Catégorie : Réseaux étrangers

L’actualité des réseaux ferroviaires étrangers.

  • Allemagne : les nouveautés du service annuel 2016

    Allemagne : les nouveautés du service annuel 2016

    Un nouveau tronçon de LGV mis en service, des fermetures de lignes pour travaux, l’arrivée de matériels neufs, des modifications dans les relations avec le Danemark et l’Europe centrale, tels sont les événements qui influent cette année sur le service horaire outre-Rhin, dont le détail vous est précisé ci-dessous.

    En Allemagne, pour les trains grandes lignes exploités par DB Fernverkehr, le service annuel 2016 est caractérisé principalement par la mise en service du tronçon Erfurt – Leipzig/Halle de la ligne à grande vitesse Nuremberg – Ebensfeld – Erfurt – Leipzig/ Halle, mettant Erfurt à 44 min de Leipzig Hbf et à 33 min de Halle Hbf, et la fermeture pour travaux de la ligne « Frankenwaldebahn » Probstzella – Bamberg du 12 janvier 2016 au 4 septembre 2016. Au niveau matériel roulant, l’année 2016 verra l’introduction en service commercial des premières rames ICx série 412 et des nouvelles voitures à deux étages InterCity 2 destinées au service grandes lignes. Au niveau des liaisons internationales, la desserte vers le Danemark est fortement modifiée ainsi que celle de l’axe Hambourg – Berlin – Prague – Budapest. Par ailleurs, un AR entre Berlin et Moscou sera proposé en matériel Talgo. La ligne de la Stadtbahn Berlin Spandau – Berlin Zoologischer Garten – Berlin Hbf (gare supérieure) perdra, elle, un certain nombre de ses trains grandes lignes.

    Trains de nuit

    On note principalement la suppression du CNL Berlin – Hildesheim – Munich, entraînant la fin des trains grandes lignes desservant la gare de Berlin Zoologischer Garten et la création d’un train autos Hambourg Altona – Munich Est (trains AZ 1496 et 1497) suite à la circulation à 200 km/h du CNL Komet sur cette relation, qui acheminait au service précédent les fourgons porte-autos limités à 160 km/h. Au service annuel subsistent les trains de nuit suivants : CNL 417/419 Pollux Amsterdam – Cologne – Munich et retour, qui acheminent jusqu’à Francfort (Main) les voitures directes des trains Komet Amsterdam – Cologne – Zurich et retour, les EN 420/421 Düsseldorf – Francfort (Main) – Vienne et retour, les EN 446/447 Jan-Kiepura Cologne – Berlin – Varsovie et retour acheminés jusqu’à Berlin Hbf avec les CNL Kopernicus, les EN 452/453 Transeuropean-Express Moscou – Minsk – Varsovie – Berlin – Paris- Est et retour, les CNL 456/457 Kopernicus Cologne – Berlin – Dresde – Prague et retour, les CNL 470/471 Sirius (Binz) – Berlin – Leipzig – Francfort (Main) – Zurich et retour, acheminant les voitures directes des CNL Canopus 458/459 Prague – Dresde – Leipzig – Zurich et retour, la jonction se faisant à Leipzig, les EN 462/463 Kalman-Imre Munich – Vienne – Budapest et retour, les EN 476/477 Metropol Berlin – Prague – Budapest et retour, acheminant les voitures directes Berlin – Vienne et retour, la jonction des deux tranches s’effectuant à Breclav, les CNL 478/49 Komet Hambourg – Francfort (Main) – Zurich et retour, qui acheminent les voitures directes des CNL 486/487 Hambourg – Munich et retour, la jonction ayant lieu à Francfort (Main), les CNL 484/485 Lupus Munich – Brenner – Rome et retour, acheminant des voitures directes à destination ou en provenance de Milan Centrale, les EN 490/491 Hans-Albers Hambourg – Vienne et retour, les EN 498/499 Lisinski Munich – Ljubljana – Zagreb et retour, dont les voitures directes sont acheminées de Munich à Salzbourg sur le Hans-Albers, et les AZ 1496/1497 Auto-Traum- Express Hambourg Altona – Munich Est et retour et les AZ 1498/1499 Hochrhein-Auto- Express Hambourg Altona – Lörrach et retour. La relation Munich – Villach – Venise perdure également. On note la création à partir du 1er juin 2016 de trois AR par semaine Berlin Ostbahnhof – Varsovie – Minsk – Moscou, trains 440/13 et 441/14 assurés en rame Talgo russe des RZD en un peu plus de 22 heures.

  • L’Europe adopte la concurrence générale

    L’Europe adopte la concurrence générale

    Le quatrième paquet ferroviaire, adopté fin 2015, prévoit d’étendre la concurrence dans l’Union européenne aux secteurs où elle n’était pas encore en vigueur. À savoir, le transport de voyageurs national et régional ou local. Avec des échéances respectivement en 2020 et 2026. Mais des anticipations sont possibles…

    Voilà, c’est fait. Le 8 octobre 2015, le Conseil des ministres des Transports de l’Union européenne s’est mis d’accord pour adopter le pilier politique du quatrième paquet ferroviaire, qui définit notamment l’ouverture totale du transport ferroviaire à la concurrence. Ce sera pour 2026 avec beaucoup d’exceptions. Dans son projet, la Commission européenne prévoyait fin 2013 une mise en concurrence obligatoire pour l’attribution des contrats de service public de transport ferroviaire dès 2019 (TER et Intercités). Un voeu qui satisfaisait l’Association des régions de France, désireuse de mettre en concurrence la SNCF le plus rapidement possible. Les concurrents demandaient même d’avancer le calendrier pour préparer les dossiers dès 2014. Le 26 février 2014, les eurodéputés adoptaient le quatrième paquet ferroviaire en première lecture, non sans l’avoir amendé. Notamment, en repoussant la date des procédures d’appels d’offres à 2023. Et en ouvrant la porte à des initiatives nationales, en aménageant par exemple la séparation entre la gestion des infrastructures et l’activité du transporteur historique. Ce dernier point sera utilisé par le gouvernement français pour faire la réforme de SNCF et RFF.

    La SNCF peut donc garder son monopole encore neuf ans sauf si la France décide d’anticiper comme en Italie ou en Allemagne. Le gouvernement Fillon souhaitait une mise en concurrence des TER dès 2015 ; le gouvernement Ayrault s’y est opposé. La prochaine échéance d’une alternance politique est 2017. Rappelons les évolutions de la concurrence ferroviaire. Le premier paquet, adopté en 2001, a ouvert la concurrence des services internationaux de fret opérant sur le réseau européen. Le deuxième paquet, adopté en 2004, a ouvert la concurrence de l’ensemble des services fret (international au 1er janvier 2006, domestique au 1er janvier 2007). L’Établissement public de sécurité ferroviaire est créé en lien avec l’Agence ferroviaire européenne, basée à Valenciennes. Le troisième paquet, adopté en 2007, a ouvert la concurrence des services internationaux de voyageurs (effectif en 2010). Elle est assortie d’une possibilité de cabotage (prise de voyageurs entre deux gares d’un même État) de manière limitée. La vocation internationale de la relation est privilégiée pour que l’équilibre économique des dessertes TER éventuelles ne soit pas compromis.

    Cette directive s’accompagne de textes régissant la certification des conducteurs et les droits des voyageurs. L’entreprise francoitalienne Thello relie Paris à Venise depuis décembre 2011, puis Paris à Rome de décembre 2012 à décembre 2013, et enfin Marseille à Milan depuis fin 2014. Les services nationaux de voyageurs (TGV, TER ou Intercités) restent assurés par la SNCF en situation de monopole puisqu’ils ne sont ouverts à la concurrence. Alors que cet opérateur, comme d’autres, opère dans plusieurs pays européens. L’inverse n’existe pas. Certains pays demandent donc une réciprocité. Le quatrième paquet comporte un volet technique et un volet politique. Le volet technique concerne la sécurité et l’interopérabilité ferroviaires. Il a fait l’objet d’un accord en juin 2015. Son adoption est attendue rapidement. Pour accéder aux réseaux européens, les procédures administratives devraient être simplifiées.

    Le volet politique concerne l’organisation des réseaux et les modalités d’ouverture à a concurrence. C’est lui qui a fait l’objet d’un accord le 8 octobre 2015. Le compromis final est attendu courant 2016. On y trouve les définitions du service public de transport ferroviaire et du service ferroviaire commercial. Le premier est assuré à l’initiative d’une autorité publique qui passe un contrat avec un opérateur. En échange de compensations financières, il est demandé un certain nombre d’obligations (desserte, fréquence, horaires, services à bord et en gares, ponctualité, voire composition des trains et type de matériels). En France, sont concernés les TER, Transilien et Intercités. Le second est un service librement organisé par l’opérateur. En France, il s’agit pour l’essentiel des trains à grande vitesse. Pour ces services commerciaux, l’ouverture à la concurrence des lignes commerciales nationales est prévue à partir de 2020… sous réserve de ne pas porter atteinte aux lignes TER et Intercités et de respecter le cadre social national. Ce dernier est en cours de négociation. Il devrait être défini mi- 2016. Il doit protéger le personnel et éviter le dumping social. C’est d’ailleurs la grande crainte des organisations syndicales françaises. En France, toute entreprise, y compris la SNCF, devra respecter ce cadre social.

    Pour les services publics, 2026 est la date retenue pour un nouveau régime d’attribution des contrats de service public. La mise en concurrence par appel d’offres est la règle, mais l’autorité publique pourra préférer l’attribution directe. Elle devra cependant être justifiée par une meilleure qualité du service. Les exemptions visent les petits contrats, les petits marchés, les réseaux isolés, les situations d’urgence… La France soutient ce quatrième paquet, qui reconnaît le modèle ferroviaire français et garantit une concurrence équitable. Par contre, certains opérateurs privés qui attendent impatiemment cette ouverture ne cachent pas leur déception face à ce nouveau texte : échéances encore repoussées et libre choix maintenu. Après adoption, chaque État mettra en oeuvre le volet législatif national correspondant. 2026 risque bien de n’être qu’une date indicative d’autant que les contrats signés juste avant pourront servir jusqu’à leur expiration. Mais, par ailleurs, on n’est pas obligé d’attendre 2026 pour faire des expérimentations ici ou là, sur certaines lignes de TER, voire Intercités. La nouvelle géographie politique des régions, tant par leur territoire agrandi que par le nouvel exécutif, sera sans doute l’objet d’un fort lobbying des entreprises privées.

  • Vent de renouveau sur le MOB

    Vent de renouveau sur le MOB

    Inaugurée fin 2015, la nouvelle gare de Château-d’Oex s’inscrit dans un ensemble de projets de modernisation, en cours ou à venir, qui concernent à la fois l’infrastructure et le matériel roulant de la compagnie suisse.

    La compagnie du Montreux – Oberland – Bernois (MOB) a inauguré en grandes pompes, après quelque 27 mois de travaux, la nouvelle gare de Châteaud’Oex, les 20 et 21 novembre dernier. Ce chantier constitue un projet d’envergure (22 millions de francs suisses) et permet de redonner une nouvelle jeunesse à la gare (sise au Km 32,67 km et à l’altitude de 967,6 m) de la plus grande commune du Pays-d’Enhaut. Datant pour une grande partie de 1905, ses installations étaient en effet devenues largement désuètes en termes d’image, d’exploitation et de sécurité. Le corps de gare a été préservé, mais le bâtiment principal a bénéficié d’une magnifique restauration, dans le plus pur style « chalet ».

    Un passage inférieur, richement aménagé et artistiquement décoré, a été créé. Il permet de connecter le nord au sud du village, d’assurer une interface efficace entre les cars postaux et le MOB ainsi que de donner accès à un tout nouveau quai central. Ce dernier (voies 2 et 3) tout comme le quai de la voie 1 ont une hauteur adaptée aux PMR et une longueur (220 m) compatible avec les convois du Trans-Golden-Pass (Montreux – Interlaken) attendus pour 2018. Une nouvelle remise (pour les véhicules participant à la maintenance des lignes de contact) a par ailleurs été construite alors que le faisceau de voies a été profondément remanié. L’infrastructure (voie, aiguillages, caténaires, sous-station, systèmes de sécurité et de télécommunication) a été, de manière générale, portée à des standards très élevés. Château-d’Oex, qui abrite l’une des deux équipes du service électrique du MOB, a vocation d’assurer certains croisements dès le SA 2019. Avec le projet STEP (Rail 2030), des croisements interviendront systématiquement chaque heure dans cette gare, qui peut sembler, en l’état, un rien surdimensionnée… De plus, un projet de centrale de chauffage à distance souterraine (sous les voies 5-6) est à l’enquête. Si ce projet se réalise, les livraisons de copeaux de bois nécessaires se feraient par train.

  • Vénétie : le réseau régional se développe piano, piano

    Vénétie : le réseau régional se développe piano, piano

    Initié en 1988, le projet de mise en place d’un service régional et périurbain devant couvrir toute la région a connu un début de réalisation avec l’achèvement de la première phase en 2013 et la rénovation d’une partie du parc et des infrastructures, mais aucun échéancier n’a été fixé pour l’aboutissement des phases suivantes.

    Située dans le nord-est de l’Italie, la Vénétie compte environ 5 millions d’habitants et est divisée en sept provinces, à savoir celles de Belluno, Padoue, Rovigo, Trévise, Venise, Vérone et Vicence. En 1988, la région de Vénétie, le ministère italien des Transports et les Chemins de fer italiens ont lancé le projet SFMR (Sistema Ferroviario Metropolitano Regionale) visant à créer en Vénétie un service ferroviaire de banlieue et régional cadencé en Vénétie, et ce en quatre étapes. La première, achevée fin 2013, consistait à établir ce service autour des trois villes principales Venise, Padoue et Trévise. Pour ce faire, un certain nombre d’investissements étaient nécessaires, tant au niveau infrastructure qu’au niveau matériel roulant.

    Au niveau infrastructure ont été réalisés, dans le cadre du projet SFMR, la réouverture partielle en 2010 de la ligne de Bivi, ligne de ceinture de Mestre qui était fermée depuis 1993, le quadruplement de la ligne Mestre – Padoue, avec la construction d’un tronçon à grande vitesse, limité à 220 km/h, pour le trafic grandes lignes vers Bologne ou Milan, l’électrification du tronçon Venise Mestre – Mira Buse sur la ligne Adria – Mestre, la mise à double voie du tronçon Camposampiero – Castelfranco Veneto sur la ligne Padoue – Trévise, le remaniement des voies dans les gares de Venise Mestre, pour accueillir 750 trains par jour et de Venise Porto Marghera, la modernisation de 23 autres gares, la construction de 11 nouveaux points d’arrêt et la construction de 6 000 places de parking et de 3 000 places pour vélos et cyclomoteurs. Au niveau matériel roulant, 20 automotrices Flirt ETR 340 et ETR 360 ainsi que deux autorails GTW 4/12 ont été commandés en plus des deux automotrices Flirt, des deux autorails GTW 4/12 et des deux autorails GTW 2/6 précédemment commandés. Ces nouveaux matériels ont été mis en service commercial à partir de décembre 2013.

     

  • TMR SA, couteau suisse de la mobilité

    TMR SA, couteau suisse de la mobilité

    En relation avec leurs partenaires suisses et étrangers, les Transports de Martigny et Régions, tout en travaillant à améliorer leur offre sur leurs deux réseaux à voie étroite, développent également leurs compétences dans le domaine de la maintenance.

    dans le domaine routier, avec des lignes de bus concédées (notamment de et vers Aoste) ou propres, des autocars touristiques et du camionnage. Les TMR évoluent dans un environnement favorable avec des mandats publics de 14,14 millions de francs suisses, des investissements de 13,94 millions de francs suisses et un chiffre d’affaire de 42,18 millions de francs suisses en 2014. Mais ils ne ménagent en rien leurs efforts pour se positionner de façon idoine chez eux, en Suisse, comme à l’international, en France notamment. Dans le domaine ferroviaire, les TMR travaillent à développer l’offre sur « leurs » deux réseaux. Mais ils se profilent aussi sur des compétences génériques pouvant profiter à des tiers. Le segment voie de 1 435 mm relève depuis 2003 d’un ensemble plus vaste que la ligne d’Orsières et son antenne du Châble (19,34 + 6,18 km), combinant une desserte ferroviaire et routière. En effet, TMR SA est associé depuis 12 ans (à hauteur de 18 %) avec les CFF (70 %) et le canton (12 %), au sein de RegionAlps, qui est la société assurant la mission RER en Valais. Ce réseau de 146 km s’étend de Saint-Gingolph (frontière avec la France) à Brigue et transporte 8 millions de voyageurs par an (+ 40 % depuis 2012). Il bénéficiera d’un cadencement à la demi-heure de Monthey à Brigue (+ 15 % au niveau de l’offre) en 2016 et sur Martigny – Orsières/ Le Châble en 2018. Le cadencement de Saint-Gingolph – Monthey est prévu à une date ultérieure. Parallèlement, le réseau de RegionAlps atteindra Domodossola (Italie) en 2017.

    Le segment métrique a la double particularité de concerner une ligne authentiquement de montagne (rampe de 200 ‰, crémaillère Strub, troisième rail) et d’être international. Aux 19,13 km en Suisse s’ajoutent en effet les 36,62 km permettant, depuis Martigny, de rejoindre en France Vallorcine, Chamonix et Le Fayet. La ligne du Mont-Blanc- Express (300 000 voyageurs par an pour la partie suisse avec + 7 % de voyageurs par an) a, de par sa nature, vocation à rapprocher deux chemins de fer différents.

     

  • Les Chemins de fer norvégiens : de la mer du Nord au Cercle polaire (2e partie)

    Les Chemins de fer norvégiens : de la mer du Nord au Cercle polaire (2e partie)

    Après une présentation générale des Chemins de fer norvégiens (voir Rail Passion n° 218), nous entamons, dans cette deuxième partie, une description des lignes de son réseau qui s’achèvera dans un prochain numéro.

    Suite de l’article : Les chemins de fer norvégiens : de la mer du Nord au Cercle polaire (1ère partie)

    Les lignes en direction du Nord Oslo – Eidsvoll (84 km), la « Hovedbanen » ou « Norsk Hoved-Jernbane » (ligne électrifiée) Au début du XIXe siècle, la construction d’un canal entre Christiania (actuellement Oslo) et Strommen fut étudiée pour permettre le transport du bois provenant des immenses forêts couvrant cette région, qui se faisait principalement par charrettes ou par traîneaux. Mais, en raison du coût trop élevé d’un canal, la réalisation d’une voie ferrée fut finalement choisie en 1826. L’ingénieur chargé du projet avait préalablement étudié les techniques propres au chemin de fer en Angleterre et en France. Dans un premier temps, il fut prévu que la traction des wagons soit faite par des chevaux et que les locomotives à vapeur ne soient utilisées que plus tard. Ce n’est que le 22 août 1848 que le projet fut terminé dans le détail, tant en ce qui concerne les travaux que le matériel roulant et le coût final de l’opération.

    La commission chargée de ce dossier donne alors son autorisation au lancement de la première ligne de chemin de fer du pays. Le projet devra néanmoins être repoussé près de trois ans en raison d’une crise économique dans le pays. Fin décembre 1850 fut enfin signé le contrat qui sera dénommé « Norsk Hoved-Jernbane » (ligne principale des Chemins de fer norvégiens), auquel a participé Stephenson en tant que consultant technique. Le 8 août 1851 fut ce jour-là férié, à l’occasion de la cérémonie du lancement des travaux de la construction de cette première ligne de chemin de fer. Les journées de travail étaient de 12 heures avec une pause pour le petit-déjeuner et 1 heure pour le repas du midi. Durant l’hiver, les infiltrations d’eau dans les tunnels se transformaient en glace, créant d’importantes détériorations.

    Pour y remédier, il fut nécessaire d’équiper les tunnels de portes à chaque extrémité. Afin de gagner du temps et d’économiser de l’argent, certains ouvrages d’art de moins de 20 m de hauteur furent prévus à titre provisoire et de ce fait construits en bois, en vue de les remplacer plus tard par des remblais ou par des ouvrages d’art en pierre, en brique ou en acier. En 1852, une première section de la ligne, entre Christiania et Strommen, fut ouverte au trafic de bois, complétée par des trains de voyageurs à partir de juillet 1853. La traction étant d’abord assurée par des chevaux, il fallut attendre le 31 août pour que roule le premier train à vapeur. En octobre, les trains atteignaient Dal et quelque temps plus tard Eidsvoll. Le contrat comprenait également le télégraphe et les bâtiments ferroviaires. La gare de Christiania fut construite en brique rouge de style germanique, alors que les autres gares étaient plutôt de style suisse, construites en bois ou en pierre, avec un étage pour le logement du chef de gare et sa famille. Des châteaux d’eau étaient édifiés dans les quatre principales gares de la ligne, équipés d’un système de chauffage permettant d’éviter les risques de gel durant l’hiver. Une plaque tournante fut installée aux deux extrémités de la ligne. Dans le contrat était également incluse la maintenance de la ligne durant les cinq premières années.

    Les premières machines furent livrées par les usines Stephenson de Newcastle et le matériel roulant se montait au début à 222 wagons et 26 voitures ; celles-ci étaient de 1re, 2e et 3e classe. Les voitures de 3e classe, qui n’avaient pas de siège, devinrent par la suite des voitures de 4e classe et de nouvelles voitures de 3e classe furent alors équipées de banquettes en bois. En 1859, les voitures de 4e classe furent supprimées et celles de 1re classe bénéficièrent de sièges plus confortables et de lampes à pétrole. Si les trains de marchandises transportaient encore essentiellement du bois, les produits commençaient à se diversifier. Dans les années qui suivirent, un grand viaduc construit en bois fut remplacé par une structure métallique reposant sur des piliers en pierre et cinq autres furent remplacés par des remblais. Par la suite, la plupart des gares furent agrandies ou rénovées et la mise à double voie de la ligne fut terminée en 1904. Son électrification, commencée en 1927 sur la section Oslo – Lillestrom, dont le trafic tant voyageur que marchandise était très élevé, fut achevée en 1953 sur la totalité de la ligne. Fréquence des trains de voyageurs entre Oslo et Eidsvoll (entre parenthèses, la fréquence lorsqu’elle est différente en sens inverse) : du lundi au vendredi : 19 trains ayant pour origine Kongsberg, 37 (39) trains ayant pour origine Drammen, Larvik ou Skien ; le samedi et le dimanche : 19 trains ayant pour origine Kongsberg, 30 (29) trains ayant pour origine Drammen, Larvik ou Skien.

  • Pays-Bas : la fin de l’époque des NS Mat’ (1re partie)

    Pays-Bas : la fin de l’époque des NS Mat’ (1re partie)

    La fin, l’an dernier, des Mat’ 64 mettait un terme à une longue lignée d’autorails et d’automotrices qui ont constitué de 1934 à 2014 la base de la desserte cadencée régionale et Intercités aux Pays-Bas. Nous revenons à cette occasion sur l’histoire de cette grande famille de matériels dont les plus connus furent les « têtes de chien ».

    Le Mat’ 64 peut être considéré comme la dernière génération des rames automotrices aérodynamiques bataves, qui laisseront dans les mémoires l’image de leurs silhouettes jaunes sillonnant le pays à intervalles réguliers. La carrière de cette série, datant de 1964 (d’où le 64 de Mat’ 64), forte de 277 rames Plan T (quatre caisses) et Plan V (deux caisses), dont le design est une version adoucie du célèbre design frontal « Hondekop » (« tête de chien »), a pris fin le 14 décembre 2014. Cet événement nous donne l’occasion de revenir sur toute une catégorie de Materieel (Mat) qui, pendant près de 80 ans, façonna la desserte du pays par un service cadencé en y introduisant la notion de réseau (ou maillage) : un vrai succès ! Pour ce matériel, l’échec n’est donc pas Mat’… C’est au début des années 30 que les Néerlandais tentent de résoudre le problème de la desserte régulière de leur pays, constitué de nombreuses villes de grande et moyenne importance et situées à des distances relativement courtes les unes des autres. En outre, ces villes doivent pouvoir être reliées par des itinéraires qui ne sont pas toujours les mêmes, cela afin d’obtenir des temps de parcours optimisés sur un maximum de relations (1). La solution à ce problème a été l’utilisation de rames automotrices articulées aérodynamiques véloces et réversibles, à traction électrique ou thermique et équipées de l’attelage automatique central (Scharfenberg). En effet, ces choix se sont avérés parfaitement adaptés à des liaisons rapides, fréquentes et demandant parfois plusieurs rebroussements. L’arrivée, dans les années 60, de matériels électriques à forte accélération mettra la cerise sur le gâteau… c’est ainsi que les rames Mat’ ont constitué de 1934 à 2014 la base de la desserte cadencée (régionale et InterCity) avec ses stoptrein (trains locaux) et ses sneltrein (trains express).

    Les débuts La première série conçue avec ces caractéristiques est baptisée Mat’ 34 (pour « Materieel de 1934 »). Utilisant la traction thermique, elle est destinée aux services rapides entre les grandes villes, en attendant l’électrification des lignes Amsterdam – Utrecht – Eindhoven et La Haye – Rotterdam – Utrecht – Arnhem. Ce sont d’ailleurs les premiers trains diesels des Pays- Bas et leur forme aérodynamique était à cette époque révolutionnaire. De plus, la couleur gris clair choisie (au lieu du sempiternel vert que l’on retrouvait dans de trop nombreux pays) et l’aménagement intérieur confortable avaient frappé l’imagination. La rame automotrice Mat’ 34 comporte trois caisses sur quatre bogies, adopte la formule d’essieux 2′ (A1A)’ (A1A)’ 2′ et enferme deux moteurs Maybach ou Stork (ces derniers construits sous licence par Ganz) délivrant un total de 302 kW (Maybach) ou 276 kW (Stork). Un ensemble de 40 rames, numérotées 11 à 50, est livré en 1934-1935 par Werkspoor-Heemaf (11 à 25 et 41 à 50), Beijnes-Werkspoor- Heemaf (26 à 35) et Allan-Stork-Smit (36 à 40). (Les caractéristiques principales sont

  • Barcelone : le Tram bleu sur la colline

    Point culminant, dominant Barcelone, le Tibidabo est desservi d’abord par un tramway puis par un funiculaire. Un parcours apprécié des touristes comme des Barcelonais.

    Capitale de la Catalogne, Barcelone est bornée au nord-ouest de l’agglomération par la Serra de Collserola. Le point culminant est le Tibidabo, surplombant la ville à 512 m d’altitude. C’est un lieu de promenade très apprécié des familles barcelonaises. Au sommet ont été édifiés divers monuments. On y trouve aussi un parc d’attractions surannées en contrebas de l’église du Sacré-Coeur, terminée en 1909. Pour les jeux Olympiques d’été de 1992, on a bâti également une tour-relais pour les télécommunications. Une vaste zone a été aménagée en grand parc métropolitain où la faune et la flore sont préservées. Pour faciliter l’accès des Barcelonais à la montagne du Tibidabo, un funiculaire et une ligne de tramway ont été aménagés à l’aube du XXe siècle. Le terminus du Tramvia Blau est situé en bas de l’avenue Tibidabo, non loin de la station de métro du même nom, desservie par la ligne L 7 du métro. D’une longueur totale de 1 276 m, la ligne est établie à double voie sur tout le parcours. Les terminus ne disposent par contre que d’une seule voie. Le Tramvia Blau circule le week-end toute l’année, tous les jours pendant l’été ainsi que pendant certaines vacances scolaires.

    La ligne a été ouverte en 1901. Indépendante du réseau de trams de Barcelone (démantelé en 1971), elle a été construite pour relier l’avenue Tibidabo au funiculaire. Ainsi les habitants de ce quartier résidentiel pouvaient se rendre facilement au sommet de la montagne pour se mettre au vert. Le tram se mêle à la circulation automobile plutôt dense dans la partie basse du parcours. La ligne de bus 196 dessert également le quartier. À l’extrémité nord de l’avenue Tibidabo, le parcours devient sinueux. Le profil est plus sévère et la déclivité peut atteindre 8 %. De 1971, année de la suppression des tramways urbains, à 2004, année de la mise en service de nouvelles lignes de trams modernes, ce fut le seul tram en circulation à Barcelone. Éloignée du centre-ville, la ligne n’a jamais été intégrée au réseau urbain. Bien qu’exploitée de nos jours par les TMB (Transports Metropolitans de Barcelona), elle fait l’objet d’une tarification spécifique. Les trams circulant sur la ligne sont tous historiques et presque tous peints en bleu, d’où le nom de la ligne ! Les deux trams en circulation lors du reportage sont de type Brill Estrada. Ils ont été construits en 1904. Bidirectionnels, ils ont une capacité de 36 places assises et ont toujours circulé sur la ligne. Récemment rénovés, ils présentent un aspect impeccable.

  • Pologne : Les SU 160 en service

    Pologne : Les SU 160 en service

    Les Chemins de fer polonais, les PKP, se modernisent et achètent… polonais. Ainsi des 10 diesels SU 160, de la famille Gama du constructeur Pesa, qui viennent d’être engagées sur des liaisons grandes lignes comprenant des sections non électrifiées.

    Les nouvelles SU 160, fabriquées par le constructeur polonais Pesa Bydgoszcz, viennent d’être mises en service régulier sur quelques relations grandes lignes assurées sur des parcours non électrifiés par PKP ICCC, l’opérateur historique polonais. Commandées le 17 juillet 2014, pour un montant total de 31 millions d’euros, ces 10 locomotives diesels de la famille Gama de Pesa sont destinées à remplacer les séries utilisées jusqu’à présent, à savoir des SU 45 louées à PKP Przewozy Regionalne, limitées à 120 km/h, des SU 46 louées à PKP Cargo, limitées à 120 km/h, et des 754 louées depuis mai 2014 aux Chemins de fer tchèques (CD) qui sont limitées à 100 km/h, alors que certaines lignes non électrifiées parcourues sont autorisées à 120 km/h. Au minichangement de service du 18 octobre 2015 le cinquième depuis le 14 décembre 2014 les SU 160 sont engagées sur les trains TLK 51118/9 Pojezierze Gdynia – Bialystok et TLK 18104/5 Rybak Bialystok – Sczcecin sur le parcours Korsze – Elk (99 km) en remplacement de 754, sur les trains TLK 23104/5 Kossak Zamosc – Rzeszow et TLK 32104/5 Swiatowid Rzeszow – Zamosc (203 km), sur les trains TLK 53108/9 et TLK 35108/9 San Bydgoszcz – Varsovie – Lublin – Rzeszow – Przemysl et retour, et sur l’AR TLK 13104/5 et TLK 31104/5 Solina Varsovie – Lublin – Przemysl sur le parcours Lublin – Rzeszow (213 km) et retour. Les trains TLK 18 102/3 et 81102/3 Gorzowiak Varsovie Wschodnia – Gorzow Wielkopolski et retour restent provisoirement remorqués par une SU 45 entre Krzyz et Gorzow Wielkopolski, les TLK 10105 Konopnicka et 11111 Hancza Malkinia – Suwalki et les TLK 10116 Konopnicka et 11192 Hancza Suwalki – Malkinia restant provisoirement remorqués par des locomotives 754 tchèques entre Bialystok et Suwalki (soit 140 km). Les trains saisonniers d’été vers les stations balnéaires de la Baltique sur les lignes Lebork – Leba

  • Les SU 45 polonaises bientôt à la retraite

    Les SU 45 polonaises bientôt à la retraite

    Ces diesels affectées au trafic voyageurs, dont le nombre a commencé à décliner dans les années 2000, sont aujourd’hui réduites à quatre exemplaires et devraient prochainement quitter la scène. Leur version fret ST 45, en revanche, a encore quelques années devant elle.

    Présentes depuis les années 70, les locomotives diesels SU 45 vont disparaître dans quelques mois du paysage ferroviaire polonais. Au milieu des années 60, les PKP voulaient éliminer la traction vapeur sur leur réseau. Ils avaient à disposition les ST 44, locomotives de construction soviétique de type M 62, qui n’étaient pas destinées à la remorque des trains de voyageurs rapides, car limitées à 100 km/h. La conception et la construction à grande échelle d’une locomotive de ligne devenaient impérieuses, ce qui conduisit les PKP à confier au constructeur polonais H. Cegielski la construction d’un prototype. Après des problèmes de mise au point du moteur, il fut décidé de faire appel à la technologie occidentale et c’est sous licence Fiat que fut mise au point la motorisation de ces nouvelles locomotives de type SP 45. Construites à 270 exemplaires de 1970 à 1976 par Cegielski dans son usine de Poznan, ces locomotives universelles à transmission électriques sont de type Co’Co’, aptes à 120 km/h, d’une puissance de 1 250 kW et d’une masse de 102 t. Les prototypes ont été construits en 1966 pour le premier, le SU 45.001 (301 D) et en 1967 pour le second, le SP 45.002. Par la suite, 266 autres exemplaires de la version voyageurs ont été produits, les SP 45.001 à 265, de type 301 Dd, et