Catégorie : Infrastructure

L’actualité des infrastructures ferroviaires en France et dans le monde.

  • Enfin une vraie gare pour Nanterre-Université

    Enfin une vraie gare pour Nanterre-Université

    Halte provisoire depuis plus de 40 ans, la gare de Nanterre-Université devient un pôle multimodal. Le 17 décembre 2015, de nouvelles installations, dans une gare commune RATP-SNCF, remplacent les anciens équipements, inadaptés, au coeur d’un quartier en restructuration.

    Placée sur la ligne de Saint- Germain-en-Laye, la première de la Région parisienne, la halte de La Folie est à l’origine destinée à desservir les ateliers aéronautiques de l’armée. Quelques baraquements en bois vont longtemps constituer l’essentiel des installations de la halte. L’arrivée de l’université des lettres, sur les anciens terrains militaires, à partir de 1964 va donner une nouvelle vie à la station, qui prend le nom de La Folie-Complexe-Universitaire. La gare, pour autant, ne va pas connaître de modifications im – portantes jusqu’à la reprise de la ligne de Saint-Germain par le RER en 1972. C’est à hauteur de La Folie que la nouvelle branche du RER en provenance de Nanterre- Préfecture se raccorde à l’ancienne ligne SNCF de Saint-Germain. Cet embranchement (à l’origine à voie unique), en rampe et forte courbe, a été établi à titre provisoire pour permettre l’acheminement du matériel nécessaire au chantier du RER. À partir de 1969, il est placé sous caténaires pour permettre la circulation des nouvelles rames MS 61 vers l’atelier de Rueil.

    Cette jonction de service est appelée à disparaître après la mise en service d’une nouvelle liaison à partir de Nanterre-Préfecture, au profil moins rude, sur laquelle la vraie gare de Nanterre, dite « gare P », doit être établie. Malgré les plans d’origine, seuls 700 m de galerie seront effectivement creusés, et c’est le raccordement provisoire qui va être utilisé en exploitation par le RER. Pareillement, la halte de La Folie va venir remplacer la « gare P » de Nanterre, qui ne verra jamais le La nouvelle jour. La Folie-Complexe-Universitaire devient ainsi Nanterre- Université à la reprise par le RER en 1972. Les installations vont s’étoffer, mais la gare reste dotée d’un BV provisoire, une structure légère posée au-dessus du faisceau des voies. Le bâtiment est doté de deux halls distincts, SNCF et RATP qui desservent les trois quais par des passerelles métalliques. La correspondance RATP SNCF s’effectue par le BV, de même que par un souterrain établi à l’autre extrémité des quais. La gare, qui est reliée à l’université par une rampe pour piétons, assure également la jonction vers le boulevard des Provinces-Françaises et son quartier d’habitation. Une partie du site contiguë à la gare abrite le parc des services techniques du RER. Depuis la reprise de la branche de Saint- Germain par la RATP, la gare marque la limite d’exploitation des trains de la banlieue Saint- Lazare, qui y sont désormais terminus. Depuis la mise en service de la branche de Cergy, en septembre 1985, certains trains poursuivent vers la ville nouvelle aux heures de pointe en complément de la desserte RATP.

  • Deux postes d’aiguillage multifacettes bientôt remplacés

    Deux postes d’aiguillage multifacettes bientôt remplacés

    Obsolètes, les deux principaux postes de Paris-Lyon feront place en mars 2017 à un poste de technologie moderne implanté dans la future commande centralisée du réseau actuellement en construction à Vigneux-sur-Seine. Le basculement vers cette CCR impliquera l’arrêt total de la gare pendant deux jours. La SNCF se prépare d’ores et déjà de façon à gérer au mieux cette situation…

    Les deux postes principaux de la gare de Paris-Lyon, baptisés postes I et II, ont été construits au moment de l’extension de cette gare entre 1927 et 1935 : création de neuf nouvelles voies à quai (3 à 19), réaménagement du dépôt du Charolais, transfert de l’atelier du matériel à Villeneuve- Saint-Georges, construction de l’estacade des voies 1 et 2 Lavage, reprise des cisailles de l’avant-gare, etc. Le PLM fait le choix de construire deux postes identiques dans un même bâtiment, situé au milieu des voies, peu après l’extrémité sud des quais, dans le prolongement du quai commun aux voies A et 3. Surélevée, la cabine des aiguilleurs domine le site. Les trois étages inférieurs sont occupés par les salles techniques. Le choix technologique porte sur des postes modernes (pour l’époque) à manoeuvre dynamique, dits « postes à pouvoir », avec l’utilisation de l’électricité comme agent de manoeuvre des signaux et des aiguilles. Développé par la compagnie Thomson Houston, le poste comprend des leviers à poignées disposées sur des rangées horizontales.

    Pour commander un itinéraire, l’aiguilleur doit assurer deux actions successives : une traction de la poignée puis une rotation de celle-ci. La traction assure mécaniquement le mouvement de deux barres verticales qui entraînent des balanciers de commande d’aiguilles. Selon la barre qui les manoeuvre, le balancier oscille dans un sens ou dans l’autre et actionne des commutateurs de commande des aiguilles, puisque celles-ci sont munies d’un moteur électrique. Ce dispositif inventé par la compagnie Thomson Houston est plus simple que les versions précédentes de postes à pouvoir et permet, lorsque le nombre d’aiguilles est très important, de placer toute cette mécanique sous la cabine du poste d’aiguillage. La rotation de la poignée entraîne une barre de commande à l’aide d’un pignon et d’une crémaillère. Puis cette barre actionne le commutateur de signal d’origine de l’itinéraire. Dans le cas d’un itinéraire banalisé, sur lequel on peut donc circuler dans les deux sens, la rotation de la poignée peut s’effectuer dans l’un ou l’autre sens. Les enclenchements électriques et mécaniques assurent la sécurité.

  • Paris-Lyon-Bercy : Des infrastructures condamnées à s’adapter

    Paris-Lyon-Bercy : Des infrastructures condamnées à s’adapter

    Au bord de la saturation, le complexe de Paris-Lyon-Bercy doit en permanence trouver des solutions pour y faire face. En optimisant les installations ferroviaires existantes ou en en construisant de nouvelles.

    Les sites de Paris-Lyon et Bercy se caractérisent par des trafics qui sont globalement tous en progression : TGV, TER Bourgogne, Transilien des lignes D et R. La saturation des trains est proche, voire atteinte à certaines heures de pointe. Et ces trains sont pour la plupart à leurs compositions maximales… Plusieurs axes de réflexion sont actuellement suivis pour permettre soit d’améliorer l’exploitation de la gare elle-même, soit d’augmenter le nombre de sillons à disposition sur certaines voies, soit de pouvoir accueillir des trains supplémentaires. La création du futur PAI (poste d’aiguillage informatisé) de la gare de Lyon va permettre la démolition du bâtiment historique, situé au milieu de la plate-forme ferroviaire. La place libérée sera mise à profit pour allonger les voies 5, 7 et 9 de façon à ce que la réception de TGV en UM y soit possible, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. La capacité de la gare s’en trouvera améliorée par la suppression de cette contrainte et ouvrira les portes à une petite capacité supplémentaire. L’utilisation des voies M est appelée à augmenter encore. Jusqu’à présent, ces voies « marchandises » étaient essentiellement parcourues par des mouvements de matériel vide entre les sites de maintenance de Villeneuve (voitures, Transilien, TGV) et ceux de Paris (Bercy pour Transilien, TGV pour Conflans) ou l’approvisionnement direct des gares de Lyon surface et souterraine et Bercy.

    Une première étape est franchie en 1996 avec la création de la bifurcation TGV de Créteil et la mise en place de liaisons directes rapides entre les voies M et les voies rapides au sud de cette bifurcation (Km 10). Les flux TGV et autres (TER, Intercités, ligne R) peuvent ainsi être séparés jusqu’à Paris. Cet aspect technique était incontournable avec la montée en puissance de la gare de Bercy, qui accueille désormais les TER Bourgogne du Morvan et de Dijon – Lyon ainsi que les Intercités de l’Auvergne (Paris – Nevers et Paris – Clermont-Ferrand). En effet, la gare de Bercy n’est accessible que depuis les voies M. En 2017-2018, la gare de Bercy recevra enfin des signaux carrés de voies principales (deux feux rouges) en sortie des voies à quai à la place des tableaux lumineux de correspondance. L’exploitation en sera facilitée et surtout normalisée. L’autre contrainte est le croisement à niveau des voies M avec les voies d’entrée-sortie de la gare de Bercy. L’augmentation combinée des trains à Bercy et de l’utilisation des voies M de et vers Paris-Lyon est gênée par ce cisaillement à niveau, qui empêche la sortie simultanée d’un train de Bercy et l’arrivée d’un train voie 2 M pour Paris-Lyon. Le projet prévoit la construction d’un « terrier » pour la voie 2 M qui passerait ainsi sous les voies de sortie de Bercy. Un point particulier a grandement facilité l’exploitation de ce complexe. Il s’agit du développement des rames automotrices ou réversibles pour le TGV, le TER et les lignes de banlieue combiné à l’emploi de rames-blocs.

  • PARIS-LYON ET BERCY : DEUX GARES EN PERPÉTUEL MOUVEMENT

    PARIS-LYON ET BERCY : DEUX GARES EN PERPÉTUEL MOUVEMENT

    En complément de nos trois articles consacrés à la saga de Paris-Lyon (voir Rail Passion n° 213, 215 et 216), nous vous proposons de revenir en détail sur certains aspects de cette gare. Avec, pour commencer, un retour sur les opérations quasi incessantes de réaménagements de plus ou moins grande ampleur de leurs espaces dédiés au public que Paris-Lyon et son annexe de Bercy ont connu et connaissent encore pour accueillir des flux croissants de voyageurs.

    On l’a vu dans le dossier précédent, la gare de Paris-Lyon date de 1900 pour le bâtiment principal et des années 30 pour la disposition qu’on lui connaît encore aujourd’hui pour l’essentiel. Et, pendant un siècle, le trafic s’est développé et le nombre de voyageurs transitant sur ses quais n’a fait que croître pour flirter avec les 100 millions chaque année (35 millions en grandes lignes et 70 millions en Îlede- France). En 1984, l’ensemble des façades et des toitures du bâtiment principal ainsi que la salle des Fresques font l’objet d’une inscription au titre des Monuments historiques. Enclavés, les bâtiments n’ont pas évolué depuis leur construction. Les évolutions vont d’abord se dérouler en sous-sol. La création de la gare RER (lignes A puis D) à la fin des années 70 entraîne la création d’un lien direct entre la nouvelle salle d’échanges (côté ouest) et la station de la ligne 1 du métro (côté est). Dénommé « passage Diderot », du nom du boulevard desservant la gare de Lyon, il est implanté sous la plate-forme des voies à lettres. Des commerces agrémentent les liaisons. Au début des années 80, l’arrivée du TGV se traduit par la construction d’une salle d’échanges baptisée « salle Méditerranée » démarrant sous la plate-forme des voies à chiffres, se poursuivant sous les voies à lettres en donnant accès à la salle d’échanges des RER.

    Elle débouche de part et d’autre vers la rue de Bercy à l’ouest et vers la place Henri-Frenay à l’est. De nombreux services y sont accessibles ainsi que des commerces. Pour l’arrivée du TGV Méditerranée, en 2001, l’espace de vente situé dans la salle des Fresques migre dans une tente installée cour de Chalon. Nouvelle pause jusqu’à l’arrivée du TGV Rhin – Rhône (15 TGV quotidiens supplémentaires) et le constat d’une très grande exiguïté de la plate-forme « jaune » des voies à chiffres. L’espace disponible entre le bâtiment transversal et les heurtoirs était ridiculement petit, sans possibilité d’installer de vrais commerces et services demandés par les voyageurs. De plus, les flux entre les différentes salles étaient compliqués. C’était particulièrement vrai lors des week-ends de grands départs d’hiver ou d’été. Pour un coût de 60 millions d’euros, la SNCF finance l’extension du hall 2 (nouvelle appellation de la plate-forme jaune). Les travaux se déroulent d’avril 2010 à mai 2012 et débutent par la démolition d’un bâtiment de bureaux…

  • Vias – Lodève : la renaissance partielle d’une ligne languedocienne

    Vias – Lodève : la renaissance partielle d’une ligne languedocienne

    Fermée au trafic voyageurs dans sa totalité depuis 1957, à part quelques rares dérogations, cette ligne de 58 km, qui accueillait encore un petit trafic fret, avait vu son exploitation limitée au parcours Vias – Lézignan en 2009, lequel devait faire l’objet d’une neutralisation peu après. Aujourd’hui, la réactivation d’une carrière de basalte à Florensac va entraîner la réouverture au fret de la ligne sur 8,6 km entre Vias et cette carrière. On parle même d’un renouvellement de la voie

    Dans le sombre avenir de nos petites lignes, une étoile s’allume : Vias – Lodève. Embranchée en gare de Vias sur l’axe Bordeaux – Sète, la ligne à voie unique remontait depuis 1863 la basse vallée de l’Hérault, croisait à Paulhan la ligne Faugères – Montpellier, correspondait en gare de Rabieux avec les Chemins de fer de l’Hérault provenant de Montpellier via Aniane et Gignac. Elle suivait ensuite le cours de la Lergue, contournait l’actuel lac artificiel du Salagou et, après 58 166 m de parcours, venait butter sur le plateau du Larzac à Lodève. Jadis très active, particulièrement dans le raisin de table et les vins, elle fut coordonnée de Paulhan à Lodève en 1939, puis en totalité en 1957. Elle fut parcourue de nombreuses années par les trains de l’Amitié, créés par l’Alta (Association lodévoise du train de l’Amitié), uniques circulations voyageurs subsistant avec le train annuel du pèlerinage diocésain. Après avoir été amputée de son parcours terminal Le Bosc – Lodève pour faire place à la voie express N 9 (1), puis coupée à Aspiran pour laisser passer l’A 75, elle avait vu son exploitation limitée à Lézignan-la-Cèbe, entraînant le 9 juillet 2009 le retranchement au-delà de cette gare. Malgré quelques trains de granulat en 2010 pour des chantiers routiers depuis la carrière des Roches Bleues, la fermeture de la carrière CTSO à Lézignan entraîna la neutralisation du parcours subsistant depuis Vias.

    En 2015, le coup d’envoi de grands chantiers de rénovation du réseau SNCF languedocien est en train d’éclaircir son avenir, cela de deux façons. Cette même carrière de basalte des Roches Bleues, située à Florensac, est en cours d’homologation pour livrer du ballast produit localement. Il pourrait être utilisé pour le programme de renouvellement du réseau structurant languedocien qui a débuté le 15 juin sur la voie 2 Narbonne – Montpellier et qui va s’étaler jusqu’en 2025. Se profile à cet horizon le marché potentiel des 156 km de la ligne nouvelle Montpellier – Perpignan. À raison d’un train de ballast par jour et plus en période de chantier, cela justifie la réouverture au fret du tronçon Vias – ITE carrière de Florensac (8,6 km). Mais cette succession de RVB pourrait avoir pour cette ligne un deuxième effet bénéfique. La récupération de traverses RS en bon état et de barres longues déposées du RVB Narbonne – Montpellier est en cours d’étude afin de remplacer l’actuelle voie, fatiguée, en rails à double champignon datant de la Compagnie du Midi, opération indispensable à la circulation à 30 km/h des trémies modernes chargées à 22,5 t à l’essieu. Les PN feront aussi l’objet d’une remise à niveau, préalable nécessaire à la remise en service de la voie. La pérennité de ce tronçon semble ainsi assurée.

     

  • Quatre opérations en cours dans la périphérie bordelaise

    Quatre opérations en cours dans la périphérie bordelaise

    En pleine effervescence, le complexe ferroviaire de Bordeaux, outre des travaux en gare, est le théâtre d’autres aménagements liés au chantier de la LGV SEA ou concernant l’amélioration de la desserte périurbaine.

    Le noeud ferroviaire de Bordeaux sera relié à la capitale en 2 heures 05 à l’été 2017 par les TGV Atlantique empruntant la nouvelle LGV Sud-Europe- Atlantique, en construction. D’ici là, les chantiers connexes vont bon train en particulier dans la gare principale de Bordeaux- Saint-Jean, où d’importantes améliorations sont en cours pour traiter le trafic futur (voir Rail Passion n° 211).

    En outre quatre projets animent actuellement divers points du complexe, dans un rayon de 15 km. Deux d’entre eux sont des sous-produits de la LGV (quadruplement Cenon – Saint-Jean) et réaménagement de la bifurcation de La Gorp, où se termine celle-ci. Les deux autres concernent les déplacements à caractère périurbain, impliquant dans les deux cas des lignes TER existantes, soutenus par la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) et le conseil régional d’Aquitaine, à savoir :

    • au nord, la création de la ligne du tram-train du Médoc ;

    • au sud, la réouverture du triangle des Échoppes.

    L’augmentation de capacité au nord de Bordeaux-Saint-Jean

    Verrouillé par la présence du célèbre pont de fer à double voie sur la Garonne construit par Eiffel, l’accès des circulations en provenance de Paris, Nantes, Périgueux et Bergerac a longtemps constitué un goulet d’étranglement, qui ne pouvait être maintenu dans la perspective de l’augmentation envisageable des trafics TGV et TER. Pour le supprimer, la SNCF a mis en oeuvre le vaste projet, au nom de baptême Imagé « Suppression du bouchon de Bordeaux », ayant consisté à remplacer l’ouvrage fluvial, à limite d’usure, par un pont à quatre voies en béton en aval, mis en service en deux étapes : mai 2008 et mai 2010. Pour dissocier les courants Nantes et Paris convergeant en amont à la bifurcation de Cenon, une estacade en béton à deux voies sur 1 410 m a dû être construite côté est des voies existantes, avec quais de desserte de 160 m au niveau de la halte de Cenon, à cheval sur l’avenue Thiers, conçue comme pôle multimodal d’échanges avec le tramway ligne A. Si le gros oeuvre de ce quadruplement, se poursuivant côté Nantes par un long mur de soutènement, était terminé en 2014, il reste la pose des voies, installations caténaires et de signalisation, à réaliser en 2016.

    L’insertion de la LGV à La Gorp

    Cette halte sans histoires, datant de l’époque de la Compagnie Paris – Orléans, avait été ouverte lors de la construction de la ligne Paris – Bordeaux au Km 570,545. Implantée sur le territoire de la commune d’Ambarès-et-Lagrave, dont elle est un quartier dans la presqu’île entre Garonne et Dordogne (1), son environnement au fil des ans a connu une vaste urbanisation, pour aboutir aujourd’hui à une population de 14 000 habitants.

  • Tours – Bordeaux. Stupeur et financement

    Tours – Bordeaux. Stupeur et financement

    Casse-tête. D’un côté, une nouvelle infrastructure (Tours – Bordeaux) réalisée par un concessionnaire privé. De l’autre, un transporteur qui rechigne à faire circuler des TGV sur une ligne qui lui coûtera trop cher en frais de péages. Invitées dans ce face-à-face, des collectivités locales à qui l’Etat a demandé de participer financièrement en échange de dessertes. Sauf que la convention de garantie de dessertes signée en 2010 par l’Etat et les collectivités, s’est faite sur le dos de la SNCF. Ambiance…
    Alors que le compte à rebours a commencé
    – la grille des dessertes doit être établie pour juin –, les acteurs en présence n’arrivent toujours pas à s’entendre. La SNCF présente ses calculs : selon elle, la hausse du trafic prévue (+12 %) sur la LGV SEA (Sud Europe Atlantique), qui doit mettre Bordeaux à deux heures de Paris en 2017, ne suffira pas à payer la hausse du prix de l’infrastructure (les péages de Lisea seraient au moins deux fois plus élevés que ceux pratiqués habituellement).
    Conséquence, l’exploitation de cette ligne pourrait coûter au groupe SNCF jusqu’à 150 millions d’euros annuels. Du jamais vu ! De plus, selon Rachel Picard, la nouvelle patronne de Voyages SNCF, il est prévu dans le contrat du concessionnaire que celui-ci aura la possibilité chaque année d’augmenter fortement ses prix (même si les hausses restent plafonnées). « Nous essayons de proposer la desserte la plus ajustée possible », assure Rachel Picard qui demande de faire confiance à la SNCF la mieux à même d’appréhender le marché.
    Une desserte ajustée, qui profiterait de l’atout des TGV (gagner du temps, donc limiter les arrêts), ne va pas dans le sens de l’intérêt des collectivités qui ont mis la main à la poche, en espérant, juste retour des choses, une meilleure desserte de leurs territoires.
    Un collectif d’élus de Gironde, Dordogne et Charente dénonce un « diktat » de la SNCF sur les prévisions de dessertes : dans certains cas, elles auraient été divisées par deux. Les élus s’estiment « floués par le non-respect de la parole de l’Etat » et le somment de « devenir acteur » et de proposer « un meilleur équilibre ».
    En attendant, les unes après les autres, les collectivités annoncent le gel de leurs financements. Jacques Rapoport, le PDG de SNCF Réseau, estime à environ un milliard d’euros le montant de la créance sur cette LGV. « Celles situées au nord de Bordeaux attendent des dessertes alors que la SNCF en annonce moins que ce qu’elles escomptaient. Celles situées au sud attendent le prolongement avec le projet GPSO », commente-t-il. Or, fin mars, la commission d’enquête publique sur les projets de ligne prolongeant Bordeaux vers Toulouse et vers Dax a rendu un avis négatif, mettant en cause leurs coûts et leurs insuffisantes rentabilités.
    Pour trouver une solution, Guillaume Pepy, le président de la SNCF, a demandé une médiation à l’ancien ministre du Travail de François Mitterrand, Jean Auroux qui fait le tour des collectivités concernées. SNCF mène aussi des discussions avec Lisea pour trouver un compromis.
    Des mauvaises langues disent que le chantier Tours – Bordeaux avance bien, tellement bien que Lisea pourrait réaliser de bonnes marges sur les travaux. D’autant que le montant des fonds propres apportés par la société privée sont modestes (8 % environ sur les 8,7 milliards d’euros de travaux) et ses emprunts garantis par l’Etat et SNCF Réseau. De là à établir un parallèle avec l’affaire TP Ferro (voir p. 57), la concession franco-espagnole qui peine à attirer du trafic, il n’y a qu’un pas. Dans le cas de Tours – Bordeaux, quelle que soit l’issue, le privé devrait bien s’en tirer. Les contrats signés sous la vigilance des juristes sont blindés. Alors, SNCF Réseau, prié d’apporter les fonds en attendant une solution, emprunte. Le système ferroviaire n’est plus à quelques milliards près…
     Marie-Hélène POINGT
     


    Des péages trop élevés ?
     

    Mis en cause pour le niveau trop élevé de ses péages, Lisea, le concessionnaire
    de la LGV SEA, espère que la SNCF ne boudera pas la ligne nouvelle et s’interroge sur
    la pertinence d’une baisse de ses tarifs.

    Lisea, société à laquelle RFF a attribué la concession de la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique (SEA) Tours – Bordeaux jusqu’en 2061 travaille sur la commercialisation depuis des mois. Long de 302 km, auxquels s’ajoutent 38 km de raccordements au réseau classique pour la desserte des gares existantes, ce tronçon de LGV représente un investissement total de 7,8 milliards d’euros pour les travaux de génie civil et ferroviaires. Dès mi-2017, date prévue de mise en service commercial, la société concessionnaire, maître d’ouvrage et responsable des financements privés afférents, compte bien commencer à engranger des recettes. Comment ? En percevant un droit de passage auprès de toute entreprise qui roulera sur « sa » LGV. Ce péage servira à couvrir peu à peu le remboursement des emprunts contractés pour financer les travaux, à rémunérer les capitaux investis par les actionnaires, mais aussi à assurer la maintenance de la ligne et le renouvellement des voies. L’équation est simple : plus il y aura de trains, meilleures seront les recettes pour Lisea. Actuellement, il existe 37 allers et retours par jour d’un train qui utilise tout ou partie la ligne existante Tours – Bordeaux. Avec l’effet projet, en particulier un Paris – Bordeaux bientôt effectué en 2 h 05 au lieu de 3 heures et la multitude d’appréciables minutes gagnées sur nombre d’autres villes du Sud-Ouest, la déclaration d’utilité publique prévoyait une dizaine de fréquences en plus chaque jour. Le directeur commercial de Lisea nous expliquait en avril 2014 que l’opérateur principal et dominant devrait tout naturellement être la SNCF. Logique. Mais au vu du péage établi dans le contrat d’origine, qui est de l’ordre de 6 000 euros par train sur ce seul tronçon, celle-ci ne risque-t-elle pas de « bouder » la LGV au profit de la ligne classique dont le péage est environ deux fois moins élevé ? « Potentiellement la SNCF pourrait dire : aller à Bordeaux en deux heures ne nous intéresse pas et nous continuerons à utiliser l’ancienne ligne. Si elle ne le veut pas, nous ne pouvons rien faire ! », reconnaît Laurent Cavrois. Le président de Lisea constate que l’ambition commerciale de la société nationale sur cette relation Paris – Bordeaux n’est pas ce qu’elle a été sur d’autres lignes TGV comme Paris – Lille ou Paris – Lyon. Et cela malgré l’attractivité et le dynamisme de la cinquième métropole française. « Après les problèmes actuels un peu compliqués de négociations, je pense que la réalité va s’installer. Il existe des marchés, les opérateurs vont mettre des trains. » Laurent Cavrois estime qu’un optimal, calculé à l’époque du point de vue de la SNCF et des péages envisagés, qui ne serait plus celui prévu dans le contrat est peut-être à rechercher. « Nous avons le droit de baisser nos péages, mais il y a les créanciers, des dettes à rembourser… Peut-être que si nous baissions nos tarifs de 5 %, nous aurions 10 % de trains en plus. Dans ce cas, nous serions incités à le faire. » Lisea a jusque fin 2015 pour décider.
    Michel BARBERON


     

    « Nos redevances sont comparables à celles pratiquées sur Paris – Lyon »

    Entretien avec Laurent Cavrois, directeur général de Lisea, filiale de Vinci, concessionnaire de la LGV Sud Europe Atlantique.

    Ville, Rail & Transports. La SNCF affirme que les péages de Lisea sont au moins deux fois plus élevés que les péages pratiqués actuellement. Est-ce exact ?
    Laurent Cavrois.
    C’est un faux débat. Les péages des lignes à grande vitesse sont plus élevés que ceux d’une ligne à vitesse classique : on comprend aisément qu’une ligne neuve circulée à 320 km/h n’a pas le même prix qu’une ligne centenaire circulée à 200…
    Les redevances concernant la ligne à grande vitesse Tours – Bordeaux en 2017, ainsi que leurs évolutions, ont été fixées par SNCF Réseau lors de l’appel d’offres en 2009 et inscrits dans le contrat qui nous lie : c’est donc totalement transparent et prévisible pour l’opérateur.
    En réalité, ces redevances sont comparables à celles pratiquées sur Paris – Lyon, ligne très bénéficiaire, qui a eu un fort impact sur le développement économique de la métropole lyonnaise.

    VR&T. Les discussions entre SNCF et Lisea à ce sujet sont, depuis des mois, plus que difficiles. Comment en sortir alors que la SNCF affirme qu’elle va perdre annuellement jusqu’à 200 millions d’euros du fait du montant des péages ?
    L. C.
    Ce sont des chiffres annoncés par la SNCF. Je ne connais pas leur origine mais je pense que le débat public ne devrait pas reposer sur les données internes d’une entreprise, données par définition non transparentes car non auditables.
    Maintenant il faut aussi revenir aux objectifs initiaux qui ont conduit à la réalisation de notre ligne à grande vitesse : si nous sommes ambitieux et créons une offre à la hauteur de cette attente, personne ne perdra de l’argent. Et cette ambition portera aussi ses fruits pour les dessertes intermédiaires qui bénéficieront d’une vraie dynamique, créée par le volume de fréquence proposé.

    VR&T. Qu’est-ce qui pourrait vous inciter à baisser les péages comme le souhaite la SNCF ?
    L. C.
    Quel que soit le niveau des redevances, il restera par définition trop élevé pour l’opérateur. Le débat actuel ne doit pas se focaliser sur les redevances d’infrastructures qui ont été fixées par SNCF Réseau il y a six ans. Les redevances versées à Lisea représentent 20 % des coûts d’exploitation de l’opérateur ferroviaire sur l’axe Paris – Bordeaux. (Sachant que Paris – Bordeaux, ce sont 550 km de lignes dont 250 km gérés par SNCF Réseau et 300 km par Lisea).
    La vraie priorité c’est de concentrer notre énergie sur la façon de faire augmenter les recettes du système : et ce n’est pas en réduisant l’offre (c’est-à-dire le nombre de trains) qu’on attire plus de voyageurs dans les trains. Les options proposées à ce jour par la SNCF sont incompréhensibles et paradoxales. Lisea croit en cette ligne nouvelle, les territoires l’attendent, elles l’ont aussi financée, faisons en sorte d’être tous à la hauteur de l’enjeu. La mise en place de fréquences suffisantes est la condition du succès.

    VR&T. Quelle part des recettes consacrerez-vous à l’entretien du réseau et à son renouvellement au fur et à mesure de l’avancement de la concession ? Qui décide de ces renouvellements et dans quel état devra être la ligne au moment où SNCF Réseau la récupérera ?
    L. C.
    Lisea assume tous les risques du gestionnaire d’infrastructure jusqu’en 2061 : trafic, maintenance, renouvellement. Au même titre que SNCF Réseau sur ses propres infrastructures. Nous avons un cahier des charges très précis qui garantit au concédant une exploitation au-delà de cette échéance dans des conditions optimales.    
    Propos recueillis par M.-H. P.


     

    Le précédent TP Ferro

    Sur la voie de la faillite ?

    Les négociations engagées depuis plusieurs mois entre le concessionnaire privé de la LGV Perpignan – Figueras, ses créanciers, mais aussi l’Espagne et la France, en vue de refinancer sa dette n’ont pas abouti au 31 mars. La justice a donné quatre mois pour trouver une solution.

    Le compte à rebours a commencé. Constitué à parité par les sociétés de BTP française Eiffage et ibérique ACS-Dragados, le consortium TP Ferro, qui affiche une dette de plus de 400 millions d’euros, a été incapable fin mars de rembourser cette somme à ses créanciers, une entente de banques. TP Ferro a dû déposer un dossier d’endettement auprès du tribunal de commerce de Gérone. Sous la vigilance de la justice espagnole, la société a désormais quatre mois pour trouver une issue, soit d’ici à la fin du mois de juillet. Faute de quoi, ce sera la faillite.
    Constructeur et concessionnaire pour 50 ans du tronçon transpyrénéen de ligne à grande vitesse (44 km de ligne mixte voyageurs/fret, dont le tunnel bitube de 8,3 km du Perthus pour un coût d’un peu plus d’un milliard d’euros), TP Ferro encaisse un péage pour chaque convoi, mais le niveau de trafic est très inférieur aux prévisions initiales. Actuellement, six TGV ou AVE SNCF/Renfe (de Barcelone vers Toulouse, Paris, Lyon ou Marseille) empruntent chaque jour et dans chaque sens la ligne, ainsi qu’entre 20 et 30 trains de marchandises par semaine, du port de Barcelone vers Lyon, l’Allemagne ou le Benelux. Si bien que les redevances perçues sont nettement insuffisantes pour rembourser la dette et les intérêts.
    Selon les études prévisionnelles, le trafic devait atteindre une moyenne de 80 trains par jour, une hypothèse sur laquelle s’était engagée il y a onze ans (en février 2004) TP Ferro.
    « Les prévisions de départ étaient complètement irréalistes », raconte un haut fonctionnaire français qui a eu accès au dossier à l’époque. « Il y a eu, dès le départ, une surestimation du trafic et l’Etat l’a laissée passer », ajoute-t-il. Les montants des péages sont aussi en cause. « Les opérateurs de fret estiment que les péages sont trop élevés. Ils préfèrent changer d’essieux à Cerbère », affirme de son côté un expert ferroviaire d’un cabinet suisse.
    De son côté, TP Ferro rappelle que plusieurs obstacles se sont dressés sur son chemin. Le consortium a achevé son chantier, comme prévu, le 17 février 2009, alors que le prolongement espagnol vers Barcelone était encore en plein travaux. Et le premier train de fret n’a pu circuler dans le tunnel qu’en décembre 2010. De plus, la liaison « n’a été raccordée au réseau espagnol à grande vitesse que fin décembre 2013, avec près de cinq ans de retard ». Ce qui a valu à TP Ferro de recevoir des compensations financières. Toujours selon le consortium, « ce décalage, la faiblesse de l’offre de trains de voyageurs proposée par les opérateurs publics historiques, très inférieure à leurs engagements, l’absence de concurrence, faute de libéralisation du secteur et enfin la crise économique particulièrement sévère en Espagne affectent l’équilibre de la concession tel qu’il était prévu à l’origine ».
    Pour l’heure, invoquant des réunions de travail avec son homologue français, la ministre espagnole des Transports ne paraît guère inquiète : « C’est un problème de refinancement et nous espérons que la reprise économique actuelle aidera à résoudre les problèmes financiers », a déclaré Ana Pastor, le 20 mars sur le chantier de la grande vitesse Valladolid – León. TP Ferro ajoute que ses difficultés « n’affecteront en rien » le service ferroviaire entre la France et l’Espagne.
    Et en effet, la situation n’est pas forcément catastrophique pour les deux grandes sociétés du BTP impliquées dans cette affaire. « Si le consortium fait finalement faillite, il perdra le capital. Tandis que les dettes bancaires, elles, seront reprises par les Etats. Au final si l’entreprise réalise de bonnes marges sur les travaux (et on peut faire confiance de ce point de vue-là à ses financiers), elle peut même gagner de l’argent, analyse le même haut fonctionnaire cité plus haut. Et si les pénalités ne sont pas trop élevées (ce que l’on peut penser, les juristes des entreprises de BTP ont l’habitude de blinder les contrats en leur faveur), cela peut être un bon calcul », ajoute-t-il.
    En cas de faillite, les Etats épongeraient donc les dettes et l’infrastructure reviendrait à SNCF Réseau et à son homologue espagnol, l’Adif. « Il y a un an, l’Etat nous a demandé si nous pourrions reprendre cette liaison, confie un haut responsable de SNCF Réseau. Nous avons répondu que nous sommes prêts ».
    Depuis, on attend l’épilogue de cette affaire, qui apporte un nouvel éclairage sur les PPP (partenariats publics-privés), trop souvent présentés comme La solution pour résoudre les questions de financement. Et comme le rappelle un bon connaisseur du secteur : « Finalement, si l’on se reporte au passé, toutes les concessions ferroviaires qui ont permis de constituer le réseau ferré national ont été nationalisées… » Mais à quel prix ?
    Marie Hélène Poingt
    avec Michel Garicoix

     


     

    Maîtrise d’ouvrage directe ou PPP, le débat est ouvert

    Alors que la SNCF et Lisea mènent des discussions pour trouver une solution au conflit qui les oppose, une guerre de communication semble engagée entre les entreprises.

    Au tour de SNCF Réseau d’être piqué au vif après un article paru dans Les Echos du 25 mars dans lequel Lisea indique que ses délais de réalisation de chantier sont bien plus performants que ceux de SNCF Réseau : il va lui falloir seulement sept ans pour réaliser la liaison à grande vitesse Tours – Bordeaux quand 11 ans ont été nécessaires pour achever la LGV Est sous maîtrise d’ouvrage directe de SNCF Réseau.
    Faux, réplique SNCF Réseau, qui estime que ces chiffres sont totalement biaisés. « Les PPP présentent certes des avantages. En recourant à d’autres sources de financement, ils nous ont permis de lancer quatre LGV en même temps. Ils permettent un partage des risques différent et ils apportent un autre regard industriel sur la construction, explique Bernard Schaer, directeur Ingénierie et Projets de SNCF Réseau. Mais en termes de délais, si on veut faire des comparaisons, il faut partir du même point de départ, c’est-à-dire au moment où les procédures sont lancées », ajoute-t-il. Soit à partir du lancement des appels d’offres, que ce soit l’appel d’offres pour désigner le futur titulaire du PPP ou l’appel d’offres pour trouver le maître d’œuvre qui réalisera les études de conception détaillées pour lancer les appels d’offres relatifs aux travaux.
    Dans ce cas, rappelle Bernard Schaer, le délai entre le lancement de la procédure et la mise en service du TGV Est première phase a pris neuf ans, tandis que celui mis pour construire SEA atteindra 10 ans. Selon SNCF Réseau, si on ne prend en compte que la seule durée des travaux à partir du premier coup de pioche, il a fallu sensiblement le même temps, soit cinq ans pour réaliser chacune des infrastructures (toutes deux comparables, tant en ce qui concerne la longueur que les ouvrages d’art).
    Selon lui, les méthodes de chantier sont différentes. « Un groupement intègre à la fois la direction de projet, l’ingénierie et les entreprises, tandis que dans le cas d’une maîtrise d’œuvre directe, il y a d’un côté le maître d’œuvre, de l’autre les entreprises. Mais cela ne signifie pas que les chantiers réalisés en maîtrise d’œuvre directe soient moins innovants. » Bernard Schaer rappelle que plusieurs innovations ont été permises lors du chantier du TGV Est dont les travaux de la seconde phase se sont achevés le 31 mars. « Nous avons innové en matière de pose expérimentale de voie sur dalle par exemple. Ou encore avec les nouvelles traverses dotées de patins réducteurs d’attrition qui doivent permettre de baisser les coûts de maintenance. »
    SNCF Réseau reconnaît qu’un groupement intégré recherche « une intégration industrielle forte » pour baisser au maximum ses coûts. Mais le maître d’œuvre peut aussi pousser dans cette direction en lançant des marchés de conception-réalisation qui permettent de coupler ingénierie et entreprise. Ce qui a été notamment fait pour la pose de voies et de caténaire lors de la seconde phase du TGV Est.   

     M.-H. P.
     


    Atlantique 2017 : 3 000 horaires de trains à changer

    En 2017, le réseau va être complété par deux nouvelles LGV : Bretagne – Pays de la Loire
    et Sud Europe Atlantique. Leur mise en service va modifier profondément toutes les dessertes de la façade ouest et sud-ouest. L’élaboration des nouveaux horaires, qui vont concerner quelque 3 000 TGV, Intercités et TER, fait l’objet d’un projet baptisé « Atlantique 2017 ».

     

    Du jamais vu sur le réseau ferroviaire. Jusqu’à présent les ouvertures de lignes nouvelles avaient lieu au coup par coup. La LGV Méditerranée en juin 2001, la LGV Est-européenne phase 1, six ans plus tard, la LGV Rhin-Rhône fin 2011 pour citer les trois dernières. En 2017, outre le contournement de Nîmes – Montpellier, seront mises en service à quelques semaines près, deux lignes prolongeant les deux branches issues du tronc commun Atlantique en service depuis 1989. La LGV Bretagne – Pays de la Loire (BPL), soit 182 km entre Le Mans et Rennes, et la LGV Sud Europe Atlantique (SEA) longue de 302 km entre les abords de Tours et le nord de Bordeaux. Les 37 minutes gagnées entre la capitale et Rennes, grâce à la première, et l’heure de moins pour atteindre Bordeaux, avec la seconde, auront un impact considérable sur l’ensemble des relations ouest et sud-ouest. Toutes les villes desservies bénéficieront de temps de trajets plus ou moins raccourcis, selon les distances à parcourir. Il faut déjà imaginer, avec SNCF Mobilités et les autorités organisatrices, les futurs services voyageurs qui devront être opérationnels dans un plus de deux ans. Parallèlement à la mission de bons offices confiée à Jean Auroux pour régler les différends entre les collectivités et la SNCF, il faut avancer sur l’organisation générale des services. C’est l’objectif d’Atlantique 2017, un projet baptisé ainsi pour des raisons évidentes. Atlantique 2017, explique Serge Michel, responsable de ce projet à SNCF Réseau, « c’est prévoir, une fois ces lignes prêtes à recevoir les trains, quels services monter sur et autour d’elles puisque sur tout le territoire concerné, depuis la Bretagne jusqu’en Midi-Pyrénées, l’ensemble des horaires de trains va devoir être modifié ».
    Cette direction de projet a été créée fin 2012 chez le gestionnaire d’infrastructure RFF. Cinq années n’étaient pas de trop pour anticiper la préparation des services concomitants à l’ouverture des deux lignes cumulant près de 500 km, plus les raccordements. Dimension particulière et inédite à rappeler, ces LGV ne comportent aucune gare nouvelle et, de ce fait, se trouveront en relation étroite avec le réseau classique. « Ces lignes nouvelles ne vont pas doubler celles existantes mais compléter le réseau actuel et avoir avec lui énormément de relations du fait que les gares continueront à être celles des centres-villes », insiste Serge Michel. Pour les desservir, les TGV quitteront donc l’infrastructure nouvelle et emprunteront une section de ligne classique, puis en reprendront avant de rejoindre la ligne nouvelle. « Nous sommes pratiquement partis d’une page blanche pour écrire la future offre de sillons et les services qui, sur un tiers du territoire national, vont offrir un nouveau fonctionnement au réseau. Nous devions piloter en amont la construction de ses nouvelles performances et élaborer le service pour offrir aux entreprises ferroviaires, aux transporteurs, aux autorités organisatrices des éléments fiables ». Une tâche complexe. Dès lors que les TGV auront un temps de parcours raccourci pour aller de Paris à Poitiers, Angoulême, Bordeaux, Laval, Rennes ou Nantes, la distribution des trains au départ de Montparnasse est remise en cause. Par ailleurs, les horaires TGV dans les gares de l’Ouest et du Sud-Ouest étant modifiés, leur positionnement par rapport aux trains en correspondance et inversement est à revoir complètement. « Rien ne peut être considéré comme figé, sauf une chose dite d’emblée et qui a vite fait l’objet d’un consensus de toutes les parties prenantes. La refonte de l’ensemble des horaires sur la façade Atlantique n’a pas à se propager sur les secteurs Nord, Est et Sud-Est du réseau », poursuit Serge Michel. Tout ce qui se passe à l’est de Massy TGV ne changera donc pas. Ce qui conduit à positionner les TGV intersecteurs vers BPL et SEA aux minutes de passages actuels dans cette gare, les modifications se faisant au-delà, vers Rennes, Nantes ou Bordeaux.
    Premier travail des gestionnaires Lisea et RFF, avec le souci de répondre le mieux possible aux souhaits des activités Intercités, TER, sans oublier le fret : construire l’architecture nouvelle structurante du réseau pour cet ensemble du Grand Ouest, en redéfinissant la distribution des TGV directs, de ceux avec arrêts intermédiaires, des radiaux qui viennent de Paris, des intersecteurs via Massy. Le tronc commun de la LGV Atlantique entre Massy et Courtalain offrant une douzaine de sillons par heure et par sens, ceux-ci sont répartis pour répondre aux besoins TGV, mais aussi à l’articulation avec les TER et les Intercités dans les nœuds de correspondance des gares comme à Rennes, Poitiers, Bordeaux, Saint-Pierre-des-Corps, Limoges, Toulouse… Achevée fin 2014, la première étape a consisté à réfléchir avec l’ensemble des acteurs des activités ferroviaires et autorités organisatrices à leur projection vers l’horizon 2017. Quels services attendent-ils du nouveau réseau ? Souhaite-t-on des TGV directs, des TGV avec un, deux, trois arrêts ? Lors des nombreuses réunions collectives de travail – plus d’une centaine au total – menées dans chaque région, RFF à l’écoute des uns et des autres, a élaboré différents scénarios possibles, étudié les avantages, les inconvénients, les incompatibilités des uns et des autres. La « trame » retenue établit un cadre et, en particulier, cale les principes du fonctionnement de « l’horloge » de Montparnasse qui distribue les TGV entre les trois branches sur les directions de Rennes, Nantes et Bordeaux. Cette étape représente un jalon important de la construction de l’architecture générale. L’objectif consiste maintenant à recueillir les souhaits concrets en sillons, sur 24 heures, des entreprises ferroviaires pour positionner des trains et observer leur articulation. Les entreprises, au pluriel, puisque, outre le fret, même si le transport intérieur de voyageurs n’est pas ouvert à la concurrence, le transport international l’est, avec possibilité de cabotage. La phase actuelle, qui va se prolonger au moins jusqu’à cet été, sera celle de la création d’une grille 24h des activités et sur la base de la trame finale, afin de préparer le catalogue des sillons qui sera proposé aux transporteurs en décembre prochain. La commande effective des sillons est d’ores et déjà prévue en avril 2016.    

    M. B.

     

    Un travail d’équipe

    A l’origine, « Atlantique 2017 » est né d’une initiative RFF. Mais son fonctionnement a vite migré vers un mode gestionnaire d’infrastructure unifié, un GIU avant l’heure en quelque sorte. La préparation du nouveau service ne pouvait se faire qu’en étroite collaboration avec SNCF Infra et avec l’exploitant DCF. Mais aussi avec les autorités organisatrices et les activités nationales et régionales du transporteur (Voyages, Intercités, TER). En parallèle, une réflexion a été engagée dès 2013 avec Lisea, l’autre gestionnaire d’infrastructure en responsabilité de la ligne nouvelle concédée jusqu’en 2061 entre Tours et Bordeaux. Là encore la situation est inédite. Lisea est responsable de la gestion de la capacité et de l’attribution des sillons. Les transporteurs qui emprunteront « sa » LGV seront ses clients et lui verseront directement les péages. Obtenir une bonne coordination entre les deux gestionnaires s’avérait donc indispensable pour garantir une parfaite fluidité au passage de la concession au réseau non concédé et inversement. Il n’y aura bien sûr pas de « frontière » visible entre les deux. Les TGV qui emprunteront la concession viendront du réseau non concédé et poursuivront sur celui-ci, qu’ils aient effectué la liaison entre Tours et Bordeaux de bout en bout ou qu’ils soient sortis de la LGV pour desservir Poitiers ou Angoulême.    

    M. B.


    Pose de voie : sept kilomètres de plus chaque semaine

    Un peu plus de 800 jours… C’est le délai restant pour mettre Bordeaux à seulement 2 h 05 de Paris, soit un gain de presque une heure grâce à l’ouverture de la ligne nouvelle Sud Europe Atlantique Tours – Bordeaux. Les travaux de terrassement et de génie civil ont désormais cédé la place à ceux de superstructure. La plate-forme équipée de ses rails progresse de 7 km chaque semaine.

    Le compte à rebours pour la mise en service de la LGV Sud Europe Atlantique (SEA) est bel et bien engagé. Fin des travaux d’équipements ferroviaires au cours du deuxième trimestre 2016, démarrage des essais dès l’été, tests dynamiques avec circulations de rames ensuite qui précéderont l’homologation de la ligne. Selon la date contractuelle entre RFF concédant et la société Lisea concessionnaire, la mise en service commerciale est prévue fin juillet 2017. Au plus tard, car pour être en phase avec celle de la ligne Bretagne – Pays de la Loire, la SNCF la souhaiterait un mois plus tôt. Des discussions sont en cours à ce sujet. « La bonne nouvelle c’est que nous sommes à l’heure. Notre organisation permet de réaliser des infrastructures de cette ambition, de cette taille de façon plus efficace que la maîtrise d’ouvrage publique », estime Laurent Cavrois, président de Lisea. Si le génie civil et les terrassements avec leurs lots d’impondérables comme de difficiles conditions météo ralentissant parfois les chantiers sont maintenant derrière, tout est pourtant encore loin d’être achevé et les responsables de Cosea, le constructeur, filiale de Vinci, restent prudents. « Le chantier est passé d’une configuration verticale à une organisation en horizontal liée au linéaire de 300 km. Il reste des challenges devant nous, notamment celui du rythme d’exécution des travaux ferroviaires qui est très élevé », explique Gilles Godard, directeur de projet Cosea.
    Sur le terrain, une partie des 13 000 supports caténaire jalonne déjà la plate-forme arrivée à son niveau définitif. Les chemins de caniveaux reçoivent peu à peu leurs câbles signalisation et télécommunication qui friseront les 3 500 km. Début avril, la ligne comportait déjà ses voies sur plus de 90 kilomètres. Au rythme d’avancement moyen de 650 m/jour pour chacune des deux voies, soit 7 km de plate-forme réalisés par semaine, leur pose est menée à partir de deux fronts progressant l’un vers l’autre. Ces fronts, qui après leur jonction repartiront ensuite l’un en direction de Bordeaux, le second vers Tours, ont démarré de deux bases-travaux. Ces sites d’une trentaine d’hectares, employant chacun plus de 200 personnes, sont les véritables cœurs du système ferroviaire. Equipées d’une vingtaine de kilomètres de voies, d’un poste de commandement de contrôle et d’aiguillages, ces bases-travaux servent à la fois de centres de réception, de stockage et préparation des matériaux, de formation des trains-travaux et de leur gestion sécuritaire en ligne. Leur emplacement n’a pas été choisi au hasard. Elles devaient être proches du tracé de la future ligne, d’axes routiers structurants et du réseau ferré existant. « Les bases sont les cordons ombilicaux de la ligne. Elles reçoivent par la route et le rail tous les matériaux et matériels nécessaires à sa construction et les redistribuent », résume l’un de ses directeurs. Appelées à muter en futures bases de maintenance de la ligne en exploitation, qui sera alors assurée par Mesea (futur exploiteur-mainteneur), leurs vastes installations seront réduites à l’issue des chantiers.
    Au nord, la base de Nouâtre-Maillé (Indre-et-Loire) doit équiper en superstructure 120 km de linéaire entre Tours et Poitiers. Comme la mise en œuvre développée pour la première fois sur la LGV Est phase 2, la pose des voies s’effectue selon une technique particulière mise au point par la société ETF (groupe Vinci) qui s’est inspirée d’une méthode pratiquée en Australie. Distribuées au préalable par camions à un rythme de 2 000 unités par jour et stockées par « paquets » de 40 tous les 24 m le long de la plate-forme, les traverses monoblocs en béton armé sont déposées par le préhenseur hydraulique d’une grue dans une remorque de pose à haut rendement. La « pondeuse » comme certains la surnomment, dispose d’un système piloté par automate de contrôle qui synchronise les différentes fonctions de cycles de pose et positionne à l’arrière les traverses sur la plate-forme où deux bandes ont déjà été gravillonnées au préalable. En aval, un wagon motorisé « pousseur », disposant d’une cabine de commande-pilotage surélevée, est placé en tête de la rame transportant les longs rails soudés de 432 m. Poussés vers l’avant grâce à des galets, les LRS sont guidés et déposés sur des rouleaux prenant appui sur les traverses par une pelle araignée qui les positionne de façon définitive lors de son retour vers la rame. Temps de l’opération, une trentaine de minutes pour les deux barres avec, surtout des conditions de sécurité accrues puisque le rail, très souple sur une telle longueur, est maintenu en permanence.
    Opérationnelle depuis le 25 juillet 2014, la base-travaux de Villognon (Charente), au sud, est chargée des 180 km de superstructure entre Poitiers et Bordeaux. Plus classique et ayant fait largement ses preuves depuis longtemps lors de la construction de nombreuses lignes nouvelles, la méthode de pose des voies est menée par TSO, mandataire du groupement. La première étape consiste à installer sur la plate-forme une voie provisoire longue d’environ 8 km, constituée de panneaux prémontés, dont la fonction vise à décharger les longs rails soudés qui vont créer la voie définitive. Celle-ci constituée, que ce soit par l’une ou l’autre des méthodes, les opérations de ballastage peuvent alors être entreprises. Provenant directement des carrières, les rames de ballast sont chargées de jour sur chaque base et déchargées de nuit en ligne. Cette opération précède l’intervention des engins de bourrage qui vont régler, stabiliser et positionner la voie jusqu’à sa hauteur définitive par une succession de passes de relevage pouvant aller jusqu’à la dizaine ! Avec une circulation commerciale prévue à 320 km/h, le réglage de chaque équipement exige une précision millimétrique.
    Michel BARBERON
     

    Superstructure, les chiffres
    Effectifs voie et caténaire : 1 250 (400 embauches locales)
    Moyens mécaniques : 40 locomotives, 140 wagons à ballast, 12 bourreuses, huit régaleuses, deux rames d’approvisionnement des LRS (70 wagons), deux trains dérouleurs de caténaires
    Sous-stations électriques : 4 ; postes en ligne : 27
    Signalisation et Télécoms, SEI ou CAI en ligne : 35
    Sites GSM-R : 55
    Fibre optique : 700 km
    Signalisation : TVM300, ERTMS 2

     

    SGS, sous-groupement de Cosea pour les bases, la voie et les caténaires
    Attributaire de la concession pour une durée de 50 ans, c’est-à-dire jusqu’en 2061, Lisea a confié l’ensemble des risques et responsabilités relatives à la conception et à la construction de la ligne à Cosea qui a été partie intégrante de l’offre de Lisea. En attribuant la concession, RFF, le concédant, a également choisi l’offre du groupement constructeur Cosea qui comprend aux côtés de Vinci (leader), Systra, Cofely Ineo, NGE et Fayat, Egis Rail et Arcadis. Les entreprises spécialisées en pose de voies ETF et TSO, respectivement filiales de Vinci et de NGE font partie du groupement Cosea au sein de l’entité dénommée Sous-Groupement Superstructures (SGS) qui est chargée de la pose des voies et de la caténaire. Pour sa part, les sous-groupements SGST gèrent la signalisation-télécommunication et SGE les travaux d’alimentation électrique. Durant les 73 mois de la phase chantier, Cosea s’est aussi appuyé sur deux autres sous-groupements : SGC pour la conception de la ligne et SGI pour les terrassements, ouvrages d’art, assainissements et rétablissement de communications.     

    M. B.

    Sécuriser les approvisionnements de rails et ballast
    Maintenir au quotidien un tel rythme d’avancement nécessite des méthodes de réalisation fiables. Mais aussi une rigoureuse gestion logistique d’approvisionnement régulier et continu en matériaux, que ce soit les rails, les traverses, le ballast, les poteaux caténaire… Le constructeur a donc très largement anticipé. Pour le rail, avant même que le contrat de concession ne lui soit attribué de façon officielle, dès 2010 le groupement a acquis 91 000 t de métal destiné à se transformer en rails. Une sécurisation double à la fois pour ne pas manquer de matière première, mais aussi pour parer à d’éventuelles fortes hausses compte tenu à l’époque des tensions sur le marché de l’acier, dues notamment à la forte demande de la Chine. Depuis un peu plus d’un an, ces lingots de métal stockés en Grande-Bretagne sous forme de « blooms » arrivent dans les usines de Hayange en Lorraine où ils sont laminés en rails de 108 m. Acheminés ensuite au sein de l’atelier SNCF de Saulon-la-Chapelle (Bourgogne), ils sont soudés électriquement par quatre et les barres ainsi constituées de 432 m sont alors acheminées par rames spéciales sur les deux bases-travaux. Une fois sur la plate-forme, elles seront à leur tour assemblées entre elles par soudure aluminothermique. Mêmes principes de précaution pour le ballast, « sachant que sur de tels grands chantiers, la chaîne d’approvisionnement du ballast est toujours l’un des éléments critiques », reconnaît un technicien de Cosea. Plus d’un tiers des trois millions de tonnes nécessaires au projet a ainsi été stocké le long de la trace. En février, plus de 80 % des 1 100 000 traverses construites par trois fournisseurs, Sateba à La Riche (Indre-et-Loire), Margaritelli en Italie et Stradal, étaient prêtes à l’emploi.     

    M. B.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


     

  • Le Maglev à 600 km/h

    Le Maglev à 600 km/h

    Ce nouveau record du Maglev, le train à sustentation magnétique japonais, a été établi le 21 avril par un prototype JR-Maglev MLX01. Central Japan Railway a réalisé ce record, avec des personnes à bord, sur le tronçon de 42,8 km de la préfecture de Yamanashi, le seul aujourd’hui réalisé de la future ligne Tokyo – Osaka. qui sert de ligne d’essai. Les travaux de réalisation de la ligne à proprement parler ont commencé. Central Japan Railway Company en est le maître d’ouvrage. En 2027, elle devrait relier Tokyo à Nagoya (286 km), puis être prolongée jusqu’à Osaka (153 km) en 2045. Tokyo et Osaka seraient alors reliées en 1 heure et 7 minutes grâce à la sustentation magnétique, au lieu de 2 heures par le Shinkansen aujourd’hui. Le premier tronçon ; Tokyo – Nagoya, coûterait 42,5 milliards d’euros. La phase 2, Nagoya – Osaka, coûterait, elle environ 28 millards d’euros. Les coûts faramineux ont jusqu’à présent empêché le développement du Maglev.

    Quelques jours avant ce dernier record, le 17 avril, le Maglev avait déjà établi un nouveau record de vitesse terrestre avec 590 km/h. Le précédent record du Maglev était de 581 km/h et remontait à décembre 2003. Plus vite que le TGV français qui, le 3 avril 2007, avait atteint les 574,8 km /h , ce qui reste le record du monde pour le système rail-roue, établi par une rame certes spécialement taillée pour le record, mais dérivant d’un train en exploitation commerciale.

  • Thalys lance une opération de « covoiturage »… en train

    Thalys lance une opération de « covoiturage »… en train

    Baptisée « TickUp », cette offre à 29 euros l’aller par passager est ouverte aux personnes se connaissant déjà, mais aussi à celles qui se seront regroupées via internet et notamment les réseaux sociaux. Thalys proposera 600 places par semaine à ce tarif sur le site

    www.thalys.com/tickup.

  • Hitachi présélectionné pour les futurs Trains à grande vitesse du sud ouest de l’Angleterre

    Hitachi présélectionné pour les futurs Trains à grande vitesse du sud ouest de l’Angleterre

    Comprenant 7 rames de 9 caisses et 22 rames de 5 caisses, ce nouveau parc est destiné à remplacer dès 2018 les actuelles rames diesel HST, principalement sur les lignes reliant Londres (Paddington) à Plymouth et Penzance (sud-ouest). Une option porte sur 30 rames supplémentaires. Ces rames, qui pourront circuler en unités doubles, sont dérivées des Class 800 bimodes produites par Hitachi pour le DfT dans le cadre du programme de nouveaux trains intercités (IEP). Elles seront adaptées aux rampes des lignes du Devon et de la Cornouaille et dotées de réservoirs de combustible plus importants que dans la version de base.