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Auteur/autrice : admin_lvdr

Vent de renouveau sur le MOB
Inaugurée fin 2015, la nouvelle gare de Château-d’Oex s’inscrit dans un ensemble de projets de modernisation, en cours ou à venir, qui concernent à la fois l’infrastructure et le matériel roulant de la compagnie suisse.
La compagnie du Montreux – Oberland – Bernois (MOB) a inauguré en grandes pompes, après quelque 27 mois de travaux, la nouvelle gare de Châteaud’Oex, les 20 et 21 novembre dernier. Ce chantier constitue un projet d’envergure (22 millions de francs suisses) et permet de redonner une nouvelle jeunesse à la gare (sise au Km 32,67 km et à l’altitude de 967,6 m) de la plus grande commune du Pays-d’Enhaut. Datant pour une grande partie de 1905, ses installations étaient en effet devenues largement désuètes en termes d’image, d’exploitation et de sécurité. Le corps de gare a été préservé, mais le bâtiment principal a bénéficié d’une magnifique restauration, dans le plus pur style « chalet ».
Un passage inférieur, richement aménagé et artistiquement décoré, a été créé. Il permet de connecter le nord au sud du village, d’assurer une interface efficace entre les cars postaux et le MOB ainsi que de donner accès à un tout nouveau quai central. Ce dernier (voies 2 et 3) tout comme le quai de la voie 1 ont une hauteur adaptée aux PMR et une longueur (220 m) compatible avec les convois du Trans-Golden-Pass (Montreux – Interlaken) attendus pour 2018. Une nouvelle remise (pour les véhicules participant à la maintenance des lignes de contact) a par ailleurs été construite alors que le faisceau de voies a été profondément remanié. L’infrastructure (voie, aiguillages, caténaires, sous-station, systèmes de sécurité et de télécommunication) a été, de manière générale, portée à des standards très élevés. Château-d’Oex, qui abrite l’une des deux équipes du service électrique du MOB, a vocation d’assurer certains croisements dès le SA 2019. Avec le projet STEP (Rail 2030), des croisements interviendront systématiquement chaque heure dans cette gare, qui peut sembler, en l’état, un rien surdimensionnée… De plus, un projet de centrale de chauffage à distance souterraine (sous les voies 5-6) est à l’enquête. Si ce projet se réalise, les livraisons de copeaux de bois nécessaires se feraient par train.

RER : le MS 61 prend sa retraite
En service depuis près de 50 ans sur le RER, le matériel MS 61 vit ses dernières semaines sur le réseau. C’est un matériel pionnier, emblématique du RER, qui s’apprête ainsi à disparaître.
Impossible de parler du RER sans évoquer le MS 61. Ce matériel mythique est un peu au réseau express ce que le Sprague est au métro. Tout le monde l’a vu passer, tout le monde est monté dedans. Depuis quelque temps, pourtant, ses sorties sont plus rares. Seuls quelques trains circulent encore et, face aux rames à deux niveaux, l’ancien matériel a pris un sacré coup de vieux. Le vrombissement de ses moteurs tranche face à la douce musique des trains modernes. Le retrait sans fanfare du MS, trois éléments par mois, nous fait presque oublier qu’il est le matériel qui a fait le RER. Après le lancement du programme du métro express au début des années 60, on décide l’électrification en 1 500 V des anciennes lignes de Vincennes et de Saint-Germain-en-Laye et leur reprise par le RER. Il y a 14 km de tunnel à construire en plus de la modernisation des lignes existantes. Dans la foulée du premier coup de pioche symbolique au pont de Neuilly en 1961, lançant le RER, on élabore un nouveau matériel destiné à desservir ces lignes de métro régional.
L’exploitation doit se faire à une vitesse commerciale de l’ordre de 60 km/h. Pour cela, il faut disposer d’un matériel performant et capacitaire apte à rouler à 100 km/h en ligne, tout en desservant des arrêts rapprochés. Le « matériel suburbain 61 » est construit à partir de 1963 et il est présenté pour la première fois en juin 1966 à l’exposition ferroviaire de Montparnasse. Les rames sont constituées de trois voitures, deux motrices (23,80 m) encadrant une remorque (23,50 m), pouvant former des trains de un, deux ou trois éléments selon les besoins du trafic. Un système d’attelage automatique de type Scharfenberg permet d’adapter facilement la composition. Une rame de neuf voitures occupe les 225 m de la station. 2 574 voyageurs peuvent trouver place dans chaque train, une capacité exceptionnelle pour l’époque, qui se révélera au final insuffisante.
C’est en 1967, avant même l’inauguration du RER, que les premières rames arrivent sur le réseau. Elles sont d’abord engagées en renfort sur la ligne de Sceaux, qui n’est pas encore le RER B. Les dernières rames Z y ont été livrées en 1961 et ce matériel imaginé dans les années 30 n’est plus adapté au nouveau réseau. Le 14 décembre 1969, le MS entre en service sur la ligne de Vincennes, reprise par la RATP après modernisation, en remplacement des rames réversibles vapeur. Le contraste est saisissant et les voyageurs ont le sentiment d’avoir fait un saut du jour au lendemain dans le nouveau millénaire. Au fur et à mesure des livraisons, les rames vont être déployées sur le nouveau réseau qui se dessine. En janvier 1970, c’est entre Étoile et La Défense que circule le MS 61 (le temps d’un salon au Cnit), avant l’ouverture officielle de la ligne en février. Le RER est véritablement lancé, et les chantiers se multiplient aux quatre coins de l’Îlede- France. Le « métro express régional » doit être à la région ce que le métro est à Paris. Le MS 61 en est le symbole. Pour le voyageur, il a l’aspect d’un métro, proche par certains côtés du MF 67, qui arrive en même temps sur le réseau urbain.
Plusieurs séries sont construites avec des habillages différents. Le marché se partage entre Brissonneau et Lotz et la CIMT. Les séries A et B sont reconnaissables à leur face avant arrondie et leur pare-brise en trois éléments. L’essuie-glace est suspendu par le haut. Sur les séries C et D, la face avant a été redessinée, plus plate, le pare-brise d’un seul tenant et l’essuie-glace fixé par en dessous. Une dernière série E et Ex d’aspect identique aux C et D reprend le logo RATP allongé. Au total, 127 rames sont construites, livrées jusqu’en 1982 qui vont se déployer sur les lignes A et B au fur et à mesure des mises en service. Le MS 61 va longtemps rester le matériel qui incarne le RER. Et c’est bien sûr toujours à ses commandes que l’on procède aux inaugurations, où les plus grands n’hésitent pas à se déplacer. En novembre 1971, c’est dans une MS 61 qu’a pris place Georges Pompidou pour ouvrir la section vers Auber. En décembre 1977, avec la mise en service de la gare de Châtelet-Les Halles, c’est la véritable naissance du RER, où les deux branches de la ligne A, tout comme l’ancienne ligne de

RER ligne E : nouvelle gare, nouvelle desserte, nouveau matériel
La plus jeune des lignes de RER de l’Île-de-France vient de connaître son deuxième grand changement de sa courte existence. Sa mise en service s’est déroulée en deux étapes durant l’année 1999 : le 14 juillet, ouverture des gares de Magenta et Haussmann-Saint-Lazare et circulation jusqu’à Chelles-Gournay, et, le 30 août, circulation jusqu’à Villiers-sur-Marne. La première évolution apparaît en décembre 2003 avec le prolongement de Villiers-sur-Marne à Tournan. Le 13 décembre 2015, la deuxième évolution concerne les gares, la desserte et le matériel. Avec l’ouverture de Rosa-Parks, Paris s’offre une nouvelle gare, 15 ans après celle de Bibliothèque- François-Mitterrand, au sud, sur le RER C. Cette 22e gare du RER E va désenclaver un quartier à cheval sur les 18e et 19e arrondissements en pleine transformation. Dans quelques années, 35 000 salariés et habitants seront présents. Située à 3 min de Magenta (gares du Nord et de l’Est) et de 7 min d’Haussmann-Saint-Lazare, elle attend assez rapidement 50 000 voyageurs quotidiens, et même 85 000 vers 2020-2022, quand la ligne E sera prolongée à l’ouest.
Le chantier aura duré plus de quatre ans. Son coût de 130 millions d’euros est financé par la région, la Ville de Paris, l’État et SNCF Réseau. En surface, la gare dispose d’un quai unique, long de 225 m, desservi par les deux voies du RER. L’accès aux quais s’effectue par des escaliers fixes, des rampes, des escaliers mécaniques et des ascenseurs. L’espace de vente (deux guichets accompagnés de distributeurs automatiques Transilien et grandes lignes) est situé au niveau inférieur, qui correspond au niveau des rues environnantes, sur lesquelles elle s’ouvre avec un grand auvent transparent. Trois commerces prendront place. Équipée de panneaux photovoltaïques et d’une toiture végétale, la gare devrait avoir prochainement un bilan carbone positif. Pour le volet historique, il faut signaler qu’elle est implantée au niveau de l’ancienne gare souterraine baptisée Est-Ceinture sur la Petite Ceinture. Le fronton de cette gare, seul vestige rescapé depuis 1980, a été conservé et exposé dans la partie souterraine près des rampes d’accès.
Cette gare est complétée par un passage urbain franchissant l’ensemble du faisceau de voies. Les caissons préfabriqués longs de 40 m et pesant 4 000 t ont été poussés début 2014 par des vérins hydrauliques. 25 000 m3 de béton armé ont été coulés alors que 150 000 m3 de déblais ont été évacués. Un chantier spectaculaire, bien orchestré, dans une zone où circulent 1 000 trains chaque jour (TGV, Intercités, TER, Transilien). Ce passage permet de relier la station du tramway T 3 b, arrivé fin 2012, en attendant à une date encore incertaine le futur prolongement du T 8. Au niveau de l’infrastructure ferroviaire, une évolution interviendra dans quelques années pour l’ouverture de la branche ouest. En effet, six trains par heure en provenance de Mantes-la-Jolie seront terminus ou origine Rosa Parks : le demi-tour des trains s’exécutera sur l’une des deux voies en cul-de-sac à construire côté est de la gare sur un emplacement réservé. Les cibles des signaux réservent déjà les futures signalisations. Comme les deux autres gares parisiennes de la ligne E, la gare de Rosa-Parks est desservie par l’ensemble des trains, c’est-à-dire 16 trains par heure en heures de pointe dans le sens de la pointe ou 10 en heures creuses et en pointe dans le sens de la contrepointe.
L’événement a été mis à profit pour refondre la desserte et la rendre toujours aussi robuste pour garder les 95 % de ponctualité, un record pour Transilien… au prix d’un allongement des temps de parcours : 3 min sur Paris – Villiers- sur-Marne, 3 à 4 min sur Paris – Chelles-Gournay et 4 min pour Paris – Tournan. La desserte de la gare de Pantin a été consolidée et réaffirmée. À l’origine de la ligne, seuls les trains de la branche de Villiers s’y arrêtaient, soit un train au quart d’heure dans les deux sens. Face à l’explosion de la fréquentation, + 56 % entre 2000 et 2005, dès décembre 2008, les trains de la branche de Chelles s’y arrêtent du lundi au vendredi en heures de pointe dans le sens de la contre-pointe (voyageurs venant de Paris). Depuis décembre 2009, l’arrêt concerne tous les trains de cette branche avec un allongement du temps de parcours de 1 à 3 min.

Toulouse – Sète : deux PN bientôt supprimés dans le secteur de Langon
Sur Toulouse – Sète, entre Langon et Caudrot, les PN 64 et 62 ont été jugés « à risques ». Le premier sera supprimé cette année, le second devrait l’être l’an prochain.
Sur l’artère principale Bordeaux – Toulouse – Sète, la section entre Langon et Caudrot, distants d’une dizaine de kilomètres, possède actuellement quatre passages à niveau. Il s’agit des PN 67 à Saint-Martin-de-Sescas au Km 49,74, PN 66 à Saint-Pierred’Aurillac au Km 46,60 et des PN 64 et PN 62 implantés respectivement à Pian-sur-Garonne et Saint-Macaire aux Km 45,33 et 44,00. Les deux derniers ont été impliqués dans des accidents et jugés « à risques ». Depuis le grave accident de Port-Sainte-Foy, en Dordogne, le 8 septembre 1997, il y a eu une prise de conscience et RFF a créé une liste de tous les passages à niveau classés « à risques » en France. En Aquitaine, 17 PN ont ainsi été répertoriés dont trois en Gironde : les PN 62, PN 64 et le PN 4, implanté au Teich, près d’Arcachon. Les deux premiers passages, inscrits au « programme de sécurisation nationale », sont situés sur l’une des voies ferrées les plus fréquentées du département et font donc tous deux partie d’un plan de suppression. Leur dangerosité s’explique notamment par l’important trafic routier qu’ils ont à réguler.
Le dernier accident dramatique au PN 62 remonte à 2011. Proche de l’école de Pian-sur- Garonne, il est régulièrement traversé par des enfants et des autocars scolaires. En 2006, au PN 64, un TGV a percuté une voiture tuant ses deux occupants. En 2016, ça en sera fini du PN 64, franchi quotidiennement par 7 500 véhicules. La route qui le traverse, la RD 672 E 4, passera désormais sous la voie ferrée avant de déboucher sur la RD 1113 par un carrefour construit durant l’été. Le ripage du tunnel interviendra le week-end du 6 au 8 mai prochain, nécessitant probablement l’interruption totale du trafic ferroviaire. Les travaux de suppression du PN 64 et la création d’un pont-rail coûteront 470 000 euros, financés à parts égales par l’État, la Région Aquitaine, SNCF Réseau et le département de la Gironde. Le cas du PN 62 est peu plus compliqué fans la mesure où le plan de suppression fait l’objet d’un recours devant le tribunal administratif de Bordeaux. Mais ce recours est non suspensif et les travaux sont planifiés pour débuter en 2017. À noter qu’un autre regrettable incident a eu lieu, le 21 octobre dernier, cette fois au PN 60, à hauteur de Toulenne, juste à la sortie de Langon : un camion a été percuté par un TER assuré par la Z 7337, qui a déraillé. Toutefois, ce passage n’est pas jugé « à risques » pour l’instant, peut-être le deviendra-t-il un jour…Sur Toulouse – Sète, entre Langon et Caudrot, les PN 64 et 62 ont été jugés « à risques ». Le premier sera supprimé cette année, le second devrait l’être l’an prochain.

RP221 : Charles de Gaulle à bord de la RGP présidentielle
Matériels prestigieux, les RGP ont pu faire l‘objet d’utilisations exceptionnelles, notamment à l’occasion de voyages de personnalités. C’est à l’un d’eux, en compagnie du général de Gaulle, entre Sèvres niortaise et Loire, que nous vous convions dans ce reportage d’archives.
Durée : 24 min.
Auteur : Jean Denis.
LGV Bretagne – Pays de la Loire : un chantier bien avancé
À un an et demi de sa mise en service, cette LGV, qui va rapprocher, beaucoup, la Bretagne de Paris, et, un peu, les Pays de la Loire, en est déjà à la pose de ses installations ferroviaires, le gros du génie civil ayant été réalisé en 2014.
D’ampleur plus réduite, avec ses 182 km et ses 32 km de raccordements aux lignes existantes, que la LGV Sud-Europe- Atlantique (dont l’avancement a été développé dans Rail Passion n° 215), celle de Bretagne – Pays de Loire, suit une progression des chantiers sur le terrain parallèle car sa date de mise en service, fixée au 31 juillet 2017, sera la même. Moins de deux ans nous séparent maintenant de son achèvement, attendu avec intérêt par les populations du Grand Ouest. Destinée à réduire notablement les temps de parcours entre la capitale et l’ensemble de la Bretagne, tout en apportant une légère amélioration pour les dessertes du Val de Loire, cette LGV traverse les trois départements de la Sarthe, de la Mayenne et de l’Ille-et-Vilaine. Sa genèse est la suivante :
• 1992, inscription au schéma directeur des lignes à grande vitesse ;
• 1995-1996, débat public autour du projet ;
• 1996-2000, études préliminaires ;
• 2002-2005, études d’avantprojet sommaire, approuvées en janvier 2006 ;
• 28 octobre 2007, déclaration d’utilité publique du projet ;
• 23 décembre 2008, lancement de l’appel d’offres par le ministre de l’Écologie et le secrétaire d’État chargé des Transports ;
• fin 2009, début des travaux de déboisement et des diagnostics archéologiques ;
• 13 juillet 2011, la convention de financement entre les différents intervenants, estimé à 3,3 milliards d’euros, est signée selon la répartition suivante : 42,8 % par RFF, 28,4 % par l’État, 28,4 % par les collectivités, soit 655 millions d’euros par la région Bretagne, 203 millions d’euros par les quatre départements (Ille-et- Vilaine, Côtes-d’Armor, Finistère, Morbihan), Rennes Métropole et pays de Saint-Malo, 86,9 millions d’euros par la région Pays de la Loire et 0,4 % par l’Union européenne ;
• 28 juillet 2011, attribution du partenariat public-privé (PPP) par RFF au groupe Eiffage Rail express (ERE) pour une période de 25 ans (1) ;
• 4 août 2011, confirmation de l’adjonction hors projet de la « virgule » à voie unique de Sablé-sur-Sarthe, longue de 3 600 m, apte à 160 km/h, pour des liaisons SRGV Laval – Angers, d’un coût de 36,3 millions d’euros, pris en charge pour 55 % par les collectivités régionales Bretagne, Pays de la Loire, Angers-Loire Métropole, le département de la Mayenne, Laval Agglomération, 22 % par RFF et 23 % par l’État.
RFF a confié au titulaire du PPP la maîtrise d’ouvrage de la LGV. Il est chargé d’assurer, dans le périmètre des réglementations nationales et communautaires, la conception, la construction, l’entretien (y compris le renouvellement) et le financement du projet. Prenant le relais de RFF pour le pilotage opérationnel, il a dû régler, avant l’engagement des chantiers, l’affinement des études techniques et des mesures d’accompagnement, l’accomplissement des procédures complémentaires liées à la Loi sur l’eau et aux espèces protégées, les enquêtes parcellaires, les acquisitions foncières non achevées et les concertations et dialogues avec les élus, associations environnementales. Pour l’information de chaque habitant des communes traversées, un journal trimestriel dénommé Eiffage Rail express faisant le point des travaux et des déviations de voies routières a été distribué. Au fil des travaux sur le terrain, un semi-remorque équipé d’une salle de projection animant et exposant l’avancement des chantiers a répondu à toutes les interrogations.

Le RER sur un air de cinéma
Tapis rouge pour deux rames du RER D. En partenariat avec le Stif, Gaumont a choisi de célébrer les 120 ans du cinéma en pelliculant intégralement les espaces intérieurs des rames 71 D (depuis le 28 janvier) et 81 D (fin mars) qui circulent sur les lignes D et R de Transilien. Le couple train et cinéma date des origines avec la mythique arrivée du train en gare de La Ciotat des frères Lumière. Aujourd’hui encore, environ 300 tournages se déroulent chaque année dans les gares et trains de la SNCF. Et les 600 000 voyageurs quotidiens de la ligne D renvoient au nombre de spectateurs dans les salles. La motrice paire relate l’invention du cinéma de 1895 à 1920. Les thèmes des trois remorques sont : les Années folles (1920 à 1930), ambiance noir et blanc des films de 1930 à 1970, le cinéma vu de Paris. Et, enfin, les étoiles du cinéma dans la motrice paire. Durant deux ans, ces rames vont faire voyager dans le Septième Art au travers d’affiches, de photos, de dialogues et d’ambiance. Un travail remarquable assuré par les agents du technicentre des Ardoines. Extérieurement, rien ne distingue ces rames des autres. Surprise garantie !

La ligne de la Côte bleue a 100 ans
Mise en service en octobre 1915, cette ligne, l’une des plus spectaculaires du réseau SNCF, a donc célébré son centenaire à la fin de l’an dernier. Évoluant, entre autres, dans le magnifique paysage des calanques entre Miramas et L’Estaque, elle a pour caractéristique d’accueillir, outre des TER et quelques trains grandes lignes, un important trafic de fret en rapport avec le complexe industriel de Fos-sur-Mer.
L’appellation de Côte bleue, contrôlée au plan régional, s’applique au parcours terminal de la ligne Miramas – Martigues – L’Estaque dominant les escarpements de la côte méditerranéenne dans sa partie terminale. En fait, cette artère, numérotée aujourd’hui 935 dans le catalogue SNCF Réseau (ex-RFF), se compose de deux parties dont les ouvertures respectives ont eu lieu à 33 ans d’intervalle. À l’origine, le parcours Miramas – Port-de-Bouc, long de 25 km, avait été concédé en 1875 à la Société des chemins de Fer méridionaux français comme ligne d’intérêt local, ouverte au trafic jusqu’à Rassuen en 1879, puis jusqu’à Port-de-Bouc en 1881. Mise en liquidation l’année suivante, elle avait été reprise en 1888 par la Société du chemin de fer de Miramas à Port-de-Bouc (MPB), dont les résultats d’exploitation ne furent pas des plus probants. Son prolongement pour joindre Port-de-Bouc à Marseille, et constituer ainsi un itinéraire bis permettant de pallier l’obstruction éventuelle du grand tunnel de la Nerthe sur l’artère impériale, a été autorisé par la loi du 29 juin 1904.
Le tronçon existant étant lui reclassé parallèlement comme ligne d’intérêt général adjugée au PLM – moyennant des adaptations comme la suppression du terminus en impasse côté ouest de la gare de Miramas avec demi-boucle vers l’est et la mise à double voie et l’amélioration du tracé jusqu’à Port-de-Bouc –, mise en service le 1er juin 1913. Pendant ce temps, la nouvelle section Port-de-Bouc – L’Estaque, longue de 36 km, qui a nécessité des travaux d’infrastructures considérables, avec des glissements de terrains, des difficultés de forages, assortis de grèves à répétition de 5 000 ouvriers, dont des Italiens, Espagnols et Portugais, avait pris naissance en 1908. Son ouverture par le PLM au coeur du premier conflit mondial s’est faite le 15 octobre 1915 sans flonflons, peu après le tronçon Frasne – Vallorbe de la ligne internationale du transjurassien. Ayant connu bien des événements, notamment au cours de la guerre de 1939-1945, cet itinéraire méridional long de 61 km, plus long de 18 km que celui principal longeant l’étang de Berre par le nord via Rognac, est aujourd’hui géré par la région SNCF de Marseille. Son activité est double, avec de gros tonnages fret de Miramas à Fos et Martigues, voyageurs TER de Miramas à Marseille. Classé au rang des parcours éminemment touristique les plus marquants de la SNCF, celui compris entre Sausset-les- Pins et L’Estaque, dans un environnement rocheux, accumule de splendides échappées sur le bleu turquoise du littoral, ce qui mérite assurément un détour, voire un séjour dans les petites localités de pêcheurs blotties au fond de calanques, avec excursions pédestres et maritimes.
De la plaine de la Crau à la chaîne de la Nerthe Établie intégralement dans le département des Bouchesdu- Rhône, la ligne à double voie Miramas – L’Estaque passe en saut-de-mouton à la sortie est du noeud ferroviaire de Miramas sur l’axe principal Paris – Marseille et contourne l’agglomération miramasséenne par le sud. Piquant droit dans cette direction, traversant le canal de Craponne, elle est établie à la lisière orientale de la plaine de la Crau, où réside l’aérodrome militaire d’Istres-Le Tubé (base aérienne 125).
étangs de l’Olivier et de Berre, la voie ferrée longe ensuite les étangs de Lavalduc et d’Engrenier et atteint la cité de Fos-sur-Mer sur le golfe éponyme, avec son vieux village perché sur un promontoire. Coupant le canal d’Arles à Bouc, elle dessert la ville de Port-de-Bouc (17 000 habitants aujourd’hui) avec son fort Vauban, siège d’un port de commerce, d’industries navales et chimiques. Traversant à nouveau le canal précité, elle franchit à la perpendiculaire le canal de Caronte, unissant le golfe de Fos à l’étang de Berre, par un viaduc remarquable par ses dispositions. À son extrémité sud se situe la gare de Martigues, éloignée de 3 km de la localité (48 000 habitants), ville désignée la « Venise provençale » avec son port et ses canaux sur la rive ouest de l’étang de Berre, renfermant plusieurs sites archéologiques et divers édifices religieux et civils. Poursuivant sa route en restant à l’intérieur des terres au pied des contreforts de calcaire blanc de la chaîne de l’Estaque, parsemés d’une végétation typiquement provençale composée de pins, thym, sarriette, lavande, romarin, myrte, lauriers, agaves, cactus, la ligne évite le cap Couronne, dessert les localités balnéaires de Sausset-les-Pins et Carry-le- Rouet, offrant de petites plages tranquilles au fil des criques.
Traversant plusieurs vallons profonds, elle domine à La Redonne-Ensuès/la Madrague-de-Gignac, puis dès lors est tracée au plus près et en surplomb du rivage méditerranéen, aux indentations multiples, dépourvu de route. Recoupant une succession d’éperons rocheux, plongeant dans la mer – où la végétation est devenue rare –, avec force viaducs et tunnels, ce parcours en cache-cache dessert Niolon et Le Rove, siège de batteries côtières, avec vue sur l’archipel du Frioul, et parvient à L’Estaque, où un sautde- mouton permet son intégration sur la ligne principale Paris – Marseille. L’implantation de la ligne est bonne de bout en bout, avec 56 % en alignement, le reste avec des courbes descendant rarement en dessous de 500 m de rayon. De même, le profil en long très légèrement bosselé n’inclut pas de rampes supérieures à 5 ‰. Si de Miramas à Port-de-Bouc, on ne dénombre qu’un tunnel, celui de l’Engrenier, par contre, au-delà, sur la section ouverte en 1915, le nombre

Vénétie : le réseau régional se développe piano, piano
Initié en 1988, le projet de mise en place d’un service régional et périurbain devant couvrir toute la région a connu un début de réalisation avec l’achèvement de la première phase en 2013 et la rénovation d’une partie du parc et des infrastructures, mais aucun échéancier n’a été fixé pour l’aboutissement des phases suivantes.
Située dans le nord-est de l’Italie, la Vénétie compte environ 5 millions d’habitants et est divisée en sept provinces, à savoir celles de Belluno, Padoue, Rovigo, Trévise, Venise, Vérone et Vicence. En 1988, la région de Vénétie, le ministère italien des Transports et les Chemins de fer italiens ont lancé le projet SFMR (Sistema Ferroviario Metropolitano Regionale) visant à créer en Vénétie un service ferroviaire de banlieue et régional cadencé en Vénétie, et ce en quatre étapes. La première, achevée fin 2013, consistait à établir ce service autour des trois villes principales Venise, Padoue et Trévise. Pour ce faire, un certain nombre d’investissements étaient nécessaires, tant au niveau infrastructure qu’au niveau matériel roulant.
Au niveau infrastructure ont été réalisés, dans le cadre du projet SFMR, la réouverture partielle en 2010 de la ligne de Bivi, ligne de ceinture de Mestre qui était fermée depuis 1993, le quadruplement de la ligne Mestre – Padoue, avec la construction d’un tronçon à grande vitesse, limité à 220 km/h, pour le trafic grandes lignes vers Bologne ou Milan, l’électrification du tronçon Venise Mestre – Mira Buse sur la ligne Adria – Mestre, la mise à double voie du tronçon Camposampiero – Castelfranco Veneto sur la ligne Padoue – Trévise, le remaniement des voies dans les gares de Venise Mestre, pour accueillir 750 trains par jour et de Venise Porto Marghera, la modernisation de 23 autres gares, la construction de 11 nouveaux points d’arrêt et la construction de 6 000 places de parking et de 3 000 places pour vélos et cyclomoteurs. Au niveau matériel roulant, 20 automotrices Flirt ETR 340 et ETR 360 ainsi que deux autorails GTW 4/12 ont été commandés en plus des deux automotrices Flirt, des deux autorails GTW 4/12 et des deux autorails GTW 2/6 précédemment commandés. Ces nouveaux matériels ont été mis en service commercial à partir de décembre 2013.

TMR SA, couteau suisse de la mobilité
En relation avec leurs partenaires suisses et étrangers, les Transports de Martigny et Régions, tout en travaillant à améliorer leur offre sur leurs deux réseaux à voie étroite, développent également leurs compétences dans le domaine de la maintenance.
dans le domaine routier, avec des lignes de bus concédées (notamment de et vers Aoste) ou propres, des autocars touristiques et du camionnage. Les TMR évoluent dans un environnement favorable avec des mandats publics de 14,14 millions de francs suisses, des investissements de 13,94 millions de francs suisses et un chiffre d’affaire de 42,18 millions de francs suisses en 2014. Mais ils ne ménagent en rien leurs efforts pour se positionner de façon idoine chez eux, en Suisse, comme à l’international, en France notamment. Dans le domaine ferroviaire, les TMR travaillent à développer l’offre sur « leurs » deux réseaux. Mais ils se profilent aussi sur des compétences génériques pouvant profiter à des tiers. Le segment voie de 1 435 mm relève depuis 2003 d’un ensemble plus vaste que la ligne d’Orsières et son antenne du Châble (19,34 + 6,18 km), combinant une desserte ferroviaire et routière. En effet, TMR SA est associé depuis 12 ans (à hauteur de 18 %) avec les CFF (70 %) et le canton (12 %), au sein de RegionAlps, qui est la société assurant la mission RER en Valais. Ce réseau de 146 km s’étend de Saint-Gingolph (frontière avec la France) à Brigue et transporte 8 millions de voyageurs par an (+ 40 % depuis 2012). Il bénéficiera d’un cadencement à la demi-heure de Monthey à Brigue (+ 15 % au niveau de l’offre) en 2016 et sur Martigny – Orsières/ Le Châble en 2018. Le cadencement de Saint-Gingolph – Monthey est prévu à une date ultérieure. Parallèlement, le réseau de RegionAlps atteindra Domodossola (Italie) en 2017.
Le segment métrique a la double particularité de concerner une ligne authentiquement de montagne (rampe de 200 ‰, crémaillère Strub, troisième rail) et d’être international. Aux 19,13 km en Suisse s’ajoutent en effet les 36,62 km permettant, depuis Martigny, de rejoindre en France Vallorcine, Chamonix et Le Fayet. La ligne du Mont-Blanc- Express (300 000 voyageurs par an pour la partie suisse avec + 7 % de voyageurs par an) a, de par sa nature, vocation à rapprocher deux chemins de fer différents.