Votre panier est actuellement vide !
Catégorie : Matériel
L’actualité du matériel ferroviaire en France et dans le monde : innovation, acquisition, exploitation etc.

Le « Golden-Pass-Express » à l’approche
Les préparatifs de la mise en service de ce train de prestige entre Montreux et Interlaken avancent. Ils passent par des essais destinés notamment à assurer la transition complexe entre le réseau BLS et celui du MOB, qui diffèrent par leur écartement et leur alimentation électrique, en gare de Zweisimmen
Le futur service Montreux – Interlaken, alias Golden-Pass-Express (GPE), progresse. Une première installation de transition voies métriques-écartement standard européen (ou rampe) est, après plus de 762 passages, opérationnelle en gare de Zweisimmen. Les bogies à écartement et à emmarchement variables (permettant d’utiliser des quais à 350 ou à 550 mm en dessus du plan de roulement) de présérie ont achevé leur campagne d’essais sur le MOB. Leurs tests ont débuté en mai 2019 sur le BLS. Le processus d’homologation est en cours. Le concept d’exploitation, mis en œuvre dès le SA 2021, est fixé.
Schématiquement, les opérations de transition se dérouleront comme suit. Dans le sens Montreux – Interlaken, la composition GPE est remorquée par une locomotive 8000. Au signal d’entrée de la gare de Zweisimmen, le système ZSI 127 libère la possibilité de sortir les bras d’écartement, ce dont s’acquitte le mécanicien et ce qui interdit de dépasser les 15 km/h. La composition passe sur la rampe d’écartements (voir encadré) et stationne à quai où cohabitent les deux écartements (voie de 1 000 m pour la 8000, voie de 1 435 mm pour la rame GPE). L’engin MOB est arrêté sur une section alors alimentée à 900 V. Les bras d’écartement sont rentrés, ce qui autorise le désaccouplement de la 8000 qui évolue ensuite, vers un tiroir côté Spiez. Puis, une Re 465 BLS et la voiture Interface sont manœuvrées depuis le tiroir à écartement standard européen, côté Montreux, grâce à la caténaire qui est désormais alimentée en 15 kV 16,7 Hz. Ces véhicules sont attelés à l’arrière de la rame GPE dont la voiture-pilote, côté Spiez, permet de poursuivre jusqu’à Interlaken Est. Inversement, la rame GPE arrive à Zweisimmen tirée par une Re 465 BLS (c’est-à-dire direction Montreux) avec une voiture Interface. Le train est arrêté à quai, l’engin BLS stationnant sur une section spécifique, alors alimentée en alternatif. La locomotive et la voiture Interface sont désaccouplées et envoyées sur le sas, direction Montreux. Pendant ce temps, la 8000 MOB est manœuvrée depuis le tiroir à écartement métrique côté Spiez, grâce à une section désormais alimentée en continu. Elle s’attelle à la rame GPE qui est cependant encore en configuration « voie normale », c’est-à-dire avec un emmarchement supérieur (185 mm plus haut). L’opération est rendue possible, grâce à des vérins pneumatiques situés sur le système d’attelage automatique. La mise en service s’effectue depuis la voiture-pilote côté Montreux. Les bras d’écartement sont sortis et le train peut partir à 15 km/h. La composition passe sur la rampe de changement d’écartement, puis les bras sont rentrés au droit d’une zone définie de la voie métrique.
La première rampe voie 7 de Zweisimmen – une deuxième sera établie voie 6 courant 2020 – est différente de l’installation prototype de Montreux. Elle comporte des éléments mobiles, car certains dispositifs nécessaires au changement d’écartement, se trouvent dans le profil d’espace libre de la voie à 1 435 mm quand ceux-ci sont en position haute. Dans la pratique, lorsqu’un itinéraire est établi vers la voie normale, la rampe se trouve en position basse, l’alimentation s’effectuant en alternatif.
Mauritanie : De Zouerate à Nouadhibou en train minéralier
Avec ses 2,5 km, on dit de lui que c’est le train le plus long au monde. Le train minéralier de Mauritanie transporte le fer de la mine de Zouerate jusqu’au port de Nouadhibou sur l’Atlantique. Embarquement pour un voyage de 700 km sur l’unique voie ferrée du Sahara.
Un immense phare apparaît au loin. Il se rapproche tout doucement. Le voilà enfin. Trois énormes locomotives et plus de 150 wagons défilent devant nous dans un fracas assourdissant. Long de 2,5 km et pouvant peser jusqu’à 17 000 t, le minéralier est connu comme l’un des trains les plus lourds et plus longs au monde. Mis en service par les Français en 1963, il sert à transporter le fer de la mine de Zouerate jusqu’au port de Nouadhibou sur l’Atlantique, à travers plus de 700 km de désert.
Le voir entrer en gare de Zouerate est déjà un spectacle en soi ! Il y a d’abord les locomotives pimpantes de la Snim (Société nationale industrielle et minière de Mauritanie) dans leur livrée bleu et sable, toutes de marque General Motors, notamment de type SDL 40 ou SDL 70. Le minéralier en comporte deux, trois ou quatre, en fonction du tonnage du train. Vient ensuite une longue succession de wagons, d’une capacité de 80 ou 120 t. Aujourd’hui, la plupart d’entre eux sont « made in China », même si l’on peut encore apercevoir des spécimens datant des années 60 et de la période Miferma (société des Mines de fer de Mauritanie), l’entreprise française qui a exploité la mine jusqu’à sa nationalisation en 1974. Ainsi, le minéralier peut parfois compter jusqu’à 200 wagons. Enfin, le train se termine par les « divers queue » : des citernes d’eau et de carburant, d’abord, qui permettent de ravitailler les villages le long de la voie. Enfin, à la toute fin, deux voitures Soulé, destinées aux employés de la Snim, et la « dweira », une petite voiture voyageurs aux vitres défoncées. Le spectacle est impressionnant. Pendant de longues minutes, il n’en finit pas de passer !
Une fois arrêté, c’est l’effervescence au bord des rails. Ici, il n’y a pas de quai. Pratique pour décharger les voitures. Il faut dire que les passagers ne voyagent pas léger. Le trajet est long et il n’y a aucun service à bord. Il faut amener son couchage et sa nourriture pour les 18 heures de voyage ! La foule s’agite dans un pêle-mêle de 4 x 4, taxis, valises, cartons de marchandises et autres sacs, sans compter les troupeaux de chèvres ! Le train est emprunté aussi bien par des familles que par des commerçants qui vendent du bétail (chèvres et dromadaires) et des produits à Nouadhibou.
Nous prenons place à bord de la Soulé, une voiture à l’allure originale qui sert à transporter les employés de la Snim. Pour y accéder, il faut être pistonné. Le groupe employant plus de 10 000 personnes, dont une grande partie à Zouerate, il n’est pas difficile de trouver quelqu’un qui y travaille, ou au moins quelqu’un qui connaît quelqu’un… ! À la clé, une voiture disposant de deux compartiments couchettes, l’un de quatre places, l’autre de trois places, et entre les deux, une petite table à manger.
Il est 19 heures passées quand notre train se met enfin en route. Première surprise, il n’y a pas d’électricité ! Et pas d’eau non plus dans les sanitaires. « C’est une aventure rude », nous avait prévenus notre contact mauritanien, avant d’ajouter : « Moi, je ne prendrais le minéralier pour rien au monde ! »
Et pourtant, ce voyage s’annonce déjà grandiose. Dans la Soulé, il n’y a pas véritablement de fenêtres mais plutôt de petits hublots qui laissent tout juste passer la tête. Pas idéal pour observer. Alors, c’est simple. Si on veut regarder dehors, on ouvre la porte, sous le regard indifférent du convoyeur. Il faut juste faire attention à ne pas tomber ! À la sortie de Zouerate, le train nous offre des vues splendides sur le Kedia d’Idjil. C’est là, dans cette chaîne de montagnes aux teintes rouges et noires, culminant à 900 m, qu’est extrait le fameux minerai. Un paysage aux allures de Far-West que la vitesse du train nous permet aisément d’observer. La vitesse maximale autorisée sur la voie est de 60 km/h, mais très souvent, nous ne dépassons pas les 30 km/h…
Le train s’arrête une première fois à Fdérik, à 30 km de Zouerate, le temps de raccorder une rame de wagons pleins de poudre de fer. Des enfants courent le long des voies, grimpent sur des wagons abandonnés avant de se faire rappeler à l’ordre par quelques adultes. Une fois complet, notre train repart plein sud. Le soleil se couche déjà.
Le Regio 2N arrive sur le RER D
Alors que la 42e rame du Regio 2N version francilienne (Z 57000) est arrivée mi-mai au technicentre de Villeneuve, ce matériel va se déployer sur la ligne D du RER. 19 rames ont été commandées pour assurer la desserte des lignes « débranchées » en décembre 2018 : Melun – Corbeil-Essonnes et Malesherbes – Juvisy.
Le remplacement des Z 2N va débuter par la courte section reliant Melun à Corbeil-Essonnes : deux rames en juillet puis deux rames en août. La branche de Malesherbes recevra le Regio 2N à partir de septembre. La totalité des trains sera couverte par ce nouveau matériel en fin d’année.
Léman Express : les premiers Régiolis transfrontaliers
Dédiés à la nouvelle liaison franco-suisse, les premiers Régiolis Lex ou Z 31500, aptes à rouler sur les deux réseaux, ont été présentés ce printemps pour une mise en service prévue d’ici à la fin de l’année.
Le 10 avril dernier, à l’usine de Reichshoffen, Alstom a présenté officiellement la première rame finie de la gamme Régiolis destinée à l’exploitation du Léman Express (Lex), ex-projet Ceva (Cornavin – Eaux-Vives – Annemasse) de création d’une nouvelle liaison franco-suisse.
Il s’agit d’une commande de 17 rames financée par la région Auvergne-Rhône-Alpes faisant partie du marché de 1 000 trains « porteurs polyvalents » signé en octobre 2009.
L’architecture générale est identique au reste de la gamme. Mais conçue pour une desserte internationale, la rame Lex présente des singularités. Premier Régiolis transfrontalier, il s’est adapté à la Suisse avec la possibilité de fonctionner sous alimentation 15 kV 16 2/3 Hz… ce qui lui permet d’aller aussi en Allemagne. La rame garde deux pantographes, mais celui préposé au 25 kV 50 Hz prend un archet de 1 450 mm pour capter le 15 kV. Un nouveau transformateur tritension est installé. Plus volumineux, il entraîne le déplacement de quelques équipements dont les selfs de lissage.
De ce fait, les véhicules d’extrémité ont une occupation de toiture différente. Purement électrique, l’automotrice Régiolis Lex est numérotée dans la série Z 31500. Construites par Stadler, les rames Flirt série 2 type RABe 522 sont aptes au 15 kV et au 25 kV.
L’ERTMS est activé avec utilisation des deux écrans d’interface homme-machine en cabine et création d’un support coulissant pour la tablette du conducteur. Ces rames seront donc les premières à recevoir le CCS (contrôle-commande et signalisation) « bord », conforme à la STI. Apte à 160 km/h, le Régiolis Lex sera limité à 140 km/h sur la liaison nouvelle Ceva.
La configuration choisie est le modèle M à quatre caisses reposant sur cinq bogies. Pour optimiser les flux et réduire les temps d’arrêt lors des échanges voyageurs en gare, il y a sept portes de chaque côté : deux sur chaque véhicule d’extrémité, une sur le véhicule intermédiaire VI1 UFR spécialisé (1re classe et PMR) et deux sur l’autre véhicule intermédiaire VI2. Également à quatre caisses, les rames Flirt série 2 ont huit portes d’accès, deux par caisses.
Outre les marquages « Léman Express », la livrée extérieure est originale : à base de gris avec du gris foncé en bas de caisse et gris anthracite au niveau des baies, bandeau rouge en haut des caisses et en face frontale, portes de couleur rouge avec bandeau bleu en partie haute, 1re classe bien repérée par la bande jaune, deux arcs de couleur bleue sur chaque voiture. Les rames Flirt ont globalement la même livrée, le fond de caisse étant de couleur blanche. Les rames dédiées au Léman Express sont reconnaissables à leur emblème commun, le ruban de Mœbius.
À noter que toutes les portes sont munies d’un comble-lacune et pas seulement la porte d’accès UFR comme c’est la règle sur les autres rames Régiolis.
À l’intérieur, l’ambiance est similaire à celle des autres Régiolis : même siège avec accoudoirs, liseuses individuelles et prises de courant françaises (les rames Flirt ont des prises suisses et françaises), tissu de velours de couleur bleu en 2de et rouge en 1re. La disposition est principalement en 2 + 2 avec beaucoup de vis-à-vis par groupe de quatre, avec des petites tablettes surtout utilisables par les sièges côté fenêtre.
Les deux véhicules d’extrémité sont identiques avec côté cabine un espace de 16 places, deux plateformes d’accès avec quatre strapontins, un espace central avec un rack à vélos et neuf places. Les intercirculations larges sont équipées de portes pour isoler éventuellement un véhicule.
Des Talent 3 pour le Haut-Adige
Le gouvernement de la province autonome de Haut-Adige, a sélectionné début mai 2019 Bombardier pour la fourniture, pour un montant de 65,8 millions d’euros, de sept automotrices électriques Talent 3 tricourant destinées à la compagnie STA (Strutture Trasporto Alto Adige SPA – Südtiroler Transportstrukturen AG), qui gère l’infrastructure ferroviaire dans cette province. Ces Talent 3, similaires à ceux destinés aux ÖBB, pourront fonctionner sous 3 000 V courant continu, 15 kV 16,7 Hz et en 25 kV 50 Hz, tension retenue pour l’électrification du tunnel de base du Brenner en cours de construction et de la ligne Merano – Malles. Ces Talent 3 seront équipés avec les systèmes de sécurité italien SCMT et autrichien PZB ainsi qu’avec l’ETCS 2. La ligne du Val Venosta Merano – Malles (60 km) avait été reprise aux FS par STA et rouverte au trafic voyageurs en 2005 après 25 ans de fermeture. Avec son électrification, STA va lancer des relations directes Mal-les – Bolzano – Innsbruck dès décembre 2021. Au service annuel 2019, la ligne Merano – Malles est exploitée par l’opérateur SAD (Societa Automobilistica Dolomoti Ferrovia del Renon) avec des GTW 2/6 série ATR 100.

Hors-série : Le rail en région Occitanie
Ce hors-série de Rail Passion consacré à l’Occitanie nous donne l’occasion de vous proposer cette nouvelle façon de vous parler de ce qui nourrit votre attachement à la chronique de l’univers ferroviaire. L’objet que vous aurez entre les mains n’est plus tout à fait un magazine et pas encore un livre. Du magazine, il a gardé le ton, le rythme et l’approche journalistique des thèmes qui contribuent au sommaire de ce numéro hors-série. Au livre, il emprunte son épaisseur, sa densité, ce que les professionnels appellent la « main ». Et un souci constant d’approfondissement qui font que la lecture d’un « mook » est une expérience nouvelle dont nous pensons qu’elle devrait combler les lecteurs de Rail Passion.
N’hésitez pas, quand vous aurez lu ce numéro, à nous dire votre sentiment.
C’est d’abord à votre intention que nous entreprenons cette évolution.
Bonne lecture.Ce hors-série est disponible à La Boutique de La Vie du Rail, au 29 rue de Clichy à Paris, et sur notre site.
Cliquez sur sa couverture pour l’acheter :

Croatie : les HZ modernisent leurs locomotives électriques séries 1141 et 1142
Après avoir modernisé son parc d’automotrices électriques et une partie de son parc d’autorails, HZPP fait moderniser son parc de locomotives, leur appliquant à cette occasion des nouvelles livrées. HZ Cargo fait de même.
HZ Putnicki prijevoz d. o. o. (HZPP), l’opérateur historique voyageurs croate, a été créé en 2006 à l’occasion de la réorganisation des Chemins de fer croates les HZ (Hravatske Zeljenice). Si la majorité des trains régionaux sont confiés aux automotrices électriques ou aux automotrices diesel, quelques trains sont encore assurés par des rames tractées. Au 1er décembre 2018, le parc de locomotives héritées des Chemins de fer yougoslaves (JZ) affectées à HZPP lors de la restructuration des HZ était composé de 26 locomotives électriques, dont 11 série 1141-3 et 15 série 1142, de 12 locomotives diesels série 2044 et de 10 locomotives de manœuvres série 2123-3. Jusqu’en décembre 2012, la ligne Sapjane – Rijeka – Moravica était électrifiée en 3 000 V courant continu et les trains de voyageurs et de fret étaient alors remorqués par des locomotives électriques série 1061, de type Bo’-Bo’-Bo’, ex-série JZ 362, livrées dans les années 60 par le consortium Ansaldo-Breda, dérivées des locomotives italiennes E 636 et radiées de l’inventaire en 2013.
Le parc automoteur de HZPP est composé de 21 automotrices électriques série 6111-0, ex-JZ 411 livrées en 1977 par le constructeur hongrois Ganz, de 26 automotrices électriques livrées en 2015, à l’exception des deux de présérie livrées en 2000, par le constructeur croate Koncar, dont 13 série 6112-0 destinées au service régional et de 13 série 6112-1 destinées au trafic de la banlieue de Zagreb. HZPP possède également 25 autorails série 7122, ex-Y1/YF1 des SJ, six autorails pendulaires série 7123, identiques aux 612 de la DB, 31 autorails série 7121 ex-JZ 712+714, construits par le constructeur yougoslave Djuro Djakovic sous licence Macosa en 1981, dont 17 série 7121-0 de 420 kW et 14 série 7121-1 modernisés de 460 kW, du prototype 7022.001 livré en 2012 par le constructeur croate Gredelj et de 16 automotrices diesels série 7023 livrées par Koncar de 2016 à 2018.
Un plan de modernisation des locomotives électriques série 1142 et 1141.3 a été lancé courant 2016 par HZPP en collaboration avec le constructeur Koncar.
Les locomotives série 1142, surnommées « Lepa Brena », ont été construites par les ateliers Rade Koncar en Yougoslavie, et étaient alors numérotées dans la série JZ 442. Rade Koncar avait construit au milieu des années 70 plus de 100 locomotives électriques série JZ 441 à courant alternatif 25 kV 50 Hz sous licence suédoise Asea avec redressement du courant par diodes. Le projet de construction d’une locomotive électrique à thyristors fut élaboré en 1978 par les ingénieurs de Rade Koncar en collaboration avec les JZ et le constructeur Janko Gredelj. Le prototype de cette nouvelle génération de locomotives électriques yougoslaves fut présenté le 14 décembre 1981 et les essais démarrèrent dès le 26 décembre 1981. Après quelques années d’essais, les JZ ont commandé 15 locomotives série 1142. La 1142.002 a été radiée suite à l’explosion d’une mine près de Slavonski Brod en 1995 qui l’avait fortement endommagée. De type Bo’Bo, les 1142 ont une puissance de 4 400 kW, une vitesse maximale de 160 km/h et une masse de 82 t. De 1997 à 2001, les HZ ont mis à disposition des Chemins de fer hongrois (MAV) cinq locomotives série 1142. Ces dernières étaient utilisées sur la relation internationale Budapest – Zagreb, et également sur certains Intercités Budapest – Pecs. Satisfaits de leurs prestations, les MAV avaient projeté d’en commander 25 exemplaires, mais finalement ont commandé des Taurus à Siemens, après avoir testé également sans succès une E 492 italienne. Deux locomotives série 1142 étaient modernisées au 1er octobre 2018, à savoir les 1142.008 et 013, avec entre autres l’installation de pupitres de conduite ergonomiques et digitalisés, de caméras extérieures, d’un nouveau système de vitesse imposée, du GPS, d’un nouveau compresseur, et d’éclairages à leds. À cette occasion, elles ont troqué leur ancienne livrée pour une livrée rouge et gris. Au service annuel 2019, les locomotives électriques série 1142 sont engagées sur :
– un AR « Croatia » Zagreb Gl. Kol. – Dobova – Vienne Hbf (trains EC 158/159) entre Zagreb et Dobova. Bien que circulant en tête de trains de fret, les Taurus série 541 des Chemins de fer slovènes (SZ) ne dépassent pas la gare-frontière de Dobova ;
– deux AR Zagreb Gl. Kol. – Koprivnica – Gyekenyes – Budapest Deli dénommés « Agram » (trains IC 201/204) et « Gradec » (trains IC 205/200) sur le parcours Zagreb – Gyekenyes (Hongrie) ;
Aptis en démonstration au Chili
Aptis, le bus électrique développé par Alstom, qui se présente comme une alternative au tramway, va bientôt commencer à circuler dans les rues de Santiago du Chili. Ce véhicule 100 % électrique, est déjà en préparation au Chili pour un projet pilote au sein de Red Metropolitana de Movilidad, le système de transport métropolitain de la ville, exploité par Redbus Urbano, une filiale de Transdev présente au Chili depuis 2007.
Le projet pilote vise à démontrer les avantages de l’autobus aux voyageurs de la ville pour une période de trois mois. Ce sera la première fois qu’Aptis sera testé hors d’Europe.
BB 15000, les championnes s’accrochent
Ces « nez cassés » monocourant 25 kV ont longtemps fait partie de l’élite de la cavalerie électrique de la SNCF, dont elles sont les incontestables championnes en termes de kilomètres parcourus. Aujourd’hui, chassées de leur fief de l’Est par la grande vitesse et les BB 26000, elles sont menacées dans leurs bastions normand et nordique par les nouvelles générations de matériels automoteurs, qui ont le vent en poupe. Mais la partie n’est pas encore finie…
Appartenant à la grande trilogie de locomotives électriques dite des « nez cassés », développant 4 400 kW et aptes à 160 km/h, comportant les BB 7200 à 1,5 kV et les BB 22200 bicourant, les BB 15000 sont les dernières machines construites en France pour fonctionner sous caténaire monophasé 25 kV. Avec leur composant électronique révolutionnant la conception de la chaîne de traction et des circuits de puissance, elles allaient entrer de plain-pied dans l’ère de l’électronique qui va marquer l’abandon de l’électromécanique traditionnelle et autoriser un allongement des pas de révision.
Leur construction démarrée au début de la décennie 1970 s’est poursuivie jusqu’à l’année 1978 avec la réception de la BB 15064 le 17 octobre à Strasbourg. Conçues comme engins universels pour tous services, avec dispositif de vitesse imposée, elles se sont implantées sur tout le territoire national, d’abord principalement en tête des trains rapides et express, puis sur des messageries et marchandises. Elles auront été présentes assidûment d’Amiens à Strasbourg, du Havre à Montbéliard, de Dunkerque à Bâle, de Cherbourg à Charleville-Mézières, et fréquenté trois des gares terminus parisiennes de l’Est, du Nord, de Saint-Lazare. Plus près de nous, leur usage devenu possible avec application de la marche en réversibilité s’est aussi développé en trafic TER.
Légèrement concurrencées par leurs consœurs les BB 22000, elles ont ensuite dû composer avec les Sybic (BB 26000), plus puissantes et plus rapides, aux débuts particulièrement douloureux. Mais c’est surtout l’apparition des rames TGV qui leur a fait un tort terrible sur les grands axes doublés par des lignes à grande vitesse, dont le nombre s’est multiplié entre 1981 et 2017. Dans le domaine du fret, l’arrivée des BB 27000, 36000, 37000, puis des machines d’opérateurs privés, conjuguée à la chute drastique du volume des transports confiés au fer ont fini de saper leurs prérogatives.
Ayant cependant résisté au mouvement de modernisation des parcs, elles ont vu leurs effectifs régresser légèrement, tombant en début d’année 2019 de 65 à 55, soit une perte de 10 machines, dont plusieurs ont été victimes d’accidents d’exploitation graves.
Alors qu’un bon tiers des effectifs des trois séries sœurs a passé le cap de la quarantaine, les cinq premières 15000 se rapprochent des 50 ans de service. Mais elles voguent maintenant vers un amortissement inéluctable qui s’accélérera au début de la décennie 2020 du fait d’événements divers, tendant notamment à éliminer les rames tractées au profit d’automotrices.
Avant de nous plonger dans leur programme actuel, notablement édulcoré, un raccourci sur leurs pérégrinations multiples depuis leur entrée en scène nous semble particulièrement mérité, d’autant qu’elles auront largement répondu aux attentes des concepteurs. Les BB 15000 les premières réceptionnées sont de véritables icônes nationales en matière de palmarès kilométriques.D’abord à l’Est, puis également au Nord
Ne disposant que d’un seul pantographe unijambiste type AM 18 U, cette série d’une masse de 90 t sera la première de la confrérie des trois « nez cassés » à apparaître sur le jeune réseau Est, qui a un besoin crucial de machines de vitesse. Elle a été commandée selon plusieurs marchés, d’abord le 19 juin 1968 pour cinq machines 15001-15005, lesquelles, revêtues d’une livrée vert bronze inattendue, seront affectées au dépôt de Strasbourg, détenteur alors de BB 16000, 13000, et des prototypes bifréquence BB 20101-20104, entre juillet 1971 et octobre 1972. Au terme d’essais en ligne très prometteurs, ce petit lot est sans retard engagé en tête de trains nobles de la radiale Paris – Nancy – Strasbourg dont les TEE Stanislas et Kléber, bénéficiant de plusieurs relèvements de vitesse en ligne à 160 km/h, à la place de BB 16000, qui tiennent le haut du pavé depuis 1958.
La deuxième commande, passée à Alsthom le 31 décembre 1969, porte sur les 15006-15015, dotées de la nouvelle livrée dite TEE rouge, orange et gris, reçue dans leur cantonnement alsacien devenu pour un temps le point de mire national entre novembre 1972 et juillet 1974. Ce nouvel apport permet d’étoffer le roulement peu ambitieux d’origine avec prise en compte de trains de voyageurs Paris – Reims – Charleville repris par des BB 13000 vers Longwy, Luxembourg ; Paris – Metz dont le TEE Goethe (joignant Francfort) et ceux transversaux internationaux du courant Luxembourg – Metz – Strasbourg – Bâle. Des trains de messageries notamment nocturnes leur sont confiés entre Noisy-le-Sec et les triages de Jarville, Strasbourg-Cronenbourg, Metz-Sablon et de Vrigne-Meuse près Lumes à Metz.
Dirigée à l’été 1974 vers l’atelier directeur de Hellemmes, la 15007 en ressort transformée en décembre en BB 7003 avec attachement au dépôt Sud-Est de Villeneuve, pour la définition des éléments continu des futures BB 7200 et 22200.
L’Odeg commande des Desiro HC
L’Odeg (Ostdeutsche Eisenbahn GmbH) a commandé à Siemens Mobility 23 trains régionaux Desiro HC. Sur les 23 trains commandés, il y a 21 rames à six voitures et deux à quatre voitures. Soit une enveloppe s’élevant à plus de 300 millions d’euros. Leur livraison sur le réseau Elbe-Spree débutera durant l’été 2022.
Les rames longues investiront la ligne RE 1 de Magdebourg via Berlin et Francfort-sur-l’Oder à Cottbus, et les courtes sur les lignes RE 8 de Wismar, Wittenberge via Berlin à Baruth et Elsterwerda/Finsterwalde et RB 17 de Wismar à Ludwigslust.
Après les rames du Rhein-Ruhr-Express, celles du Bade-Wurtemberg ou encore la récente commande de Go Ahead pour Augsbourg, le nouveau venu de la gamme Siemens commence progressivement à s’implanter en Allemagne et au-delà (Israël).
