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Catégorie : Réseaux étrangers
L’actualité des réseaux ferroviaires étrangers.

Suède : des Flirt de Stadler pour Arlanda Express
A-Train AB, qui exploite des trains entre Stockholm et son aéroport situé à Arlanda, a commandé mi-mai 2025 sept Flirt au constructeur Stadler qui remplaceront à l’horizon 2029 les sept Coradia X3 actuellement utilisés.
La ligne Arlanda
La ligne Arlanda, en suédois Arlandabanan, dessert l’aéroport d’Arlanda. Elle appartient à l’État suédois, et est gérée par une entreprise entièrement publique, Arlandabanan Infrastructure AB. La maintenance et l’exploitation sont assurées dans le cadre d’une concession PPP (partenariat public-privé) appartenant initialement au consortium chargé de la construction de la ligne Arlanda. Après appel d’offres, le consortium composé de la multinationale suédoise de construction et d’immobilier NCC, de l’entreprise de construction Siab et de l’entreprise énergétique détenue à 100 % par l’État suédois Vattenfall, avait été sélectionné en août 1994 pour construire la ligne Arlanda. Les travaux de construction ont commencé en 1995 et la ligne a été ouverte à la circulation en 1999. NCC et SIAB étaient chargées de la construction, du gros oeuvre et des caténaires. L’entreprise britannique Mowlem a fourni les voies ferrées et les aiguillages, et GEC Alsthom les trains et les systèmes de signalisation. La ligne Arlanda passe en tunnel sous l’aéroport. À double voie et électrifiée en 15 kV 16,7 Hz, elle s’embranche à la bifurcation Skavstaby située sur l’Ostkustbanan Stockholm – Sundsvall qu’elle rejoint au nord de Märsta à la bifurcation Myrbacken.
À Arlanda nedre s’embranche la ligne vers Arlanda Norra. La section Skavstaby – Myrbacken via Arlanda Central a une longueur de 17,19 km, et la section Arlanda nedre – Arlanda Norra 2,78 km. La ligne Arlanda ne voit passer que des trains de voyageurs, la circulation de trains de fret étant interdite pour des raisons de sécurité.

Suisse : anniversaire et projets pour la Vereina
Le plus long tunnel ferroviaire à voie métrique (19,042 km) du monde, a fêté le 19 novembre 2024 ses 25 ans. Reliant la région du Prättigau à celle de la Basse-Engadine, dans le canton des Grisons, le tunnel de la Vereina et ses accès soulignent l’importance d’infrastructures performantes et d’investissements constants, dans le succès des chemins de fer.
La ligne à voie unique de la Vereina (22,09 km) est exploitée par le RhB et empruntée par des trains navettes auto-accompagnées (68 par jour et 100-110 en période de pointe), des circulations voyageurs (64 dont 27 vers Samedan/Saint-Moritz) et des convois de fret (10 dont six vers Samedan). Conçu initialement pour écouler 400 000 véhicules routiers par an, le service des auto-accompagnées a enregistré 560 415 passages en 2024. L’itinéraire comporte dès la sortie de Klosters (alt. 1 190,8 m) : le tunnel de Zugwald (2,172 km – 40 ‰), le terminal de dé/chargement de Klosters Selfranga (alt. 1 260 m), le tunnel principal (alt. 1 463,3 m – 15 ‰) avec trois sas de croisement (2,148 et 2,08 km aux portails nord [1] et sud, 2,306 km au milieu), une bifurcation alias « Trumpet » (vers Scuol ou Zernez), le site de Saglians (alt. 1 431,4 m). Celui-ci associe un terminal pour les navettes à une gare pour les correspondances voyageurs.
L’idée de mieux relier les Nordbünden à la Basse-Engadine (ainsi que le val Mustair et la Haute-Engadine), quelle que soit la saison, apparaît dès l’après-guerre. Mais le projet d’un tunnel ferroviaire, formellement soumis au conseil d’administration du RhB et à l’exécutif cantonal en 1975, est en compétition avec celui d’un aménagement lourd de la route du col de la Flüela. D’évaluations techniques en arbitrages politiques et budgétaires, sans omettre la consultation populaire de 1985, le principe d’une liaison ferroviaire avec trains navettes auto-accompagnées, pouvant aussi servir de doublure à la ligne de l’Albula, finit par l’emporter. Ce sont des conditions économiques favorables qui permettent de réaliser aussi la bifurcation (avec le tunnel de Saaslatsch II, 277 m) en Basse- Engadine et la modernisation des lignes attenantes, des opérations

Royaume-Uni : Alstom va moderniser cinq Class 222 pour Lumo
Alstom a remporté début juin l’appel d’offres lancé par la Rosco Eversholt Rail pour la modernisation et l’entretien de cinq automotrices diesels Meridian Class 222 que le groupe First va lui louer pour exploiter en open access dès 2026 sous la marque Lumo des trains sur la relation Londres – Stirling. D’un montant d’environ 12 millions d’euros, les travaux de modernisation de ces cinq Class 222 utilisées auparavant par l’opérateur East Midlands Railway, qui se dérouleront sur le site britannique d’Alstom de Widnes, comportent entre autres le rafraîchissement des aménagements intérieurs avec le remplacement des sièges, l’application de la livrée extérieure Lumo, l’installation d’une nouvelle vidéosurveillance, d’un nouveau WiFi, et d’un système intelligent pour arrêter et redémarrer automatiquement les moteurs diesels lors des arrêts afin de diminuer les émissions de CO₂. Alstom assurera la maintenance et le nettoyage de ces cinq Class 222 pendant cinq ans dans son dépôt situé à Burton upon Trent, et ce pour un montant d’environ 48 millions d’euros.

10 ans de desserte de l’aéroport de Toronto
Il y a 10 ans, le 6 juin 2015, était mise en service la desserte ferroviaire de l’aéroport Pearson de Toronto dénommée « Union Pearson Express » (UP Express) gérée par Métrolinx. En 10 ans 26 millions de passagers ont été transportés. Curieusement c’est en traction diesel que sont effectués les 81 allers et 79 retours quotidiens entre les gares de Toronto- Union et de Pearson sur une distance de 23 km toutes les 15 min desservant Bloor et Weston, deux gares sur la ligne GO-Transit de Kitchener où un embranchement de 3,3 km rallie Pearson.
Le matériel roulant, dont toutes les unités sont automotrices, comprend 12 unités d’extrémité monocabine (n° 1001 à 1012) et six intermédiaires (n° 3001 à 3006) disposant d’une seule cabine de conduite à côté d’une intercirculation. Ces automoteurs diesels ont été construits par Nippon-Sharryo et offrent 173 places en configuration trois caisses. Le prix d’un trajet qui dure 25 min est de 12,35 dollars canadiens. L’électrification de cette ligne et des autres lignes GO-Transit est prévu.

Une nouvelle ligne pour relier directement Genève-Aéroport et Vernier à Annemasse
Cinq ans et demi après son lancement, le Léman Express affiche à son compteur plus de 77 millions de voyageurs transportés. L’objectif initial a été largement dépassé : 50 000 voyageurs quotidiens étaient attendus au bout de quatre ans sur cette liaison transfrontalière desservant 45 gares et exploitée par les CFF et SNCF Voyageurs. Ce seuil a été franchi après seulement deux ans.
Un nouveau parcours est prévu à partir de décembre 2025 lors du changement d’horaire avec le lancement de la L 7. La ligne reliera directement Genève-Aéroport et Vernier à Annemasse, sans passer par Genève-Cornavin.

Italie : le premier Coradia Stream pour SAD dévoilé
Alstom a présenté le 4 mai 2025, en collaboration avec l’autorité organisatrice de transport STA (Strutture Trasporto Alto Adige SpA, en français structures de transport Tyrol du Sud), la première des 21 automotrices électriques Coradia Stream ETR 160 à six caisses, destinées aux relations transfrontalières entre la province autonome du Trentin-Tyrol du Sud et l’État autrichien du Tyrol, comme Malles Venosta – Lienz ou Innsbruck – Bolzano. Construits sur le site Alstom de Savigliano, ces Coradia Stream, tricourant 3 000 V CC – 15 kV 16,7 Hz – 25 kV 50 Hz, ont une puissance continue de 3 000 kW, une vitesse maximale de 160 km/h, une longueur de 127,9 m, et une capacité de 381 places, et sont dotés de l’ETCS. Ils disposent de prises électriques, de ports USB, du WiFi, et de deux WC accessibles aux personnes à mobilité réduite, et d’espaces pour le transport des vélos. Ils devraient être utilisés en service commercial mi-2026 par l’opérateur régional SAD-Trasporto locale S.p.A après une campagne d’essais pour leur certification.

ALLEMAGNE : DB Regio conforte ses positions
L’opérateur historique DB Regio exploite depuis le 15 décembre 2024 de nouveaux contrats, et en a déjà remporté quatre au premier semestre 2025. Courant pour certains jusqu’en 2040, ces contrats sont souvent joints à des commandes de nouveaux matériels, capacitaires, accessibles et verts pour ceux destinés à remplacer la traction diesel.
Depuis le début du service annuel 2025, DB Regio exploite six nouveaux contrats, en plus de celui attribué à sa filiale Start Mitteldeutschland (voir Rail Passion n° 330 page 33).
Des Flirt Akku pour DB Regio Nordost dès fin 2026
DB Regio Nordost s’est vu attribuer en février 2022 le contrat d’exploitation des relations Warnow II pour une durée de 15 ans à partir du 15 décembre 2024. DB Regio continue d’utiliser des automotrices électriques Talent BR 442 pour ces trois relations (S 1 Rostock – Warnemünde, S 2 Warnemünde – Schwaan – Güstrow, et S 3 Warnemünde – Laage – Güstrow) du réseau de S-Bahn de Rostock. Des automotrices hybrides électriques-batteries Flirt Akku, que DB Regio a commandées mi-février 2022 en 19 exemplaires à Stadler, devraient être engagées dès décembre 2026 sur les relations du réseau H-Netz Warnow II, qui représente un volume annuel de 1,5 million de trains-kilomètres, RB 11 Wismar – Tessin, RB 12 Bad Doberan – Graal- Müritz, et RB 25 Barth – Stralsund en remplacement des Desiro diesels BR 642.
Des Dosto et Talent 2
en attendant les Coradia Max DB Regio Niedersachsen a été sélectionné en juillet 2023 par l’autorité organisatrice de transport de l’État de Basse-Saxe LNVG pour l’exploitation à partir du 15 décembre 2024 pour une durée minimum de 13 ans du réseau Expresskreuz Bremen/Niedersachsen qui comprend les RE 1 Hanovre – Brême – Oldenburg – Nordeich Mole/Wilhelmshaven, RE 8 Hanovre – Bremerhaven- Lehe, et RE 9 Osnabrück – Bremerhaven- Lehe, et ce avec 34 automotrices électriques Coradia Max, qui ont été commandées à Alstom. En raison de retard de production, les premières ne devraient être engagées en service commercial que fin 2025. En attendant leurs livraisons, DB Regio utilisent des rames réversibles de voitures à deux niveaux Dosto tractées par des BR 146, ainsi que des automotrices Talent 2.

Slovaquie : les ZSSK modernisent leur parc d’automotrices électriques
Depuis 2018, l’opérateur historique voyageurs slovaque ZSSK s’est lancé dans l’acquisition d’automotrices électriques, avec plusieurs commandes d’un total de 45 RegioPanter et huit Kiss. Par ailleurs les ZSSK ont lancé en mars 2025 deux appels d’offres pour 15 automotrices électriques et jusqu’à 36 automotrices hybrides électriques-batteries.
À la naissance de la Slovaquie indépendante le 1er janvier 1993, l’entreprise ferroviaire créée, les ŽSR (Železnice Slovenskej republiky), dont l’activité voyageurs devient le 1er janvier 2005 ZSSK (Železničná spoločnosť Slovensko, a.s.), hérite d’une partie du matériel roulant des chemins de fer tchécoslovaques, les ČSD. Au niveau automotrices électriques, les ŽSR reprennent 24 automotrices à écartement de 1 435 mm, dont 16 série 460 (ex- EM488.0 des ČSD) à cinq caisses et pouvant fonctionner sous 3 000 V CC dont les derniers exemplaires encore en circulation sont radiés en mai 2024, et huit série 560 (ex-SM488.0 des ČSD) à quatre caisses radiés en 2015. Afin d’augmenter leur capacité de transport en particulier dans la banlieue de Bratislava, les ZSSK commandent en décembre 2008 au constructeur Škoda Vagonka 19 automotrices à deux étages série 671, bicourant 3 000 V CC – 25 kV 50 Hz, à trois caisses, qui sont livrées de 2010 à 2015. Aptes à 160 km/h, les 671 ont une puissance continue de 2 000 kW, une vitesse maximale de 160 km/h, et une capacité totale de 640 places dont 307 assises.
Le matériel à voie métrique en partie renouvelé
Pour moderniser le parc d’automotrices utilisées sur les lignes du réseau à voie métrique des Tatras TEŽ (Tatranské elektrické železnice), et en particulier remplacer les automotrices série 405.95 de 1969, les ZSSK commandent en 2018 au constructeur suisse Stadler cinq automotrices électriques, fonctionnant sous 1 500 V CC, série 495.95 pouvant fonctionner en mode adhérence à la vitesse maximale de 80 km/h et en mode crémaillère à 20 km/h, et d’une capacité de 91 places assises.

SUISSE Le virage à grande vitesse des CFF
Les CFF ont profité, en mars dernier, de la présentation de leurs résultats 2024 pour annoncer leurs intentions en matière de relations internationales à grande vitesse (GV).
Les CFF, entreprise ferroviaire (EF) suisse, souhaite mettre en oeuvre, sous ses couleurs, des rames interopérables V 300-320 et renforcer ou (re)créer des dessertes d’abord vers l’Italie (Rome) et la France (Paris mais pas que), plus éventuellement, vers Barcelone et Londres. Les CFF ont ainsi en partie levé le voile sur le travail prospectif intense qu’ils mènent actuellement et déclaré leur confiance, dans le potentiel de développement de ce type de liaisons.
Les CFF abordent l’exercice de manière très large : ils disent se préparer à tous les scenarii liés à l’ouverture à la concurrence (2), mais ne semblent pas pour autant désireux de vouloir rompre par principe avec le modèle coopératif qui prévaut encore actuellement.
De leurs expériences en cours, ils retiennent cependant que compter uniquement sur un partenaire pour mettre des trains à disposition peut constituer une erreur et considèrent désormais que le développement de toute coopération requiert l’implication de chaque partie. Si les CFF ont à l’avenir leurs propres rames, cela pourrait être de nature à permettre une meilleure prise en compte de leurs intérêts, ainsi qu’une augmentation de front des fréquences et des destinations, sans intrinsèquement hypothéquer les partenariats établis. C’est à ce titre qu’ont été publiés le 12 mars 2025, sur la plateforme Simap, deux appels d’offres pour échanges d’informations, la première étant destinée aux fabricants de trains et la seconde aux bailleurs. Les CFF expliquent considérer deux options : • l’achat de 40 rames avec contrat de service et de maintenance de 15 ans ; • le leasing de 40 rames aussi sur 15 ans. L’échange d’informations était prévue pour avril-mai de cette année. Le cas échéant pourraient s’ensuivre un appel d’offres en 2026 et la mise en oeuvre d’un nouveau matériel à grande vitesse GV par les CFF dès les années 2030. L’international représente une part significative – des sources concordantes font état de 10 %

Arrivée de la première rame Z 890 du Mont-Blanc Express
La première rame Z 890 du Mont-Blanc Express est arrivée par la Suisse. Une étape importante dans le projet de modernisation de la ligne reliant Martigny à Saint-Gervais-les-Bains qui vise à renforcer la mobilité transfrontalière entre la Suisse et la France.
Après avoir quitté l’usine Stadler de Bussnang (canton de Thurgovie) le 23 avril 2025 au petit matin, la rame Z 891 a été acheminée par rail jusqu’à Martigny à l’aide de deux wagons plats adaptés et une locomotive de la série Re 4/4 II des CFF (photos 1 et 2). Là, une opération technique d’envergure a été menée : déchargement sur un camion-remorque (photos 3 et 4), transfert, puis enraillement sur la voie étroite (photo 5). La rame a ensuite été déplacée jusqu’aux ateliers TMR de Vernayaz.
Rappelons qu’en 2022 sept rames ont été commandées par l’Office fédéral des Transports, l’État du Valais et la région Auvergne- Rhône-Alpes pour un montant de 76 millions de francs suisses (80,56 millions d’euros). Conçues sur la base du dernier modèle « Saphir », les Z 890 seront destinées à remplacer les cinq Z 800 de 1996 déjà obsolètes techniquement, qui, en outre, ne répondent plus à la loi fédérale sur l’accessibilité des personnes handicapées. Au-delà de l’innovation technique avec une performance énergétique