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Catégorie : Transports urbains
L’actualité des transports urbains : métros, tramways, bus etc.

La ligne 6 du métro entame sa mutation
Bientôt, le visage de la ligne 6 sera modifié avec l’arrivée d’un nouveau matériel roulant, le MP 89, venu de la 4. Prévu pour 2021, le compte à rebours est lancé, alors que la restauration de la partie aérienne de l’infrastructure de la ligne se poursuit.
En cette fin de XIXe siècle, la guerre fait rage à Paris. D’un côté, les partisans d’un métro souterrain qui se jouera plus facilement des encombrements de la ville. De l’autre, les défenseurs d’un chemin de fer aérien qui seul permettra d’évacuer les fumées des locomotives à vapeur. Les adeptes du viaduc sont prêts à éventrer quelques immeubles et à défigurer les plus beaux monuments de Paris pour la bonne cause.
À l’aube du xxe siècle, à l’heure de la réalisation de ce métro, les ingénieurs de la Ville de Paris avec à leur tête Fulgence Bienvenüe feront heureusement les bons choix, optant pour la traction électrique et un métro circulant en tunnel. Fin de la partie ? Pas tout à fait. Le passage en viaduc a aussi ses avantages, notamment pour franchir des obstacles. Et ce n’est pas ce qui manque à Paris. Dès la première ligne en 1900, le franchissement du canal Saint-Martin place de la Bastille s’opère en viaduc. Sur la ligne 2, il y a une série délicate, le faisceau de voies de la gare du Nord, celui un peu plus loin de la gare de l’Est et pour finir le canal Saint-Martin. Dans ce quartier périphérique de peu d’attrait architectural, on choisit donc de passer en viaduc entre les stations Anvers et Combat (devenue Colonel-Fabien). Pour autant, les ingénieurs font le choix de construire une structure légère et élégante qui sera comme posée délicatement sur le sol. Les quatre stations aériennes, aujourd’hui dénommées Barbès-Rochechouart, La Chapelle, Stalingrad et Jaurès, sont réalisées avec soin, ornées de nombreux motifs décoratifs. Cette première ligne avec une longue section aérienne constitue la partie nord d’une circulaire qui doit se compléter au sud par deux autres lignes, 5 et 6. Sans trop entrer dans le détail historique de la nomenclature des lignes du métro, la boucle sud est aujourd’hui constituée d’une seule ligne 6 d’Étoile à Nation. Là encore, les obstacles sont nombreux avec pour commencer le franchissement des faisceaux ferrés des gares de Bastille, d’Austerlitz et des Invalides. Mais bien pire, il y a deux traversées de la Seine. Pour s’en affranchir, on prévoit là encore passer en viaduc. Sur l’ensemble de l’actuelle ligne 6, il y a quatre sections aériennes, plus ou moins longues. Les deux franchissements de la Seine en constituent les obstacles majeurs, avec à l’ouest une difficulté supplémentaire avec la proximité de la tour Eiffel. L’ingénieur Jean-Camille Formigé est chargé plus spécialement de concevoir ces ouvrages d’art qui doivent être aussi légers qu’élégants.
Ces structures sont aujourd’hui plus que centenaires et malgré la qualité de leur réalisation, il était indispensable de les reprendre en profondeur. L’ensemble du réseau de métro compte trois lignes avec des sections aériennes, outre les 2 et 6 précitées, il y a également un franchissement de la Seine à Austerlitz pour la ligne 5, qui après avoir traversé la gare, se prolonge en viaduc jusqu’à Saint-Marcel. La RATP a lancé une campagne de réfection qui s’est étalée sur plus de 20 ans. Les travaux se divisent en deux phases distinctes : remise en étanchéité et peinture. Les tout premiers chantiers ont commencé en 1997 sur la ligne 6 entre Denfert et Place-d’Italie. Ils ont été suivis en 1999 et 2000 de la mise en étanchéité du viaduc de la ligne 2.
Les MI 84 en rénovation
Proche de celle des MI 79, la rénovation lourde des MI 84 de la ligne B a été retardée par la présence d’amiante. Avec presque un an de retard, les premières rames ainsi rajeunies commencent à être livrées.
Lorsque le marché de rénovation est signé en février 2017, Alstom annonce les premières livraisons de rames MI 84 rénovées pour fin 2018. En fait, la première n’a été réceptionnée à l’atelier RATP de Massy qu’en septembre 2019. Presque une année de retard ! Ce qui a fait bondir Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France et d’Île-de-France Mobilités, qui finance à 100 % les 100 millions d’euros de l’opération. D’où sa visite ce 4 octobre dans l’usine alsacienne de Reichshoffen. Pour mettre la pression, comme elle le dit elle-même, car il n’y a pas de petit marché et que les 980 000 voyageurs quotidiens de la ligne B les attendent avec impatience.
Le marché porte sur la rénovation de 31 rames en tranche ferme et 10 en option. Les rames arrivent de Massy en l’état à l’exception des marchepieds mobiles qui sont retirés pour des raisons de gabarit. Les quatre véhicules sont séparés et tout est démonté : retrait des portes, des vitres, des parois, du garnissage et de l’ensemble des aménagements. Lors de l’opération, sur chaque rame, 5 300 pièces sont démontées puis remontées.
Sur un plan technique (moteurs, traction, bogies, transformateur, etc.), la rénovation ne comporte aucune opération. Le plancher est remplacé avec pose d’un nouveau revêtement de sol (couleur bleue). C’est lors de cette opération que l’amiante est venu perturber le processus et allonger les délais de production. Sa présence était connue puisque le MI 84 a été produit sur le site Alstom de Valenciennes au début des années 80. Mais avec l’usure du temps et la déformation des structures, l’amiante se retrouve sous une forme très désagrégée. Le confinement a dû être adapté. Plus contraignant pour les conditions de travail, le traitement devient aussi plus long. Adapté à chaque véhicule, c’est du sur mesure qu’il faut mettre en œuvre au lieu d’un processus industriel plus répétitif.
De fait, la rame rénovée n’apporte pas de réelle surprise. Selon la volonté d’Île-de-France Mobilités, et par souci d’homogénéité du parc, la rame MI 84 rénovée est identique à la rame MI 79 rénovée. Le voyageur ne verra pas de différences. Les sièges ont été remplacés avec pose d’un tissu de velours antilacération aux couleurs bleu et jaune. Les strapontins sont remplacés par des appuis ischiatiques et les demi-travées retirées sur le RER A ont été remises. La capacité revient donc à 312 places assises (identique au MI 79) au lieu de 216. Il n’y a pas d’espaces pour les gros bagages : seules les premières rames rénovées du MI 79 en sont pourvues. Au niveau des plateformes apparaissent des barres de maintien tribranches. Par contre, pour l’information des voyageurs, le schéma de ligne placé au-dessus des portes reste sous forme papier. Contrairement au MI 79 rénové, la version dynamique avec allumage de plots au niveau des gares desservies n’a pas été retenue.
Alstom révèle le premier véhicule de série Aptis aux RNTP
Alstom a présenté en exclusivité le premier véhicule de série de son bus électrique Aptis lors des RNTP (Rencontres nationales du transport Public) qui se tenaient à Nantes du 1er au 3 octobre.
Après les quatre prototypes qui ont parcouru les routes de nombreuses agglomérations françaises et européennes depuis deux ans, ce nouveau design intègre les retours d’expérience des passagers et des opérateurs de transport.
Ce premier véhicule de série s’appuie sur une architecture globale optimisée nécessitant moins de références de pièces détachées et facilitant considérablement les opérations de maintenance. Grâce à un angle de braquage des roues atteignant 40°, son pouvoir d’insertion augmente significativement. La diminution de 10 % du poids total du véhicule, cumulée à l’utilisation de nouvelles batteries plus performantes, renforce substantiellement l’autonomie. Plus léger, Aptis accueille désormais davantage de voyageurs et propose plus de fluidité grâce à de nouvelles portes coulissantes.
Par ailleurs, Aptis continue ses essais en Île-de-France avec la RATP pour sa future intégration dans le réseau francilien, teste parallèlement en Espagne sa solution de recharge statique par contact au sol (SRS) tout en assurant la formation de chauffeurs avant les premières mises en circulation, prévues en fin d’année à Strasbourg.
Les premières gares du Grand Paris Express
Depuis 2015, le Grand Paris Express est entré en phase travaux. Les premiers chantiers d’envergure ont été ouverts sur les sites de correspondance avec les réseaux existants SNCF et RATP. C’est à hauteur de Clamart, sur la ligne N, que le premier ripage d’importance est intervenu sous les voies SNCF pour établir la boîte de la gare de la ligne 15.
Ce chantier est en voie d’achèvement et la future gare prend forme à 30 m de profondeur sur 120 m de long. Trois niveaux seront à la disposition des voyageurs en correspondance depuis les quais SNCF, le niveau – 1 avec la salle des billets et les lignes de contrôles, le niveau – 2 avec la mezzanine pour choisir sa direction et le niveau -3 avec les quais pour embarquer. Rendez-vous en 2025 pour voir arriver les premiers trains.
La ligne 14 file vers Orly
Pour les Jeux olympiques de 2024, la ligne 14 reliera sur 30 km Saint-Denis- Carrefour-Pleyel à Aéroport-d’Orly. Avec ses multiples correspondances du nord au sud, elle est appelée à devenir la nouvelle colonne vertébrale des transports parisiens.
Certains se demandent encore avec un peu d’inquiétude si la ligne 14 tiendra bien son calendrier de mise en service à l’été 2020 vers Mairie-de-Saint-Ouen. Après différents reports, l’ouverture du prolongement attendue d’abord pour la fin 2017 puis la fin 2019 a finalement été fixée à l’été prochain. À présent que les creusements aux tunneliers sont achevés et que la dernière phase délicate, le passage sous le RER C à Saint-Ouen, s’est déroulée sans incidents, on peut raisonnablement penser que cette échéance sera tenue. Les travaux sont désormais en phase de second oeuvre tandis que la livraison des nouvelles rames MP 14 a commencé. Après des essais de nuit sur la ligne 1, les premiers tours de roues sur la ligne 14 ont démarré à l’automne. La première rame avec voyageurs pourrait circuler en toute fin 2019 ou au début 2020. Avec ce prolongement, on attend surtout une baisse de 25 % de la fréquentation sur les branches nord de la ligne 13, en surchauffe aux heures de pointe depuis plusieurs années. Cette extension ne répond d’ailleurs quasiment qu’à ce seul objectif, doublant pour l’essentiel la ligne saturée. Le nouveau terminus Mairie-de- Saint-Ouen n’est de toute façon qu’une étape avant le prolongement à Carrefour-Pleyel, qui attend l’achèvement de la gare du Grand Paris Express commune aux lignes 14, 15, 16 et 17. Pour cette raison, ces travaux seront réalisés par la Société du Grand Paris avec une mise en service espérée pour l’échéance olympique de 2024.
Cet événement sportif a, en effet, mis un sérieux coup d’accélérateur à certains projets de transports d’Île-de-France. Tous d’ailleurs ne tiendront pas le calendrier comme CDG Express, repoussé de deux ans. En revanche, priorité est donnée à la ligne 14, qui doit impérativement être achevée avant l’arrivée des athlètes. Car si l’on s’est beaucoup focalisé sur la branche nord de la ligne, son développement sud est désormais en pleins travaux.
Bilan Île-de-France 2018-2019 et perspectives
Comme les années précédentes, les années 2018-2019 sont riches en événements dans une région où le réseau de transports urbains et périurbains est en pleine mutation. Installations de sécurité, infrastructures, gares et bien sûr matériels (trains et trams), tous les domaines sont concernés. Et les années à venir resteront dans cette tendance…
Sur les rails d’Île-de-France, Transilien poursuit sa transformation sous l’impulsion de l’autorité organisatrice, Île-de- France Mobilités (IdFM), l’entité dédiée aux transports de la région Île-de-France. La RATP, qui cogère les lignes A et B du RER avec SNCF Transilien, est évidemment dans le même mouvement.
Précisément, pour la ligne A, côté matériel, l’actualité concerne les rames MI 2N. La rénovation des 43 rames a été confiée à l’entreprise espagnole CAF. L’objectif est une remise à niveau de l’intérieur pour tenir la comparaison avec les rames neuves MI 09. La première rame rénovée est attendue en début d’année 2020. Depuis le 18 janvier, le pilotage automatique est complètement déployé. Depuis le 3 mars est opérationnel le nouveau centre de commandement unique de cette ligne au 1,3 million de voyageurs quotidiens. Situé à Vincennes, il rassemble les agents d’exploitation SNCF et RATP comme cela s’était fait en 2015 pour le RER B. Véritable tour de contrôle de l’ensemble de la ligne, il permet de centraliser la gestion du plan de transport, le suivi du matériel roulant et l’information voyageurs. Le 2 septembre, la signalisation de la branche de Cergy est raccordée au CCU. Cette opération mettra fin à plusieurs mois difficiles de travaux sur cette branche et à la NOVEMBRE 2019 31 RAIL PASSION N° 265 mise en service de la quatrième voie de la gare de Cergy-le-Haut. Cette commande et contrôle à distance sont une nouveauté technique inédite en Île-de- France, qui n’a pas été reprise pour le RER B : la partie nord de la ligne dépend de la CCR de Saint- Denis et la partie sud du CCU de Denfert-Rochereau.
Depuis la rentrée, la desserte de Val-d’Europe est renforcée en pointe du soir avec désormais l’arrêt de tous les trains venant de Paris ; une mesure rendue possible par la création de remisage supplémentaire à Chessy.
L’extension du tram T 8 en concertation publique
Mis en service fin 2014, le tramway T 8 n’est pas achevé. En seconde phase, la ligne, qui part d’Épinay et de Villetaneuse vers Saint-Denis-Porte-de- Paris, doit arriver dans la capitale aux pieds de la gare de Rosa- Parks. Cette nouvelle extension à travers le quartier de la Plaine- Saint-Denis a fait l’objet d’une concertation publique du 9 septembre au 26 octobre. Cette étape où le public était amené à se prononcer sur les variantes envisagées devrait permettre d’engager une enquête publique suivie d’une déclaration d’utilité publique courant 2021, dernière phase avant le début des travaux. À sa mise en service, ce prolongement permettra au T 8 d’être en correspondance avec les RER B et E, les métros 12, 13 et 15, sans oublier le tram T 3 b.

SeaBubbles, le retour
Après avoir effectué quelques essais confidentiels sur la Seine l’année dernière, le taxi volant sur l’eau SeaBubbles a finalement préféré d’autres eaux que celles de la capitale, où la vitesse limite de 12 km/h autorisée sur le fleuve limitait son intérêt. Du 16 au 20 septembre, la préfecture de Paris a finalement autorisé à titre dérogatoire des navigations d’essai à 30 km/h. Ces circulations étaient destinées à évaluer les possibilités et les conditions d’une mise en service commercial de SeaBubbles. Si la préfecture donne son accord, les premiers voyageurs pourraient embarquer au printemps 2020. De son côté, la RATP pourrait être intéressée par un modèle plus capacitaire transportant une centaine de voyageurs.

Trams de Montpellier, un parc complexe à gérer
On a vanté la livrée unique de chacune des quatre lignes de trams de Montpellier. Pour le voyageur, un simple coup d’oeil permet de repérer sa ligne, en particulier devant la gare où tous les tramways se croisent. Pour l’exploitant en revanche, c’est plus compliqué. Cette affectation obligatoire rend difficiles les nécessaires adaptations de service. Pour cette raison, quatre rames de renfort sont de couleur neutre, entièrement noires ou couvertes au besoin d’un pelliculage publicitaire. Mais ce n’est pas encore suffisant et durant l’été on a pu voir des tramways affectés à d’autres lignes que celle indiquée par leur livrée. Ainsi, une magnifique rame aux couleurs de la ligne 2 circulait sur la 3, de quoi troubler un peu les voyageurs malgré les indications collées sur les flancs.

Montréal : le Réseau électrique métropolitain avance
Le projet de nouveau réseau de transport public à Montréal, le Réseau électrique métropolitain (REM) avance. Alors que les travaux s’activent dans les futures stations de correspondance avec le métro, en périphérie le viaduc commence à s’inscrire dans le paysage. Dans le secteur ouest sur la branche de Sainte-Anne-de- Bellevue, une poutre de construction géante pose les voussoirs de la nouvelle infrastructure à raison de 40 m tous les deux jours. Il y a 14,5 km à réaliser en aérien, auxquels s’ajoutent 3,5 km de tunnel dans le secteur de l’aéroport. Des travaux limités à la seule période estivale compte tenu des rigueurs de l’hiver. Une difficulté supplémentaire pour tenir le calendrier avec une ouverture prévue à partir de 2021.