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Catégorie : Grande vitesse
L’actualité de la grande vitesse ferroviaire, de projets de ligne à grande vitesse, de trains à grande vitesse en France et dans le monde.

Nîmes-Manduel-Redessan : une nouvelle gare TGV en construction
20e du réseau TGV et seconde du CNM, cette gare dont le nom définitif n’est pas encore arrêté, en correspondance avec la ligne Tarascon – Sète, va profiter à toute la région nîmoise jusqu’à Arles. Le gros œuvre vient de commencer et l’ouverture au public est prévue pour fin 2019.
19 gares nouvelles implantées sur les LGV ont été construites depuis 1981 et exploitées par la SNCF sur le réseau national. La 20e, localisée sur le contournement TGV Nîmes – Montpellier, doit fonctionner en principe en décembre 2019. À cheval sur la ligne classique Tarascon – Sète de la transversale sud, au Km 14,3, ce qui permettra une correspondance commode avec les TER Occitanie vers Avignon, Marseille, Nîmes, Montpellier, Narbonne, Perpignan, ses installations seront situées sur 26 ha de terrains agricoles des modestes communes gardoises de Manduel et Redessan. Son appellation définitive n’est pas encore fixée, la logique voudrait qu’elle endosse le nom des deux localités précitées, mais la ville de Nîmes pencherait elle pour Nîmes-Pont-du-Gard de façon à attirer les touristes. En tout état de cause, la gare historique au cœur de l’agglomération sera débaptisée et identifiée en principe Nîmes-Centre. À l’est de la métropole nîmoise, sa localisation à 21 km d’Arles sera également profitable aux habitants de cette ville, qui, pour emprunter les TGV, doivent aujourd’hui gagner la gare d’Avignon-TGV par la route ou par le rail avec transbordement à Avignon-Centre.
L’enquête publique préalable à la DUP a eu lieu du 6 février au 17 mars 2017. Le projet, visant à développer la connexion régionale, nationale, internationale, grâce à l’impact de la grande vitesse en créant un pôle d’échanges multimodal respectueux de l’environnement local, est estimé à 95 millions d’euros supportés par l’État (31,7 millions), SNCF Réseau (31,7 millions), la région Occitanie (22,6 millions), Nîmes-Métropole (8,03 millions) et Montpellier Méditerranée Métropole (1 million). Eu égard à la proximité du site nîmois et de son riche passé antique, l’Inrap a réalisé en préalable des fouilles archéologiques pour s’assurer de l’éventuelle présence de vestiges anciens. Les prospections n’ont pas révélé de traces, permettant d’envisager les travaux sans crainte d’oblitérer les témoignages de l’Histoire.
La nouvelle gare, établie sur le tracé du CNM au Km 27,169, va comporter en phase définitive quatre voies à quai de 400 m, schéma largement appliqué dans la plupart des autres gares nouvelles. Elles recoupent par un pont-rail à cinq travées la double voie Tarascon – Sète, à cet endroit en semi-tranchée, qui vont être équipées de deux quais latéraux pour l’arrêt des TER, pratiquement à mi-chemin entre l’ex-gare de Jonquières-Saint-Vincent, fermée au trafic en 2011, et la halte actuelle de Manduel-Redessan, qui sera absorbée par la nouvelle infrastructure fin 2019. Les futures installations vont comprendre 3 000 m2 de surfaces réparties sur trois niveaux :
– inférieur, donnant accès avec passerelle aux quais TER ;
– médian comprenant l’ensemble des espaces d’attente, de service pour la clientèle et des commerces ;
– supérieur pour l’accès aux quais TGV.
Éboulement sur la ligne du haut Bugey
La ligne du haut Bugey (Bourg-en-Bresse – Bellegarde) a été interrompue le 13 juin par un éboulement de terrain consécutif à de fortes intempéries. La circulation des TGV Lyria Paris – Genève (dans les deux sens de voyage) a dû être modifiée jusqu’au 1er juillet comme suit :
– les TGV Lyria Paris – Genève ont été détournés via Culoz – Ambérieu-en-Bugey avec un temps de parcours rallongé d’une vingtaine de minutes, Bourg-en-Bresse et Bellegarde étant desservis normalement ;
– les TGV Lyria 9778 et 9773 Lausanne – Paris ont exceptionnellement eu pour gare de départ/arrivée Genève, le temps de la remise en service de la ligne du haut Bugey.
La LGV Paris – Lyon va gagner en capacité
Grâce au système de signalisation ERTMS 2, cette LGV saturée depuis des années va pouvoir accueillir plus de trains à l’heure. Mais cet accroissement de débit ne sera effectif qu’au terme d’un long et coûteux chantier, en partie financé par l’UE, qui se déroulera de 2019 à 2023 pour une mise en service commercial en 2025.
Dans le cadre du programme Mécanisme d’interconnexion en Europe 2014-2020, l’Union européenne a voté fin 2017 une subvention à la France pour moderniser la LGV Paris – Lyon. La convention de financement a été signée le 26 avril dernier pour le déploiement sur cette LGV du système de signalisation ferroviaire européen ERTMS niveau 2. Outre l’interopérabilité, cette technologie encore peu développée en France va permettre d’accroître les capacités de circulation sur cette ligne. La saturation de cette ligne est un sujet des années 2000. La fréquentation a explosé en 35 ans : 7,2 millions de voyageurs en 1982, 20,3 en 1991, 34,8 en 2005, 39,4 en 2008, 40,8 en 2012 et 44,4 en 2017. C’est environ 240 TGV par jour dans les deux sens, soit un tiers du trafic national et des liaisons majeures internationales avec la Suisse, la Belgique, le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Italie. La zone critique se situe principalement entre Coubert et Pasilly, zone d’environ 170 km cumulant la totalité du trafic. Mais ce projet est en réalité le pilote d’un réseau « haute performance » qui ne se réduit pas au seul changement de signalisation. En effet, il ne suffit pas de gagner des sillons sur la LGV si les parcours d’approche sur lignes classiques ou les grandes gares ne peuvent pas les recevoir. Le système ERTMS (European Rail Traffic Management System) voulu par l’Union européenne a pour but d’harmoniser la signalisation ferroviaire entre les pays, où il existe aujourd’hui 27 systèmes différents y compris sur les LGV (trois systèmes). En niveau 2, il repose sur le GSM-R (Global System for Mobile) comme système de transmission continue des données entre le sol et le bord et l’ETCS (European Train Control System) comme sécurité des circulations par un contrôle automatique de vitesse et une signalisation en cabine. Ici, le GSM-R aura évolué en GPRS (General Packet Radio Service), une version plus élaborée avec une fiabilité accrue et une capacité plus importante de transmission de données nécessaire avec le besoin de localiser un plus grand nombre de mobiles.
Comme en TVM, il n’y a toujours pas de signalisation latérale, la signalisation étant assurée en cabine comme, et les points d’arrêt ont un repère sous forme de pancarte carrée bleue présentant une flèche jaune dirigée vers la voie concernée. La détection des trains reste assurée par le circuit de voie, les mêmes qu’aujourd’hui, sans nécessiter de redécoupage, ce qui réduit l’impact des travaux à venir.
Ouigo s’installe gare de l’Est
Après Paris-Vaugirard en décembre 2017, les trains Ouigo vont investir la gare de Paris-Est dès le 7 juillet 2018 en proposant quatre AR quotidiens vers Colmar (arrêt à Strasbourg), Metz (arrêt à Champagne-Ardenne- TGV), Nancy (arrêt à Champagne-Ardenne-TGV direction Paris) et Strasbourg (arrêt à Lorraine-TGV). Les trois premiers remplacent des TGV existants, le dernier se substitue à un AR Ouigo entre Strasbourg et Aéroport-CDG-2-TGV. 29 gares seront alors desservies par Ouigo avec l’ajout des trois nouveautés de Metz, Nancy et Colmar.
Par ailleurs, l’un des AR entre Aéroport-CDG-2-TGV et Montpellier-Saint-Roch sera transféré à la nouvelle gare de Montpellier-Sud-de-France (arrivée 15 h 25, départ 16 h 15) construite sur la nouvelle ligne du contournement de Nîmes – Montpellier. L’arrêt de Lyon-Saint-Exupéry est maintenu ; par contre, faute de gare nouvelle et de raccordement entre ligne nouvelle et ligne classique, l’arrêt de Nîmes est supprimé.
Ouigo poursuit donc sa montée en puissance avec l’objectif d’assurer d’ici 2020 25 % du trafic à grande vitesse en faisant voyager 26 millions de passagers dont 10 millions de nouveaux avec un parc dédié composé à ce moment-là de 34 rames spécialement aménagées (motrices Dasye série 700 et tronçons série 200).
Les TGV sur l’Atlantique : un parc progressivement diversifié
Dans le prolongement de nos dossiers sur l’ouverture des LGV SEA et BPL (voir Rail Passion nos 239 et 241), nous revenons ici sur l’évolution du parc de TGV desservant la façade atlantique. Chasse gardée au départ des TGV A, aujourd’hui touchés par les radiations, cette desserte s’est, en effet, ouverte par la suite à d’autres séries de TGV, notamment à deux niveaux.
Deuxième ligne à grande vitesse du territoire, la LGV Atlantique avait besoin de matériel neuf pour réaliser la desserte des axes Ouest et Sud-Ouest. Alors que les rames TGV Sud-Est, pionnières en la matière, sont complètement innovantes, on va pouvoir bénéficier du retour d’expérience pour imaginer les rames Atlantique. Et aussi des évolutions technologiques. Lorsque la SNCF lance l’appel d’offres en septembre 1984, 97 rames TGV SE sont déjà opérationnelles et la LGV SE est ouverte depuis trois ans. Alsthom reçoit une commande de 95 rames dont 22 en option en novembre 1985.
Avec retard, la rame 301 est livrée en mars 1988, présentée en mai et en essais dès juillet d’abord sur la LGV Sud-Est. Si la deuxième rame arrive rapidement en octobre, il faut attendre mai 1989 pour la série. C’est cependant la rame 308, encore non réceptionnée, qui roule la première sur la LGV A en mars 1989. À l’ouverture de la branche Ouest en septembre 1989, 22 rames sont à l’effectif. Les longues mises au point du logiciel du réseau Tornad vont perturber les premiers mois d’exploitation (jusqu’en juin 1990), avec l’impossibilité de la mise en UM. Les bugs informatiques seront résolus et en septembre 1990, à l’ouverture de la branche Sud-Ouest, 65 rames sont opérationnelles. Entre-temps, la rame 325 va s’illustrer au printemps 1990 avec des montées en vitesse hors normes. Et comme sur la LGV SE, un record mondial de vitesse sur rails sera battu le 18 mai avec 515,3 km/h, reléguant loin derrière le record de la rame TGV SE 16 du 26 février 1981 à 380 km/h.
La desserte Atlantique est un succès. Très vite, l’option sur les 22 rames est levée et une commande complémentaire de 10 rames est même passée. Au total, le parc Atlantique comportera donc 105 rames ; la dernière, la 405, est livrée en mars 1992. Jusqu’en 1996, elles règnent en maîtres sur les liaisons à grande vitesse de la façade atlantique, étoffant régulièrement leurs destinations : Arcachon et Quimper en 1992, La Rochelle en 1993. Elles sont les premières à circuler en service commercial à 300 km/h. Au sud de Tours, là où les grands trains TEE et autres pouvaient circuler à 200 km/h, les performances du TGV et quelques aménagements d’infrastructures permettent une vitesse de 220 km/h sous caténaire 1,5 kV. Elles vont même assurer les premiers TGV Province – Province : en septembre 1991 sur Rennes/Nantes – Lyon avec une UM de TGV A et un rebroussement à Valenton, l’été 1993 pour Tours – Lyon ou à l’hiver 1992 sur des TGV des Neiges entre Quimper et Brest vers Saint-Gervais, Bourg-Saint-Maurice et Modane. L’emprunt de la LGV SE, de la partie sud de l’interconnexion en Île-de-France et du contournement de Lyon jusqu’à Saint-Quentin-Fallavier ne leur pose pas de problème, car ces tronçons sont équipés de la TVM 300 comme la LGV A et les rames TGV A.
Par contre, les LGV suivantes sont équipées de la TVM 430, version numérique perfectionnée de la TVM 300, illisible par des rames équipées de la TVM 300. Pour cette raison, une majorité de rames SE sont modifiées. Et pour le TGV A, les rames 386 à 405 reçoivent aussi la TVM 430. Cela permet en juin 1996 de créer des TGV depuis Lille vers Bordeaux, Toulouse, Hendaye, Quimper, Rennes et Nantes. Les TGV A sont épaulés par des rames TGV Réseau bicourant, voire tricourant sur des trains de Bruxelles. En septembre 1997, les TGV A descendent jusqu’à Avignon par la rive droite du Rhône. Il en sera ainsi jusqu’en juin 2001, date de l’ouverture de la LGV Méditerranée. L’année 2000 marque l’entrée en lice de parcours TGV conventionnés par des collectivités. Tout d’abord, celui entre Paris et Saumur via Tours qui subsistera jusqu’en décembre 2008 avec son remplacement par une nouvelle trame TER. Ensuite, le célèbre TGV Vendée de mai 2000 à fin 2004. Faute d’électrification, le TGV arrive quand même aux Sables-d’Olonne en étant tracté par une locomotive diesel CC 72000 depuis Nantes, une première commerciale unique dans les annales y compris jusqu’à aujourd’hui. Huit rames TGV (372 à 379) et trois locomotives (72061 à 63) sont modifiées pour cet attelage hors normes à l’usine Alstom de Belfort pour permettre les deux AR quotidiens. Les CC 72000 perdent leur tamponnement et reçoivent un attelage automatique à chaque extrémité, équipé d’un coupleur automatique 1 500 V pour alimenter la climatisation et les auxiliaires du TGV. Les TGV adaptent leur attelage avec ce coupleur. Aucune commande n’est transférée à la locomotive : un conducteur reste présent dans le TGV pour la climatisation, l’éclairage, la sonorisation et l’informatique. Le TGV reviendra aux Sables en décembre 2008, mais en toute autonomie cette fois, grâce à la caténaire monophasée déroulée depuis Nantes.
Pas d’EuroDuplex sur Paris – Milan
L’achat de six rames EuroDuplex, pour assurer la mission Paris – Milan, en lieu et place des TGV Réseau tricourant actuels, ne semble plus d’actualité. Proposée par le précédent gouvernement, afin de soutenir la charge de certains sites Alstom en France, l’opération se serait heurtée à plusieurs difficultés dont celle du prix de la nouvelle microflotte. Il n’en demeure pas moins que les jours du parc utilisé en l’état sur Paris – Milan via Modane sont comptés. En effet, des systèmes anti-incendie dans les espaces voyageurs seront obligatoires dès 2021 en Italie. À moins d’acquérir des rames neuves ou de rétrofiter les rames déjà utilisées, il ne sera plus permis à la SNCF d’opérer seule de et vers Milan passé cette échéance…

Le contournement Nîmes – Montpellier en service
Dernière des trois réalisations de lignes à grande vitesse sur terrain SNCF au cours de l’année 2017, le contournement Nîmes – Montpellier (CNM), construit par le concessionnaire OC’Via, qui sera chargé de sa maintenance à partir de la base de Nîmes Sud qui a servi à sa construction, est désormais opérationnel. Il est identifié 834 au catalogue des lignes de SNCF Réseau. Cette opération a reçu le 10 novembre écoulé, l’autorisation de mise en exploitation commerciale (Amec). Dès lors, SNCF Réseau a pu prendre possession des installations et engager des mouvements destinés à la formation du personnel de conduite. Le 23 mars, la nouvelle sous-station de traction de la Castelle, à Lattes, était entrée en fonction avec télécommande par le central sous-stations de Lyon, qui agit déjà sur la LGV Méditerranée. Deux mois plus tard, celle existante de Biscarrat, à Jonquières-Saint-Vincent, était à son tour à même d’alimenter le CNM en 25 kV sur les 63 km de son parcours à travers le Gard et l’Hérault. En parallèle, la signalisation était mise en service (BAL avec préannonce et IPCS) ainsi que sur le raccordement fret, avec intervention du PCD de Nîmes Nord. Les essais en vitesse jusqu’à 242 km/h ont été réalisés à compter du 17 juillet jusqu’en septembre.
Au changement d’horaires 2018, intervenant le 10 décembre 2017, la SNCF a engagé une quarantaine de trains de fret pour la plupart issus de la ligne de rive droite du Rhône par le raccordement de Saint-Gervasy et quelques-uns en provenance de Marseille et du golfe de Fos circulant via Tarascon et empruntant le raccordement de Jonquières. Au-delà de Lattes, ils reprendront les voies de la transversale sud vers Narbonne, Perpignan, Toulouse et Bordeaux.
L’utilisation du CNM en trafic voyageurs est différée jusqu’en 2018 et coïncidera avec l’ouverture de la nouvelle gare de Montpellier-Sud-de-France. Elle ne concernera au début que deux TGV classiques et deux Ouigo terminus, la montée en charge du trafic étant prévue pour la fin 2019 avec la mise en exploitation de la gare nouvelle de correspondance TGV-TER de Nîmes – Manduel.
Le contournement Nîmes – Montpellier en service
Dernière des trois réalisations de lignes à grande vitesse sur terrain SNCF au cours de l’année 2017, le contournement Nîmes – Montpellier (CNM), construit par le concessionnaire OC’Via, qui sera chargé de sa maintenance à partir de la base de Nîmes Sud qui a servi à sa construction, est désormais opérationnel. Il est identifié 834 au catalogue des lignes de SNCF Réseau. Cette opération a reçu le 10 novembre écoulé, l’autorisation de mise en exploitation commerciale (Amec). Dès lors, SNCF Réseau a pu prendre possession des installations et engager des mouvements destinés à la formation du personnel de conduite. Le 23 mars, la nouvelle sous-station de traction de la Castelle, à Lattes, était entrée en fonction avec télécommande par le central sous-stations de Lyon, qui agit déjà sur la LGV Méditerranée. Deux mois plus tard, celle existante de Biscarrat, à Jonquières-Saint-Vincent, était à son tour à même d’alimenter le CNM en 25 kV sur les 63 km de son parcours à travers le Gard et l’Hérault. En parallèle, la signalisation était mise en service (BAL avec préannonce et IPCS) ainsi que sur le raccordement fret, avec intervention du PCD de Nîmes Nord. Les essais en vitesse jusqu’à 242 km/h ont été réalisés à compter du 17 juillet jusqu’en septembre.
Au changement d’horaires 2018, intervenant le 10 décembre 2017, la SNCF a engagé une quarantaine de trains de fret pour la plupart issus de la ligne de rive droite du Rhône par le raccordement de Saint-Gervasy et quelques-uns en provenance de Marseille et du golfe de Fos circulant via Tarascon et empruntant le raccordement de Jonquières. Au-delà de Lattes, ils reprendront les voies de la transversale sud vers Narbonne, Perpignan, Toulouse et Bordeaux.
L’utilisation du CNM en trafic voyageurs est différée jusqu’en 2018 et coïncidera avec l’ouverture de la nouvelle gare de Montpellier-Sud-de-France. Elle ne concernera au début que deux TGV classiques et deux Ouigo terminus, la montée en charge du trafic étant prévue pour la fin 2019 avec la mise en exploitation de la gare nouvelle de correspondance TGV-TER de Nîmes – Manduel.
LGV SEA et BPL : la côte atlantique se rapproche (3e partie)
Dans une deuxième partie (voir Rail Passion n° 240), faisant suite à une évocation historique de la LGV Atlantique (voir Rail Passion n° 239), nous avions détaillé les bouleversements dans la grille de desserte provoqués par l’ouverture de la LGV BPL. Nous faisons ici de même pour celle de la LGV SEA pour aborder ensuite les incidences de cette double mise en service sur les liaisons intersecteurs.
LGV Sud-Europe-Atlantique
La grande nouveauté de la desserte appliquée le 2 juillet est la réduction sensible de neuf à six des TGV Paris – Bordeaux transitant par Saint-Pierre-des-Corps, cette gare conservant les TGV intersecteurs vers l’Aquitaine et bien entendu les Paris – Tours, inchangés. Comme pour BPL, nous nous intéressons en priorité à la grille des jours ouvrables de base, d’abord aux gares principales de l’axe et de ses embranchements, à savoir Poitiers, La Rochelle, Angoulême, Bordeaux, Bayonne, Tarbes et Toulouse, celles intermédiaires étant abordées en second lieu. Les vendredis, le service est renforcé jusqu’à 22 heures au départ de Montparnasse au moyen des fréquences suivantes :
– un Paris – Poitiers, trois Paris – La Rochelle, quatre Paris – Bordeaux, un Paris – Tarbes/Hendaye, un Paris – Arcachon, un Paris – Hendaye/Toulouse ;
– deux La Rochelle – Paris, deux Bordeaux – Paris, deux Hendaye – Paris.
Comme pour le bloc Bretagne-Pays de la Loire, les retours des dimanches s’achèvent vers 0 h 30. Les distances Paris – Province, déjà réduites avec la LGV A en 1990, accusent avec la LGV SEA une diminution un peu plus sensible, soit par exemple Bordeaux 539 km contre 559 avec le contournement de Tours et 579 en version historique. En règle générale, les TGV au-delà de Bordeaux sont sans arrêt depuis Paris-Montparnasse, d’où un changement à Bordeaux pour la clientèle issue des gares en amont. Malgré un abaissement significatif des temps de parcours pour les localités au sud de Bordeaux, celles-ci restent une proie favorite pour les vols aériens.Poitiers, préfecture de la Vienne comptant 87 000 habitants, origine des embranchements vers La Rochelle et Limoges, n’est plus qu’à 1 heure 18 de Montparnasse par les six fréquences sans arrêt, sortant de la LGV par le raccordement de Migné-Auxances, soit une économie de 18 min. Les 16 fréquences existantes passent à 17 dans le sens Paris – Province et à 15 en sens inverse. L’accès à Paris est possible dès 6 h 51 le lundi, 7 h 59 à partir de l’automne, 8 h 26 en été, au lieu de 8 h 22. En soirée le dernier départ est fixé à 20 h 54 au lieu de 20 h 36. Depuis Paris, Poitiers est touché à 7 h 41 sans changement, alors qu’en soirée le dernier départ est prévu à 21 h 28 vers Paris en été, 21 h 15 à l’automne au lieu de 21 h 07. Les TGV continuant sur Bordeaux utilisent le raccordement de Fontaine-le-Comte Sud. On notera que plusieurs fréquences desservent Vendôme-Villiers-sur-Loir-TGV et qu’en été deux terminus Paris – Poitiers, outre Saint-Pierre-des-Corps, viennent rebrousser à Tours ;

Un panorama de la grande vitesse dans le monde
À l’heure où la France ouvre deux nouvelles lignes à grande vitesse vers l’Ouest et le Sud-Ouest, il nous a paru intéressant de publier ce vaste tour d’horizon de la grande vitesse dans le monde, un travail tout à la fois très synthétique et très complet réalisé par François Lacôte, un des pères de la grande vitesse française, à qui l’on doit notamment les records du 18 mai 1990 (515,3 km/h) et du 3 avril 2007 (577,8 km/h). Qui d’autre mieux que lui, ingénieur de formation et industriel (il occupe, aujourd’hui des fonctions de direction chez Alstom), pouvait aborder sous toutes ses facettes, y compris les plus techniques, la complexe problématique de la grande vitesse dans un langage malgré tout accessible au plus grand nombre ?
Avec la réduction du temps de voyage comme objectif, élément essentiel de l’attractivité du mode ferroviaire et de sa compétitivité, la recherche de vitesses de plus en plus élevées a été une constante de l’évolution des chemins de fer à travers le monde.
Après plus d’un siècle de développements, plusieurs records du monde et une croissance constante de la vitesse commerciale, il semblait à la fin des années 1960 que cette évolution avait atteint un palier quasi définitif :
– Au Japon, les Japan Railways lançaient le service Shinkansen à 210 km/h en 1964.
– En Allemagne, la Deutsche Bundesbahn lançait un service à 200 km/h en 1965.
– En France, La SNCF lançait le service « Capitole » à 200 km/h en 1967.
À cette époque, une opinion assez répandue voulait que cette vitesse de 200/210 km/h fût la limite raisonnable du système roue-rail, et que la poursuite de l’accroissement des vitesses passe par le développement de nouveaux systèmes de transport terrestres guidés.Les systèmes alternatifs au système roue-rail
Parce qu’on supposait que la limite à l’accroissement de la vitesse au-delà de 200 km/h résidait dans le contact roue-rail (on verra plus loin qu’il n’en était rien), la recherche et les développements portaient alors sur des systèmes sans contact entre infrastructure et mobile. L’Aérotrain En France, sous l’impulsion de l’ingénieur Bertin, le gouvernement finança le développement d’un système à rail central et piste en béton, le guidage et la sustentation étant assurés par des coussins d’air portés par le mobile. La propulsion était assurée par des moteurs issus de l’industrie aéronautique (moteur à hélice, puis à réaction) ; des études furent lancées pour un mode de propulsion électrique (moteur linéaire), mais sans réalisation pratique.
Ce projet donna lieu à la réalisation d’une voie expérimentale de 18 km, sur laquelle l’Aérotrain établit un record de vitesse mondial de 430 km/h le 5 mars 1974.