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Catégorie : Réseaux français
L’actualité des réseaux ferroviaires français.

L’espoir renaît sur Aurillac – Brive
La ligne ferroviaire d’Aurillac à Brive, construite dans la seconde moitié du xixe siècle, fait partie de ces petites lignes à l’avenir incertain qui desservent des territoires peu peuplés en traversant des paysages difficiles où alternent ponts et tunnels, principalement entre Aurillac et Bretenoux-Biars.
La situation de la ligne, à cheval sur les trois régions Auvergne Rhône-Alpes, Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, n’en facilite pas la gestion puisque chaque région n’affiche pas la même volonté pour assurer sa pérennité.
Actuellement, les circulations visent moins de cinq trains par jour et par sens, essentiellement assurées en X 73500, avec engagement exceptionnel d’AGC, pour relier Brive et Aurillac en 1 heure 50.
Les trains de fret n’existent plus sur la ligne, exception faite d’un train de l’Infra qui vient de façon aléatoire récupérer depuis Brive des wagons de traverses produites au chantier de Bretenoux-Biars, et, actuellement, du passage du train de ballast Bagnac – Saint-Jory, dévié provisoirement en raison de l’incendie de la gare de Figeac, où les commandes d’aiguillage détruites ne permettent plus d’emprunter la direction d’Aurillac.
Un espoir renaît actuellement avec les travaux, financés conjointement par les régions Nouvelle Aquitaine et Occitanie, qui ont débuté à la fin du mois de mars et dureront tout l’été pour réaliser un renouvellement de voie entre Brive et Bretenoux-Biars, complété par un remplacement ponctuel de rails et de traverses entre Bretenoux et Lamativie, où le remplacement de tabliers de ponts est également prévu.
La région Auvergne Rhône-Alpes, pour sa part, n’envisage pas encore de travaux de modernisation sur son territoire.
Condition nécessaire à la mise en œuvre du chantier, la ligne est fermée tout le temps des travaux et les liaisons seront effectuées par autocars.
À terme, de nombreux ralentissements actuels seront supprimés, permettant le gain d’une quinzaine de minutes sur l’ensemble du parcours.
Service horaire 2019 : de nouvelles avancées mais des reculs regrettables
Appliqué le dimanche 9 décembre 2018 le nouveau service annuel 2019 ne bénéficie pas, comme son prédécesseur, de mise en service de LGV mais seulement d’une toute petite électrification dans le Territoire de Belfort. Il réserve cependant bien des surprises, bonnes et mauvaises, en particulier en service intérieur. L’intensification du ballet des TGV Ouigo bouleverse notamment l’ordonnancement de plusieurs axes radiaux et intersecteurs. Fait plus grave, plusieurs TGV classiques entre Paris et Annecy, Grenoble, et surtout entre le Grand-Est et la Méditerranée, jugés à tort ou à raison redondants, font les frais de coupes claires dans les parcours kilométriques.
Relations internationales par TGV
Pour ce qui est du trafic international à grande vitesse le statu quo est généralement de mise. Sont donc maintenues sans changements, hormis quelques innovations primaires localisées, les dessertes :
– France – Grande-Bretagne : Paris – Londres, Londres – Marseille, Londres – Bourg-Saint-Maurice en hiver ;
– Grande-Bretagne – Belgique : Londres – Bruxelles ;
-France – Benelux : Paris – Bruxelles – Amsterdam, Amsterdam – Bourg-Saint-Maurice en hiver, Bruxelles – Lyon – Marseille où le 9828/9-9860/1 Bruxelles – Nice, leader du trajet le plus long, disparaît corps et biens, Paris – Luxembourg et Luxembourg – Marseille/Montpellier ;
– France – Allemagne : Paris – Cologne – Dortmund, Paris – Sarrebruck – Mannheim – Francfort-sur-le-Main, Paris – Karlsruhe – Stuttgart – Munich, Francfort-sur-le-Main – Lyon – Marseille ; France – Suisse : Paris – Bâle – Zurich/Berne, Paris – Lausanne et Paris – Genève, Genève – Marseille ;
– France – Italie : Paris – Turin – Milan ; France – Espagne : Paris – Barcelone, Lyon et Toulouse – Barcelone, Marseille – Barcelone – Madrid.
Toutefois, les deux circulations envisagées à compter du 5 octobre écoulé par Ilsa, filiale de la compagnie ibérique Air Nostrum, entre Montpellier-Saint-Roch et Madrid Atocha, ont été annulées faute de matériel AVE S 100 loué par la Renfe.
Tout au plus doit-on souligner la mise en marche depuis avril d’une liaison Eurostar Londres – Amsterdam qui ne fait que traverser la France sans arrêt à Lille-Europe et entraîne la fin des deux courses TGV Lille-Europe – Amsterdam. Afin d’augmenter la capacité offerte du TGV Izy à bas coût Paris – Bruxelles, dont les horaires varient selon les jours, la rame Transmanche avec motrices 3213/3224 est désormais dédiée à cette prestation à la place d’une rame Réseau 4500 tricourant.
Au cours de l’année à venir est d’autre part envisagée la création :
– d’un TGV Thalys Amsterdam – Marne-la-Vallée-Chessy fin mars 2019 pour les visiteurs bataves au parc Eurodisney, pendant de celui existant depuis Londres ;
– d’un TGV direct Londres – Bordeaux en 4 heures 07 à compter de l’été.
Autre modification, le changement d’itinéraire pour le TGV Paris – Fribourg, créé postérieurement à l’ouverture de la LGV Rhin – Rhône, qui circulait via Dijon, Mulhouse et Neuenburg selon la marche 9589 Paris-Lyon 17 h 25/9588 Paris-Lyon 10 h 37. Dorénavant, il est acheminé depuis Paris-Est jusqu’à Strasbourg sans arrêt, puis via Kehl, Offenbourg, Lahr, Emmendingen, sous couvert des marches 9591/9590 se substituant aux 2457/2410, avec l’horaire suivant Paris-Est 17 h 25 – Fribourg 20 h 29 – 6 h 24 – Paris-Est 9 h 35 (7 h 04-10 h 05 en marche 9584 les samedis, dimanches et fêtes), ce qui permet un gain de temps sensible selon le sens.
Pas de modifications pour les deux seuls trains de nuit rescapés Paris-Est – Moscou d’une part, Paris-Lyon – Venise d’autre part, Pour les liaisons de jour supportées par Thello entre Marseille et Milan, Nice et Milan, l’ordonnancement des liaisons est modifié. La relation Marseille – Milan par l’EC 147 est décalé de 4 heures en arrière : Marseille 15 h 26, Nice 18 h 08, Milan Centrale 22 h 50, les deux Nice – Milan (EC 139 et 145) étant avancés de 15 min (départ 8 h 01 et 14 h 02).Relations radiales intérieures par TGV
Sur le faisceau Est, l’interposition au 7 juillet dernier de quatre TGV Ouigo entre Paris-Est, Nancy, Metz, Strasbourg et Colmar s’est faite à la place de TGV classiques. Comme exposé plus loin, la trame Ouigo, qui a connu un excellent démarrage, est renforcée et totalement remaniée, ce qui suppose un profond recalibrage des dessertes classiques sur chacun de ces axes (reprises aux tableaux 1, 2, 3). Par ricochet, celui relatif à la branche Champagne-Ardenne vers Reims – Charleville – Sedan et les terminus Luxembourg voient le positionnement de leurs fréquences également bouleversé.
L’élagage du réseau a continué en 2018
En 2018, le conseil d’administration de SNCF Réseau a procédé à la fermeture de plusieurs sections de lignes du Réseau ferré national au cours de sept séances pour un total de 307,553 km, contre 160,106 km en 2017. Ont été concernées :
– 16 janvier, les lignes : 065 Mont-sur-Meurthe à Bruyères entre les Km 34,000 et 54,073 (Rambervilliers – Bruyères) ; 168 Berthelming à Sarreguemines entre les Km 0,335 et 17,870 (Berthelming – Sarre-Union) ; 653 Saint-Sever à Hagetmau entre les Km 198,594 et 210,690 (Augreilh – Hagetmau) ;
– 22 février, les lignes : 272641, voie de service de Douai à Waziers entre les Km 0,120 et 2,200 (Douai – Waziers) ; 432 Alençon à Domfront entre les Km 0,589 et 46,200 (Alençon – Couterne) ;
– 27 mars, les lignes : 309 Bully Grenay à Brias entre les Km 219,700 et 233,717 (Bully – Bruay) ; 436 La Chapelle-Anthenaise à Flers entre les Km 288,822 et 323,315 (La Chapelle – Ambrières) ; 641 Langon – Gabarret entre les Km 45,200 et 46,675 (Langon) ;
– 27 juin, les lignes : 472 Ploërmel à La Brohinière entre les Km 52,150 et 54,000 (Mauron) ; 477 Quimper à Pont-l’Abbé entre les Km 685,900 et 695,190 (Quimper – Pluguffan) ;
– 25 juillet, les lignes : 088 Lérouville à Pont-Maugis entre les Km 2,000 et 45,140 (Lérouville – Dugny) et entre les Km 54,950 et 131,150 (Verdun – Mouzon) ; 903608 voie mère de la ZA de Chambéry-Bissy entre les Km 0,000 et 0,862 ;
– 16 octobre, les lignes : 207 Bazancourt à Challerange entre les Km 1,570 et 51,702 (Bazancourt – Challerange) ; 300 Dunkerque à Bray-Dunes-Frontière belge entre les Km 311,465 et 319,405 (Leffrinckoucke – Bray-Dunes-Frontière belge) ;
– 29 novembre, les lignes : 654 Dax à Mont-de-Marsan entre les Km 153,00 et 156,500 (Peyrouton – Narrosse) ; 790611 voie mère de la ZI de Ladoux à Gerzat et Cébazat entre les Km 0,000 et 2,220. Les lignes 168, 432 et 436, bénéficient d’une demande de maintien des emprises de la voie dans le domaine public ferroviaire
Fréquence accrue sur Cerbère – Port Bou
Depuis le 11 février, les relations entre les deux gares-frontières de Cerbère (France) et Port Bou (Espagne), distantes de 1,9 km, ont été augmentées de 11 trains. Avant, les trains SNCF allaient jusqu’à Port Bou. Il y en avait cinq, quatre venant d’Avignon et un de Perpignan. Au retour, ils revenaient à vide à Cerbère. Côté espagnol, sept trains, origine Barcelone, venaient à Cerbère pour revenir à vide à Port Bou. C’est la volonté partagée entre la région Occitanie et la généralité de Catalogne qui a permis d’améliorer ces relations, avec pour la première fois le retour en charge des trains qui étaient auparavant à vide. La SNCF a mis en place quatre TER Port Bou – Cerbère et la Renfe sept Rodalies Cerbère – Port Bou. Au total, 23 trains traversent la frontière au lieu de 12. Le trajet dure 4 min. À Cerbère et à Port Bou, ces nouveaux trains donnent une correspondance avec un battement court. Entre les deux régions, les relations se sont améliorées aussi dès le 9 décembre dernier entre Toulouse et Barcelone via Latour-de-Carol, où les quatre correspondances sont optimisées, dont une avec un battement de seulement 8 min Le meilleur temps entre Toulouse Matabiau et Barcelone Sants est de 6 heures 06.

Formation des conducteurs du tram de Caen
Depuis janvier 2019, la formation des conducteurs du tram de Caen a commencé. Pour l’heure, trois rames Citadis X 05 circulent au sud de la future ligne T 3 entre le site de maintenance et la station Poincaré. La mise en service du nouveau réseau est prévue pour le mois de septembre.

L’étoile de Figeac reprend vie
Depuis le 4 février, les TER Brive – Rodez desservent à nouveau la gare de Figeac, victime d’un incendie le 22 novembre dernier. Un nouveau cheminement aux quais a été réalisé depuis le parking aménagé avenue des Poilus. Des agents SNCF sont présents sur le quai. Une gare provisoire doit être mise en service pour proposer un service de vente et d’accueil. Le PRG détruit devra être remplacé. Les TER Toulouse – Figeac et Toulouse – Figeac – Maurs – Aurillac sont terminus-origine Capdenac. Entre Figeac et Aurillac, les circulations devraient reprendre en octobre. En attendant, outre des autocars de substitution, la région Auvergne-Rhône-Alpes a introduit depuis le 4 février du lundi au vendredi un aller Aurillac (17 h 31) – Maurs (18 h 23) avec retour le lendemain Maurs (6 h 20) – Aurillac (7 h 16), notamment pour les scolaires et les pendulaires.
Du 18 février au 1er mars, la ligne entre Capdenac et Tessonnières a été fermée pour maintenance. Du 25 mars au 3 juin, c’est au tour de celle de Brive à Capdenac pour cause de travaux planifiés depuis longtemps entre Brive et Turenne. Il s’agit d’un RVB sur 3 km dans les tunnels de Montplaisir (2 385 m) et du Galop (335 m). Il permettra de relever la vitesse au franchissement de ces tunnels. Les joints de maçonnerie sont repris dans les deux ouvrages. D’autre part, des travaux permettront d’augmenter la fréquence de 11 à 18 trains par jour.
Premiers rails pour le tram T 9
C’est fin 2020 que le tramway T 9 sera mis en service entre Porte-de-Choisy et Orly-Gaston-Viens. Cette nouvelle ligne de 10 km qui remplacera le bus en site propre 183 (totalement saturé avec 58 000 voyageurs par jour) devrait permettre d’augmenter la capacité sur cet axe d’au moins 20 000 voyageurs supplémentaires. En attendant, les travaux avancent et c’est à Ivry que les premiers rails sont posés sur environ 200 m. Les opérations de voie devraient s’étaler durant toute l’année 2019, la première rame du nouveau Citadis X 05 étant attendue pour le début 2020. Particularité en Île-de-France, cette ligne de tram sera la première à être soumise à la concurrence ; son opérateur sera connu courant 2020.

La nouvelle numérotation des Coradia
L’État a passé commande de rames Coradia Liner pour équiper les Intercités des lignes non totalement électrifiées. Numérotées dans la série B 85000, ces rames ont eu au départ un repérage un peu particulier sous la forme « IC 1 09 », par exemple pour la neuvième rame, c’est-à-dire B 85017/18. Avec le transfert de certaines lignes et du matériel correspondant aux régions, l’appellation IC devenait sans objet. Les rames récentes sont donc revenues à une numérotation identique à celle des Régiolis type « 85065 L ».

Concurrence : l’État en première ligne
C’est finalement l’État qui ouvre le bal de la concurrence en livrant à celle-ci les lignes Nantes – Bordeaux et Lyon dès 2022. Des régions devraient suivre, mais prudemment et en ordre dispersé.
Depuis la transposition française du quatrième paquet ferroviaire européen et la réforme ferroviaire promulguée le 27 juin 2018, on savait que la concurrence pouvait intervenir dès décembre 2019 dans les TER et Intercités. Compte tenu des velléités de certaines régions comme Paca, on s’attendait à ce que le TER soit la première activité concernée.
Et bien non ! Le 9 janvier, c’est l’État qui a voulu donner l’exemple. Autorité organisatrice de huit lignes d’aménagement du territoire dénommées Intercités et aujourd’hui exploitées par SNCF, il a décidé de mettre en concurrence les deux lignes Nantes – Bordeaux et Nantes – Lyon.
Plus exactement, l’État va publier un avis de pré-information officialisant la démarche. L’appel d’offres devrait intervenir en 2020-2021 avec l’objectif d’un début d’exploitation en 2022. Pourquoi ces deux lignes ? Car la convention globale avec la SNCF s’achève en décembre 2020. Car ces deux lignes sont maintenant équipées en totalité de matériel neuf, en l’occurrence des rames Coradia Liner produites par Alstom. Dans la commande initiale de 34 exemplaires, dont les premiers ont circulé sur la ligne 4 reliant Paris à Belfort, 19 sont désormais cédés à la région Grand-Est (rames B 85003/04 à 85039/40) dans le cadre du transfert de cette ligne entre l’État et la région. Les 15 autres rames (B 85001/02 et 85041/42 à 85067/68) sont basées à Nantes pour les deux lignes concernées. Elles y assurent les trains Intercités depuis l’été 2017 sur Bordeaux et fin 2017 sur Lyon. Enfin, les travaux de remise à niveau de l’infrastructure doivent se terminer dans trois ans. D’où l’échéance de 2022.
La relation Nantes – Bordeaux comprend trois AR quotidiens et transporte 686 000 voyageurs chaque année. Les Coradia ont remplacé des rames Corail avec des BB 67400. Avec six arrêts intermédiaires, le temps de parcours actuel est d’environ 5 heures 30, plus long qu’un trajet en TGV via Paris (environ 4 heures). La performance est pénalisée par des ralentissements à 60 km/h. Le retour à 120 km/h d’ici 2021 nécessite d’importants travaux de rénovation de l’infrastructure, notamment de la voie. Entre La Roche-sur-Yon et La Rochelle, la double voie sera mise à voie unique et la signalisation entièrement rénovée. Sur Nantes – Lyon, il y a deux AR quotidiens et 387 000 voyageurs annuels. Les Coradia y ont remplacé des automoteurs X 72500. Les nouveaux trains peuvent tirer profit de l’alimentation par caténaire sur la plus grande partie du trajet.
Le wifi sur Clermont-Ferrand
Après le TGV et le lancement d’expérimentations sur le TER, l’équipement des trains en wifi se poursuit avec Intercités. L’État investit 7,9 millions d’euros pour la mise en œuvre de ce service sur trois axes majeurs.
Depuis fin décembre, les voitures Corail de la liaison Paris – Clermont-Ferrand sont opérationnelles après adaptation au technicentre de Périgueux. Elles sont reconnaissables à la batterie de quatre antennes montées sur le toit de chaque voiture.
À l’été 2019, ce sera le tour de la relation Paris – Toulouse. Puis, à une date non encore déterminée, à celui des rames de la relation transversale Bordeaux – Marseille. Les rames neuves qui doivent se substituer aux voitures Corail dans les prochaines années seront équipées wifi de construction.