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Catégorie : Réseaux étrangers
L’actualité des réseaux ferroviaires étrangers.

Suisse : Railcare passe aux Vectron Last Mile
Rail Passion s’est fait l’écho, dans son n° 194 (décembre 2013) du rachat de l’entreprise de transport ferroviaire et routier Railcare AG par le groupe Coop, n° 2 de la grande distribution en Suisse. Depuis cette époque, Railcare est l’opérateur chargé d’approvisionner les magasins Coop depuis les centrales d’achat, et cela par le train. L’idée de base est l’expédition de conteneurs sur des trains courts, donc légers, tractés par de puissantes locomotives afin de s’insérer dans un trafic voyageurs intense et prioritaire sans gêner les circulations. Et ça fonctionne !
Dans un premier temps, Railcare avait loué à Railpool quatre Traxx MS 2 E une Re 4/4 II. Dans une deuxième phase, un savant échange de matériel a eu lieu avec le BLS qui a troqué les quatre Traxx contre des Re 465, limitées en Suisse mais encore plus puissantes que les Traxx. Plus récemment, le réseau d’approvisionnement de Coop, qui donne pleinement satisfaction, doit s’étendre. Pour cela, Railcare a commandé à son propre compte sept locomotives neuves, de type Vectron AC-LM (Siemens) équipées d’un module Last Mile. En effet, jusqu’à maintenant, le train doit être manœuvré par tranches et deux locomotives de manœuvres sont nécessaires, une à chaque extrémité de parcours. Or c’est précisément pour résoudre ce problème, rencontré par la plupart des d’opérateurs de fret, que les locomotives de lignes Last Mile (« dernier kilomètre ») ont été étudiées !
La locomotive Vectron AC-LM développe une puissance de 6 400 kW en électrique (ce qui lui permet d’atteindre 200 km/h, une vitesse largement suffisante) et 180 kW en diesel pour les manœuvres. La première Vectron (476.451) a été livrée à Railcare en novembre dernier et quatre autres l’avaient déjà rejointe fin février 2018.
Suisse : débuts publics pour le Twindexx Swiss Express
Les automotrices 2N à motorisation répartie des CFF, alias Twindexx Swiss Express (Bombardier) ou Duplex TGL (CFF), ont débuté leur service commercial le 26 février 2018. La RABe 502.207 a assuré une première course IR 17 de Zurich (11 h 55) à Berne (13 h 21) qui a permis au public d’enfin découvrir ce nouveau matériel.
C’est le 11 mai 2010 que les CFF ont décidé de commander à Bombardier de nouvelles rames automotrices 2N avec système actif de compensation de roulis (système WakoTM). Les CFF devaient initialement acquérir 59 compositions (voir plus loin) pour un montant de 1,9 milliard de francs suisses (jusqu’à 112 unités en option) afin de renouveler leur parc et répondre à une demande intérieure en constante augmentation. Ce contrat s’inscrit dans la droite ligne du programme ZEB dont l’objectif principal est de « consolider » le système ferroviaire suisse, en privilégiant d’abord la capacité plutôt que la seule rapidité. Très capacitaire, le nouveau matériel doit permettre des gains de temps compatibles avec les évolutions prévisibles du cadencement horaire. Grâce au système Wako, qui contre la force centripète, l’inclinaison de 2° des caisses permet un franchissement de 10 à 15 % plus rapide des courbes, tout en respectant le gabarit et le confort des voyageurs. En contrepartie, des aménagements sont requis. Et adapter l’infrastructure, comme sur Berne – Lausanne pour abaisser le temps de parcours de 66 min à 61 min, a un coût. La reprise des quelque 100 km séparant les deux villes est estimée à 360 millions de francs suisses, en plus des 85 millions de francs suisses imputables au matériel.
Les rames Bombardier sont construites à Görlitz, en Allemagne, et à Villeneuve, en Suisse. Elles mesurent 101 m ou 200,6 m et sont configurées soit IR, soit IC. La commande porte sur neuf rames IR « courtes » (max. 3,75 MW, 200 km/h) et 30 rames IR « longues » (max. 7,5 MW, 200 km/h). S’y ajoutent 20 rames IC de 200,6 m, aux performances identiques de celles des rames IR longues. Les rames IR de 101 m (RABe 502.4) comportent quatre éléments dont trois motorisés, avec deux transformateurs pour trois ensembles convertisseur-onduleur-paire de moteurs de traction synchrones à aimant permanent. Les rames de 200,6 m (RABe 502.2 et RABDe 502) sont à huit éléments, dont six motorisés avec trois transformateurs pour six ensembles propulsifs (1). Les rames IR « courtes » offrent au total 330 places, dont 14 % en 1re classe (47 places dans l’un des éléments d’extrémité). Les rames IR « longues » ont une capacité totale de 682 places dont 27 % en 1re classe (181 places dans deux éléments). Avec leurs 606 places, les rames IC (RABDe 502) ont un diagramme différent (29 % en 1re classe, soit trois éléments) et des aménagements spécifiques : une voiture-restaurant, un fourgon (élément d’extrémité de 1re), un espace famille, des rangements pour vélos… Dans les trois cas, les rames comportent deux pantographes situés légèrement en retrait des cabines de conduite. Elles sont par ailleurs aptes à l’UM et, conformes aux STI, prééquipées Autriche – Allemagne. Mais elles n’ont pas l’ARS, un système d’essieux radiants proposé hors spécification contractuelle par Bombardier et refusé par les CFF.
Les Vectron s’imposent aussi en service voyageurs
Homologuées dans une vingtaine de pays européens, les locomotives Vectron de Siemens sont principalement utilisées sur des trains de fret. Mais, au service annuel, cette série a vu augmenter de manière significative ses prestations en tête de trains de voyageurs, particulièrement en Allemagne, en République tchèque, en Autriche et en Slovaquie.
En 2010, Siemens avait présenté au Salon Innotrans de Berlin sa nouvelle gamme de locomotives Vectron, dérivées des Euro-Sprinter au niveau de la caisse et de certains équipements mais modulaires, permettant ainsi de proposer aux opérateurs une locomotive adaptée à leurs besoins, tout en minimisant les coûts d’achat par rapport à une locomotive universelle. Leur prix varie selon leurs équipements entre 3 et 5 millions d’euros par locomotive. Étant déjà homologuées dans 19 pays, à savoir en Allemagne, Autriche, Bosnie, Bulgarie, Croatie, Finlande, Hongrie, Italie, Norvège, aux Pays-Bas, en Pologne, République tchèque, Roumanie, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse et Turquie, la prise de décision des opérateurs voyageurs s’en trouve d’autant raccourcie, sachant que les sociétés de location de matériel ferroviaire, comme MRCE, ELL, Alpha Trains, Railpool ou S Rail Lease, qui en possèdent, peuvent fournir des modèles spécifiques en quelques mois.
La gamme Vectron du constructeur Siemens comprend les Vectron électriques, DC (courant continu) d’une puissance de 5 200 kW, AC (courant alternatif) d’une puissance de 6 400 kW, MS (polycourant) développant 3 500 kW sous courant continu 1 500 V, 6 000 kW sous courant continu 3 000 V et 6 400 kW sous courant alternatif 15 kV 16 2/3 Hz et 25 kV 50 Hz, et les Vectron diesels DE d’une puissance de 2 400 kW. Leur vitesse maximale est fixée à 160 km/h pour les Vectron DE, et 160 km/h ou 200 km/h pour les Vectron électriques en fonction de l’utilisation envisagée. Les Vectron électriques peuvent être équipées d’un moteur diesel auxiliaire de 180 kW Last Mile pour permettre leur utilisation sur des petits parcours sur des lignes ou embranchements non électrifiés.
Si les Vectron sont majoritairement employées sur des trains de fret dans un grand nombre de pays d’Europe, elles étaient déjà également engagées depuis quelques années en trafic voyageurs en Suède, en Slovaquie et en République tchèque pour des opérateurs privés et sporadiquement en Pologne par PKP-ICCC et en Hongrie par le Gysev. Au service annuel 2018, trois opérateurs historiques, DB Regio en Allemagne, les CD en République tchèque et les ZSSK en Slovaquie, en ont loué pour desservir certaines relations, et les Vectron de l’opérateur low cost RegioJet circulent en Autriche. DB Regio a loué cinq locomotives Vectron à la société de location allemande Railpool pour l’exploitation depuis le 10 décembre 2017, de la relation Franken-Thüringen-Express (FTX), Nuremberg – Cobourg – Sonneberg, dont l’itinéraire comporte un parcours d’une vingtaine de km entre Ebensfeld et la bifurcation de Weissenbrunn am Forst, sur la nouvelle ligne à grande vitesse Ebensfeld – Erfurt, mise en service le 10 décembre 2017, et équipée d’ETCS niveau 2, nécessitant l’emploi d’engins moteurs au minimum équipés de la version d’ETCS Baseline 2 SRS 2.3 Od. Les Vectron de Railpool en sont équipées, ce qui n’est pas le cas des Talent 2 utilisés auparavant. Cette nouvelle relation régionale cadencée, avec un train toutes les 2 heures dans chaque sens, a été attribuée à DB Regio Bayern par l’autorité bavaroise organisatrice des transports BEG (Bayerische Eisenbahngesellschaft), à l’occasion de la mise en service de la nouvelle ligne et nécessite d’engager quotidiennement deux rames. Assurés avec une rame composée de quatre voitures à deux étages, trois de 2de classe et une de 1re/2de classe, encadrées deux Vectron, ces trains régionaux sont limités à 160 km/h, mais voient leur temps de parcours réduit d’environ une demi-heure entre Bamberg et Cobourg, grâce à leur transit via la ligne nouvelle. À partir d’avril 2018, la composition de ces trains sera portée à cinq voitures grâce à l’adjonction d’une voiture-pilote rendue disponible par le déploiement des automotrices Twindexx série 445 du dépôt de Wurtzbourg. Toutefois, ces voitures-pilotes étant dépourvues d’ETCS, l’utilisation d’une Vectron à chaque extrémité sera toujours nécessaire. DB Regio Bayern a à disposition les Vectron 193.801-8, 193.802-6, 193.804-2, 193.805-9 et 193.806-7 (D-Rpool) appartenant à Railpool, qui ont été homologuées courant novembre 2017 par l’EBA pour circuler avec des trains de voyageurs sur la ligne Ebensfeld – Erfurt – Halle/Leipzig. Aptes à 200 km/h, elles sont équipées de l’ETCS niveau 2, d’écrans d’information sur les faces frontales des locomotives, du blocage et de la commande des portes des voitures remorquées depuis la cabine de conduite, et peuvent fonctionner en réversibilité. Au 1er janvier 2018, Railpool, société de leasing de matériel ferroviaire, basée à Munich et appartenant depuis 2014 au groupe américain Oaktree Capital Management, possède 36 locomotives Traxx F 140 MS de Bombardier, 15 Vectron AC (les 801, 802, 803, 804, 805, 806, 810, 811, 812, 813, 814, 816, 817, 826 et 827), et 45 voitures à deux étages Bombardier louées aux Chemins de fer danois (DSB). Railpool a été le premier à acquérir des Vectron, qu’il loue également à différents opérateurs fret.
Une journée noire pour les ICE
Le 12 février dernier aura été une journée noire pour les ICE de la DB. Elle a commencé par le 9571 parti de Paris-Est vers 7 h 30 pour Stuttgart avec un retard de 50 min. Lancé à pleine vitesse, il allait s’immobiliser au Km 18 de la LGV EE suite à un problème de captage de courant. Les deux 67200 Infra du Landy étaient alors missionnées pour lui porter secours pour un retour à Paris-Est vers 13 h. Le même jour, l’ICE 9550 de Francfort demandait le secours à Noisy-le-Sec, à 9 km de Paris-Est. C’est l’EuroDuplex 4730 qui devait l’aider pour l’amener à Paris-Est vers 5 h du matin le 13.

Virgin Trains East Coast poussé vers la sortie
Le secrétaire d’état britannique aux Transports a déclaré, le 5 février 2018, au Parlement, que, pour des raisons financières, VTEC (Virgin Trains East Coast) devrait cesser d’ici quelques mois l’exploitation de la franchise InterCity de la côte est, qui comporte la desserte, depuis Londres King’s Cross, du Yorkshire et de l’Écosse par la ligne de la côte est. Le groupe Virgin, allié à Stagecoach, avait remporté en novembre 2014 cette franchise pour au moins huit ans. Stagecoach, qui refuse de couvrir le déficit actuel d’exploitation d’un montant d’environ 200 millions de livres, détient 90 % et le groupe Virgin 10 % de l’opérateur InterCity Railways qui exploite cette franchise depuis le 1er mars 2015 sous le nom de VTEC. VTEC avait succédé à East Coast, opérateur dépendant du ministère des Transports, qui avait remplacé l’opérateur privé National Express. En attendant la signature du nouveau contrat d’exploitation en 2020, et pour assurer la continuité du service, plusieurs pistes sont à l’étude, dont le recours à un nouvel opérateur dépendant de l’État ou la négociation d’un nouveau contrat provisoire avec les sortants.

Suède : Transitio AB commande huit automotrices Kiss à Stadler
Transitio AB a commandé le 14 février 2018 au constructeur suisse Stadler huit automotrices électriques à deux niveaux de la famille Kiss, qui seront livrées fin 2019, et utilisées sur la desserte régionale Upptaget que va exploiter Transdev, à savoir les relations Upplands Väsby – Arlanda C – Uppsala C – Gävle C et Uppsala – Sala. Cette nouvelle commande est une option de la commande de 33 autres automotrices de la famille Kiss passée par Transitio AB pour les relations Mälardalen, qui comportait une option pour 110 autres. L’autorité organisatrice des transports Mälardalstrafik avait sélectionné en avril 2016 les SJ pour l’exploitation, pour une durée de 4 ans courant à partir de décembre 2016, du réseau Mälardalen, qui comprend les relations :
– Svealandsbanan : Örebrö – Eskilstuna – Stockholm – Uppsala ;
– Nyköpingsbanan : Norrköping – Nyköping – Stockholm ;
– Sömlandspilen : Hallsberg – Katrineholm – Stockholm ;
– Uven : Linköping – Norrköping – Eskilstuna – Västeras – Sala.
À l’horizon 2019-2020, les nouvelles automotrices de Stadler devraient remplacer le matériel actuel utilisé par les SJ. Équipées de transformateurs de type sec et avec un châssis en aluminium, ces automotrices remplissent les critères de charge à l’essieu du réseau suédois ainsi que ceux d’Europe du Nord, en particulier de protection contre le froid et la neige grâce à leur isolation renforcée. La société Transitio AB appartient à des compagnies suédoises de transport public et à des autorités régionales organisatrices de transport, et est chargée d’acheter du matériel roulant et de le louer aux différents opérateurs, afin de minimiser les coûts d’acquisition et d’entretien. Transitio AB possède déjà 132 automotrices électriques, dont 25 série X 11, trois série X 12, cinq série X 14, 63 Regina X 52, 24 série X 31 K, 12 Coradia Nordic X 62, et 13 autorails Itino Y 31.
Une nouvelle relation voyageurs entre la Lituanie et la Lettonie
Les Chemins de fer lituaniens (LG) en collaboration avec les Chemins de fer lettons (LDz) ont lancé le 13 janvier 2018 la première relation transfrontalière Lituanie – Lettonie entre Vilnius, capitale de la Lituanie, et Daugavpils, deuxième ville de Lettonie, située à 218 km à l’est de Riga. La desserte proposée comporte les samedis et dimanches deux AR Vilnius – Turmantas – Daugavpils (173 km) effectués au mieux en 2 heures 39 avec 19 arrêts intermédiaires côté lituanien, assurés par des rames diesels DR 1 A des LG. Il n’y avait jusqu’alors aucune relation ferroviaire voyageurs entre la Lituanie et la Lettonie, dont les réseaux ferrés, hérités de l’URSS, sont pourtant connectés par trois lignes (Turmantas – Kurcums, Sapeliai – Eglaine et Sar-kiai – Meitene) utilisées en trafic fret. Un quatrième itinéraire fret devrait être rouvert à l’horizon 2018-2019 entre Mazekiai et Renge, nécessitant la reconstruction de 19 km de la ligne démantelée en 2008, pour relier directement le complexe pétrolier Orlen au port de Riga. En attendant l’achèvement du projet Rail Baltica, il est donc maintenant possible d’effectuer en train le trajet Varsovie – Tallin en passant par Bialystok, Sestokai, Kaunas, Vilnius, Daugavpils, Riga et Valga, mais uniquement le week-end et sur deux jours de voyage !

Castellon de la Plana connectée au réseau AVE
Depuis le 23 janvier 2018, les AVE S 100 R de la Renfe à écartement de 1 435 mm atteignent la gare de Castellon de la Plana, située à 72,8 km de Valence Joaquin Sorolla sur la ligne du corridor Méditerranée Valence Nord – Barcelone Sants, grâce à la mise en service d’une voie à double écartement (1 435 mm-1 668 mm) entre Valence et Castellon. La nouvelle desserte comporte deux AR quotidiens en AVE S 100 R en au mieux 2 heures 32, un AR quotidien IC en automotrices S 120, et un AR Alvia Gijon – Madrid – Castellon en Talgo 250 S 130 six jours par semaine. Jusqu’à présent, les voyageurs devaient changer de train à Valence. Pour l’instant, une seule voie a été équipée d’une troisième file de rails. La bifurcation entre la voie UIC et la voie ibérique est située à 1,4 km de Valence Joaquin Sorolla et la section de séparation 3 000 V-25 kV 50 Hz à 1,1 km. La vitesse maximale des AVE est fixée sur cette ligne à 200 km/h. Les travaux de mise à double écartement de la seconde voie débuteront en 2019 pour s’achever en 2022.

Le retour d’une liaison Colmar – Fribourg-en-Brisgau se profile
Le 5 janvier 1878, le réseau Elsass Lothringen, alors sous domination allemande, met en service la VU Colmar – Neuf-Brisach, longue de 19 km. Après construction d’un pont sur le Rhin, elle est connectée à celle existante sur la rive droite joignant Breisach à Fribourg, exploitée par les Chemins de fer du pays de Bade. Bénéficiant d’un excellent profil, elle traverse l’Ill et dessert une halte (Neuland) et trois gares intermédiaires (Sundhoffen, Wolfgantzen et Neuf-Brisach-Ville). Au lendemain de la Grande Guerre, elle est gérée par le nouveau réseau AL, qui ouvre en 1923 un embranchement de Neuf-Brisach-Gare à Bantzenheim longeant la rive gauche du Rhin. le 12 octobre 1939 le génie dynamite le pont sur le Rhin pour éviter une invasion allemande. Dès la capitulation française en juin 1940, le génie militaire allemand et la DRG vont rétablir l’ouvrage fluvial avec des tabliers Roth-Wagner, pour y faire passer des trains militaires mais aussi rétablir des trains de voyageurs de Colmar à Ulm. Le pont du Rhin est à nouveau détruit le 5 février 1945, mais cette fois il n’est pas reconstruit. Dès lors, la VU de Neuf-Brisach plonge dans l’oubli avec tout au plus deux AR d’autorails depuis Colmar, qui disparaîtront en 1969.
Créé en 1960, l’embranchement depuis Volgelsheim (ex-Neuf-Brisach-Gare) de la ZI de Marckolsheim, long de 21 km, est utilisé les week-ends à compter de 1983 par un chemin de fer touristique jusqu’au port sur le Rhin de Sans-Souci. Diverses entreprises s’y sont raccordées comme Rhénalu, les Cartonneries Kaysersberg et une plateforme de stockage de voitures neuves Gefco. Actuellement, le trafic fret de la ligne Colmar – Neuf Brisach est de l’ordre de 400 000 t annuelles.
Depuis 2012, une association régionale, TRR (Trans Rhin rail), veut alerter l’opinion en vue d’un rétablissement d’une liaison ferroviaire directe France – Allemagne via Breisach, moyennant la reconstruction de l’ouvrage sur le Rhin, projet estimé à 70 millions d’euros. Depuis peu, la région Grand-Est soutient cette revendication à laquelle le Land de Bade ne verrait que des avantages au plan économique. D’autant que la DB va électrifier avant 2020 la VU Fribourg – Breisach, longue de 22, km actuellement desservie par des autorails de la compagnie privée BSB.
Hupac en croissance en 2017 malgré Rastatt
Hupac a augmenté en 2017 son activité de 3,5 % avec 763 000 expéditions, malgré l’incident de Rastatt. Cette interruption de sept semaines a cassé la dynamique du premier semestre 2017 (+ 8,3%). Sur les 300 trains acheminés hebdomadairement par la vallée du Rhin, Hupac en a détourné moins d’un tiers. L’opérateur a procédé (dans 50 % des cas) à des acheminements de substitution par péniches ou camions jusqu’à Bâle, repris ensuite par trains jusqu’en Italie. Hupac explique que cet événement a eu un impact sur le transit mais aussi sur le trafic Import-Export Benelux – Suisse. L’entreprise suisse révèle que son activité dans le transit alpin a diminué via l’Autriche (- 2,2 %) mais qu’elle s’est accrue via la France (+ 13%). Pour 2018, Hupac travaille à des alternatives afin de remédier à toute nouvelle perturbation, lancer de nouvelles dessertes Hanovre/Zeebrugge – Novare, développer une liaison Cologne – Italie, et a lancé un second AR Duisbourg – Istanbul en février. La mise en service du corridor des 4 m en 2020 est par ailleurs activement préparée, tout particulièrement en Italie.