Catégorie : Matériel

L’actualité du matériel ferroviaire en France et dans le monde : innovation, acquisition, exploitation etc.

  • Voyager gratuitement en chemin de fer

    Voyager gratuitement en chemin de fer

    Préhistoire d’une faveur très prisée, des fonctionnaires aux parlementaires

    L’histoire des facilités de circulation accordées « aux tiers » selon le jargon de la SNCF demeure un sujet vaste et peu défriché. Nombre de fonctionnaires relevant du contrôle des compagnies ont bénéficié d’une liberté de circulation gratuite et permanente parfaitement justifiée. Par contre, un grand nombre de catégories de voyageurs vont tôt obtenir de ces compagnies des faveurs similaires plus ou moins consistantes : gratuité ou tarif réduit, de manière permanente ou occasionnelle, sur tout ou partie des lignes. Avec des contreparties pas toujours explicites. Quant aux parlementaires, c’est en 1882 qu’ils obtiendront un régime de faveur négocié avec les compagnies, motivant de vifs débats, voire le refus de certains ! Amélioré jusqu’à nos jours, son actuelle remise en question incite à s’intéresser précisément à sa préhistoire.

     

    DES FACILITES DE CIRCULATION TÔT IMPOSÉES, MAIS PARFOIS DISCRÉTIONNAIREMENT ACCORDÉES

    Contraintes subies ou faveurs intéressées ?
    L’étude archéologique des facilités de circulation accordées aux tiers, en dehors des administrateurs, dirigeants et agents des compagnies, reste à entreprendre ! Si les cahiers des charges accordent à diverses catégories de fonctionnaires centraux ou locaux la gratuité du transport sur un territoire plus ou moins circonscrit, la connaissance du sujet demeure imprécise et complexe, parce que chaque compagnie pouvait décider libéralement et sans publicité de ses largesses. Les puissances financières et sociétés cotées en Bourse que devinrent très vite les compagnies privées de chemins de fer, avaient intérêt à défendre de formidables intérêts par tous les moyens, face aux pouvoirs publics : le pouvoir politique, législatif – celui des élus –, ou exécutif (administrations de tutelle, contrôle, instances consultatives) ; le pouvoir judiciaire, compte tenu de l’énorme contentieux aboutissant devant les tribunaux ; sans oublier le pouvoir médiatique d’une presse variée, plus ou moins critique – journaux d’information, feuilles politiques et bulletins financiers – et influente sur l’opinion publique. Seul le dépouillement des délibérations des conseils d’administration permettrait à coup sûr de retracer par le menu détail ces faveurs, le contexte et les conditions de leur octroi plus ou moins « négocié », faveurs dont il était sans doute attendu en contrepartie quelque bénéfice. Hormis des motifs affichés de philanthropie. En effet, dans la mesure où ils signifient des recettes amoindries, ils ne peuvent être soustraits à une décision du conseil d’administration !
    Des documents des compagnies : règlements des permis, recueils de spécimens
    À défaut d’un retour à ces procès-verbaux des conseils, du moins dispose-t-on de documents internes propres à chaque compagnie : des règlements imprimés concernant les cartes et/ou permis de circulation autorisés, et aussi des recueils des spécimens des titres de circulation et de réduction, reproduisant ces titres : en effet, le « contrôleur » des titres devait se familiariser avec leur très grande variété, pouvoir identifier rapidement tout titre de transport qui lui était présenté, avant de l’accepter ou refuser.
    Trois de ces règlements, édités entre 1850 et 1869, révèlent la multiplication rapide des catégories bénéficiaires. Dans le Règlement de la Compagnie de l’Est du 22 mars 1850, seul l’article Ier énumère deux telles catégories : les fonctionnaires des Travaux publics porteurs d’une carte signée de leur ministre et visée par le président du conseil d’administration ; les préfets centralisateurs, préfets et sous-préfets dans les limites de leurs circonscriptions respectives, « à charge de se déclarer en tournée de service sur la ligne. » D’autres permis permanents, donnant droit aux places de 1re classe, peuvent être octroyés intuitu personae par le conseil.

  • La fin des X 2200

    La fin des X 2200

    Avec la radiation de quatre engins (X 2208, 2247, 2251 et 2255) en décembre 2017, la courte série des autorails X 2200 est totalement décimée. Construite à 60 exemplaires entre 1985 et 1988, cette série aura permis, avec les X 2100 sortis quelques années auparavant, d’éradiquer les séries anciennes type X 2400 et 3800. Pour l’essentiel, les X 2200 auront circulé en Limousin, Périgord, Poitou-Charentes et Aquitaine et à l’occasion en Haute-Normandie, Languedoc-Roussillon, Paca et en région lyonnaise. Depuis 2015, les 33 engins encore en service étaient regroupés à Limoges et Bordeaux. L’arrivée massive des AGC bimode puis des Régiolis entraînera leur radiation massive à partir de 2014.
    Malgré une vie d’une trentaine d’années, leur kilométrage moyen, autour de 2-2,5 millions de km, ne les fera pas entrer dans les annales.

  • Mouvements du matériel moteur SNCF en septembre et octobre 2017

    Mouvements du matériel moteur SNCF en septembre et octobre 2017

    SEPTEMBRE 2017 (et mois antérieurs)

    Matériel électrique
    Mutations :
    Z 7305-7307, 7310, 7314, 7317, 7321, 7324, 7327, 7330, 7333, 7340, 7343, 97381, 97382 SMP-SOC ; Z 7357, 7365-7372, 97383, 97384 SLR-SOC, Z 7504, 7508, 7514 SLR-SOC ; Z 54901/54902-54909/54910 SMP-SOC.
    Mises en service matériel neuf :
    Z 50423/50424 SLJ (8/2017) ; Z 55501/02 SPI ; Z 55725/26 SNP ; Z 55747/48 SNP (8/2017) ; Z 56349/56350 SOC.
    Transformations :
    TGV 29767/29768 -29771/29772 (734-736) = 29845/29846-29849/29850 (773-775) STG.
    Amortissements :
    TGV 24081/24082 (341) SGA ; TGV 24147/24040 (374) SGA ; TGV 24187/24188 (394) SGA.

    Matériel thermique
    Mutations :

    BB 67305, 67382 SRA-SXX ; X 72517/72518, 72537/72538, 72539/72540, 72575/72576, 72583/72584, 72587/72588, 72653/72654, 72657/72658 SMP-SOC ; B 83517/83518-83545/83446 SMP-SOC ; B 85001/85002, 85005/85006, 85009/85010- 85039/85040 SVI-SGE.
    Mises en service matériel neuf :
    B 85049/50, 85051/52 SVI.
    Amortissements :
    BB 64056 SLA ; BB 67386 SRA ; BB 67408 SPI ; BB 67496 SAQ ; BB 67555, 67601 SAU ; BB 69219 SLT (8/2017) ; BB 69246 SLT ; CC 72158 SCA.

    OCTOBRE 2017

    Matériel électrique
    Mises en service matériel neuf :
    Z 50425/50426 SLJ ; Z 50443/50444, 50445/50446 SPN ; Z 51579/51580, 51581/51582 SBF ; Z 55587/55588 SPI ; Z 56351/56352 SOC.
    Amortissements :
    BB 7416, 7417 SLE ; Z 9602, 9628 SCT ; TGV 24031/24032 (316) SGA ; TGV 24063/24064 (332) SGA.

    Matériel thermique
    Mises en service matériel neuf :
    B 85053/85054-85057/85058 SVI.
    Amortissements :
    CC 72130, 72140, 72189 SCA ; BB 67436 SAQ.

  • Un EAD picard  en Normandie

    Un EAD picard en Normandie

    L’X 4719, autorail ex-Picardie sauvegardé par le Chemin de fer touristique du sud des Ardennes, a effectué le 16 décembre 2017, à l’initiative du Pacific vapeur club, un AR entre Sotteville-lès-Rouen et Dives-Cabourg. Une belle occasion de revoir un EAD sur la région, un an après la disparition des derniers exemplaires à l’effectif de la SNCF.

  • États-Unis. Sacré musée à Sacramento

    États-Unis. Sacré musée à Sacramento

    Sacramento doit à la ruée vers l’or et au chemin de fer (avec notamment le Transcontinental achevé en 1869) de s’être développée au XIXe siècle.
    Cette ville californienne abrite aujourd’hui l’un des plus beaux musées ferroviaires des États-Unis. Situé dans les vieux quartiers, le Railroad Museum met en scène de fantastiques collections : du matériel roulant (dont de nombreuses locomotives), mais pas seulement ! Des attractions, directement à l’extérieur du musée et à certaines périodes en ligne, sont aussi possibles.

    Plus : http//www.californiarailroad.museum

  • L’APS appliquée à la route

    L’APS appliquée à la route

    L’alimentation par le sol développée par Alstom pour le tramway pourrait connaître de nouvelles applications. Le 17 novembre à Göteborg, en Suède, Alstom a présenté en partenariat avec Volvo un nouveau système de route électrique basé sur l’APS. Comme pour le tramway, un camion électrique spécialement équipé a ainsi circulé sur une voie expérimentale, deux patins captant l’énergie sur une piste au centre de la route. Ce système pourrait connaître de multiples applications sur tous les types de véhicules, camions, autobus et, pourquoi pas, voitures particulières.

  • Des premiers railways et wagons en France

    Des premiers railways et wagons en France

    On doit en 1855 à un académicien une joute littéraire motivée notamment par un vocabulaire ferroviaire empruntant à la langue anglaise un nombre de termes jugé excessif : la railway-mania qui prit naissance outre-Manche contamina les Français, non seulement les spéculateurs à la Bourse, mais aussi les ingénieurs entichés de ces premières locomotives made in England. Mais un normalien rappellera l’origine française fréquente de ces termes anglais… Alors que les quais et les gares sont des emprunts au vocabulaire français maritime ou fluvial, nombre de termes anglais, tels que rails et wagons, mettront quelque temps avant que leur sens et leur écriture soient bien fixés.

    Contre les néologismes et ceux notamment d’origine anglaise, l’académicien Viennet
    Fils d’un député biterrois de la Convention, Guillaume Viennet (1777-1868), artilleur de marine détenu sept mois durant en 1797 à Plymouth par les Anglais, retourna à Béziers, avant d’être à nouveau fait prisonnier à Leipzig en 1813. Député de Béziers de 1827 à 1837, puis nommé pair de France, sa carrière littéraire parallèle allait le conduire en 1830 à l’Académie française où il fut reconnu, selon Larousse, comme « l’un des chefs les plus indécrottables de la résistance absolue aux tentatives du romantisme ». Du moins, sait-il prodiguer sa verve satirique au service du conservatisme qu’il défend.
    « C’en est fait, dit Despréaux, le mauvais goût l’emporte. La langue de ton siècle est une langue morte »…
    C’est ainsi que débute sa longue Épître à Despréaux plus connu sous le nom de Boileau. Lue sous la coupole dans sa séance publique du 14 août 1855, c’est une critique des néologismes qui fleurissent alors partout : « Il faut des noms nouveaux pour ces nouveaux artistes », qui s’appellent eux-mêmes bohèmes, fantaisistes et s’interpellent supercoquentieux, chicandard, titanesque…
    « Le Néologisme, en conquérant vandale, Poursuit impunément sa course triomphale. Ainsi les mots nouveaux nous pleuvent par milliers. »
    Et d’opposer la perfection de la langue d’un Descartes, d’un Pascal ou d’un Bossuet à ce « flot de substantifs, d’adjectifs et d’adverbes » : extériorité, téléiologie, passivité, ou bills, votations, budget… entendus dans la bouche de nos députés au Palais-Bourbon. Dans une longue tirade de vers, Viennet s’en prend au jargon ferroviaire d’origine britannique :
    « Quel reproche adresser à l’un de nos shérifs, Qui, d’un chemin de fer révisant les tarifs, Oubliant que sous l’eau tout moisit et se rouille, Affranchit le transport des risques de la mouille ? »

  • Akiem : une première  BB 36000 révisée par Alstom

    Akiem : une première BB 36000 révisée par Alstom

    Fin novembre 2017, Alstom a livré la première BB 36000 révisée, sur un total de 30 machines de ce type prévu contractuellement. Les BB 36000 sont prises en charge par l’équipe Services du site Alstom de Belfort. Cette révision mi-vie leur assure 15 années de service supplémentaires. Les locomotives sont entièrement repeintes à l’identique pour retrouver la livrée extérieure d’origine.

  • Voyage en pleine nature à bord d’un autorail des années 1950

    Voyage en pleine nature à bord d’un autorail des années 1950

    En mai dernier, l’Association des trains du sud de la France reprenait l’exploitation et la gestion de son matériel ferroviaire historique qui réunit notamment des autorails, deux machines à vapeur et un fourgon postal. Quelques mois plus tard, l’association a emmené à bord d’un de ses autorails, l’X 5845, des passionnés de trains et de photographie pour sillonner la ligne Ambert – Sembadel à basse vitesse. Une aubaine !

    Le 7 octobre dernier, dans le Puy-de-Dôme, des amoureux du train et des passionnés de photographie ont été réunis à bord d’un authentique autorail des années 1950 qui a circulé entre Ambert et Sembadel via La Chaise-Dieu. « La ligne, à voie unique, sillonne successivement la vallée, la montagne et les forêts. De nombreux édifices et lieux remarquables jalonnent le trajet. Nous proposerons donc des arrêts en ligne propices à la prise de vues et à l’admiration des paysages et des monuments », raconte Renaud Vénuat, secrétaire de l’Association des trains du sud de la France (ATSF), à l’origine de cette journée découverte. Ce voyage en pleine nature et à petite vitesse a été rendu possible grâce à la réhabilitation totale, par les bénévoles de l’ATSF, du véhicule à la livrée rouge et crème, l’X 5845, alias « la Mobylette », « le surnom donné par les cheminots à tous les X 5500/5800 ». C’est en mai 2017 que l’association présidée par Jean-Philippe Isnard – il est propriétaire de l’intégralité des véhicules de l’ATSF – a repris la gestion et l’exploitation de son matériel ferroviaire sur la ligne habituellement utilisée par une autre association ferroviaire, l’Agrivap, qui organise les « Trains de la découverte ». « L’objectif est de compléter l’offre touristique de l’Agrivap en faisant circuler nos trains au cœur de la nature, dans le parc naturel régional du Livradois-Forez », explique Renaud Vénuat, issu d’une famille de cheminots comme le sont aussi les autres membres du bureau de l’ATSF, hormis Marc Petavy, vice-président, ex-chef de district à la SNCF. L’association possède également deux antiques locomotives à vapeur, la 030 T 8 et la 030 T 8157, inscrites à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Elles sont respectivement baptisées Léonie (du nom de la grand-mère de Jean-Philippe Isnard !) et Ilène (prénom de la seconde épouse de l’ancien maire de Nice qui, à l’époque, avait financé sur ses fonds propres une grande partie de la rénovation de la locomotive).

  • Trenitalia commande 27 trains Coradia Meridian Jazz de plus

    Trenitalia commande 27 trains Coradia Meridian Jazz de plus

    Alstom livrera, à partir de l’été 2018, 27 trains régionaux Coradia Meridian Jazz supplémentaires à Trenitalia pour les régions d’Italie. Cette nouvelle commande, qui correspond à une levée d’option du contrat signé en 2012, porte à 118 unités la flotte de trains Jazz de Trenitalia. La commande s’élève à 170 millions d’euros et les livraisons devraient être terminées au cours de l’été 2019.
    Ces rames automotrices, conçues et fabriquées par Alstom en Italie, peuvent circuler à une vitesse maximale de 160 km/h.