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Catégorie : Infrastructure
L’actualité des infrastructures ferroviaires en France et dans le monde.

Travaux différés sur la ligne fret Agen – Auch
La ligne Fret (Agen) Bon-Encontre – Auch (64,2 km) à cheval sur deux régions (Nouvelle-Aquitaine et Occitanie) n’est plus exploitée depuis le 1er mars 2016 entre Bon-Encontre et Sainte-Christie (51,4 km) et le 1er juillet 2015 entre Sainte-Christie et Auch. Suite aux inondations de janvier 2014 elle avait été déjà interdite de circulation le 27 janvier 2014. Des travaux d’urgence avaient été réalisés à l’été suivant et elle avait été opérationnelle le 25 octobre pour un premier train. Le trafic annuel est estimé actuellement entre 80 000 et 160 000 t. La rénovation de la section Bon-Encontre – Sainte-Christie était programmée du 22 janvier au 30 juin 2018 pour un coût de 6,45 millions d’euros financés à 30 % par des fonds européens, à 30 % par l’État, à 19,4 % par la région Occitanie, à 9,7 % par la région Nouvelle-Aquitaine et à 10,9 % par des collectivités locales et des chargeurs. Le défaut des fonds européens a entraîné le report des travaux à une date non déterminée. Ces travaux consistaient à remplacer 12 000 traverses, 15 000 t de ballast, rénover 10 aiguillages, traiter six ponts inférieurs et inspecter 40 PN.

Le pont du Vecchio en cours de régénération
Le pont du Vecchio construit par Gustave Eiffel, long de 170 m et haut de 84 m est en cours de rénovation. Ce pont, situé entre les gares de Venaco et de Vivario, achevé en 1894 permet de relier Bastia à Ajaccio en train.
Après toutes ces années d’utilisation, un grand chantier d’entretien était devenu indispensable. Il a démarré le 29 octobre, portant principalement sur une remise peinture, le remplacement des augets, des garde-corps de la passerelle située en dessous du pont et celui partiel des rivets.
Conséquence de ces travaux, les trains ne circulent plus entre Ponte-Leccia et Vivario et sont remplacés par un service de car depuis le 28 octobre et jusqu’au 3 mars 2019. La voie est aussi fermée entre Ponte-Leccia et Corte afin de purger la montagne à Omessa pour supprimer le ralent.
Travaux sur Rennes – Saint-Malo
Du 21 mai au 26 juillet des travaux de renouvellement de voie (950 m) et de remplacement d’un aiguillage (n° 303) ont été réalisés par Meccoli de nuit en gare de Montreuil-sur-Ille. Du 2 septembre au 20 octobre ont eu lieu des travaux préparatoires de confortement des ouvrages d’art, notamment en périphérie de Rennes, ainsi que la sécurisation des fossés, le décapage des pistes le long des voies et le confortement de talus avec pose de ribardières entre Saint-Médard et Dingé. Depuis le 22 octobre et jusqu’au 1er février prochain, un RVB est en cours sur 38 km de voie. 17 km sont traités sur la voie 1 entre Chevaigné et Dingé, 21 km sur la voie 2 entre Pontchaillou et Betton et entre Saint-Germain-sur-Ille et Dingé. Une suite rapide y est engagée du 22 octobre au 22 décembre. Les travaux sont réalisés de nuit par Transalp. 51 millions d’euros sont investis par SNCF Réseau sur le chantier, qui mobilise 500 personnes. Les travaux de suppression du PN 11 à Montreuil-sur-Ille, où un accident avait fait trois morts le 12 octobre 2011, sont en cours avec une nouvelle déviation routière de la RD 106 qui franchira les voies en aval du PN à l’aide d’un viaduc métallique routier long de 240 m qui sera mis en service en avril 2020.

Deux ans de retard pour le prolongement de la ligne 12 à Mairie-d’Aubervilliers
Le prolongement nord de la ligne 12 et ses deux nouvelles stations seront livrés fin 2021 avec deux ans de retard. La complexité du chantier combinée à des difficultés dans la nature des sols ont bousculé le calendrier initial.
Où en est le chantier du prolongement de la ligne 12 ? L’antique ligne A du Nord-Sud de Porte-de-Versailles à Porte-de-la-Chapelle, intégrée au métro en 1930 pour devenir la ligne 12, a été prolongée une première fois au sud en 1934 vers Mairie-d’Issy. Le plan initial des prolongements en banlieue décidé en 1928 par le département de la Seine prévoyait de reporter son terminus nord à l’église de Saint-Denis. Malheureusement, la guerre a mis fin à la politique d’extension du métro, suspendue entre 1952 et 1970. La dernière réalisation du plan initial est un prolongement à Saint-Denis de la ligne 13 vers Carrefour-Pleyel en 1952, avec plusieurs extensions vers Basilique en 1976 et Université en 1998. Sous la forte pression des élus locaux et devant les besoins importants de déplacements vers Aubervilliers, le prolongement de la 12 est finalement décidé depuis Porte-de-la-Chapelle vers trois nouvelles stations, Proudhon-Gardinoux, Pont-de-Stains et Mairie-d’Aubervilliers. La desserte de nouveaux quartiers sur d’anciennes friches industrielles combinée à l’amélioration des liaisons vers le cœur d’Aubervilliers ont conduit à imaginer un tracé tortueux de 3 640 m. Partant de l’arrière-station de Porte-de-la-Chapelle, le tunnel se prolonge d’abord en ligne droite vers le nord avant de bifurquer vers la zone des magasins généraux à Aubervilliers, où la première station est implantée. Ensuite, la ligne file vers le canal Saint-Denis qu’elle franchit pour s’aligner le long de la rue Victor-Hugo. Une deuxième station est prévue au bord du canal. Le tunnel se poursuit au-delà sur quelques centaines de mètres avant de rejoindre Mairie-d’Aubervilliers le futur terminus. En arrière-station, la galerie continue sur environ 500 m sous les boulevards Anatole-France et Pasteur jusqu’au niveau de l’autoroute A 86, juste aux pieds de la gare du RER B La Courneuve-Aubervilliers.
Cette dernière section depuis le terminus est destinée au garage des trains. L’ensemble de ce prolongement a été réalisé à l’aide du tunnelier Élodie, dont la course s’est achevée le 5 décembre 2011 au niveau de la future station Pont-de-Stains. Mais la fin des creusements ne signifie pas bien sûr l’achèvement du chantier. L’ouverture de la nouvelle section pour des raisons économiques a été programmée en deux étapes distinctes. Si les galeries sont creusées jusqu’au puits Valmy aux pieds de l’A 86, l’ouverture des stations est prévue en 2012 et en 2017. La première, finalement dénommée Front-Populaire, est livrée dans les temps le 18 décembre 2012. Cette extension s’accompagne du redéploiement d’un certain nombre d’opérations au nouveau terminus, doté d’importants locaux techniques. À Porte-de-la-Chapelle, un nouvel accès sud est ouvert après démolition d’un petit poste terminus situé sur le quai direction Mairie-d’Issy.
Un nouveau quai à Créteil-Pompadour
Dans le cadre du CPER, la région IdF a voté le financement de 26 millions d’euros pour créer un quai supplémentaire en gare de Créteil-Pompadour sur la ligne D du RER. Ouverte en décembre 2012 en remplacement de la gare de Villeneuve-Prairie, elle ne disposait que d’un quai central desservi par les voies 1 bis et 2 bis, alors qu’à cet endroit il y a aussi la voie 2 M banalisée. Si la desserte de décembre 2012 est bien basée sur deux voies, en cas d’incident ou de travaux, le détournement des trains par la voie 2 M se traduit par l’absence de desserte d’un pôle de 11 000 voyageurs quotidiens.
Le nouveau quai sera construit côté triage de Villeneuve. La passerelle sera allongée avec mise en œuvre d’escaliers fixes et mécaniques avec ascenseurs. Les travaux se dérouleront de 2020 à fin 2022.
Tunnel de base du Semmering : un grand chantier sur les ÖBB
Après ceux de la Wienerwald (13 350 m) et de Lainzer (12 300 m), verrouillant l’accès ouest à la capitale autrichienne, les ÖBB ont entamé trois grands ouvrages souterrains intégrés dans des tronçons de ligne nouvelle :
– Koralm, 32,9 km, sur l’itinéraire Graz – Klagenfurt, devant être terminé en 2022 ;
– Brenner, à caractère international, 55 km, sur l’axe Innsbruck – Bolzano – Vérone programmé pour 2025 ;
– Semmering, 27 km, sur le corridor Baltique – Adriatique, entre la Basse-Autriche et la Styrie.
Ce dernier, dont les premiers travaux remontent à 2014, doit être terminé pour 2026 et raccourcir les relations Vienne – Graz de près de 45 min.
L’itinéraire actuel, à caractère international, pour les échanges Autriche – Italie, un des plus anciens à travers les Alpes a été créé de 1848 à 1854 avec un tracé très tortueux dont deux lacets, agrémenté de nombreux viaducs et tunnels dont celui sommital à deux galeries à la cote 896, mesurant 1 434/1 512 m, avec courbes descendant à 190 m de rayon et rampes de 25 ‰. La réalisation d’un shunt souterrain (dit variante sud de Pfaffensatel en forme de S) évitant ce parcours peu roulant avec plafond s’abaissant à 50 km/h et très gourmand en engins de traction, va relier Gloggnitz (altitude 439 m) à Mürzzuschlag (681 m) avec déclivités n’excédant pas 8,4 ‰ et une vitesse admise de 250 km/h. Il sera plus court de 15 km que le tracé primitif.
Confiés en majorité au groupe de travaux publics Marti, les chantiers se déroulent actuellement selon trois lots :
– lot 1 depuis Gloggnitz, long de 7,5 km, avec point d’attaque intermédiaire à Göstritz ;
– lot 2.1, central, de 13 km, dit de Fröschnitzgraben, dont une partie forée avec tunnelier ;
– lot 3, de 6,6 km, vers Mürzzuschlag.
Les chantiers d’été en Île-de-France
Sous l’impulsion d’Île-de-France Mobilités, qui souhaite avoir un réseau performant, les deux opérateurs franciliens multiplient chaque année durant l’été leurs chantiers. Ceux de la RATP ont été décrits dans Rail Passion n° 251.
Nous passerons ici en revue ceux du Réseau ferré national.SNCF Réseau a programmé une centaine de chantiers dont le renouvellement de 46 km de voies et de 20 aiguillages. L’investissement est de 440 millions d’euros et près de 7 000 personnes se sont mobilisées, souvent sur des chantiers menés 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Pour les RVB, le nouveau train-usine « suite rapide zone dense » a traité une partie de la ligne L entre Saint-Cloud et Versailles-Rive-Droite avant d’aller sur la partie nord de la ligne D avec deux chantiers : 7 km entre Creil et Survilliers puis 12 km entre Saint-Denis et Villiers-le-Bel.
En dehors du tronçon central du RER A (RATP), plusieurs grandes coupures de l’exploitation commerciale ont été nécessaires pour certains chantiers.
À l’est, la ligne du tramway T 4 entre Aulnay-sous-Bois et Bondy a été fermée du 6 juillet au 2 septembre. Deux opérations majeures ont été entreprises : les ultimes essais des rames Citadis Dualis U 53700 pour leur homologation et la mise en œuvre du nouveau Saeiv (système d’exploitation et d’information voyageurs). Ce Saeiv, déjà présent sur le T 11, permet notamment la commande automatique des aiguillages, en particulier ceux de la future bifurcation de Gargan. Des marches à blanc ont été organisées. Par ailleurs, les travaux préparatoires au basculage de la caténaire en gare de Gargan du 25 kV au 750 V se sont poursuivis. Mais la totalité des opérations n’ont pas pu être réalisées. Contrairement aux prévisions initiales, le Citadis n’est pas entré en service le 3 septembre pour permettre aux rames Avanto de s’adapter au Saeiv. L’homologation des Citadis devrait être accordée d’ici fin 2018 pour une mise en service avant l’été 2019. L’ouverture de l’antenne de Clichy-Montfermeil est toujours programmée pour fin 2019.
Au nord-ouest, le RER A et la ligne L ont eu pour terminus la gare de Cergy-Saint-Christophe du 13 juillet au 2 septembre pour permettre des travaux en gare de Cergy-le-Haut. Toujours sur la ligne L, du 7 juillet au 26 août, la circulation a été interrompue entre Garches et Saint-Nom-la-Bretèche pour la dernière phase des travaux de remplacement du tablier du viaduc de Marly-le-Roi. Long de 283 m, l’ouvrage d’origine datait de 1883. Son remplacement est en cours depuis 2017 par un ouvrage neuf mixte acier-béton à double poutre. Il a été construit à côté de l’ouvrage existant et ripé progressivement sur des palées provisoires en 2017. Durant cet été 2018, l’ancien ouvrage a été ripé à son tour (14 juillet) puis déposé par morceaux dès le 19 juillet. Le nouvel ouvrage a pris sa place définitive le 31 juillet. Les caractéristiques du nouvel ouvrage permettent l’engagement depuis le 3 septembre des rames modernes du Francilien, dont 24 exemplaires vont remplacer d’ici juin 2019 une vingtaine de rames Z 6400.
Bien évidemment, le RER C a reconduit sa coupure estivale du tronçon central entre le 15 juillet et le 25 août. Mais cette année, même si l’appellation Castor demeure, il n’y a eu aucun chantier concernant le renforcement de la structure des tunnels construits au début du XIXe siècle.
Léman Express : la soudure est faite
Le Léman Express a franchi une étape importante le 21 septembre dernier. À 450 jours de la mise en service du futur réseau, la soudure des LRS suisses et français a été opérée au droit du Foron. Ce cours d’eau marque la frontière, en dessous de laquelle la jonction des galeries, établies par les deux pays, est déjà symboliquement intervenue en septembre 2016. Le Léman Express deviendra donc opérationnel le 15 décembre 2019. Grâce à ses six lignes (Coppet – Évian/Annemasse/Saint-Gervais/Annecy et Genève – La Plaine/Bellegarde) et à ses 240 trains quotidiens, il devrait transporter 50 000 voyageurs/jour. La gare d’Annemasse devrait à cette occasion se hisser au cinquième rang régional. Notons que le chantier est à 92 % achevé côté suisse.

Infra : la nouvelle suite spécialisée Île-de-France
Dans l’important programme de RVB concernant actuellement le réseau ferré français, la Région parisienne occupe une place à part. Effectuées en zones denses, les opérations doivent affecter le moins possible les circulations commerciales.
Depuis fin 2017, une suite rapide – conçue par ETF, l’entreprise ayant remporté le lot francilien, et construite par Matisa – adaptée à ces contraintes est entrée en activité.Elle était attendue depuis plusieurs mois pour faire face à l’accroissement des travaux de régénération du réseau en Île-de-France et pour mieux répondre aux contraintes de la zone dense. SNCF Réseau investit désormais 1,6 milliard d’euros par an répartis par moitié entre développement et régénération. Concernant le volet renouvellement des voies, environ 400 millions par an, le programme se base sur 80 km de RVB par an dans la seule zone dense, qui comprend 1 200 km sur les 4 000 du réseau francilien, soit 100 à 120 millions d’euros par an pendant a minima les sept années à venir. Si l’âge moyen des voies est de 26 ans, 40 % atteignent les 40 ans. Et les RVB menés jusqu’en 2018 ne permettront que de stabiliser cet âge moyen.
En Île-de-France, la complexité des installations, la présence de nombreux obstacles et la courte durée des interceptions rendent difficiles l’emploi des suites rapides classiques. Leur efficacité ne se retrouve que sur de grands linéaires de voies et le nombre élevé de trains de travaux (environ sept) pénalise les circulations commerciales. La logistique est trop importante. L’appel d’offres lancé en 2014 imposait un nombre maximal de trois trains de travaux limités à 600 m de long avec en prime une vitesse de 80 km/h derrière le chantier, ce qui permet de ne quasiment pas pénaliser les trains commerciaux et d’éviter toute réduction du plan de transport par réduction de la capacité. Derrière une suite rapide classique, la vitesse est abaissée à 40 ou 60 km/h. La longueur de 600 m permet une bonne insertion dans les trains commerciaux lors des acheminements et dans les emprises du chantier.
En juillet 2015, le marché est attribué à ETF, filiale d’Eurovia du groupe Vinci, pour sept ans : quatre années ferme et trois tranches renouvelables d’un an. Fruit d’un investissement de l’ordre de 50 millions d’euros financé à 100 % par ETF, le nouveau train a été livré en mai 2017. Durant trois mois, il a été rodé sur des voies de service dans la zone de Chelles – Vaires. Le premier chantier s’est déroulé en octobre 2017 sur le RER C entre Choisy-le-Roi et Brétigny pour renouveler 6 km de voie.
Pour concevoir son nouveau train, construit par Matisa en Suisse, ETF a bien sûr examiné les techniques existantes, mais pour atteindre la performance demandée il fallait d’une part mécaniser un maximum de tâches et d’autre part innover. C’est ainsi que le remplacement des rails passe après celui du ballast et des traverses. Cela facilite la reddition de la voie à 80 km/h sur des rails en barres normales. Avec des LRS (longs rails soudés), il faut procéder à la libération des contraintes. Par ailleurs, pour respecter les 600 m, l’astuce consiste à utiliser deux fois les wagons qui arrivent pleins en ballast neuf, traverses ou rails et qui repartent avec les anciens matériaux. En suite classique, on a des trains spécialisés avec des wagons pleins de ballast neuf qui repartent à vide et des tombereaux vides qui repartent avec le vieux ballast. ETF a imaginé des wagons spéciaux à double flux. Même chose pour les rails.
La ligne 14 file vers Mairie-de-Saint-Ouen
La première phase du prolongement au nord de la ligne 14 bat son plein. Toutes les équipes sont à l’œuvre pour assurer la mise en service, annoncée pour fin 2017 puis fin 2019 et reportée désormais à l’été 2020 après un incident Porte-de-Clichy.
C’est le RER A qui est à l’origine de la création de la 14e ligne du métro. Son incroyable succès, avec un million de voyageurs quotidiens, a imposé d’employer les grands moyens pour éviter une saturation totale. À la fin des années 90, deux projets d’infrastructure lourde sont imaginés pour soulager son trafic en constante progression. SNCF et RATP proposent chacune une ligne au gabarit de leur réseau. Pour la SNCF, ce sera le RER E en parallèle à la ligne A, reportant une partie du trafic de la banlieue est vers deux gares souterraines à Magenta et Haussmann-Saint-Lazare. Pour la RATP, c’est une nouvelle ligne de métro, Météor (Métro est – ouest rapide), entre Saint-Lazare et le quartier Seine-Rive-Gauche gagné sur les voies de la gare d’Austerlitz. Au gouvernement de départager ces deux séduisantes solutions. Au final, on le sait, il n’y aura pas de choix et les deux projets seront lancés, jugés indispensables pour apporter une solution réelle au problème de la ligne A. C’est dans ce contexte qu’est mis en chantier Météor, devenu la ligne 14. La dernière construite dans Paris, la 11, date de 1935. La RATP a donc l’occasion de mettre là en pratique toutes les innovations technologiques développées depuis l’arrivée du métro sur pneus à la fin des années 50. Rapidement, des standards s’imposent, le roulement pneus, l’automatisme intégral ou encore une longueur inhabituelle des stations à 120 m. Ces préalables permettent de faire face à un fort trafic même avec un métro au gabarit réduit de 2,40 m. Pour augmenter encore la vitesse commerciale, le nombre des stations est limité. Chacune (Cour-Saint-Émilion mise à part) est en correspondance avec au moins une infrastructure lourde de métro ou de RER. La ligne ouvre en première phase en 1998 entre Madeleine et Bibliothèque-François-Mitterrand, un petit atelier d’entretien étant installé dans la future station Olympiades. C’est pourtant le prolongement à Saint-Lazare qui permettra véritablement à la 14 de décoller, mais la complexité du chantier demandera cinq années de travaux. C’est en 2003 que la ligne est finalement exploitée entre Saint-Lazare et Bibliothèque, prolongée en 2007 vers Olympiades après l’ouverture d’un nouvel atelier à Maison-Blanche relié par un tunnel de service. Son trafic actuel de 500 000 voyageurs par jour est dans la moyenne des lignes parisiennes.
Rapidement, divers projets sont évoqués pour son extension, tant au nord qu’au sud. Longtemps, il est question du débranchement de l’antenne d’Asnières-Gennevilliers de la ligne 13, qui serait reprise au nord de Saint-Lazare par la ligne 14. Cette hypothèse impose tout de même des travaux assez complexes pour permettre ce raccordement dans un sous-sol parisien encombré. Au sud pareillement, on évoque une reprise de l’antenne de Villejuif de la ligne 7 qui pousserait éventuellement vers Orly. Entre-temps, la ligne 13 prolongée au nord vers Université-de-Saint-Denis en 1998 et vers Les Courtilles sur l’autre branche en 2008 ne cesse de voir son trafic augmenter. Elle arrive bientôt à un seuil de saturation, dépassant ses capacités de transport. Les voyageurs aux heures de pointe y sont entassés malgré les solutions mises en œuvre. En attendant mieux, des portes palières sont installées entre Montparnasse et Place-de-Clichy et l’aménagement des rames est repensé à l’occasion de la modernisation du MF 77.