario, le réseau de la DB mise à fond sur l’extension de son domaine sous caténaire équipé en monophasé 15 kV-16 2/3 Hz, qui, au début 2019, comprenait environ 20 000 km, soit 60 % du total. Par exception figurent deux réseaux de S-Bahn alimentés par troisième rail, l’un à Hambourg, sous tension 800 V, l’autre à Berlin, sous 1 200 V, et les 21 km de la voie unique de la Rübelandbahn dans le massif du Harz, exploités en 25 kV.
    Fin 2018, les dernières mises sous tension réalisées ont concerné :
    – le parcours en territoire saxon de Knappenrode à Horka Frontière (51 km) avec con­­nexion au réseau des PKP, notamment pour le trafic fret de et vers la Silésie ;
    – la ligne Regiobahn à double voie de la Rheinisch Bergische Eisenbahn (Transdev Rheinland GmbH) depuis Düsseldorf Gerresheim à Mettmann Stadtwald, prolongée à Wuppertal Nord soit 16 km (S-28 de la S-Bahn de Düsseldorf).
    Les opérations en cours et à venir à court terme sont financées le plus souvent avec une participation des Länder traversés. Elles vont profiter selon les cas à des circulations Intercités, Regio, S-Bahn et fret.

    Quelques projets isolés en cours dans la moitié nord

    Plusieurs lignes éparses sont concernées, avec application du monophasé 15 kV, dans ce vaste secteur peu accidenté. Il s’agit des lignes :
    du Schleswig-Holstein :
    – de Bad Schwartau (nord de Lübeck) à Putt­garden (Vogelfluglinie) à voie unique via Oldenbourg (Holstein), soit un ruban de 83 km, avec mise à double voie et rectification de tracé pour augmentation de vitesse en bordure de l’autoroute 1, dans le cadre du futur tunnel sous-marin du détroit de Fehmarn vers Rodby (Danemark), envisagé pour 2024 ;
    – de Hambourg Eidelstedt à Kaltenkirchen (30 km), ligne privée d’AKN Eisenbahn AG devant intégrer la S-Bahn de Hambourg sous n° S-21 avec emploi de rames hybrides 491 déjà engagées sur la ligne S-3 de Hambourg Neugraben à Stade ;
    de Basse-Saxe :
    – d’Oldenburg à Wilhelmshaven à double voie (52 km) en 2022, pour desservir cette localité portuaire de 75 000 habitants sur le golfe de Jade communiquant avec la mer du Nord et bénéficiant aux trafics Regio et marchandises ;
    de Rhénanie-du-Nord-Westphalie :
    – de Wesel, gare de l’axe international Ober­hausen – Emmerich, à Bocholt, localité de 74 000 habitants, en voie unique (19 km) ;
    – de Düren à Juliers et Linnich, voie unique de 25 km exploitée par le réseau privé RTB (Rurtalbahn) ;
    – de Neuss à Horrem via Grevenbroich et Bedburg (30 km), composée de tronçons à double voie et à voie unique ;
    – de Herzogenrath à Alsdorf (6 km), voie unique exploitée par EVS (Euregio Verkehrsschiennetz GmbH), et, sur 7 km jusqu’à Landgraaf, gare NS de l’artère en 1,5 kV Heerlen – Kerkrade Centrum ;
    de Hesse de Friedrichsdorf à Usingen sur 18 km, voie unique de la compagnie HLB (Hessenbahn GmbH), transformée en mission S-5 de la S-Bahn de Francfort (origine Francfort-sur-le-Main Sud) ;
    de Sarre de Illingen à Lebach Jabach sur 16 km, voie unique avec trafic Regio depuis Sarrebruck Hbf.

  • Suisse : incidences de la crise sanitaire sur le Lötschberg

    Suisse : incidences de la crise sanitaire sur le Lötschberg

    Le remplacement de la voie ballastée dans le tunnel de faîte du Lötschberg (14,6 km, 1913) par une voie sur dalle sera impacté en 2020 par la pandémie de Covid-19. Amorcé en 2018 et prévu pour durer jusqu’en 2022, ce chantier doit concerner cette année une section de 7 km – une voie est neutralisée tandis que l’autre demeure ouverte au service – et mobiliser une centaine de personnes. Mais l’exiguïté des lieux empêche le respect des règles édictées par les autorités fédérales en matière de distance entre collaborateurs. Aussi, le BLS a-t-il décidé de reporter le lancement de la phase 2020 des travaux au-delà de la date initialement prévue du 14 avril. Les travaux de préparation ont pu être menés de janvier à début avril 2020 par 20 à 30 personnes. Depuis le 19 mars, le service régulier repose sur un cadencement aux 30 min des navettes Auto Accompagnée Kandersteg – Goppenstein et un cadencement à l’heure des RE Berne – Brigue. Cependant les venues de boue (le 6 février et le 13 mars 2020) constatées dans le tube est de la section à double voie du tunnel de base du Lötschberg ont obligé le gestionnaire d’infrastructure à reporter massivement le trafic sur la ligne de faîte, tout particulièrement la première fois. Il a fallu une quinzaine de jours pour en revenir d’abord à une exploitation à un tube, puis à deux tubes, ce alors que la trame horaire n’avait pas encore été impactée par la crise sanitaire. Tandis que les IC Romanshorn – Brigue ont été limités à Spiez (avec correspondance sur les RE), les EC et les fret ont été détournés via Kandersteg avec à la clef des temps de parcours plus longs, des contraintes de production très élevées et… l’accomplissement de prodiges en termes d’exploitation. Le second épisode n’a pas eu le même impact pour la ligne de faîte dans la mesure où le nombre de trains encore en circulation s’accommodait mieux des contraintes d’exploitations prévalant dans le tunnel de base.

  • Allemagne : HLB commande 30 Lint 41 à Alstom

    Allemagne : HLB commande 30 Lint 41 à Alstom

    Après appel d’offres européen, l’autorité organisatrice de transports Rhin-Ruhr, le RMV, avait attribué le 11 février 2020 à HLB Hessenbahn GmbH Start, filiale de la compagnie Hessische Landesbahn (HLB), l’exploitation à compter du 11 décembre 2022 pour une durée de 10 ans, du réseau Wetterau Ouest-Est, qui comprend les relations RB 46 Giessen – Gelnhausen, RB 47 Francfort-sur-le-Main Hbf – Friedberg – Wölfersheim-Södel et RB 48 Francfort-sur-le-Main Hbf – Friedberg – Nidda. Le contrat prévoit également l’exploitation, en cas de réouverture, des lignes Horloftalbahn Wölfersheim-Södel – Hungen (12,2 km) et Lumdatalbahn Lollar – Rabenau-Londorf (13,6 km). Ces relations, qui représenteront en 2022 un volume annuel de 1,596 million de km-trains et 2,1 millions de km-trains en 2027, étaient jusqu’alors exploitées par HLB. Les automotrices diesels GTW 2/6 actuellement utilisées sur ces relations par HLB seront remplacées par 30 automotrices diesels Coradia Lint 41 à deux caisses d’une capacité de 120 places assises, qu’a commandées HLB à Alstom le 30 mars 2020 pour un montant d’environ 120 millions d’euros. Ces Lint 41, aptes à 140 km/h, seront accessibles aux personnes à mobilité réduite et équipés entre autres du wifi, de prises électriques, de la vidéosurveillance et d’écrans d’information en temps réel pour les passagers. Construits sur le site Alstom de Salzgiter, ils devraient être livrés en 2022. Ils seront les premiers Lint à satisfaire au critère Stage V en matière d’émissions. Dans le cadre du contrat, le gestionnaire du réseau DB Netz devra également moderniser la signalisation sur certains tronçons pour augmenter les capacités.

  • Pologne : la vapeur pallie  le manque d’autorails

    Pologne : la vapeur pallie le manque d’autorails

    L’opérateur régional de Grande-Pologne Koleje Wielkopolskie, ne disposant plus temporairement de suffisamment d’autorails, a sous-traité à partir du 19 février 2020 à l’opérateur Parowozownia Wolsztyn, l’exploitation de certains trains sur des lignes au départ de Wolsztyn, ces derniers étant assurés avec des locomotives à vapeur.

    L’opérateur Koleje Wielkopolskie (KW) assure une partie du trafic régional sur des lignes électrifiées et non électrifiées de la région de Grande-Pologne. Au 1er février 2020, le parc de KW était constitué de 44 automotrices électriques, dont sept EN 57, cinq EN 57 AL, 22 Elf EN 76 et 10 Elf 2 48 WE, et de 26 autorails, dont deux SA 105, quatre SA 108, 11 SA 132, quatre SA 134, trois SA 139 et deux 628/928. Le 2 juin 2019, l’autorail SA 132-003 percutait une voiture arrêtée sur un passage à niveau et est depuis en réparation chez le constructeur Pesa. Le 17 février 2020, l’autorail 628/928.659, loué à KW par Arriva Rail Polska, assurant le train 77486/7 Wagrowiec - Poznan Glowny, percutait un camion à un passage à niveau près de Czerwonak entraînant son déraillement et son indisponibilité. Ne disposant pas de matériel de réserve, Koleje Wielkopolskie a décidé de sous-traiter à la compagnie gérant le dépôt vapeur de Wolsztyn, Parowozownia Wolsztyn, dès le 19 février 2020 trois AR Wolsztyn – Leszno du lundi au vendredi et deux AR Wolsztyn - Poznan Glowny les samedis. À partir du 16 mars 2020, date d’un mini-changement de service en Pologne, suite aux travaux de rénovation du tronçon Nowawies Mochy - Wlosakowice de la ligne Wolsztyn – Leszno entraînant sa fermeture, un nouveau roulement pour les trains assurés en traction vapeur a été établi avec trois AR Wolsztyn - Zbaszynek du lundi au vendredi, la desserte restant inchangée le samedi avec deux AR Wolsztyn - Poznan Glowny. Les trains sont assurés avec la locomotive à vapeur Ol49-59 ou avec la Pt 47-65 en fonction de leur disponibilité remorquant deux voitures de type 120 A appartenant au dépôt de Wolsztyn, qui fournit également l’équipe de conduite. Koleje Wielkopolskie fournit le personnel de bord, qui assure le contrôle et la vente des titres de transport.

    Le dépôt de Wolsztyn

    Cinq lignes, construites alors que Wolsztyn, Wollstein en allemand, faisait partie du royaume de Prusse, convergent vers Wolsztyn. En 1886 fut inaugurée la ligne Wolstzyn - Zbaszyn, puis en 1896 la ligne Wolstzyn - Leszno, en 1898 les lignes Wolstzyn - Grodzisk, prolongée par la suite vers Poznan, et Wolstzyn - Sulechow, puis en 1905 la ligne Wolsztyn - Konotop prolongée en 1908 vers Nowa Sol. Au service annuel 2020, ne subsistent que les lignes gérées par PKP Polskie Linie Kolejowe S.A. :
    – Wolsztyn - Grodzisk Wielkopolski – Poznan Glowny (79,8 km), à voie unique de Wolsztyn à Lubon k.Poznania, où elle rejoint la ligne à double voie électrifiée en 3 000 V courant continu Leszno - Poznan ;
    – Wolsztyn - Leszno (46,1 km) à voie unique ;
    – Wolsztyn - Zbaszynek (29,1 km) à voie unique de Wolsztyn à Zbaszyn, où elle rejoint la ligne électrifiée en 3 000 V courant continu Poznan - Rzepin -
    (Berlin).
    Les lignes Wolsztyn – Nowa Sol (52,1 km) et Wolsztyn – Sulechow (38,9 km) ont été fermées à tout trafic en 2001. Toutefois elles ont vu sporadiquement passer des trains spéciaux vapeur de Wolsztyn à Konotop pour la première et de Wolsztyn à Powodowo pour la seconde.
    Le dépôt de Wolsztyn a été construit en 1907. L’invasion par les Allemands de la Pologne en 1939 relança les activités du dépôt, qui étaient très réduites depuis la fin de la Première Guerre mondiale. En 1940, 30 locomotives à vapeur étaient à l’effectif du dépôt de Wolsztyn, principalement des séries Pd 5, TK 13, Tp 4 et Od 2. Le dépôt de Wolsztyn a connu son apogée dans les années 70 et 80. Il comptait alors près de 300 employés et ses 30 locomotives étaient intensément utilisées. Les trains de voyageurs étaient assurés par des Ok 1 et les trains de fret par des Ty 2 et des Ty 42.

  • Royaume-Uni : First reconduit Govia pour la franchise Southeastern

    Royaume-Uni : First reconduit Govia pour la franchise Southeastern

    Le ministère britannique des Transports (le DfT) a reconduit directement le 30 mars l’opérateur Govia pour l’exploitation de la franchise Southeastern pour la période du 1er avril 2020 au 16 octobre 2021, avec prolongation possible jusqu’au 31 mars 2022. Govia est une joint-venture entre Go-Ahead (65 %) et Keolis (35 %) du groupe SNCF. Cette reconduction directe est liée à la crise sanitaire due au Covid-19. La franchise Southeastern comprend l’exploitation de relations régionales au départ des gares londoniennes de Blackfriars, Cannon Street, Charing Cross et Victoria vers le Kent et l’est du Sussex, ainsi que depuis Saint Pancras International vers Douvres Priory, Margate et Ramsgate, via la ligne à grande vitesse HS 1. La procédure d’appel d’offres lancée en juin 2017 pour le renouvellement de la franchise Southeastern, auquel avaient répondu Govia, une joint-venture composée du néerlandais Abellio et des japonais East Japan Railway et Mitsui & Co et une autre composée du groupe Stagecoach et du constructeur Alstom, avait été stoppée en août 2019. L’opérateur London & South Eastern Railway Ltd. filiale à 100 % de Govia, qui exploite depuis le 1er avril 2006 la franchise Southeastern, dispose de 29 automotrices électriques Javelin Class 395 utilisées sur la HS 1 à 225 km/h et de 171 Electrostar Class 375, 376 et 377 et de 190 Networker Class 465 et 466.

  • BRB marque unique de Transdev en Bavière

    BRB marque unique de Transdev en Bavière

    Les deux filiales à 100 % de Transdev GmbH, Bayerische Oberlandbahn GmbH (BOB) et Bayerische Regiobahn GmbH (BRB), exploitent quatre réseaux en Bavière sous trois marques différentes BOB, BRB et Meridian. Pour simplifier l’offre proposée aux clients par le groupe Transdev en Bavière, les marques BOB et Meridian deviendront BRB. Toutefois BRB et BOB conserveront leur structure actuelle. Les différentes prestations seront renommées Chiemgau-Inntal pour les relations Meridian : Munich – Rosenheim, Rosenheim – Salzbourg, Rosenheim – Kufstein et Holzkirchen – Rosenheim, Oberland pour celles du BOB : Munich – Holzkirchen, Holzkirchen – Bayrischzell, Holzkirchen – Lengggries et Schafflach – Tegernsee, Ostallgaü-Lechfeld pour les relations BRB : Munich – Füssen, Augsbourg – Füssen et Augsbourg – Landsberg am Lech, et Ammersee-Altmühltal pour les relations BRB : Augsbourg – Schongau, Augsbourg – Ingolstadt et Ingolstadt – Eichstätt Stadt. Le changement de marque s’effectuera en plusieurs étapes, d’abord avec la mise en service à partir de mi-juin 2020 des nouveaux Lint sur le réseau Oberland avec le nouveau logo BRB, puis à partir de juillet 2020 pour le matériel du réseau Chiemgau-Inntal et à la fin de l’année 2020 pour le parc affecté aux réseaux Ostallgaü-Lechfeld et Ammersee-Altmühltal. Si rien ne change pour le personnel, pour les clients, l’opérateur sera le BRB pour les quatre réseaux.

  • Les 4000 MOB. Véritables icônes de la Suisse

    Les 4000 MOB. Véritables icônes de la Suisse

    Les quatre ABDe 8/8, alias 4000, de la compagnie privée du Montreux – Oberland – Bernois (MOB) ont connu une longue carrière (1968 à 2020) et peuvent être tenues pour de véritables icônes à part entière des chemins de fer suisses. Si la préservation d’un exemplaire s’avère problématique, la reproduction en modèle réduit des 4000 a connu un grand succès.

    Les 4000 n’ont pas été achetées « sur étagère » mais ont été acquises au terme d’une procédure d’analyse assez poussée, menée durant les années 60. Le parc moteur du MOB est encore à cette époque essentiellement constitué d’automotrices particulièrement anciennes : ABDe 4/4 4 de 1903, ABFe 4/4 5 de 1903, ABDe 4/4 7-20 de 1904-1920, ADZe 4/4 23-26 de 1912, BDZe 4/4 27-28 de 1924 Nonobstant l’arrivée des CFe 4/4 3001-3004 et 3005-3006 en 1944-1946, cette flotte (à laquelle s’ajoutent les DZe 6/6 2001-2002 de 1932) n’est pas vraiment à même de faire face à l’augmentation des charges remorquées et plus encore, de satisfaire aux attentes en matière de confort des voyageurs. Le MOB envisage un moment d’acquérir des véhicules de type ABe 4/4 aptes à l’UM et semblables aux 41-49 de la Bernina. Mais la nature du trafic et la nécessité de pouvoir bénéficier d’un fourgon conduisent finalement au choix d’un véhicule double de type 8/8. Le MOB se tourne alors vers les constructeurs SIG, BBC et SAAS, alias Société anonyme des ateliers de Sécheron (Genève), dont le chef de la division Traction électrique n’était autre que Roger Kaller, le « père » des 4000. Ces dernières dérivent mécaniquement des ABDeh 8/8 (1965) du BVZ mais sont conçues pour être plus confortables et plus esthétiques. Les 4000, qui constituèrent en leur temps un véritable bond technologique pour le MOB, seront toutes livrées par voie ferroviaire à Zweisimmen, puis acheminées en véhicules jusqu’aux ateliers de Chernex.
    D’une longueur de 33,4 m et d’une masse de 60 t, les 4000 sont dotées de réels raffinements, dont une électronique de commande assurant la surveillance des accélérations et décélérations ainsi que la vitesse imposée en freinage, tout en demeurant très représentatives de la technologie de leur époque. Chaque demi-élément est relié électriquement à sa contrepartie, afin d’assurer la continuité de l’alimentation en cas de décollement de l’un des deux pantographes, et est doté en propre d’une commande par contacteurs électropneumatiques et d’un rhéostat alimentant quatre moteurs de traction. En traction, il y a deux couplages (série et parallèle) avec 23 crans, plus quatre crans de shuntage, contre deux systèmes de freinages électriques (rhéostatique avec 26 crans et récupération avec 30 crans) qui feront l’objet en 1992 d’une mise à niveau (excitation séparée par hacheur) sur le modèle de l’ABeh 4/4 II du BOB. La transition série/parallèle s’effectue selon l’effort de traction, entre 18 et 26 km/h, le second couplage étant utilisé pour atteindre la vitesse maximale autorisée (70 km/h). Afin d’améliorer l’adhérence, les rames sont dotées d’origine de sablières et ont reçu, en 1992, des brosses frottant contre les rails. Sous 840 V, les 4000 sont capables de produire 883 kW en régime unihoraire (705 kW en continu) et produisent un effort maximum de 186 kN (72,5 kN à 33,5 km/h en régime continu) contre 157 kN en freinage rhéostatique ou 118 kN en récupération. La plage d’utilisation des deux systèmes est fonction de la tension en ligne et de la vitesse pratiquée, la récupération prévalant pour les allures les plus soutenues. Pour les efforts de retenue élevés, des sabots de frein ainsi que les patins du frein électromagnétique viennent en complément. Les 4000 sont en sus dotées d’un frein d’immobilisation à ressort. Le frein mécanique fonctionne selon le mode suivant. La commande du frein agit sur la conduite du frein pneumatique à vide (1), cette dernière actionnant le frein à vide du train et le frein pneumatique à air comprimé de l’automotrice. La configuration des aménagements intérieurs va évoluer au cours des années.