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Catégorie : Matériel
L’actualité du matériel ferroviaire en France et dans le monde : innovation, acquisition, exploitation etc.

Pénuries de guerre : la SNCF promotrice de la culture de colza ?
Parue l’été 1942 dans de multiples journaux départementaux, telle La Tribune de l’Yonne du 17 juillet ou le Cherbourg-Éclair du 20 août, la SNCF diffuse une annonce assez surprenante, un appel renouvelé en faveur du développement de la culture du colza ou de la navette, brièvement argumenté : « Il faut aider nos transports ferroviaires », ou « Pour que nos trains puissent rouler. » Voilà qui mérite de s’intéresser à un sujet plutôt délaissé, l’histoire des lubrifiants ferroviaires…
I 1942 : un message de la SNCF diffusé dans la presse I
« Pour faire face à la pénurie d’huile qui est une si grave menace pour les transports ferroviaires, la SNCF a adressé, en août 1941, un appel pressant aux agriculteurs, les invitant à reprendre la culture du colza et de la navette dont les grains produisent des huiles, grâce auxquelles nos trains pourront rouler encore.
« Cet appel a été entendu : 5 000 hectares ont été ensemencés et la récolte, qui vient d’avoir lieu, va passer bientôt sous les presses des huileries.
« Un tel effort fait le plus grand honneur à ceux qui l’ont entrepris ; ils ont eu le rare mérite de reprendre des cultures depuis longtemps abandonnées dans notre pays et que seuls certains d’entre eux se rappelaient avoir vu pratiquer par leur père. Ces pionniers ont d’ailleurs été récompensés : la récolte a été satisfaisante dans beaucoup de régions et la preuve est faite maintenant que le colza, comme la navette, semés de bonne époque et cultivés avec soin, peuvent réussir parfaitement sur notre sol.
« Si méritoires que soient ces résultats, ils ne permettent cependant pas de faire face aux besoins impérieux du chemin de fer et la SNCF doit adresser aux agriculteurs un nouvel appel, plus pressant que jamais ; elle leur demande de développer très largement ces cultures que, bien souvent, ils n’ont fait l’an dernier, qu’expérimenter.
« Aucun d’entre eux ne doit ignorer quelle lourde tâche incombe actuellement au chemin de fer qui, presque seul, assure la quasi-totalité des transports indispensables à la vie économique du pays.
« À l’agriculteur, notamment, il apporte ses engrais, ses semences, ses machines, tandis qu’il emporte les récoltes de la ferme dans les grands centres de consommation, qui attendent de lui leur ravitaillement de chaque jour. C’est-à-dire que tout ralentissement des transports ferroviaires créerait, pour l’ensemble du pays, une situation désastreuse. Les agriculteurs ne voudront pas que la pénurie de lubrifiant, dont est menacée la SNCF, puisse avoir de pareilles conséquences.
« Les pouvoirs publics se sont efforcés d’encourager les efforts des agriculteurs et ils ont prévu, en faveur de ceux qui souscriraient des contrats de culture de colza et de navette, des avantages plus considérables encore que précédemment. Ce sont d’abord des avantages en espèce ; le prix légal des graines de colza et de navette a été porté, pour la récolte de 1943, à 800 francs le quintal. Fixé, en principe, au double de celui du blé, ce prix reste encore susceptible d’augmentation, si le cours du blé vient à être relevé l’an prochain ; il s’y ajoute, pour les souscripteurs de contrats, une prime de 300 francs par quintal de graines livrées. C’est donc à 1 100 francs le quintal, au minimum, que seront payées les graines de colza ou de navette, fournies en exécution des contrats passés cette année.
« Quant aux avantages en nature, ils comportent l’attribution, à titre onéreux, de 9 kilos d’huile de colza ou de navette par 100 kilos de graines livrées, ce qui ne fixe donc pas de limite maxima à cette attribution.
« Pour les petites cultures que cette formule aurait désavantagées, il pourra être accordé des quantités d’huile proportionnelles au nombre de personnes vivant sous le toit du cultivateur, jusqu’à concurrence du produit de la moitié de sa récolte.
« D’autre part, la moitié de l’huile attribuée peut être, au gré du producteur, remplacée par du savon, à raison de 2 kilos de savon pour 1 kilo d’huile. Enfin, le souscripteur de contrat a la faculté de récupérer au cours normal, la totalité des tourteaux à provenir du traitement industriel des graines, sans qu’il en soit tenu compte dans la répartition du Bunab [Bureau national des aliments du bétail].
« Tels sont les avantages très substantiels que les pouvoirs publics ont prévus en faveur des agriculteurs qui ont souscrit, auront au cours de l’été 1942, des contrats de culture de colza ou de navette. La perspective de ces avantages, le sentiment du service exceptionnel qu’ils rendent à la nation, doivent les convaincre de donner à ces cultures tout le développement qui est compatible avec les possibilités de leur exploitation. Pour la souscription du contrat, ils devront s’adresser aux inspecteurs du trafic de la SNCF (par l’intermédiaire des gares). Ceux-ci, en parfait accord avec les représentants départementaux du Comité d’information des oléagineux, leur donneront tous renseignements utiles. »
Pour éclairer la question, on s’est référé aux consommations détaillées des lubrifiants indiquées dans les rapports annuels successifs de la SNCF « sur le fonctionnement des services au cours de l’exercice A », dont on connaît une version imprimée pour les années d’occupation 1941 et 1942, puis restée à l’état de brouillon dactylographié pour 1944. Dans ces rapports, les consommations en 1941 et 1942 se réfèrent à celle de 1938 pour souligner l’importance des économies réalisées, de l’ordre de 40 % lorsque rapportées au kilomètre parcouru par les locomotives ! Le détail des consommations de lubrifiants en 1938 permet de comparer les divers postes de consommation : c’est près de la moitié (49 %) qui est consommée pour graisser les mouvements des locomotives et 20 % pour leurs cylindres, 22 % pour les boîtes d’essieux des voitures et wagons, 4 % pour les autorails et 9 % en divers postes fixes ou usages : moteurs d’atelier, machines-outils, huiles de coupe.
I Une large panoplie de moyens I
Plus précisément, le rapport de 1941 fait état d’une diminution massive des consommations, accompagnée toutefois d’un nombre croissant de chauffages des boîtes à huile. S’agissant des huiles pour locomotives,

Le 200e Coradia Polyvalent livré à Grand Est
Le 200e Coradia Polyvalent a été remis le 10 juin 2017 à Grand Est. Cette région a en commande 34 rames de ce type : 24 en configuration périurbaine (TER Alsace) et 10 selon un schéma régional (TER Lorraine). Mais Grand Est, qui reprendra au 1er janvier 2018 les 19 Coradia Liner V 160 présentement affectés aux Intercités de la ligne 4, annonce la commande d’au moins 10 nouveaux Régiolis d’ici à la fin 2017. Ces éléments seront injectés sur les réseaux TER afin de remplacer les dernières RRR (Alsace) et Z 2 (Lorraine). 15 à 20 rames supplémentaires pourraient aussi être acquises courant 2018, essentiellement dans le cadre d’une mission transfrontalière France – Allemagne. Cette commande est conditionnée par les résultats des essais d’interopérabilité en cours et financés par la région. S’il voit le jour, ce parc pourrait circuler sur l’ensemble des lignes transfrontalières existantes de Grand Est avec l’Allemagne. Leur déploiement dépendra en fait de discussions menées par la région et les Länder dans le cadre d’une étude sur l’avenir de leurs dessertes ferroviaires communes. Alstom précise pour sa part que la flotte totale des Coradia polyvalents affiche une bonne tenue en service

La croix ferroviaire de Culmont-Chalindrey, pivot du Grand Est
Composé d’une importante gare de passage, d’un faisceau d’escale et d’un dépôt, le complexe haut marnais doit avant tout sa notoriété à sa dernière fonction, puisqu’il fut considéré pendant longtemps comme le « temple » du diesel, accueillant les séries thermiques les plus prestigieuses, dont les mythiques CC 72000, et l’un des lieux marquants de la mémoire cheminote. Aujourd’hui, malgré la baisse du trafic de trains classiques, au bénéfice du TGV, et de trains de fret, le site, grâce à une localisation privilégiée, reste le siège d’une activité non négligeable.
Implantée au croisement de la radiale Paris – Mulhouse et de la transversale Nancy – Dijon, cette gare anonyme pour nombre voyageurs, au sud du département de la Haute- Marne, est établie sur le territoire de la modeste commune de Chalindrey, entourée des villages satellites de Culmont, Torcenay et Chaudenay, dont le développement est essentiellement imputable au rail. De père en fils, la culture cheminote a toujours été vive dans ce coin reculé du plateau de Langres, faiblement peuplé, dans une région froide en hiver, à l’écart des grandes agglomérations, Paris est à 308 km, Troyes à 142 km, Nancy à 153 km, à Dijon à 77 km et Vesoul à 74 km.
Créée par la Compagnie de l’Est, la gare a longtemps été le siège de rebroussements des trains Nord – Sud, alors que sa voisine Chaumont lui a ravi le rôle d’étape pour le trafic voyageurs entre Paris, l’Alsace méridionale et la Suisse. Celui-ci a compté de nombreux trains célèbres comme l’Arlberg-Express, l’Engadine-Express, l’Alpenrose, l’Arbalète, le train des Eaux, etc. Le dépôt des locomotives a vécu des heures sombres lors des deux grands conflits, avec une intense activité, puis a connu une grande célébrité avec l’implantation des premières séries de diesels de ligne, abolissant le règne la traction vapeur. Riche de ses 159 ans d’existence, ce site ferroviaire a vu passer des générations de populations cheminotes au service d’un rail en perpétuelle évolution.
La réduction d’activité du complexe a eu pour influence la chute démographique de la commune qui de 1 100 âmes en 1880 est passée à 3 487 habitants en 1968, puis retombée à 2 437 de nos jours. Aujourd’hui, alors que l’apparition récente des éléments Coradia Liner chasse les dernières courses de voitures Corail avec les célèbres diesels CC 72100 sur l’axe Paris – Belfort, ce site, effleurée par les TGV, voit se tourner une page importante de son histoire mouvementée.
De la Compagnie de l’Est à la SNCF
Le 22 février 1858, la Compagnie de l’Est, fraîchement constituée, ouvre au trafic la section de ligne joignant Langres à Dannemarie, en haute Alsace, permettant la jonction Paris – Mulhouse, ainsi que l’antenne secondaire de Chalindrey à Gray par Champlitte. La gare de Culmont- Chalindrey est alors enserrée côté Paris par le tunnel de Culmont de 1 325 m, marquant la limite de partage des eaux entre les bassins de la Marne et de la Saône, et à l’opposé côté Mulhouse par le viaduc de Saôlon (220 m) suivi du tunnel de Torcenay (1 115 m). Le 16 juillet 1877 vient se greffer au sud le tronçon Chalindrey – Vaux-sous- Aubigny, permettant la jonction avec la Bourgogne jusqu’à Dijon via Is-sur-Tille. Enfin, en 1881, est mis en service la ligne remontant dans la contrée du Bassigny d’abord jusqu’à Merrey, puis vers Neufchâteau, Toul, Nancy, entièrement ouverte en 1889. Elle s’embranche sur l’axe Paris – Mulhouse à Chaudenay à la sortie du tunnel de Torcenay et est complétée par un raccordement direct vers la direction de Dijon, branché à l’entrée côté Paris du viaduc de Saôlon, évitant un tête-à-queue en gare voyageurs.
Les installations de la gare de Culmont-Chalindrey, établies à l’altitude 332, sont peu à peu agrandies avec :
• pour le trafic voyageurs, quatre voies à quai, des débords, des voies de garage et un quai d’embarquement militaire latéral ;
• pour le trafic marchandises, un faisceau d’escale et d’attente inséré entre les voies de Dijon.
On notera que le triage des wagons est réalisé sur le site voisin en amont de Langres-Jorquenay.
Un dépôt pour les locomotives vapeur prend place près des quais voyageurs, puis est transféré dans la courbe des voies de Dijon, facilitant les liaisons avec le secteur voyageurs et le plateau marchandises mentionné plus haut. Dès le début du XXe siècle, le trafic de transit est déjà conséquent, notamment sur l’artère Paris – Mulhouse, avec de grands express de jour et de nuit, dont l’Arlberg-Orient- Express, vers la Suisse et l’Autriche. Le trafic marchandises est alors conséquent avec les produits industriels, de l’agriculture, l’élevage. Par contre, les échanges interrégionaux Lorraine – Bourgogne sont partagés entre le passage par Épinal, Port-d’Atelier, et celui par Toul, Neufchâteau avec rebroussement à Chalindrey.
Lors du premier conflit mondial, les forces armées font circuler d’énormes quantités de matériels, munitions, carburant, vivres, en provenance du Sud-Est, Sud-Ouest et des rivages de l’Atlantique via Dijon, dirigés vers les fronts de Champagne et de Lorraine. En contrepoint, outre les permissionnaires, des trains sanitaires évacuent les blessés. En 1917, la création d’une vaste gare régulatrice américaine à Is-sur-Tille multiplie les transports de l’espèce qui transitent par Chalindrey.

De nouvelles ambitions et des projets pour le Train de l’Ardèche
Après avoir failli disparaître en 2008, le Vivarais devenu Train de l’Ardèche ouvre la saison 2017 en fêtant les 200 ans des locomotives Mallet. La ligne, en plein développement, espère prochainement franchir le cap des 150 000 voyageurs.
En 1968, l’Ardèche a bien failli détenir un triste record, celui d’être le premier département où les trains de voyageurs ont disparu. Avec la fermeture du réseau du Vivarais, c’est en effet une page qui se tourne.
Arrivé en 1890, le rail a progressivement développé tout un réseau destiné à désenclaver cette région reculée de l’Ardèche. À l’origine, il y a l’inscription au plan Freycinet de trois lignes entre Tournon – Lamastre, La Voulte-sur-Rhône – Le Cheylard et Yssingeaux – Lavoûte-sur-Loire. Bien que déclarées d’intérêt général, ces lignes sont construites à voie métrique notamment pour en réduire les coûts. Un écartement qui permet également une meilleure insertion dans un relief parfois difficile mais qui prête aussi à confusion, puisqu’on pensera souvent qu’il s’agit d’un réseau d’intérêt local. Henri Domengie dans Les petits trains de Jadis, Sud Est, explique d’ailleurs que le PLM n’a pas voulu se charger de ces lignes. Les points de jonction s’opéraient tout de même avec son réseau à Lavoûte-sur-Loire, La Voulte-sur-Rhône et Tournon.
Une fois déclarée d’utilité publique en 1886, la construction intervient assez rapidement, suivie des mises en service entre 1890 et 1891. C’est le réseau des CFD, Chemins de fer départementaux qui se charge de l’exploitation. L’ensemble de l’infrastructure, les ouvrages d’art, le matériel roulant sont donc aux normes CFD qui exploitent différents réseaux à travers le pays. Cette normalisation facilitera notamment les échanges de matériels.
En 1898, les CFD reçoivent des concessions supplémentaires pour les antennes entre Le Cheylard – Yssingeaux, Lamastre – Le Cheylard et Dunières – Raucoules, toutes mises en service en 1902 et 1903. De par leur mission de désenclavement, les lignes du Vivarais construites dans des secteurs escarpés, se rapprochaient davantage des secondaires des grands réseaux plutôt que des tortillards d’intérêt local. Le trafic est d’ailleurs assez important, notamment sur Le Cheylar – Tournon par Lamastre. La ligne permet ainsi le rabattement des habitants des villages des gorges du Doux vers la ligne Nîmes – Givors en arrivant directement en gare PLM de Tournon. Le voyage est tout de même assez long, 1 heure 35 aux horaires de 1933 pour parcourir les 32,6 km entre Tournon et Lamastre, 2 heures 17 pour pousser sur 52 km jusqu’au Cheylard. Une faible moyenne horaire d’environ 25 km/h mais tout à fait dans les normes de l’époque. Depuis la gare de Tournon, la double voie métrique (ramenée par la suite à une simple voie) s’imbrique dans les voies PLM sur 2,2 km avant de rejoindre grâce un tunnel et un pont sur le Doux les voies CFD à hauteur de Saint-Jean-de-Muzols. Au-delà, la ligne s’inscrit dans les gorges du Doux en partie en corniche suivant le tracé de la rivière. De nombreux ouvrages, ponts et tunnels ont été nécessaires pour rejoindre Lamastre, terminus intermédiaire de la ligne. Là, une remise à machines et un pont tournant sont installés. La ligne poursuit sa montée jusqu’à Nonières, point culminant avant de redescendre vers Le Cheylard. L’infrastructure est également le seul accès à l’usine électrique de Mordane établie sur la rivière. Le trafic est assuré chaque jour par trois allers-retours complétés par des services supplémentaires les jours de marchés. Côté marchandises, le tonnage est également conséquent en raison notamment des difficultés d’accès aux villages desservis par la ligne. Sur Tournon – Le Cheylard, on trouve ainsi un important transport de grumes provenant des forêts environnantes effectué par trains spéciaux. Le parc traction est composé à l’origine d’une série de 130 T de 23 T construites par Fives-Lille en 1890- 91. D’autres machines viennent bientôt s’y ajouter à mesure que le trafic augmente.
En 1902, cinq locomotives de type Mallet 030-030T sont livrées par SLM Winterthur numérotées 401 à 405. Le parc est par la suite complété plusieurs fois, avec des machines de type Mallet construites par la Société alsacienne de construction mécanique à Graffenstaden, la série 401 à 408 suivies des 409 et 410 en 1927, 411 à 414 en 1931. Les autorails n’apparaissent qu’assez tardivement, cinq De Dion-Bouton livrés en 1934. En 1938-1939 arrivent des autorails Billard fabriqués à Tours. Ce matériel mieux adapté que les De Dion se partage

Île-de-France : encore des rames Regio 2N
Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, l’avait annoncé en février lors de la présentation de la version francilienne du Regio 2N dans l’usine Bombardier de Crespin. Le Stif l’a confirmé le 23 mai : 83 rames supplémentaires sont commandées. En fait, il y en a 69 pour la ligne N de Paris-Montparnasse et 14 pour le RER D. Ces dernières sont cependant en attente d’une décision fin 2017 sur une nouvelle desserte de cette ligne D, qui impliquerait de sortir les liaisons Juvisy – Corbeil-Essonnes – Malesherbes et Corbeil-Essonnes – Melun du schéma actuel. Sur la N, il s’agit de remplacer les 36 rames VB 2N et les 4 Z 8800 de la liaison Sèvres. Le besoin est donc de 78 rames Regio avec la réserve de maintenance puisqu’il faut une UM pour remplacer une rame VB 2N de sept voitures. Il faut donc se préparer soit à une réaffectation des 14 rames du RER D, soit à une commande complémentaire. La décision du 23 mai permet de prendre rang dans les chaînes de fabrication pour des livraisons programmées entre mi-2019 et 2021. Les détails de la configuration des rames interviendront plus tard.

TGV Sud-Est : la fin de la dernière rénovation
L’opération Nouveau Design, la dernière vague de modernisation des TGV SE, amorcée en 2010, a pris fin. 34 rames ont pu ainsi repartir pour une douzaine d’années.
Le 31 mars dernier, l’activité Voyages de SNCF a reçu la rame TGV Sud-Est 31 de retour du technicentre de Romilly. Rien d’exceptionnel a priori, sauf qu’il s’agit de la dernière rame du programme de rénovation dit Nouveau Design. Au final, 34 rames auront été traitées.
À l’origine de ce projet, il s’agit d’abord d’une opération technique de prolongement de parcours sur 20 rames en première étape et 60 au total avec une option de 28. Une douzaine d’années supplémentaires est ainsi offerte à ces rames, les premières de la grande vitesse française. Les rames 16 et 20 sortent les premières de Romilly en 2010. Les interventions les plus importantes concernent la caisse (reprise de structure, fissures, corrosions, peinture), la révision ou le remplacement des gros organes (bogies, moteurs, compresseurs, anneaux d’intercirculation). L’opération Nouveau Design est préparée par la pose d’afficheurs extérieurs à rouleaux, la suppression d’une porte et de deux baies en R4 (voiture- bar) et la suppression d’une baie en R1.
En septembre 2011, la rame 15 est présentée gare de Paris-Lyon pour les festivités des 30 ans du TGV avec une nouvelle livrée dite carmillon : gris métallisé, gris anthracite, blanc et carmillon. Et lors du lancement en décembre 2011 du TGV Rhin – Rhône, elle dévoile ses nouveaux aménagements intérieurs. De nouveaux sont installés recouverts de tissu de velours gris et bleu dans les deux classes (bleu des têtières en 1re et des assises en 2de), avec poignées d’appui pour faciliter les déplacements. La zone PMR est en R1 avec toilettes spécifiques et emplacements réservés pour accueillir deux fauteuils. Les places en vis-à- vis reçoivent des tables « portefeuilles » rendant aisé l’accès aux places. Des prises de courant individuelles apparaissent dans les deux classes. En R4, le bar revient avec un espace ouvert et des teintes brun-vert amande. Des bagageries apparaissent en milieu de voitures ou en extrémités de salles, ainsi qu’un local information en R4, une nurserie en R7 et des espaces familles en R6 et R8. Si le local d’extrémité reste réservé aux bagages ou colis en R1, celui de R8 devient un espace vélos.
Le nombre de places offertes est de 342 dont 104 en 1re en version à trois voitures de 1re, ou 355 dont 65 de 1re en version à deux voitures de 1re. En effet, ces 34 rames sont réparties en deux sous-parcs. Il y a 15 rames au Sud-Est avec trois voitures de 1re : 02, 05, 11, 15, 16, 18, 20 (avec tronçon 59), 21, 24, 25, 27, 44, 45, 64, 74. Et 19 au Nord avec deux voitures de 1re : 01, 03, 04, 06, 07, 08, 09 (motrices 23017 et 23187), 12, 13, 14, 17, 19, 23, 31, 39, 40, 41, 42, 60 (motrices 23091 et 23120).

Delta Rail fait revivre la DR
Basé à Francfort-sur-l’Oder, l’opérateur Delta Rail, créé en 2004, a été racheté en 2011 par le groupe polonais Via Cargo SA, basé à Varsovie, et spécialisé dans le transport routier et ferroviaire. Assurant des trains de fret petits parcours dans la région de Francfort-sur-l’Oder, Delta Rail loue à Northrail une locomotive 1142 ex-ÖBB et deux locomotives Gravita du constructeur Voith. Développant l’activité de la remorque de trains entiers transportant, entre autres, des pondéreux, des produits pétroliers ou des automobiles, Delta Rail a acquis auprès de la DB deux locomotives série 143, construites en RDA et garées jusqu’alors en bon état, qu’il a fait repeindre dans la version d’origine de la Deutsche Reichsbahn, les Chemins de fer de la RDA. Elles arborent donc le logo DR, qui signifie égarement Delta Rail. Respectivement les 16 janvier 2017 et 16 février 2017, les locomotives 143.559 et 143.650 sont sorties des ateliers DB de Dessau après une grande révision générale. Elles sont principalement employées en sous-traitance pour PKP Cargo, en remplacement des Vectron PKP sur le parcours allemand sur des trains d’automobiles, de charbon ou de produits pétroliers.

Saint-Denis-Catus : une ITE productive
Établie dans l’enceinte de l’ancienne gare de Saint-Denis- Catus (Km 585,2 de la ligne Paris – Toulouse), l’ITE CM Quartz comporte deux voies de chargement en impasse pouvant accueillir chacune sept wagons. Le système de chargement des galets de quartz s’effectue par des convoyeurs à bande transporteuse dans les trémies type Facs. L’expédition des rames par Fret SNCF se fait les mardis et jeudis vers les usines Ferropem, dont celle de Montricher-Albanne, embranchée dans l’ancienne gare de Saint- Julien-Montricher sur la ligne Chambéry – Modane.

Les traversées fluviales du métro parisien
La Seine constitue bien un élément clef au coeur de la capitale. Le fleuve qui a vu naître Paris a longtemps été un frein à sa croissance. Dès sa construction, le métro est venu s’y confronter, engageant des travaux souvent pharaoniques pour l’apprivoiser.
Quand le métro de Paris ouvre sa première ligne en juillet 1900, il ne se confronte pas immédiatement à la Seine. Le fleuve reste encore un obstacle difficile à franchir. Des ponts sur le fleuve, il y en a pourtant des dizaines rien que dans les limites administratives de la capitale. On pourrait donc penser que franchir le Seine n’est plus tout à fait un problème. La première ligne de métro rencontre tout de même une sérieuse difficulté pour traverser… le canal Saint-Martin à hauteur de la place de la Bastille. Pour l’occasion le métro fait une petite incursion à l’air libre quittant son tunnel à hauteur de la station Bastille établie en courbe. Le souci à cet endroit est de ne passer ni trop haut, ni trop bas. Il faut franchir le canal en viaduc tout en restant à un niveau inférieur à la circulation routière, le tout sans entraver la navigation. La station Bastille a donc une configuration toute particulière, en contrebas de la place afin de poursuivre sous les boulevards Bourdon et Bastille. Pour l’occasion, la place de la Bastille a été élargie de 40 m et c’est face à la colonne de Juillet que Guimard édifie sa plus belle réalisation pour le métro parisien, l’édicule en forme de pagode malheureusement sacrifié au début des années 1960.
I Des rails au-dessus de la Seine, une longue histoire I
Ce simple passage au-dessus du canal semble donner le la au métro parisien. L’eau sous toutes ses formes restera toujours une difficulté qu’il faudra tenter au mieux de maîtriser. Pourtant, un chemin de fer franchissant le fleuve n’est pas une nouveauté à Paris. La liaison entre la ligne d’Auteuil et la Petite Ceinture a conduit à l’édification entre 1863 et 1865 du viaduc d’Auteuil qui permettait aux trains en provenance de Courcelles-Ceinture et Saint-Lazare de poursuivre rive gauche vers Grenelle. L’ouvrage prenait naissance à la gare d’Auteuil, se prolongeant le long du boulevard Exelmans avant de franchir le fleuve sur un viaduc à deux niveaux, routier et ferroviaire. À hauteur de l’avenue de Versailles, il y a même une gare, celle de Point-du- Jour, la seule en viaduc de la Petite Ceinture. Sa configuration particulière a sans doute inspiré les architectes du métro tant les ressemblances sont nombreuses avec les stations aériennes des lignes 2 et 6. À l’autre extrémité de Paris, à hauteur du pont National, la Petite Ceinture franchit la Seine à niveau en parallèle à la voie routière. Ce type d’ouvrage ne présente donc pas a priori de difficulté particulière. Pourtant, c’est bien dans ses traversées fluviales que le métro fera preuve de son audace et de son inventivité.
I En viaduc devant la tour Eiffel I
Avec la mise en service de la première ligne, deux antennes depuis Étoile vers Trocadéro et Porte-Dauphine sont ouvertes les mois suivants. Il s’agit en réalité de l’amorce des deux lignes circulaires destinées à rejoindre Nation par les boulevards des Fermiers généraux nord et sud. La seconde ligne mise en chantier est donc la 2 nord (qui deviendra la 2) entre Porte-Dauphine et Nation. Entièrement établie sur la rive droite, elle ne vient pas se frotter à la Seine mais une fois encore au canal Saint- Martin entre les stations Aubervilliers (Stalingrad) et Allemagne (Jaurès). Dans le même secteur, elle doit également passer au-dessus des voies des gares du Nord et de l’Est, et c’est logiquement qu’elle passe en viaduc d’Anvers à Combat (Colonel- Fabien) pour s’affranchir de ces trois obstacles. C’est seulement avec la ligne 2 sud (qui devient la 5, avant d’être aujourd’hui la 6) que le métro vient se heurter pour la première fois au fleuve. Au-delà de Trocadéro, la ligne a poussé jusqu’à Passy où elle débouche à flanc de colline face à la Seine. Le métro doit s’engager sur le pont de Passy pour rejoindre la rive gauche. Mais le pont de Passy… n’existe pas encore. Depuis l’Exposition universelle de 1878, on a édifié une passerelle plus ou moins provisoire en attendant de construire un ouvrage d’importance. Le métro reste donc bloqué à Passy pendant deux ans et demi en attendant que l’on construise le viaduc sur lequel la ligne prendra appui. Fulgence Bienvenüe, l’architecte en chef du métro confie la réalisation de cet ouvrage à Jean-Camille Formigé, qui réalisera d’ailleurs une bonne part des sections aériennes du métro. Il s’agit de construire un franchissement enjambant les deux bras de la Seine divisée à cet endroit par l’île des Cygnes. Le viaduc a une longueur de 237 m s’appuyant sur deux piles dans chaque bras, l’ensemble comportant donc deux niveaux. Le pont inférieur est large de 24,70 m, composé de deux chaussées séparées par un terre-plein central sur lequel prend appui l’ouvrage spécifique du métro. Il est porté par une série de couples de colonnettes qui préservent la vue sur le fleuve. Au niveau de l’île des Cygnes, les deux parties métalliques

Rénovation et nouveau matériel en vue sur la Rhune
Avec 364 033 visiteurs en 2016, la crémaillère de La Rhune, gérée par le département des Pyrénées-Atlantiques, est un atout touristique majeur dans la région. Un projet de développement du site touristique baptisé « La Rhune 2020 » va porter sur trois éléments constitutifs :
• la gare de départ au col de Saint- Ignace sera dotée d’un préau, de toilettes et d’un nouveau parvis dédié aux piétons, obligeant à une déviation de la route ;
• la voie et les trains vont être rénovés. 70 % de la ligne sera refaite en rails de 36 kg/m. Les quatre trains existants engagés en ligne (quatre locomotives + huit voitures) vont être révisés et épaulés par deux trains neufs construits sur le même modèle avec une voiture permettant l’accès aux PMR. Les deux nouvelles locomotives, bimodes électriquediesel (moteur de 588 kW/800 ch) permettront le rapatriement des trains en cas de coupure d’électricité. Le centre de maintenance sera agrandi ;
• la gare sommitale de la Rhune sera refaite avec un accès PMR et des toilettes.
La crémaillère de la Rhune (4,2 km) est exploitée par la régie départementale Epsa (Établissement public des stations d’altitude). Le projet, d’un coût de 36 millions d’euros, sera opérationnel en 2022.