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Alsace, Lorraine, Champagne-Ardenne: état des lieux ferroviaire avant fusion

Réforme des régions : la nouvelle entité qui va naître de la réunion de ces trois anciennes régions va devoir faire face à des situations très hétérogènes sur le plan ferroviaire. C’est ce que met en évidence l’inventaire qui suit.
L’instauration des nouvelles régions suscite beaucoup d’interrogations et cela est parfaitement légitime. Certaines alliances ne sont pas, a priori, choquantes mais celle de l’Alsace, de la Champagne-Ardenne et de la Lorraine apparaît comme plus étrange, tant les disparités de tous ordres entre ces trois régions sont notoires. Il ne s’agit pas, ici, de polémiquer à propos d’une réforme qui aux yeux de presque tous est inéluctable, mais d’analyser brièvement les composantes de la nouvelle grande région, dont il faut souhaiter qu’elle adopte une appellation plus seyante et plus suggestive que Acal, barbarisme qui n’évoque rien pour qui que ce soit alors que l’expression Grand Est, déjà utilisée par certains, est beaucoup plus éclairante. La force d’une région est très dépendante de sa démographie, qui influe sur la production et la consommation, moteurs de l’économie ; d’emblée, l’Alsace apparaît comme bien placée face à ce ratio avec une densité de population de 225 habitants/km², suivie d’assez loin par la Lorraine avec 100 habitants/km², la Champagne- Ardenne n’en comptant que 52.
En Alsace, peu de disparités, avec la quasi-absence de zones rurales profondes (y compris dans les vallées vosgiennes) et un semis bien réparti de petites villes (l’ancienne décapole) qui participent à la formation d’une armature urbaine équilibrée. Malgré cette apparence urbaine, une agriculture très dynamique coexiste, présentant une panoplie de cultures spéciales comme celles du houblon, du tabac, du chou à choucroute, de la betterave sucrière, auxquelles s’ajoute la viticulture, source de revenu et génératrice de tourisme avec la route du Vin. Les activités industrielles de grande taille diversifiées et les PME bien réparties sur le territoire participent à la prospérité économique générale.
La Lorraine ne présente pas cette homogénéité car, outre le sillon mosellan, d’immenses zones appartiennent au rural profond en Meuse et dans la plaine du département des Vosges, dont les 5/6 sont hors montagne. L’agriculture y tient une place importante avec les grandes cultures de blé et de colza et l’élevage laitier qui génère une importante production fromagère (la quasi-totalité du brie de Meaux d’appellation est fabriquée en Meuse). Au plan industriel, nous n’avons pas ici une diversification très accentuée, d’où une certaine fragilité face aux aléas de l’économie et une forte évasion de main-d’oeuvre au Luxembourg, en Sarre et au Palatinat.
La Champagne-Ardenne comprend de vastes zones rurales profondes, la Haute-Marne, pour ne citer qu’elle, a été un département où l’on a enregistré le plus de fusions de communes (avec la Meuse sa voisine) qui dans la plupart des cas ne dépassaient pas la centaine d’habitants. Le vignoble, dans la Marne et dans l’Aube, apparaît comme la principale richesse de la région, assez dépourvue d’activités industrielles d’importance hormis quelques établissements du domaine de l’agroalimentaire. Les dissemblances observées entre les trois régions sur un plan général (ce qui n’enlève rien aux valeurs intrinsèques de chacune) se confirment par ailleurs au plan ferroviaire avec des politiques
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