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Catégorie : Matériel
L’actualité du matériel ferroviaire en France et dans le monde : innovation, acquisition, exploitation etc.

Des navettes autonomes à Paris rive gauche
La RATP en collaboration avec Mobileye a été désignée pour mettre en place en service de navettes autonomes dans le XIIIe arrondissement de la capitale. L’opération, cofinancée par l’Ademe, permettra d’assurer la liaison entre le très vaste site hospitalier de la Pitié-Salpêtrière et les réseaux de transport environnants : la gare d’Austerlitz, les métros Saint-Marcel (ligne 5) et Chevaleret (ligne 6), sans oublier les bus. L’objectif pour la RATP est d’intégrer ces navettes dans l’offre de transport existante dans une optique intermodale. Cette ligne permettra également d’évaluer l’acceptation du public pour des véhicules autonomes sans conducteur. Les premières navettes sont attendues à l’été 2020.

SA 2020 : les mouvements dans le parc TGV
Le service annuel 2020 est l’occasion de faire un tour d’horizon des transferts, livraisons, radiations et aménagements qui concernent les rames à grande vitesse.
C’est un événement international qui va déclencher une redistribution des cartes dans le parc des rames à grande vitesse. Pour ses relations franco-suisses, Lyria redimensionne sa flotte. La Suisse est desservie dès 1981 à l’ouverture du tronçon sud de la nouvelle LGV Paris-Sud-Est mais uniquement Genève avec les rames de base. Il faut attendre 1984 et la livraison des rames Sud-Est tricourant pour des liaisons avec Lausanne. Au SA 2012, les rames Sud-Est Ligne de cœur puis Lyria étant au terme de leur potentiel, Lyria prend à son compte les 19 rames TGV POS conçues à l’origine pour les dessertes franco-allemandes de la LGV Est-européenne. Elles prendront une livrée spécifique et auront quelques aménagements.
Au SA 2020, nouveau changement avec une nouvelle offre (voir RP 266) et un nouveau parc dédié. Lyria prend à son compte 15 rames EuroDuplex dites 3 UA type 4700. Pour la première fois, la desserte franco-suisse est assurée par des rames à deux niveaux. Enfin, pas tout à fait car depuis plusieurs années, certains trains étaient déjà couverts en rames deux niveaux série 200, 700 ou 4700. Avec des rames offrant 509 places contre 361 en POS, l’offre en places assises progresse de 12 %.
La nouvelle livrée extérieure, différente des POS, est appliquée progressivement depuis janvier (rame 4720) au technicentre industriel temporaire de Rennes La Janais. Le fond de caisse est en livrée carmillon SNCF mais on retrouve le rouge suisse sur la face avant, les portes d’accès et les flancs des motrices et de R 4 avec un marquage Lyria et France < > Suisse en nombre. Les aménagements ont été présentés mi-novembre. Nous y reviendrons. Toutes les rames 4718 à 4730 ont reçu la livrée Lyria ; les deux rames 4716 et 4717 troqueront leur livrée inOui d’ici à la mi-décembre.
Les rames 4701 à 4715 restent au parc SNCF pour assurer les dessertes Alleo France – Allemagne. Depuis l’année dernière, la livrée bleu et gris a été remplacée par la livrée carmillon et les attributs du service inOui.
Les rames POS retournent au parc SNCF. Depuis juillet, l’atelier d’Hellemmes leur pose la livrée carmillon, retire les spécificités Lyria des aménagements Lacroix et ajoute celles d’inOui. Rappelons que les rames du service inOui disposent a minima de prises de courant et du wifi. Une dizaine de rames étaient traitées mi-octobre (4402, 4403, 4410, 4412 à 4415, 4417) dont la 4402 qui conserve sur les motrices un marquage événementiel relatif au record du monde de vitesse sur rails de 2007.
Au SA 2020, ces rames sont transférées au Nord et à l’Est respectivement au nombre de 14 et cinq. On pourra les voir en roulement sur des trains intersecteurs type Lille – Nantes/Rennes ou Strasbourg – Rennes/Nantes. Mais sur le réseau nord, elles viendront surtout pour évincer les 19 rames du TGV SE encore présentes. Ces rames seront radiées. Le 15 décembre 2019 marque donc une date clé de la grande vitesse ferroviaire française avec la disparition de la totalité des rames de première génération.
L’arrivée des rames POS sur le Nord coïncide également avec la nouvelle grille de desserte TGV et TER des Hauts-de-France. Il y aura moins de TGV (77 allers-retours au lieu de 93) mais ils seront mieux positionnés.
Alstom livre ses nouveaux trains régionaux en Italie
Alstom a livré les premiers trains Coradia Stream Pop destinés à circuler dans les régions italiennes de Vénétie et de Ligurie. Ces véhicules relèvent de l’accord-cadre signé par Alstom et Trenitalia en 2016, lequel porte sur 150 nouveaux trains régionaux de moyenne capacité au total. Selon ce contrat, 31 trains partiront en Vénétie, 15 en Ligurie. Les livraisons se poursuivront à un rythme rapide tout au long de l’année 2020. 14 trains Coradia Stream sont déjà opérationnels en Émilie-Romagne, première région à avoir officiellement passé commande. Les nouveaux trains s’inscrivent dans le cadre d’un plan lancé par Trenitalia (groupe italien FS) pour renouveler le transport régional. Ce plan prévoit un investissement d’environ 6 milliards d’euros pour 600 nouveaux trains, permettant de renouveler 80 % de la flotte en cinq ans. En raison du nombre de trains et de sa valeur, il s’agit d’un projet sans précédent pour l’Italie. Le Coradia Stream Pop est un train de type EMU (automotrice électrique) spécialement conçu pour desservir les lignes régionales. C’est le dernier-né de la gamme Coradia. Il propose 300 places assises, est capable d’atteindre une vitesse de 160 km/h et offre une bonne accessibilité grâce à son plancher surbaissé. Respectueux de l’environnement, le modèle Coradia Stream consomme 30 % d’énergie de moins que la génération précédente. Les trains Coradia Stream sont produits par Alstom en Italie.

Lille présente son futur métro
Le 14 novembre 2019, à l’occasion des 3es Assises des mobilités, la MEL (Métropole européenne de Lille) et Alstom ont présenté, dans les ateliers de maintenance de Villeneuve-d’Ascq, le futur métro qui équipera la cité nordiste. Basées sur les solutions de métro sur pneus d’Alstom, les nouvelles rames de 52 m seront mises en service en 2023. Dépourvues de cloison entre leurs quatre voitures et dotées d’intercirculations larges, elles pourront accueillir chacune 405 passagers. Elles seront équipées en première mondiale du système de pilotage automatique Urbalis Fluence.

Les 101 de la DB toujours au complet après 20 ans de service
Équivalant aux BB 26000 SNCF, les 101 DB, mises en service à partir de 1997, avaient elles aussi une vocation de machines universelles. Mais, à la différence de leurs homologues françaises, même si la concurrence des ICE et de séries plus nouvelles n’est pas à négliger, elles n’ont pas perdu d’unités et continuent d’assurer nombre de liaisons grandes lignes. Notamment en effectuant une partie de leurs parcours sur NBS, qui, contrairement aux LGV, ne sont pas réservées aux seules rames à grande vitesse…
Cette série de locomotives de grande puissance acquise par le réseau de la DB en un laps de temps très court, soit 27 mois, est contemporaine des Re 460 des CFF et BB 26000 de la SNCF, ces machines ayant en commun une puissance avoisinant 6 000 kW et une vitesse de 200 km/h.
Comme en France, lorsque, avec l’émancipation des rames TGV combinée à la chute drastique des transports fret, les 26000 ont dû sévèrement régresser, entraînant le retrait d’une trentaine d’unités, les 101 allemandes fonctionnant sous 15 kV ont dû tenir compte de l’implantation des ICE en parallèle avec l’ouverture de plusieurs NBS sur le territoire réunifié. Mais elles, cependant, figurent encore toutes aujourd’hui à l’inventaire de la DB.Des machines modernes à vocation universelle
La nécessité de renouveler le parc des 145 célèbres CC du type 103 de 7 440 kW, d’une masse de 114 t, après un peu moins d’une trentaine d’années de service était justifiée par leur coût d’entretien élevé et les graves problèmes de tenue à 200 km/h des bogies C.
C’est pourquoi la DB – qui avait déjà renforcé son parc de locomotives électriques de vitesse avec le type 120 de 5 600 kW à disposition d’essieux BB, à motorisation asynchrone, apte à 200 km/h, acquis à 60 exemplaires en 1987-1988 (1), dont le comportement en service n’était pas idéal – a jeté son dévolu sur le prototype 128.001 baptisé 12 X développé par la firme Adtranz née de la fusion d’ABB-Henschel et AEG.
La commande passée en 1995 a porté sur 100 locomotives développant 6 400 kW, aptes à 220 km/h, avec une option complémentaire de 45 rapidement levée. Leur fabrication a été réalisée dans les usines berlinoises de Hennigsdorf et de Cassel à un rythme soutenu de cinq machines par mois.
D’une masse de 84 t, munies du frein rhéostatique, elles ont des caisses longues de 19,10 m, avec faces lisses sans fioritures, supportant deux pantographes, qui ont été peintes en rouge comme le reste du parc moteur allemand. Seuls les bas de caisse et toitures sont revêtus de gris. Les machines bénéficient d’un système d’antipatinage amélioré, avec contrôle de chacun des quatre moteurs de traction mettant en œuvre un système de radar, et des innovations les caractérisent au plan de l’environnement : freinage et ventilation sont moins bruyants et elles comportent un transformateur avec refroidisseur biodégradable à la place de l’huile. Elles sont naturellement équipées des dispositifs Sifa, PZB et LZB liés à la sécurité des circulations.
Les coûts d’exploitation doivent être notablement abaissés par rapport aux séries antérieures, eu égard à un planning d’entretien réduit, facilité par un système de diagnostic utile également pour les dépannages en ligne par le mécanicien.Rapidement omniprésentes sur le territoire de l’Allemagne réunifiée
La première unité est sortie d’usine en juillet 1996 et a été soumise comme il se doit à une série classique d’investigations et contrôles en ligne, visant notamment ses capacités de traction et les conditions de freinage. Des courses à 220 km/h se sont déroulées avec succès sur la NBS entre Cassel et Fulda. Bien que réservées au trafic grandes lignes, les 101 sont à même de remorquer en trafic messageries 1 600 t à 120 km/h où 2 500 t à 100 km/h en régime marchandises. La première est utilisée avec les suivantes sur des marches d’essai pour la formation des nombreux agents de conduite de multiples résidences appelées à les piloter. À l’époque, le réseau de la DB réunifié depuis la chute du régime communiste compte deux NBS en service (Hanovre – Wurtzbourg et Mannheim – Stuttgart) et quelques tronçons de lignes conventionnelles aptes à 200 km/h entre :

Pologne : SKM annule sa commande d’Elf 2 à Pesa
L’opérateur SKM (Szybka Kolej Miejska w Warszawie Sp.z.o.o.) a annoncé le 17 octobre 2019, qu’il annulait sa commande de 13 automotrices électriques de type Elf 2, à savoir huit à cinq caisses et cinq à quatre caisses, et des huit autres en option qu’il avait passée en mai 2018 au constructeur polonais Pesa, qui n’est pas en mesure de tenir les délais de livraison. Pesa, qui avait été retenu face à Newag, devait livrer 10 Elf 2 pour la fin 2019. Les négociations en vue de régler le litige entre Pesa et SKM n’ont pas abouti. Le retard pris par Pesa est principalement dû au gel de 25 % des fonds alloués par l’Union européenne à ce projet. L’UE devait financer près de 60 % de cette opération, dont le coût total s’élève à environ 82,5 millions d’euros, dont 72,1 millions pour les Elf 2 et 10,4 millions pour la modernisation du dépôt d’entretien de ce matériel. SKM devrait être contraint de payer à Pesa une indemnité équivalente à 20 % du montant de la commande. SKM envisage maintenant d’acheter à Newag des Impuls 2. SKM exploite des relations de banlieue dans la région de Varsovie. Le parc actuel de SKM est composé de 28 automotrices électriques, dont deux type 14 WE Halny, quatre type 19 WE, 13 type 27 WE Elf et neuf type 35 WE Impuls.

Nouvelle commande de Régiolis par la région Grand Est
Fin octobre, la région Grand Est a passé une commande complémentaire de trains Régiolis à Alstom. Elle comporte 39 rames pour un montant de 360 millions d’euros. Elles seront livrées entre 2022 et 2024 et produites à l’usine de Reichshoffen.
Il y a d’abord neuf rames bimodes en version périurbaine identiques au parc en cours de livraison : cinq rames de quatre caisses et quatre rames de six caisses. La nouveauté réside dans l’acquisition de 30 rames destinées aux relations transfrontalières avec l’Allemagne (Sarre, Rhénanie Palatinat et Bade- Wurtemberg). Bimodes, bifréquence 25 kV 50 Hz et 15 kV 16 2/3 Hz, aptes à 160 km/h, ces rames seront bistandard KVB/ERTMS et PZB, auront quatre caisses avec un espace de 1re classe et un espace vélos, pour une capacité globale de 210 places. La livraison s’échelonnera de septembre 2023 à novembre 2024 à raison de deux rames par mois. Ce projet franco-allemand a pour ambition de réactiver sept lignes de Metz vers Trèves et Sarrebruck, de Strasbourg vers Sarrebruck, Neustadt, Wörth, Karlsruhe et Offenbourg et de Mulhouse vers Müllheim. Un appel d’offres sera lancé en 2022 pour des prestations de transport à l’échelle européenne. La mise en service est souhaitée en janvier 2025.
Les « nez cassés » néerlandais sur le déclin
Dérivées des BB 7200 de la SNCF, les BB 1600 à 1800 surnommées « nez cassés » circulent depuis 38 ans aux Pays-Bas. Actuellement, ces locomotives, considérées comme les plus puissantes des NS, ont été en partie revendues à des opérateurs privés et le parc restant commence à être touché par les radiations.
En 1981, les NS commencent à recevoir la première série de locomotives « nez cassés » construites par Alsthom (alors avec un « h ») et MTE (Matériel de Traction Électrique), suite à un long test de la BB 7003 française aux Pays-Bas en 1975-1976. Ces locomotives pour courant continu 1 500 V dérivent des BB 7200 de la SNCF (de type « grandes cabines »), à hacheurs de courant à thyristors. Elles sont destinées à assurer du service mixte : des trains rapides internationaux, des liaisons intérieures accélérées aussi bien que des trains de fret. Elles diffèrent des locomotives françaises par l’adoption de la ventilation forcée, surtout utile pour le régime fret ; en outre, elles sont équipées de l’UM et de la réversibilité, notamment pour la remorque de rames à deux niveaux de première génération dites DDM-1 (Dubbel Dekker Materieel 1-Generatie), avec attelage à vis. Ces rames à étages sont indispensables dans un pays fortement quadrillé par des rames jaune et bleu nombreuses et fréquentes, particulièrement aux heures de pointe. Entre 1981 et 1983, 58 locomotives sont livrées par Alsthom et numérotées 1601 à 1658.
Dix ans plus tard, plus précisément de 1991 à 1994, une seconde série est livrée aux NS, par GEC-Alsthom cette fois, très semblable à celle de 1981 et numérotée 1701 à 1781. Les différences entre les 1600 et les 1700 concernent le type d’équipement de réversibilité, le freinage, ainsi que l’électronique, plus sophistiquée que celle des 1600. De plus, 28 d’entre elles (1701 à 1728) ont un attelage automatique à une extrémité (placé au-dessous de l’attelage à vis), ce qui les destine à la remorque des rames réversibles à deux niveaux de deuxième génération, les DD-AR (Dubbel Dekkers Agglo Regio Materieel). Ce matériel à deux niveaux pour des services suburbains aussi bien que régionaux possède l’attelage automatique ainsi qu’un équipement de réversibilité (mais incompatible avec celui des rames DDM-1 et des 1600). L’attelage à vis permet également une utilisation plus classique des engins. Les nouvelles « nez cassés » s’avèrent d’emblée comme les locomotives les plus puissantes et les plus économiques du parc des NS.
Suisse : plus de fiabilité pour les Twindexx de Bombardier
Après des débuts émaillés par des problèmes techniques récurrents, le fonctionnement du Twindexx alias Duplex TGL des CFF (voir Rail Passion n° 261) semble s’être amélioré très sensiblement. Lors de la conférence de presse du 6 novembre 2019, Bombardier a produit les résultats suivants :
– la fiabilité des rames a été multipliée par sept ces derniers mois ;
– les instabilités dynamiques (surtout perceptibles au deuxième étage et aux vitesses inférieures à 120-140 km/h) ont pu être réduites jusqu’à 75 %, grâce à un nouveau logiciel de pilotage des amortissements.
Bombardier a également profité de cette rencontre avec la presse suisse pour souligner que la motorisation répartie du Duplex TGL autorise de fortes accélérations et qu’elle contribue déjà concrètement à la ponctualité (meilleure…) des dessertes dans le nord-est de la Suisse. Les CFF disposent désormais de 25 rames, la flotte des Duplex TGL ayant déjà parcouru 2,27 millions de kilomètres. Bombardier prévoit de livrer la totalité des trains commandés par les CFF (62 compositions dans trois configurations : IC, IR longue, IR courte) d’ici à l’été 2021.
L’X 2403 est de retour !
L’X 2403 du CFHA (Chemin de fer de haute Auvergne) a fait son grand retour après quatre ans d’absence. Après révision, changement de ses essieux et de ses roues aux Ateliers de construction du Centre à Clermont-Ferrand, le 600 ch, classé monument historique, a effectué un périple dans le Massif central les 9 et 10 novembre dernier.
Depuis Clermont-Ferrand, il s’est tout d’abord rendu jusqu’à Laqueuille sur la ligne à trafic restreint de La Bourboule. De retour à Clermont, il a emprunté la ligne de Saint-Étienne – désormais limitée à Thiers – jusqu’à Pont-de-Dore pour circuler sur les voies du Syndicat ferroviaire du Livradois Forez. Destination : La Chaise-Dieu. Le lendemain il a poursuivi jusqu’au viaduc de Pontempeyrat peu avant Usson-en-Forez. En raison de travaux sur la ligne, il n’a pas été possible d’atteindre Estivareilles, le terminus du Chemin de fer du haut Forez. Il a repris ensuite la direction de Clermont-Ferrand passant de nouveau par Laqueuille.