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  • AUTOROUTE ROULANTE La fin prématurée de Fribourg – Novare

    AUTOROUTE ROULANTE La fin prématurée de Fribourg – Novare

    L’autoroute roulante Fribourg-en-Brisgau – Novare cessera de circuler à la fin de cette année. Initialement prévu pour 2028, l’arrêt de ce service mis en oeuvre sur mandat de l’Office fédéral des transports (OFT) et financé en partie (grâce à une indemnisation versée pour chaque camion) par la Confédération suisse, découle de l’interaction fâcheuse de plusieurs facteurs.

    Exploitée par RAlpin (2001, actionnaires à 33,11 % chacun : BLS, SBB Cargo, HUPAC – Trenitalia aussi de 2002 à 2018) (1), l’autoroute roulante (Rollende Autobahn – Rola) Fribourg-en-Brisgau (Allemagne) – Novare (Italie) bénéficie d’un taux d’occupation conséquent (80 %) mais pâtit de taux d’annulation élevés (10 % en 2024). La multiplication des chantiers et des interruptions inopinées oblige à annuler des départs, parce que le service de la Rola est dit « accompagné » (camions et chauffeurs voyagent ensemble) et parce qu’il est inenvisageable, dans ces conditions, d’avoir des convois bloqués en ligne, pendant plusieurs heures. La diminution du nombre de circulations effectives (1 018 au premier trimestre 2024 contre 794 pour 2025, soit environ – 20% en glissement annuel) et de camions transportés influence négativement les résultats financiers qui ne sont plus supportables (en 2024 – 2,2 millions de francs suisses soit – 2,35 millions d’euros). En clair, la rentabilité est mise à mal car les coûts fixes élevés ne peuvent plus être couverts, malgré les subventions, en raison du faible chiffre d’affaires. Dans ces conditions et nonobstant la décision en 2023 de l’Assemblée fédérale de prolonger une dernière fois le subventionnement de la Rola, les actionnaires de RAlpin ont décidé de l’arrêter au changement d’horaire, la Confédération augmentant l’indemnisation octroyée d’ici à cette échéance.

    Les aléas de production (qui n’épargnent pas non plus, en rive droite du Rhin, les circulations Voyageurs et qui ne sévissent pas qu’en Allemagne) ne semblent pas devoir aller en diminuant. Le transport non accompagné est pressenti, autant que faire se peut, pour prendre la suite. Ce changement ne manquera pas d’être, à plus d’un titre, « visible » d’abord par le nombre de circulations que la Rola génère. RAlpin propose normalement, de trois à quatre trains par sens les weekends, contre sept à huit en semaine. Des fluctuations sont possibles en raison des jours fériés dans les trois pays et selon les

  • ALLEMAGNE : DB Regio conforte ses positions

    ALLEMAGNE : DB Regio conforte ses positions

    L’opérateur historique DB Regio exploite depuis le 15 décembre 2024 de nouveaux contrats, et en a déjà remporté quatre au premier semestre 2025. Courant pour certains jusqu’en 2040, ces contrats sont souvent joints à des commandes de nouveaux matériels, capacitaires, accessibles et verts pour ceux destinés à remplacer la traction diesel.

    Depuis le début du service annuel 2025, DB Regio exploite six nouveaux contrats, en plus de celui attribué à sa filiale Start Mitteldeutschland (voir Rail Passion n° 330 page 33).

    Des Flirt Akku pour DB Regio Nordost dès fin 2026

    DB Regio Nordost s’est vu attribuer en février 2022 le contrat d’exploitation des relations Warnow II pour une durée de 15 ans à partir du 15 décembre 2024. DB Regio continue d’utiliser des automotrices électriques Talent BR 442 pour ces trois relations (S 1 Rostock – Warnemünde, S 2 Warnemünde – Schwaan – Güstrow, et S 3 Warnemünde – Laage – Güstrow) du réseau de S-Bahn de Rostock. Des automotrices hybrides électriques-batteries Flirt Akku, que DB Regio a commandées mi-février 2022 en 19 exemplaires à Stadler, devraient être engagées dès décembre 2026 sur les relations du réseau H-Netz Warnow II, qui représente un volume annuel de 1,5 million de trains-kilomètres, RB 11 Wismar – Tessin, RB 12 Bad Doberan – Graal- Müritz, et RB 25 Barth – Stralsund en remplacement des Desiro diesels BR 642.

    Des Dosto et Talent 2

    en attendant les Coradia Max DB Regio Niedersachsen a été sélectionné en juillet 2023 par l’autorité organisatrice de transport de l’État de Basse-Saxe LNVG pour l’exploitation à partir du 15 décembre 2024 pour une durée minimum de 13 ans du réseau Expresskreuz Bremen/Niedersachsen qui comprend les RE 1 Hanovre – Brême – Oldenburg – Nordeich Mole/Wilhelmshaven, RE 8 Hanovre – Bremerhaven- Lehe, et RE 9 Osnabrück – Bremerhaven- Lehe, et ce avec 34 automotrices électriques Coradia Max, qui ont été commandées à Alstom. En raison de retard de production, les premières ne devraient être engagées en service commercial que fin 2025. En attendant leurs livraisons, DB Regio utilisent des rames réversibles de voitures à deux niveaux Dosto tractées par des BR 146, ainsi que des automotrices Talent 2.

  • Le pont des Souverains rend ses tabliers

    Le pont des Souverains rend ses tabliers

    C’est un chantier hors normes d’un montant de 34 millions d’euros qui est en cours à proximité de la gare Saint-Lazare. Hors normes par le volume de tabliers à remplacer, hors normes pour son emplacement névralgique et hors nomes par la méthode employée.

    Cet ouvrage a été construit en 1868 pour créer le raccordement de Courcelles entre la ligne d’Auteuil et la Petite Ceinture rive droite dans le XVIIe arrondissement de Paris. Des travaux considérables ont dû être réalisés pour traverser dans sa plus grande largeur le faisceau des lignes de la banlieue de Paris-Saint-Lazare et des lignes normandes. Il longe le boulevard Berthier.

    Aujourd’hui, l’environnement urbain a complètement changé. Cet ouvrage atypique doit son nom à bon nombre de têtes couronnées qui empruntaient des trains spéciaux notamment vers la gare du Bois-de-Boulogne (Avenue- Foch aujourd’hui) : d’où la voie des Souverains et le pont des Souverains. Au fil des années, la Petite Ceinture a perdu son trafic, voyageurs comme marchandises. Mais le RER C et son prolongement au nord baptisé VMI (Vallée de Montmorency- Invalides) vont redonner une activité voyageurs intense à ce tronçon. Depuis septembre 1988, ce sont donc les automotrices Z 2N qui empruntent cet ouvrage. Concrètement, situé entre les gares de Pont-Cardinet et Clichy- Levallois, l’ouvrage d’une centaine de mètres de long supporte les 13 voies sur lesquelles circulent

  • Slovaquie : les ZSSK modernisent leur parc d’automotrices électriques

    Slovaquie : les ZSSK modernisent leur parc d’automotrices électriques

    Depuis 2018, l’opérateur historique voyageurs slovaque ZSSK s’est lancé dans l’acquisition d’automotrices électriques, avec plusieurs commandes d’un total de 45 RegioPanter et huit Kiss. Par ailleurs les ZSSK ont lancé en mars 2025 deux appels d’offres pour 15 automotrices électriques et jusqu’à 36 automotrices hybrides électriques-batteries.

    À la naissance de la Slovaquie indépendante le 1er janvier 1993, l’entreprise ferroviaire créée, les ŽSR (Železnice Slovenskej republiky), dont l’activité voyageurs devient le 1er janvier 2005 ZSSK (Železničná spoločnosť Slovensko, a.s.), hérite d’une partie du matériel roulant des chemins de fer tchécoslovaques, les ČSD. Au niveau automotrices électriques, les ŽSR reprennent 24 automotrices à écartement de 1 435 mm, dont 16 série 460 (ex- EM488.0 des ČSD) à cinq caisses et pouvant fonctionner sous 3 000 V CC dont les derniers exemplaires encore en circulation sont radiés en mai 2024, et huit série 560 (ex-SM488.0 des ČSD) à quatre caisses radiés en 2015. Afin d’augmenter leur capacité de transport en particulier dans la banlieue de Bratislava, les ZSSK commandent en décembre 2008 au constructeur Škoda Vagonka 19 automotrices à deux étages série 671, bicourant 3 000 V CC – 25 kV 50 Hz, à trois caisses, qui sont livrées de 2010 à 2015. Aptes à 160 km/h, les 671 ont une puissance continue de 2 000 kW, une vitesse maximale de 160 km/h, et une capacité totale de 640 places dont 307 assises.

    Le matériel à voie métrique en partie renouvelé

    Pour moderniser le parc d’automotrices utilisées sur les lignes du réseau à voie métrique des Tatras TEŽ (Tatranské elektrické železnice), et en particulier remplacer les automotrices série 405.95 de 1969, les ZSSK commandent en 2018 au constructeur suisse Stadler cinq automotrices électriques, fonctionnant sous 1 500 V CC, série 495.95 pouvant fonctionner en mode adhérence à la vitesse maximale de 80 km/h et en mode crémaillère à 20 km/h, et d’une capacité de 91 places assises.

  • Mouvements du matériel moteur SNCF de janvier à avril 2025

    Mouvements du matériel moteur SNCF de janvier à avril 2025

    Les plus attentifs d’entre vous l’ont assurément remarqué : de nombreux matériels moteurs anciens circulant en France reçoivent de nouveaux phares à LED. Recherche d’une baisse de la consommation électrique, obsolescence des lampes à incandescence, disparition prochaine des lanternes de queue ? Faisons toute la lumière sur ces évolutions de la signalisation avant et arrière des trains.

    Si l’on équipe le matériel moteur roulant sur le réseau français de nouveaux feux à LED ce n’est pas seulement parce qu’ils consomment (beaucoup) moins que leurs prédécesseurs équipés de lampes à incandescence, c’est aussi parce que ces dernières vont être prochainement rattrapées par l’épuisement de leurs stocks, conséquence de leur interdiction de fabrication et d’importation en Europe, échelonnée depuis 2012 successivement pour les lampes à incandescence, les lampes à incandescence à capsule halogène, les tubes fluorescents et autres lampes fluocompactes.

    Pour autant, le motif premier qui conduit au remplacement dès à présent des phares à lampe à incandescence par des feux à LED, est l’obligation de l’acceptation des plaques réfléchissantes en queue des trains de marchandises dans toute l’Europe à compter du 1er janvier 2026

    Signalisation arrière des trains de fret par plaques réfléchissantes

    Les plaques réfléchissantes à triangles rouges et blancs sont utilisées dans la majeure partie de l’Europe depuis des années pour réaliser la signalisation arrière des trains de fret. Toutefois, certains États européens dont la France interdisaient historiquement l’usage de ces plaques et imposaient l’utilisation de lanternes de queue.

  • X TER 72500 Leur retrait s’accélère

    X TER 72500 Leur retrait s’accélère

    Apparus à la fin des années 90, les X 72500 sont au complet en 2000 et sillonnent la France. Cette série de plus de 100 éléments a rendu de multiples services, il faut toutefois noter qu’elle n’était pas exempte de dysfonctionnements. Le retrait de ces autorails s’accélère au terme d’une carrière relativement courte assortie de parcours globaux très modestes.

    Élégants et très confortables avec des aménagements proches des voitures Corail, les X 72500 de la SNCF sont nés à la fin des années 90. Commandés à Alstom par plusieurs régions pour les liaisons régionales, ils se font attendre, obligeant à desserrer le programme d’amortissement des séries anciennes d’EAD X 4300, 4500, 4630, RGP 1 et 2 et X 2800. C’est le premier matériel moteur de la SNCF qui va être imaginé par un cabinet de design (MBD design). D’une puissance de 1 200 kW, les X 72500 sont aptes à 160 km/h après des essais en Charentes-Poitou, Aquitaine, sur les lignes pentues du Transpyrénéen oriental et la ligne des Alpes. Des dysfonctionnements techniques et des incidents divers perturbent gravement leurs premières années de fonctionnement d’abord aux dépôts de Limoges, Tours-Saint- Pierre et Nantes où ils commencent leur carrière. Cela entraîne leur retour à l’usine Alstom d’Aytré au grand dam des conseils régionaux pour deux opérations techniques : • Rétrofit 1, portant sur des modifications des systèmes de sécurité et l’installation de nouvelles versions du système informatique embarqué ;

    • Rétrofit 2 avec plus de 200 modifications pour résoudre les problèmes de confort de voyageurs et atténuer les bruits émanant des groupes électrogènes chargés de fournir l’énergie autre que celle nécessaire à la traction. Autre grief de poids peu favorable aux liaisons à arrêts fréquents, les longues séquences de fermeture et d’ouverture des portes (une seule par caisse) allongent les stationnements dans les gares. S’ajoutent par ailleurs des problèmes récurrents de fermeture des capots d’extrémité cachant l’attelage automatique, conduisant à une limitation à 120 km/h.

    Par ailleurs l’EIMM de Nevers, désigné comme atelier directeur de cette série pionnière, procède à de nombreuses interventions et modifications de détail retardant le plein emploi des engins conçus pour assurer la relance des transports régionaux. Commandée en 105 exemplaires (90 bicaisses et 15 tricaisses), la série offre 22 places de 1re classe et 128 de 2de pour la version bicaisse, 22 et 206 en version tricaisse. Les engins sont partagés originairement entre 12 régions : • 12 au Centre affectés à Tours-Saint-Pierre, 15 à la Basse- Normandie entretenus à Tours et mis progressivement à trois caisses, puis basculés à Caen ; • six au Limousin, cinq au Poitou-Charentes, 12 à l’Aquitaine, huit à Midi-Pyrénées tous basés au dépôt de Limoges ; • 10 aux Pays de la Loire stationnés à Nantes-Blottereau ; • 15 à Rhône-Alpes avec rajout ultérieur d’une remorque intercalaire et trois à l’Auvergne, deux à la Bourgogne tous entretenus par le dépôt de Lyon-Vaise ; • 12 à Provence-Alpes-Côte d’Azur et cinq au Languedoc- Roussillon basés à Marseille-Blancarde avec acheminement à vide jusqu’à Nîmes.

    L’engagement commercial en US, UM 2 et UM 3 débute sur la radiale secondaire Paris – Tours par Châteaudun, puis sur la relation intervilles Paris – Dreux – Argentan – Granville où les déboires vont en se multipliant. Des gains de temps en découlent cependant tout comme sur les relations de Tours à Vierzon et Nevers, Limoges à Bordeaux, Bordeaux à Montde- Marsan et Sarlat, Toulouse à Clermont-Ferrand via Capdenac, Aurillac, Marseille à Veynes et Briançon, Romans-Bourg-de-Péage à Briançon via Valence-Ville, Die et Veynes. Le parc lyonnais engagé sur Lyon – Grenoble et sur Annecy – Chambéry – Grenoble, assure une tournée internationale débordant sur la Suisse de Genève à Valence via Chambéry, Grenoble, qu’il perdra un peu plus tard. Des investigations concernent la rame X 72547/72548 Aquitaine comme prototype pendulaire, abandonné en 2000.

    Alors qu’en 2000 la série est enfin au complet et couvre tout l’Hexagone à l’exception du Nord et de l’Est, une commande subsidiaire de 12 éléments tricaisses (72711/12-72733/34) est passée à laquelle s’ajoutent deux remorques pour forcement de deux rames Bourgogne (72581/82, 72615/16). Cette adjonction s’étale jusqu’en 2004 avec deux rames Bourgogne gérées par Lyon-Vaise puis mutées à Nevers, de six à la région Picardie pour tournées Amiens – Boulogne – Calais, Amiens – Laon et Saint-Quentin, Laon – Paris-Nord, de quatre à Champagne-Ardennes détenues par le technicentre de Longueau pour des courses IC Paris-Est – Troyes – Chaumont – Culmont-Chalindrey. Les éléments de Nevers assurent un moment des tournées jusqu’à Dijon puis des missions nouvelles de Dijon à Paris-Lyon avec pointes à Auxerre et Avallon rapidement reprises par des éléments B 81500 neufs.

  • La ligne du Médoc : entre l’Atlantique et l’estuaire de la Gironde

    La ligne du Médoc : entre l’Atlantique et l’estuaire de la Gironde

    S’étirant sur une centaine de kilomètres, la ligne du Médoc est établie dans un environnement comportant peu d’obstacles naturels, elle ne compte donc que très peu d’ouvrages d’art. La desserte TER actuelle, renforcée en été sur Bordeaux – Le Verdon et Pointe-de-Grave, s’étoffe. À l’horizon 2028-2030, de nouvelles solutions de transport cadencé seront offertes à la région avec le projet de SERM girondin.

    L’actuelle voie ferrée numérotée 584 au catalogue du RFN qui traverse un paysage particulièrement plat entouré de vignobles, de cultures et de landes fait l’objet d’une déclaration d’utilité publique publiée par décret impérial du 4 mars 1863, en faveur de la Compagnie du Médoc. Ayant son origine en gare bordelaise de Saint-Louis sur la rive gauche de la Garonne dans un quartier industriel avec docks et usine, la voie unique progresse très lentement vers la pointe du nord du département de la Gironde à travers le célèbre vignoble médoquin avec ses châteaux aux crus réputés (1), atteignant Macau en 1868, Moulis-Listrac en 1869, Pauillac en 1870, Lesparre en 1873, Soulac-sur-Mer en 1874 et Le Verdon-sur- Mer en 1875, à 99,8 km de son origine. Établie en voie unique, la gare terminale de Saint-Louis est exploitée en commun avec trois voies à quai pour les trains du Verdon, quatre voies pour ceux de la Société économique qui a ouvert la ligne secondaire à voie normale de Bruges à Lacanau dès 1885, prolongée à Lacanau-Océan en 1905. Depuis 1884 elle exploite une longue rocade Nord – Sud greffée à Lesparre desservant Hourtin, Lacanau, Andernos jusqu’à Facture en longeant la rive septentrionale du bassin d’Arcachon.

    Pour les marchandises, la gare de Saint-Louis dispose à l’arrière d’un petit triage d’un dépôt de locomotives et de voies d’accès aux docks et usines, lesquelles se prolongent par une voie des quais sur la rive droite du fleuve avec raccordement à Saint-Jean, seule connexion avec la Compagnie du Midi. L’artère Bordeaux – Le Verdon est tracée dans un environnement ne comportant aucun cours d’eau marquant, ni collines, d’où l’absence d’ouvrages d’art, sauf de part et d’autre de Pauillac où le profil en long quoique marqué par de courtes rampes en 10 mm/m n’excède pas l’altitude 22 m, un record sur la SNCF. Son tracé est ponctué de plusieurs grands alignements : 5 867 m entre Margaux et Moulis, 5 622 m et 5 735 m entre Vertheuil et Lesparre, 11 839 m entre Gaillan et Talais-Grayan. En 1896, la création des appontements de Trompeloup raccordés par un embranchement au nord de Pauillac permet l’escale de navires de haute mer de la Compagnie générale transatlantique. En 1902 intervient le prolongement sur 2 500 m de la ligne du Verdon à Pointe-de-Grave, ouverte au trafic voyageurs uniquement l’été, où des bacs permettent de traverser l’estuaire jusqu’à Royan en territoire charentais. Le 1er décembre 1911 la Compagnie du Médoc

  • À Tournan, le vin continue de prendre le train

    À Tournan, le vin continue de prendre le train

    Alors que le transport du vin par wagons animait bon nombre de cours fret et d’ITE, celui-ci est aujourd’hui réduit à la portion congrue. Les plans Fret SNCF successifs et la fin de la filiale spécialisée Vinirail sont passés par là. À Tournan-en-Brie en Seine-et-Marne, un établissement vinicole continue de confier au rail des volumes importants et croit en ce mode vertueux.

    À 15 h 27 une rame de 10 wagonsciternes tractés par la BB 75437 d’Hexafret longe les bâtiments de la Compagnie française des grands vins (CFGV), leader européen du vin mousseux hors champagne. L’entreprise créée en 1909, auparavant implantée aux chais de Bercy, utilise depuis le rachat de son ITE en 1984 le train pour acheminer une partie du vin nécessaire à l’élaboration des différentes marques commercialisées. Elle est raccordée à la ligne reliant Gretz- Armainvilliers à Coulommiers. Les volumes nécessaires sont en effet impressionnants pour ce site qui dispose d’une capacité de stockage de 13 millions de litres dans de gigantesques cuves, et produit plus de 50 millions de bouteilles par an. Elles sont quelque 200 000 provenant de verreries de France et d’Allemagne à arriver chaque jour, trafic que l’entreprise regarde pour transférer vers le ferroviaire. La longueur de la voie ferrée dans l’enceinte de l’usine, légèrement amputée en 2019, pourrait ainsi être doublée afin d’augmenter sa capacité. Par le passé, l’embranchement accueillait des dessertes de 24 wagons, livrées en demi-rames grâce à l’utilisation d’un faisceau de voies de service à Gretz.

    Chaque mois, 10 wagons de type Zas représentant 600 000 l sont en moyenne expédiés par la société italienne Lotras, spécialisée dans le transport multimodal de liquides alimentaires, depuis le nord de l’Italie. Les mentions « Nur füer Lebensmittel » (Juste pour les courses) et « Wine and Must » (vin et moût) permettent à un observateur avisé de déterminer la nature de la marchandise transportée. Trenitalia et Hexafret via son offre MLMC assurent la traction des convois, passant par Vintimille pendant l’interruption en vallée de la Maurienne, non sans générer un surcoût peu favorable au fret ferroviaire. Seul le parcours terminal depuis Le Bourget vers Tournan est assuré en traction diesel.

    Toutes les mesures utiles sont prises, conformément à une réglementation draconienne, pour préserver la qualité des vins transportés : wagons plombés en vanne de fond et capot, plombs numérotés avec contrôle de concordance à l’arrivée par le caviste, prélèvement et analyse physico-chimique et organoleptique en laboratoire… Les citernes seront dépotées via des canalisations inox, et le précieux liquide envoyé vers les cuves grâce à des pompes. Lotras remet un certificat de lavage des wagons dans les règles de l’art à chaque expédition. La CFGV dispose d’une semaine maximum pour vider la totalité de la rame. Franck Fortin, responsable élaboration process, et Cédric Bombart, chef de cave, rappellent l’importance de limiter le vide lors du transport afin de diminuer l’oxydation et le ballant du liquide.

    Lorsqu’on regarde la rame de 150 m et 880 t de masse sur rail refouler dans les emprises du client, évitant ainsi 23 camions sur nos routes, on se dit que le choix de la CFGV est le bon pour décarbonner la logistique et renforcer la sécurité routière. Un label « prend le train » à l’attention des consommateurs était évoqué dans un des innombrables rapports sur le nécessaire développement du transport des marchandises par le rail. Sûrement une bonne idée à concrétiser, même si il faut le rappeler la consommation avec modération s’impose y compris pour les « boissons ferroviaires » !

  • PROVENCE-ALPES-CÔTE D’AZUR Vers une décennie de travaux sans précédent

    PROVENCE-ALPES-CÔTE D’AZUR Vers une décennie de travaux sans précédent

    SNCF Réseau met le paquet en région Paca. Des travaux hors normes ont commencé sur toute la ligne Marseille – Vintimille, ils devraient durer 10 ans. Objectif : la rendre plus performante pour répondre aux besoins croissants de déplacements dans la région. À terme grâce aux projets Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur (LNPCA) et Haute performance de Marseille à Vintimille (HPMV), les trains allant vers la Côte d’Azur seront plus nombreux. Faisons le point.

    C’est un petit immeuble anonyme non loin de la gare SNCF de Marseille-Saint-Charles. Anonyme mais pas banal. Le 6 avril dernier, ce centre de commande unique a été livré par Spie Batignolles à SNCF Réseau après deux ans et demi de travaux, pour un montant de 28 millions d’euros. Le résultat est spectaculaire : un atrium traverse le bâtiment composé de deux étages, permettant à la lumière d’inonder les couloirs alentour. Jouxtant l’atrium, une salle d’exploitation de 672 m2, ultramoderne, a été créée. Le COGC (centre opérationnel des circulations composé de régulateurs circulations) et le CSS (central sous-station composé des régulateurs de la traction électrique) s’y sont installés. Dans quelques années, cette salle hébergera la tour de contrôle du réseau ferroviaire de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (voir encadré). Cette mise en service est d’une importance capitale pour les projets de SNCF Réseau dans la région.

    Sans lui, les deux projets phares de SNCF Réseau en région Paca, HPMV et LNPCA, seraient restés lettre morte. Ils visent tous deux à augmenter l’offre ferroviaire entre Marseille et Vintimille.

    Des projets qui répondent à des enjeux régionaux et nationaux

    La ligne Marseille – Vintimille est l’une des plus fréquentées de France. Elle dessert un bassin de population de quatre millions de Provençaux et d’Azuréens vivant dans les trois métropoles littorales (Marseille, Toulon et Nice) qui comptent parmi les 15 plus grandes agglomérations de France

  • TGV Ouigo La flotte s’agrandit et se modernise

    TGV Ouigo La flotte s’agrandit et se modernise

    13 ans après le lancement du TGV à bas coûts Ouigo, l’heure est venue de le moderniser. Un programme de rénovation dénommé « Tango » a été lancé et la flotte va s’agrandir avec 12 TGV inOui transformés en Ouigo. De nouvelles destinations sont également prévues.

    L’opération lifting du TGV Ouigo se concrétise. Depuis janvier, un ancien TGV inOui, qui avait déjà roulé 18 ans, a pris la bannière Ouigo après révision et modernisation, pour s’élancer vers le sud de la France. C’est le premier des 12 TGV qui doivent ainsi basculer, d’ici à 2027, du parc inOui pour celui des Ouigo. À ce moment-là, le nombre de rames Ouigo passera de 38 à 50. Et deux ans plus tard environ, toutes les rames devront avoir été rénovées, en grande partie dans l’atelier de Bischheim mais aussi dans celui d’Hellemmes.

    Le design des TGV Ouigo est en effet en train d’être remis au goût du jour, selon Jérôme Laffon, le directeur général Ouigo. « La version actuelle était assez flashy, on a modernisé l’intérieur, on a gardé du rose mais en un peu moins percutant », souligne-t-il.

    Le nombre de sièges augmente

    Un espace « relax » a été créé au milieu de la rame pour permettre aux voyageurs de se retrouver ou de se dégourdir les jambes. Deux emplacements PMR (personnes à mobilité réduite) équipent chaque rame. Des prises individuelles de 220 V ou USB sont installées et huit crochets à vélo sont à disposition. Autre nouveauté pratique, les portes d’accès aux voitures sur les plateformes, qui ont une fâcheuse tendance à se refermer automatiquement au bout de 15 s sur les voyageurs ou leurs bagages, resteront ouvertes 4 min pour permettre un passage plus fluide. « Nous nous sommes inspirés de ce que nous disaient nos clients », résume Jérôme Laffon. « L’approche écologique est aussi importante : nous faisons du recyclage avec les rames, nous avons mis en