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Catégorie : Transports urbains
L’actualité des transports urbains : métros, tramways, bus etc.

Le RER E bouge aussi à l’est
La desserte de l’Est parisien, assurée par les lignes ferroviaires E et P, est l’objet de projets d’envergure comme « RER E Est + » qui permettra notamment de prolonger les missions, au-delà du terminus actuel de Villiers-sur-Marne, jusque Roissy.
En Île-de-France, on parle beaucoup d’un projet majeur de ces prochaines années qui va amener le RER E à l’ouest de la capitale en desservant la Défense, Nanterre et Mantes-la-Jolie. Mais sur la partie historique de la ligne construite dans l’Est parisien, deux projets importants vont changer les habitudes de transport.
Le schéma directeur des lignes E et P qui assurent la desserte ferroviaire de l’Est parisien établi en avril 2016 a été approuvé en juin 2016 par le conseil d’administration du Stif. En juillet 2018, ce même conseil approuve le schéma de principe de l’une des améliorations baptisée « RER E Est + ». Il s’agit en fait de prolonger les missions actuellement terminus à Villiers-sur-Marne-Le Plessis-Trévise jusqu’à Roissy-en-Brie.
Toute évolution de desserte dans ce secteur est rendue difficile par les contraintes de l’infrastructure. Les deux branches ont un tronc commun de Paris à Noisy-le-Sec (Km 8,9) où la bifurcation de Noisy-le-Sec sépare les lignes vers Strasbourg et vers Mulhouse. Il y a ensuite quatre voies sur la branche de Chelles où le RER E circule sur les voies extérieures. Sur la branche de Tournan qui nous intéresse ici, il y a quatre voies également jusqu’à Nogent-le-Perreux (Km 16,3). Vient ensuite le goulot d’étranglement du viaduc de Nogent avec deux voies seulement au-dessus de la Marne (830 m de long en courbe) et de l’autoroute A 4. La ligne garde ces deux voies jusqu’à la gare d’Émerainville-Pontault-Combault (Km 27,2). Quatre voies permettent de rejoindre la gare de Roissy-en-Brie (Km 29,9) avant de retrouver deux voies jusqu’à Gretz-Armainvilliers puis Tournan. Au fil des années, divers aménagements sont menés à bien sur cet axe. La ligne Noisy – Tournan est électrifiée en 25 kV et munie du BAL depuis janvier 1974. Lors de ces travaux, le BAL s’accompagne d’installations d’IPCS entre Nogent et Gretz-Armainvilliers tandis qu’une troisième voie est posée entre Émerainville et Roissy-en-Brie. Alors que la gare de Rosny-sous-Bois est construite en 1912, l’électrification amène les nouvelles gares de Val-de-Fontenay, des Boullereaux-Champigny et des Yvris. Les postes d’aiguillages de type PRS apparaissent en gare de Villiers et de Tournan (octobre 1973) avec 30 itinéraires chacun. En 1984, la gare d’Ozoir-la-Ferrière est reconstruite au cœur d’un nouveau quartier. Puis entre 1990 et 1993, dans le cadre de la nouvelle desserte vers Provins, une quatrième voie est construite entre Émerainville et Roissy-en-Brie. Deux voies sont spécialisées au sens impair et deux au sens pair ; les voies centrales sont les voies dites rapides. La gare d’Émerainville reçoit un poste moderne de type PRS de 30 itinéraires.
Le schéma directeur a permis de poser un diagnostic sur ce secteur et d’évoquer des perspectives d’évolution à court, moyen et long termes. Les objectifs sont l’amélioration de la performance, une meilleure qualité de service et une réponse de l’offre à la demande. Le constat partagé est un problème de capacité des trains sur la relation Tournan – Paris dès la gare d’Émerainville le matin (saturation attendue en 2030) alors qu’il y a de la réserve dans les trains au départ de Villiers. Le projet prévoit donc un rééquilibrage des missions. La concertation est menée début 2017.
Fin 2019, le projet est présenté pour l’enquête publique. Pour permettre le prolongement de la mission Villiers jusqu’à Roissy, l’essentiel des travaux repose sur la création d’une troisième voie depuis Villiers jusqu’à Émerainville, option retenue après examen du maintien de la double voie ou du passage à quatre voies. L’objectif des artisans de ce projet et des collectivités locales est de limiter au maximum les impacts fonciers, en restant le plus souvent à l’intérieur des emprises. Pour agrandir quand même la plateforme, il s’agira d’araser des talus et de construire des murs de soutènement. La 3e voie sera donc soit au nord, soit au sud des voies existantes avec d’éventuels ripages de ces voies, y compris en réduisant les entraxes jusqu’à 3,64 m.
Depuis Villiers, gare équipée de trois voies à quai dont la voie centrale permet les demi-tours des trains terminus depuis Paris, la nouvelle voie est au nord des voies actuelles sur environ 450 m puis bascule au sud. Le passage piétons souterrain de la rue Mozart sera démoli et reconstruit avec respect des normes PMR (ascenseurs) et accessible aux modes doux. Le pont-route Paul-Serelle (deux tabliers accolés pour trois voies routières) sera démoli et reconstruit avec deux tabliers : un pour trois voies routières et un pour les piétons.
Mise en service du PCC de la ligne 4 du métro de Paris
Malgré la crise sanitaire, les travaux d’automatisation de la ligne 4 du métro se poursuivent. Les portes palières sont désormais en place sur 17 des 27 stations de la ligne, la dernière équipée étant Mairie-de-Montrouge, l’actuel terminus. Autre étape décisive, le nouveau poste de commande centralisée (PCC) de la ligne est en service depuis le 3 mai. Grâce aux différents essais menés conjointement par la RATP et ses partenaires Siemens Mobility et Atos Colas Rail, le nouvel équipement est désormais en mesure d’accompagner la mise en ligne des rames automatiques.

La RATP face à la pandémie
Difficile de concilier mobilité et pandémie. Avec la reprise de l’activité, l’objectif est devenu plus difficile encore à atteindre.
Dès l’après-midi du 17 mars, toutes les rues du pays ont commencé progressivement à se vider. Avec le confinement obligatoire mis en place, les transports ont perdu l’essentiel de leur trafic. Seuls les déplacements indispensables, justifiés par une attestation, sont restés permis. Pour l’essentiel, il s’agissait de personnes se rendant sur leur lieu de travail. Anticipant ce confinement, plus d’un million de Franciliens (11 % de la population) sont partis se mettre au vert. La crainte réelle de la contamination a conduit de nombreux voyageurs potentiels à éviter les transports publics. Dans ce contexte, il est rapidement apparu que l’offre n’était plus du tout en rapport avec la fréquentation réelle. Côté RATP, après quelques jours de confinement, on constatait une baisse de 95 % des validations dans les transports. Ce chiffre bien sûr doit être modéré du fait de l’impossibilité de valider dans les bus avec la montée par l’arrière. Pour autant, la RATP a décidé de ramener son offre globale à 30 % en moyenne, volontairement supérieure aux 5 % de voyageurs. Cette démarche avait pour but de réduire l’affluence pour éviter les contaminations, tout en facilitant les déplacements des travailleurs et des soignants. Pour ces derniers, Île-de-France Mobilités et la RATP ont mis en place 22 lignes de bus permettant de rejoindre les centres hospitaliers aux heures de prise de service. L’offre modulée selon les modes était de 30 % sur le RER A, 50 % sur le B, 40 % sur les trams et environ 30 % sur le métro avec 40 % sur la 14, 50 % sur la 1. Un certain nombre de stations, de quatre fin mars jusqu’à 52 fin avril, ont tiré leurs grilles. Ces fermetures ont été rendues nécessaires face à la baisse des effectifs présents sur les réseaux. Malheureusement, il est extrêmement délicat d’apprécier exactement la fréquentation ligne par ligne, et certains médias se sont fait un plaisir de constater des phénomènes d’affluence tout à fait incompatibles avec la distanciation sanitaire, notamment en Seine-Saint-Denis, dans les bus ou sur le tram T 1. Sur le métro, la 13 a été particulièrement tendue avec à nouveau des niveaux d’affluence importants. La RATP a progressivement augmenté son offre sur ces lignes en particulier sur le tram et sur la 13.
L’autre défi était de poursuivre la maintenance et le nettoyage des matériels. Impossible en effet de faire rouler les véhicules sans en assurer l’entretien. Mais les mesures de protection des personnels ont rendu ces opérations beaucoup plus délicates. Pareillement, il est apparu nécessaire de procéder régulièrement au nettoyage des voitures pour limiter les risques de contagion. Cette mesure a été appliquée au moins une fois par jour au retour dans les terminus.
Un centre de maintenance pour les lignes 16 et 17 du métro
Le marché de construction (tous corps d’état) du centre de maintenance des lignes 16 et 17 du Grand Paris Express a été attribué. C’est le groupement Brezillon, Bouygues, Eiffage Sattelec qui se chargera de la réalisation de cette infrastructure pour un montant de 181 millions d’euros. Édifié sur 20 ha sur l’ancien site de PSA à Aulnay et Gonesse, cet équipement indispensable au fonctionnement des deux lignes comportera un SMR pour la maintenance et le remisage des rames et un SMI, assurant la maintenance des infrastructures. Ce dernier site sera confié à la RATP désignée pour assurer cette fonction. En complément, un PCC pour la régulation du trafic, sera mis en place à Aulnay. La mise en service des nouvelles installations doit intervenir avant l’été 2024.

Au moins 1 milliard d’euros de perdus pour IdFM
Conséquence prévisible de la crise sanitaire et du confinement, les Franciliens utilisent moins les transports publics. Si l’offre de la RATP et de la SNCF tourne autour de 30 % en moyenne, seuls 5 % des voyages sont assurés. Les passes Navigo n’ont pas été rechargés pour une grande majorité d’abonnés entraînant un manque à gagner important. Valérie Pécresse début avril estimait qu’environ 1 milliard d’euros n’avait pas été encaissé par Île-de-France Mobilités, une perte qui pourrait compromettre de futurs investissements.

Un difficile objectif olympique pour les lignes du nouveau métro
Avec des Jeux olympiques à l’été 2024, la livraison des chantiers des nouvelles lignes, 14, 16 et 17 en particulier, est devenue une priorité. L’objectif est tendu, aggravé par l’arrêt des travaux durant la crise sanitaire.
La date est dans le viseur de tous les chefs de projet, mais a-t-elle vraiment un sens ? Juste avant l’été 2024, l’agglomération parisienne doit mettre en service de nouvelles infrastructures de transport. C’est l’un des aspects majeurs présentés dans le dossier de candidature pour les Jeux olympiques. On l’a répété, le projet parisien est solide, en partie grâce à son exceptionnelle offre de transport déjà en place. Pour autant, ces lignes qui constituent un maillage appréciable sont soumises à de fortes tensions. Un bon nombre en réalité est surchargé, dans la totale incapacité d’assurer au quotidien ses missions dans de bonnes conditions. Comment dès lors imaginer transporter des millions de voyageurs supplémentaires ?
Au-delà même du projet olympique, il est devenu indispensable de mailler davantage un réseau conçu pour l’essentiel en convergence vers Paris. Les lignes de RER apparues à la fin des années 60 reprennent ce schéma, même si les trains qui venaient buter dans la capitale poursuivent vers les banlieues. Ce réseau est toujours en cours de développement avec la création d’une branche ouest au RER E de Haussmann-Saint-Lazare à Mantes-la-Jolie. Mais depuis le début des années 90, la doctrine a changé et l’on cherche à présent à créer des relations de banlieue à banlieue. Timidement en 1992, le tramway T 1 a constitué la première vraie ligne de rocade au nord de la capitale. Son succès, avec un trafic en constante progression et des extensions multiples, montre la nécessité de poursuivre dans cette voie. Cependant les solutions proposées par le tramway restent insuffisantes pour modifier en profondeur un réseau constitué depuis plus de 150 ans en convergeant toujours vers le centre. Une remise à plat était nécessaire avec cette fois une vision multimodale globale prenant en compte tous les modes de transport ferrés et routiers. L’objectif est de créer une synergie permettant un maillage cohérent pour soulager les lignes de l’hypercentre dont la fréquentation ne cesse de croître.
C’est la mission assignée aux lignes 14, 15, 16, 17 et 18 du métro. Par le jeu de créations et d’extensions, elles viennent s’ajouter aux différentes infrastructures existantes en créant de nouvelles correspondances. Évidemment, l’élaboration de ce réseau de 200 km de lignes nouvelles pour 39 milliards d’euros (financés en grande partie par l’emprunt) s’est faite dans la douleur avec des batailles de tracés et de gares. En parallèle, Île-de-France Mobilités, autorité organisatrice des transports parisiens, a défini les lignes à créer et à prolonger en complément de ce nouveau réseau. Aujourd’hui, le métro est en cours d’extension sur les lignes 4, 11 et 12 avec notamment pour objectif de rejoindre les nouvelles lignes.
Les gares du funiculaire de Montmartre en rénovation
Après les cabines et les installations techniques, c’est au tour des deux gares du funiculaire parisien du quartier de Montmartre d’entrer en rénovation. Des échafaudages ont été mis en place pour réaliser ces travaux finalement suspendus par la crise sanitaire. En attendant, le funiculaire est resté fermé, ce qui en période de confinement et en l’absence de touristes n’a pas véritablement occasionné de gêne.

Des chantiers ralentis ou à l’arrêt à la RATP
Difficile sinon impossible de respecter les distances de sécurité et les gestes barrières dans les chantiers d’Île-de-France. C’est notamment le cas à la RATP où la sécurité des agents et des ouvriers a conduit à l’arrêt le 16 mars de plusieurs chantiers en cours. D’autres connaissent un sérieux ralentissement à l’image de l’automatisation de la ligne 4. Des essais systèmes se poursuivent néanmoins mais à moindre rythme. Ils permettront la mise en service du nouveau PCC nécessaire à l’engagement en ligne de rames automatiques. Les travaux de prolongement en revanche sont suspendus. Même chose pour la ligne 14 dont les extensions au nord et au sud sont à l’arrêt. Pareillement, les essais du nouveau matériel MP 14 qui devaient commencer au printemps avec voyageurs sont fortement ralentis.

Direction Annemasse pour le tramway de Genève
Le réseau des tramways de Genève passe désormais la frontière pour desservir Annemasse. D’autres prolongements sont en cours et de nouvelles extensions en territoire français en projet.
Difficile d’imaginer qu’une grande part du réseau des tramways de Genève n’a pas 30 ans. Il y a bien sûr la ligne 12 historique qui rappelle que le tram est apparu en 1862 sur les bords du lac Léman. Mais après une phase de forte extension, le réseau s’est peu à peu réduit à partir des années 20 pour ne plus compter que cette ligne 12 entre Moillesulaz et Carouge. Face à la concurrence du trolleybus (apparu en 1942) et de l’autobus, le tramway avait-il encore un avenir ?
C’est sans aucun doute sa forte fréquentation, un quart des déplacements du réseau, qui a sauvé le tramway. Les autorités prennent conscience de son importance et décident sa modernisation tout en élaborant un plan de nouvelles lignes pour l’horizon 2000. Première étape de cette modernisation, la commande d’un nouveau matériel roulant pour remplacer des motrices hors d’âge. Difficulté supplémentaire, le réseau est à voie métrique avec des boucles de retournement. Les nouvelles rames seront donc unidirectionnelles comme les trams qu’elles remplacent.
Sans entrer dans le détail de l’historique des tramways de Genève (déjà évoqué dans le n° 255 de Rail Passion), la première série des nouvelles rames Düwag-Vevey arrive sur la ligne 12 à partir de 1987, donnant un sérieux coup de jeune aux trams genevois. En parallèle, les premières extensions du réseau sont progressivement ouvertes. C’est d’abord la ligne 12 qui est prolongée, puis de nouvelles lignes sont mises en service à partir de 1995. Aujourd’hui, le réseau des trams qui compte cinq lignes continue de s’étendre. Le tout dernier prolongement a été ouvert le 14 décembre dernier, en même temps (cadencement oblige) que le Léman Express. Il s’intègre dans un plan global de mobilité transfrontalière qui combine différents modes (bus, vélos, trams et trains). Côté tramways, il s’agit d’une nouvelle ligne depuis la frontière suisse jusqu’à Annemasse, traversant les communes françaises de Gaillard et Ambilly. Cette section de 3,3 km entre le terminus de Moillesulaz et Lycée-des-Glières est livrée en première phase sur 1,8 km jusqu’à Parc-Montessuit. Elle comporte sept stations dont quatre sur le tronçon mis en service.
Le terminus de Parc situé sur le territoire d’Annemasse est établi à quai central desservant deux voies. Une file de circulation routière est conservée côté parc. En avant-station, une double communication croisée permet aux trams d’arriver sur l’une ou l’autre voie. Il n’y a pas à proprement parler d’arrière-station, si ce n’est une très courte voie sur une dizaine de mètres, amorce du prolongement vers le cœur d’Annemasse. Depuis le terminus, la plateforme s’engage vers l’ouvrage de franchissement établi au-dessus de la voie ferrée reconstruit dès 2016 en prévision du tramway.
Stadler remporte le contrat du métro de Berlin
Le BVG (Berliner Verkehrsbetriebe), l’autorité, qui gère les transports publics à Berlin, a signé avec Stadler un contrat-cadre d’un montant de trois milliards d’euros pour la fourniture de 1 500 véhicules de métro. La cour d’appel a débouté le 20 mars 2020 Alstom, autre concourant à l’appel d’offres, qui avait contesté l’attribution de ce marché par le BVG à Stadler. La commande minimale est fixée à 606 véhicules. La première tranche comprend la fourniture de 376 véhicules livrés à partir de 2022 en rames de deux et quatre éléments réparties dans les deux gabarits requis selon les lignes d’utilisation. Une deuxième tranche de 230 véhicules livrée ultérieurement a également été commandée par le BVG. Le contrat prévoit la fourniture des pièces détachées et comporte une option pour 894 véhicules supplémentaires. Stadler va investir pour la fabrication de ces nouvelles rames de métro type J/JK 70 millions d’euros pour adapter son site de production de Pankow. Six séries à petit gabarit et trois séries à grand gabarit circulent actuellement sur les 10 lignes que comprend le réseau de métro de Berlin.