Votre panier est actuellement vide !
Blog

Tram de Nice : du Citadis 302 au Citadis 405
Avec la mise en service récente des lignes 2 et 3, la ville de Nice s’est offert le meilleur de la technologie Alstom en matière de tramway. Si le progrès est bien visible en ce qui concerne l’alimentation (pas de ligne aérienne, sauf dans le tunnel), il l’est moins (mais est tout aussi important) pour la tenue de voie d’un tram à plancher bas intégral. Ceci est dû au bogie Ixège qui constitue un réel progrès. Reste à savoir si l’usure de la voie sera aussi raisonnable qu’avec le bon vieux TFS. Réponse dans quelques années…
Le retour du tramway à Nice a lieu en novembre 2007 avec l’inauguration de la ligne 1 (Las Planas – Pont-Michel, 8 km) qui est prolongée de 400 m jusqu’à Hôpital-Pasteur en juillet 2013. Cette année-là, le terminus de Las Planas (là où est situé le dépôt) est rebaptisé Henri-Sappia. La ligne 1 décrit un « U » orienté grosso modo nord – sud et dont la base traverse le coeur de la ville où sont situées deux courtes sections dépourvues de LAC (ligne aérienne de contact). Pour ce faire, le Citadis X 02 (1) de Nice est équipé de batteries (c’est d’ailleurs le seul ainsi équipé en France) de type Ni-MH (nickel-hydrure métallique) qui fournissent 200 kW sous 540 V (2) et permettent de rouler pendant 13 min à 30 km/h.
L’exploitation de la « Ligne d’Azur » est réalisée, à l’origine, par 20 rames Citadis 302 à cinq caisses, numérotées 01 à 20, livrées en 2006- 2007, larges de 2,65 m et contenant 162 places debout et 54 assises. Après 2010, le nom commercial du réseau passe du singulier au pluriel (Lignes d’Azur) pour englober les réseaux de transport en commun de la Métropole Nice- Côte d’Azur et du conseil départemental des Alpes-Maritimes. Rapidement, le tram est pris d’assaut et d’autres rames doivent être achetées afin d’augmenter la fréquence de passage. Les rames 21 à 28, identiques, sont acquises en 2010 mais, dès 2012, les rames 14 à 28 sont rallongées de deux nouvelles caisses et deviennent, selon la terminologie Alstom, des Citadis 402 (sept caisses, 2e génération) dont la capacité passe à 219 places debout et 76 assises.

Le rapport du Sénat qui épingle la SNCF
Le Sénat n’a pas été tendre avec la SNCF. Dans un épais rapport remis à la Commission des finances, la Chambre Haute juge la SNCF coûteuse et peu performante. En cause l’état de l’infrastructure (âgée en moyenne de 29 ans), mais aussi le manque de perspective sur des technologies nouvelles comme l’ERTMS ou encore la CCR, commande centralisée du réseau. Autre point soulevé par le document, le coût du voyage en train jugé trop élevé et surtout manquant de transparence. Toujours régi par le Yield Management, le voyageur n’a pas de repères pour obtenir les meilleurs prix. Le Sénat dénonce pareillement le manque de compétitivité et de productivité d’une entreprise toujours très marquée par sa culture de monopole. Et la concurrence qui arrive est déjà en partie faussée par les liens financiers entre Réseau et le reste de la SNCF.

Un Talent 3 électrique-batteries en service commercial en Allemagne
Un projet initié par Bombardier En 2016, le constructeur Bombardier Transportation avait lancé en partenariat avec entre autres l’Université technique de Berlin, et l’organisme chargé de la recherche sur l’hydrogène et les piles à combustible NOW (Nationale Organisation Wasserstoff und Brennstoffzellentechnologie) le projet de réalisation d’une automotrice hybride électrique-batteries. Ce projet était financé par le ministère fédéral allemand des Transports et du Numérique.
Une automotrice électrique Talent 3 à trois caisses, la 8442 100/600 (EVN : 94 80 8 442 100-7 D-BT H – 94 80 8 843 100-2 D-BT H – 94 80 8 442 600-6 D-BT H), équipée avec quatre batteries de traction lithium-ion installées sur le toit de l’élément central, avait été présentée en 2018 sur le site Bombardier d’Hennigsdorf. De type Bo’2’2’Bo’, cette dernière a une puissance sous 15 kV 16,7 Hz de 2 020 kW et de 1 000 kW en mode batteries, et une vitesse maximum de 140 km/h dans les deux modes (autres caractéristiques : accélération : 1,1 m/s2 ; capacité : huit places de 1re classe-155 places de 2de classe ; masse à vide : 114 t, en charge : 129 t ; longueur : 56,2 m).
Les batteries peuvent se recharger lorsque l’automotrice est sous caténaires ou lors des freinages. Son autonomie est passée de 40 km en 2018, à environ 150 km en 2019. Alstom, qui a racheté Bombardier en janvier 2021, a repris le projet, bien que la production des futures automotrices de type Talent ait été transférée au constructeur espagnol CAF. Après de nombreux essais l’automotrice Talent 3 8442 100/600 a été homologuée fin décembre 2021 par l’EBA (Eisenbahn Bundesamt).
En essai commercial dès le 24 janvier 2022
De nouveaux essais en utilisation commerciale ont été programmés par DB Regio en collaboration avec Alstom et les autorités organisatrices de transport de l’État du Bade-Wurtemberg (NVBW) et de l’État de Bavière (BEG), du 10 janvier 2022 à début mai 2022. Ce n’est que le 24 janvier, que le Talent 3 8442 100/600 a pu être engagé du lundi au vendredi sur une journée de roulement comportant 22 trains commerciaux et de matériel vide circulant soit en mode électrique soit en mode batteries sur la ligne Stuttgart Hbf – Böblingen – Herrenberg – Bondorf bei Herrenberg Eutingen – Horb (Stuttgart – Horb [matériel vide], un Horb – Herrenberg, un AR Herrenberg – Eutingen, trois AR Herrenberg – Bondorf, quatre AR Herrenberg – Eutingen, un Herrenberg – Eutingen, un AR Eutingen – Böblingen et un Eutingen – Stuttgart Hbf).
Depuis le 5 février, le Talent 3 8442 100/600 assure également les samedis et dimanches l‘intégralité de la desserte en mode batteries de la ligne non électrifiée Seenland- Bahn Pleinfeld – Gunzenhausen (16 km), rechargeant ses batteries lors de ses stationnements dans les gares d’extrémité de Pleinfeld, situé sur la ligne électrifiée Nuremberg – Treuchtlingen, et de Gunzenhausen située sur la ligne Ansbach – Treuchtlingen.
Six Talent 3 électriquebatteries pour Vlexx
Le 11 mars, le ministre fédéral des Transports et du Numérique a annoncé lors d’une cérémonie en gare d’Homburg Hbf, que six des 21 Talent 3 série 8442.1, dont dispose l’opérateur Vlexx allaient être équipés de batteries d’ici 2026, l’État fédéral finançant 6,7 millions d’euros des 17 millions de l’opération. La ligne Illingen – Lebach Jabach, qui fait partie du lot 2 Elektro Netz Sarr, dont l’exploitation avait été attribuée à Vlexx en 2017 par les autorités organisatrices de transport de Sarre et de Rhénanie-Palatinat, devait être électrifiée d’ici 2024. Après études, il a été jugé plus rentable d’utiliser des automotrices à batteries plutôt que d’électrifier la ligne.
En février 2020, 11 Coradia hybrides électrique-batteries, ont été commandés à Alstom pour la relation Leipzig – Chemnitz. D’autres constructeurs, comme Stadler avec son Flirt Akku, ou Siemens avec son Mireo Plus B développent des automotrices hybrides électrique-batteries, qui sont une des solutions pour remplacer la traction diesel sur les quelque 450 lignes non électrifiées, que compte le réseau allemand.

Trenitalia investit Paris – Lyon
C’était annoncé. Dès le samedi 18 décembre 2021, au lancement de ses deux AR entre Paris et Milan, l’opérateur italien Trenitalia indiquait que cette desserte s’étofferait de plusieurs nouveaux AR entre Paris et Lyon sur l’axe le plus rentable des liaisons à grande vitesse en France.
Depuis le 5 avril, un AR a été créé : départ de Paris-Lyon à 14 h 30 et départ de Lyon-Perrache à 17 h 11. Le 1er juin s’ajouteront deux autres AR : départ de Paris-Lyon à 8 h 59 et 20 h, départs de Lyon-Perrache à 6 h 21 et 11 h 42. Tous ces trains sont assurés par des rames Frecciarossa 1000. Cinq rames ont été modifiées pour circuler en France. Les trains s’arrêtent en gare de Lyon-Part-Dieu, arrêt unique de leur parcours. Rappelons que les trains italiens Paris – Milan desservent également cette gare de Lyon-Part-Dieu.
Avec cinq AR répartis dans la journée, l’offre alternative aux TGV de la SNCF commence à devenir intéressante. Seul bémol, un des AR, celui de mi-journée, se retrouve dans des sillons très proches du Paris – Milan existant. Par ailleurs, les horaires des trains italiens sont souvent très proches d’horaires de TGV existants comme les départs de Paris à 15 h ou 19 h 56 ou de Lyon-Part-Dieu à 17 h 04 ou 20 h 04. Par contre, le Trenitalia de 11 h 42 au départ de Lyon bouche une absence de TGV entre 11 h 04 et 13 h 04.
Ce sera donc une concurrence frontale sur les prix des billets. Rappelons que les trains Trenitalia proposent trois niveaux de services (Standard, Business et Executive) à des tarifs démarrant à 23 ou 29 euros.
Après deux mois de circulation des trains Paris – Milan, Trenitalia s’est réjoui d’un taux d’occupation moyen de 83 % avec un pic à 98 % pendant les fêtes de fin d’année (calcul fait sur une capacité offerte réduite à 80 % suite aux restrictions sanitaires). La restauration à bord a repris le 16 février. Auparavant, un panierrepas a été remis aux voyageurs des classes Business et Executive lors de leur descente du train puisque le repas est compris dans le prix du billet.
La vente des billets se fait sur le site Internet, dans les bureaux gare de Lyon ou Lyon-Part-Dieu et sur les automates de vente. Les futurs opérateurs, comme la Renfe, vont scruter de près les résultats de Trenitalia.

La Cour des comptes analyse les résultats d’Île-de-France
Dans son traditionnel rapport annuel diffusé mi-février, la Cour des comptes consacre un chapitre à la situation financière des transports en commun de l’Île-de-France. Et les préconisations ne font pas consensus.
La Cour des comptes rappelle d’abord le contexte : 22 % des déplacements se font par les transports en commun soit 9,4 millions de déplacements quotidiens, un budget de fonctionnement de 10,9 milliards d’euros en 2019. Ce budget va être impacté par les projets en cours : création de neuf lignes de métro (15 à 18) et tramways (9 à 13), prolongements de neuf lignes (une RER, cinq métros et trois tramways) et 120 nouvelles dessertes de bus. Le contexte, c’est aussi la crise sanitaire avec les confinements (5 % de trafic [fréquentation] pour 30 % d’offre) puis un retour difficile des voyageurs (60 % fin 2020, 70 % début 2021, 85 % fin 2021) avec une offre redevenue quasi normale.
Les pertes sont de 1,42 milliard d’euros en 2020 et estimées à 1,2 milliard pour 2021. Des décalages de trésorerie sont imposés aux deux opérateurs SNCF et RATP notamment en juillet et août 2020. Sollicité, l’État vient en aide : acompte de 425 millions puis avance remboursable à taux 0 de 1,157 milliard pour 2020, avance remboursable à taux 0 de 800 millions pour 2021. Île-de- France Mobilités est donc engagé jusqu’en 2036. Les investissements sont de 1,3 milliard d’euros en 2019 (5,3 avec la SGP et les opérateurs), puis 1,89 en 2020 et supérieurs à 3 milliards en 2021. Sur la période 2021-2030, l’estimation porte sur 25,6 milliards dont 18,5 pour le matériel roulant. La Cour estime que la capacité d’autofinancement d’IdFM est insuffisante sauf recours à un emprunt excessif.
S’il est trop tard vis-à-vis des contrats engagés de modifier la période 2021-2024, elle préconise de les lisser au-delà à 10 milliards dont 8,5 pour le matériel. Ou alors, il faut des recettes supplémentaires. Tout d’abord en augmentant le passe Navigo bloqué depuis 2017, entre 2 et 3 % par an jusqu’en 2031 pour couvrir l’inflation, préserver la qualité de service et financer toutes les extensions du réseau à venir. La Cour des comptes évoque une tarification sociale (critère des revenus) ou le ciblage des touristes. Ensuite, solliciter les collectivités (départements). La deuxième piste concerne le retour du péage urbain pour les automobilistes en les incitant à changer de mode de transport. Notons que depuis 2017, ils participent un peu au financement des transports grâce à une surtaxe des carburants en Île-de-France d’environ 2 centimes par litre. La troisième piste suggère de tirer parti des plus-values immobilières autour des gares et nouvelles lignes.
Pour IdFM, il n’est pas à l’ordre du jour d’augmenter les tarifs. Au contraire, depuis le 7 mars, un bouclier tarifaire est en place pour l’ensemble des destinations sur les lignes de trains et RER : maximum 4 euros le ticket vendu en carnet de 10 ou 5 euros à l’unité. L’autre priorité d’IdFM est le retour des voyageurs. Quant à l’État, il n’envisage pas de nouvelle taxe (péage urbain ou immobilier). Les collectivités rejettent globalement toute idée d’augmentation de leur participation. Du côté des dépenses, la Cour des comptes propose l’amélioration de la productivité des opérateurs et un meilleur ajustement de l’offre à la demande, d’autant que la baisse constatée des déplacements professionnels liée notamment au télétravail risque de perdurer dans les prochaines années. Par contre, l’augmentation sans précédent des prix des carburants est une nouvelle donnée qui peut changer le comportement.
Pour les investissements, les projets lancés iront à leur terme mais les dérives budgétaires sont inquiétantes et pèseront encore un peu plus dans la balance. Pour le matériel roulant, IdFM peut négocier la cadence de fabrication des contrats lancés sous réserve de ne pas mettre en péril l’ouverture de nouvelles lignes. Pour les nouveaux programmes comme le successeur des Z 2N, on a encore une petite marge de manoeuvre.

Le Réseau express métropolitain européen de Strasbourg est lancé
Dans quelques mois, les trains du Reme circuleront sur le réseau de Strasbourg. Le nombre de circulations sera considérablement augmenté et de nouvelles liaisons transversales verront le jour.
C’est peu dire que les habitants de la région de Strasbourg disposent d’un réseau de transport impressionnant. Depuis la relance du tramway en 1994, le réseau urbain n’a cessé de s’étoffer pour devenir aujourd’hui l’un des plus importants du pays (hors région Île-de-France) avec six lignes, complétées par des bus à haut niveau de service (BHNS) et des autobus. Ce tramway d’ailleurs ne cesse de se développer et une nouvelle phase d’extensions est en cours. Ne tournant plus le dos au Rhin, l’agglomération est désormais engagée dans une logique transfrontalière, illustrée fin 2018 par le prolongement de la ligne D du tram jusqu’au coeur de Kehl. Si le projet de trams-trains est au point mort, certains élus veulent encore y croire. C’est d’ailleurs à cette fin que la ligne C a été prolongée jusqu’au pied des voies SNCF en novembre 2010.
Pourtant, ce n’est pas de ce côté-là que les améliorations du réseau régional sont attendues à court terme. Alors que plusieurs métropoles françaises (comme Lille ou Nantes) envisagent la constitution d’un réseau de RER, Strasbourg est la première à franchir le pas dès cette année. Dans la capitale alsacienne, c’est d’ailleurs plutôt de Réseau express métropolitain européen (Reme) dont il faut parler. Au niveau des TER, l’agglomération est desservie en étoile depuis la gare de Strasbourg dans les directions de Saverne, Niederbronn, Wissembourg, Lauterbourg, Offenburg (en Allemagne), Sélestat via Erstein, Sélestat via Molsheim et Saint-Dié.

Montparnasse. Les métamorphoses d’une gare parisienne (1re partie)
Depuis l’arrivée du chemin de fer dans ce secteur de la capitale, Montparnasse est la seule gare terminus parisienne à avoir changé de localisation au fil des ans. Le développement de ses installations durant l’entre-deux-guerres avec les projets Maine-Arrivée et Maine-Départ n’est pas suffisant pour faire face à l’évolution du trafic. L’abandon de la gare primitive en 1965, associé à une vaste opération d’urbanisme, marque le début de la transfiguration de Montparnasse.
De tous grands terminus en impasse de la capitale, Montparnasse, dans les XIV et XV arrondissements, est la seule grande gare à avoir à plusieurs reprises changé de place au fil des ans.
Il est vrai qu’à l’origine ses installations étaient pour le moins réduites, de très loin insuffisantes et particulièrement malcommodes. À ce titre elle est surclassée par celles de l’Est, du Nord, de Saint-Lazare, d’Austerlitz et de Lyon. Dans l’entre-deux-guerres les installations connaissent une double extension avec les projets Maine-Arrivée et Maine- Départ suivie de l’électrification Paris – Le Mans en 1937.
De nouvelles étapes vont transfigurer le site avec l’abandon en 1965 de la gare primitive remplacée par une opération majeure d’urbanisme, l’adjonction de la gare annexe Vaugirard en juin 1987, puis la couverture de l’ensemble des voies avant l’instauration de la desserte par les premiers TGV Atlantique du faisceau Bretagne-Pays de la Loire en 1989.
Un grand siècle et demi s’est écoulé depuis l’avènement du chemin de fer dans ce quartier de Paris aujourd’hui profondément métamorphosé, pendant lequel l’exploitation a dû s’effectuer dans des installations d’abord tout à fait inappropriées, puis peu à peu élargies pour faire face à des trafics grandes lignes et banlieue en pleine ascension.
La difficile reprise d’après-guerre
Si les installations du complexe de Montparnasse sont intactes, à l’automne 1944 seul peut reprendre un service électrique minimum jusqu’à Versailles, la traction électrique étant au-delà vers Le Mans interrompue. Le 8 septembre, un premier train Paris-Montparnasse – Rouen – Orléans est assuré via Saint-Cyr, Plaisir-Grignon, Mantes, Évreux, Glos- Montfort et le raccordement de La Londe. Peu après, suite à réparations du viaduc de Chérizy en amont de Dreux, quelques trains vers la Bretagne sont assurés en vapeur depuis Montparnasse, via Dreux, le raccordement de Surdon et Le Mans. Ce sera le tour d’un train pour Nantes et Rennes à compter du 30 octobre, prolongé à Saint-Brieuc le 6 novembre. De plus un express pour Cherbourg est détourné via Dreux, Argentan, Mézidon.

Des Z TER rénovées pour les Pays de la Loire et le Centre-Val de Loire
Détenues par trois régions, les Z TER ont commencé leur opération de rénovation mi-vie. À l’instar de la Bretagne, c’est au tour des 21500/21700 des Pays de la Loire et du Centre-Val de Loire de bénéficier de ce programme incluant un volet technique et un aménagement des espaces voyageurs.
Les 57 automotrices Z TER 21500/21700 construites en 2003-2004 arrivent à la moitié de leur parcours. Les trois régions qui en possèdent aujourd’hui lancent un programme mi-vie qui permet de les prolonger de 15 à 20 ans. Après la Bretagne (voir Rail Passion n° 292), voici les rénovations proposées par les deux autres régions. Les Z 21539/40 et 21543/44 des Pays de la Loire sont présentées en gare du Mans le 3 mars tandis que la Z 21519/20 Centre- Val de Loire est présentée le 22 mars en gare de Tours.
Les aspects techniques de l’opération mi-vie sont les mêmes pour toutes les rames des trois régions. La description en est donnée dans l’article sur les rames bretonnes.
La rénovation des Pays de la Loire
Les Pays de la Loire gèrent 21 rames : 13 Z 21500 d’origine et huit Z 21700 modifiées en 2016- 2017 pour pouvoir circuler sur la LGV BPL entre Nantes et Rennes via la virgule de Sablé.
Leur rénovation au technicentre de Nevers-Languedoc démarre en avril 2021 et se poursuivra jusqu’en mars 2025. La première rame rénovée Z 21539/40 revient en juillet 2021 puis une rame tous les trois mois environ puisque les roulements de ce petit parc ne permettent pas de libérer plus d’une rame à la fois. La quatrième rame rénovée revient en mars 2022.
Première surprise dès l’extérieur : l’abandon de la belle livrée colorée des Pays de la Loire à base de bleu clair, violet et gris à filets jaunes. La Z TER rénovée est la première à recevoir la nouvelle livrée Aléop, la marque des transports régionaux depuis 2019.

La Suisse fête ses 175 ans de chemin de fer
L’année 2022 sera celle du 175e anniversaire du chemin de fer en Suisse. Des événements seront à cet effet organisés dans plusieurs régions. Ainsi l’ont décidé les CFF et l’Union des transports publics.
L’ouverture, le 8 août 1847, de la section Zurich – Baden (alias « Spanisch-Brötli-Bahn ») par le Schweizerische Nordbahn est considérée comme l’acte fondateur du ferroviaire en Suisse (1). Depuis, le rôle du chemin de fer dans l’économie et la représentation qu’ont les citoyens de leur pays, n’a cessé de s’affirmer. Consubstantiel à la Suisse « moderne » et porteur de nombreuses capacités d’avenir, y compris celle de composer avec les défis posés par le dérèglement climatique, le train constitue le socle du système de transports publics suisses qui, ébranlé par le Covid, entend regagner la confiance de ses utilisateurs.
Fêter l’acquis commun et renouer avec chaque client seront les deux leitmotivs des célébrations annoncées le 9 mars dernier à Yverdon, où deux locomotives arborant une livrée ad hoc – Märklin et Roco/ Fleischmann sont les sponsors des Re 420 251-1 et Re 460 019-3 – ont été présentées. Ces deux ambassadrices (reproduites et commercialisées dès cette année) circuleront dans les cinq régions concernées (Nord, Est, Centre, Ouest, Centre-Sud), du printemps à l’automne 2022. Les manifestations organisées dans la région Nord se tiendront les 21 et/ou 22 mai dans plusieurs lieux (Baden, Bâle, Dübendorf, Liestal, Olten, Schinznach Dorf, Zurich et environs), impliqueront différents acteurs (Car Postal, CFF, BVB, BLT, CFF Historic, SZU…) et porteront sur des activités variées (visites, emprunts de véhicules historiques…). Il en va de même pour celles se tenant les 11 et/ou 12 juin dans la région Est (Altendorf SZ, Altstätten SG, Herisau, Landquart, St. Margrethen, avec SOB, CFF Cargo, RhB, Stadler, …), les 3 et/ou 4 septembre dans la région Centre (Berne, Bienne, Delémont, Frutigen, Montilier, Spiez avec Bernmobil, BLS…), les 1er et 2 octobre dans la région Ouest (Lausanne, Renens, Vernayaz, Yverdon), les 22 et 23 octobre dans la région Centre-Sud (Amsteg, Bellinzone, Erstfeld, Lucerne, Piotta, Pollegio, Samstagern, Stansstadt, Wassen avec Tilo…).
Des titres de transport spécifiques, alias Cartes journalières 175 ans, seront commercialisés (avec ou sans abonnement demi- prix, en 2de ou 1re classe), de manière à rejoindre à meilleur compte chacune de ces manifestations. D’autres événements (Vapeur sur le Gothard le 18 juin, Lucerne – Interlaken – Lucerne avec zb Historic et RAe 1053 le Ci-dessus : parées de leurs livrées commémoratives, la Re 420 251-1 et la Re 460 019-3 stationnent dans l’enceinte des ateliers d’Yverdon. Ci-contre : Re 460 019-3 sur le pont tournant des ateliers CFF d’Yverdon. (Photos 9 mars 2022) 20 août, Zurich – Heiden avec CFF Historic et Historische Appenzeller Bahnen le 17 septembre…) seront parallèlement proposés et pourront, le cas échéant, nécessiter de substantiels frais d’inscription.
Plus d’information sur : www.175-ans.ch
1. Le premier chemin de fer sur sol suisse remonte à 1844 mais est le fait d’une compagnie étrangère, celle du Strasbourg à Bâle. Pour rappel, le train apparaît en 1855 en Romandie, en 1874 au Tessin et en 1889 dans les Grisons.
Cet article est tiré du n°295 de RAIL PASSION dont voici la couverture :

Le Pechiney tire sa révérence
On ne le verra plus sillonner la région, le train de bauxite s’est arrêté après plus d’un demi-siècle de rotations incessantes entre Fos et Gardanne. Le « Pech », aux compositions très variées, figurait au nombre des trains les plus lourds de France.
C’est désormais fini pour un des trains les plus lourds de France… le célèbre « Pech » ne sillonnera plus les paysages arides de la Camargue, il ne fréquentera plus la mythique PLM qu’il traversait au milieu des paysages provençaux de Miramas à Rognac, il ne zigzaguera plus sur la ligne de Rognac – Aix où il passait sous l’impressionnant aqueduc de Roquefavour, tout comme la gare de Gardanne ne verra plus jamais les véhicules orangés stationner le long de l’usine et de l’ancien bâtiment voyageurs.
Après 50 ans de présence sur les rails, le célèbre train aux multiples compositions atypiques est condamné par la crise sanitaire, associée à une crise économique. Un ou plusieurs engins moteurs pouvaient encadrer jusqu’à une quarantaine de véhicules effectuant des rotations incessantes entre le port de Fos-sur-Mer et l’usine d’alumine de Gardanne.
C’est un train mythique qui quitte la scène ferroviaire.
La naissance d’un train atypique, aux crochets d’engins mythiques
Créée à la fin du XIXe siècle, l’usine de Gardanne extrait l’alumine de la bauxite depuis plus d’un siècle. Cette dernière est tout d’abord issue des mines varoises, puis au milieu du XXe siècle, suite à l’épuisement des gisements, elle est importée de Guinée et d’Australie en complément de la bauxite locale.
En 1968, les premiers trains remplis de bauxite d’importation circulent entre le môle minéralier de Fos où les navires déchargent la précieuse matière première et l’usine de Gardanne qui la transforme en aluminium.

