Auteur/autrice : admin_lvdr

  • RP218 : En cabine d¹une Sybic ­ Sur la ligne du Bourbonnais (1re partie)

    RP218 : En cabine d¹une Sybic ­ Sur la ligne du Bourbonnais (1re partie)

    La ligne du Bourbonnais est longtemps restée un bastion de la traction autonome, vapeur puis diesel, avant qu¹elle ne soit électrifiée, vers la fin des années 80. Et ne devienne alors une terre d¹élection pour les Sybic, locomotives du type synchrone bicourant ayant initié la transmission triphasée. C¹est à bord de l¹une d¹elles, la BB 26015, qui assure, ce jour, les trains 5909 et 5916 entre Paris-Bercy et Nevers, que nous vous proposons de redécouvrir en quoi, dans l¹univers ferroviaire, la sécurité est non seulement la priorité, mais aussi le c¦ur même de l¹activité. Autrefois, il était répété aux conducteurs qu¹ils n¹avaient pas le droit à l¹erreur. Sauf qu¹un tel commandement n¹aura jamais empêché, même les meilleurs, un jour, de se tromper. Comme dans le domaine aéronautique, la vraie solution passe d¹abord par une meilleure prise en compte du facteur humain. En voici une illustration sur le terrain. Ph. H.

    Durée : 26 min.
    Réalisation et montage : Nello Giambi et Philippe Hérissé.
    Conception : Pascal Riffaud.

  • Un nouveau départ pour le TER Lorraine en 2016

    Un nouveau départ pour le TER Lorraine en 2016

    À partir du 3 avril 2016, le réseau TER lorrain basculera dans un système cadencé sans précédent. L’offre apportera 24 % de trains en plus. Elle accompagnera progressivement, jusqu’à sa mise en place définitive en septembre, la hausse de fréquentation attendue.

    Dès 2012 le conseil régional de Lorraine, en sa qualité d’autorité organisatrice des transports (AOT), a mené une série d’études prospectives sur la stratégie d’évolution de l’offre Métrolor-TER 2016-2025 et de la capacité du réseau. Ce projet ambitieux marque une nouvelle page dans l’histoire des transports régionaux lorrains pas moins de 46 années après la création en 1970 de Métrolor sur le sillon mosellan Thionville – Metz – Nancy, qui constituait la première desserte régionale conventionnée du territoire. Aujourd’hui Métrolor- TER compte 31 lignes. 65 000 voyageurs empruntent chaque jour de semaine les 533 trains. Entre 2004 et 2010, la fréquentation a augmenté de 60 % et a baissé de 5 % en deux années (2013 et 2014). Plusieurs raisons à cela, boum du covoiturage, hausse des tarifs, qualité du service en déclin, notamment pour cause de retards dus aux travaux de modernisation du réseau, pannes de trains, dont ceux de Fret SNCF ou privés, etc. 85 % du trafic se concentre sur neuf lignes Les deux plus importantes sont évidemment Metz – Luxembourg (22 %) et Metz- Nancy (20 %). Chaque jour de semaine, près de 13 000 personnes de l’axe Nancy – Luxembourg se rendent au Grand-Duché pour leur travail et 45 % n’empruntent pas le train.

    Deux années de réflexion, de concertation et de négociations souvent difficiles avec les différents partenaires du conseil régional (SNCF, RFF, l’État, les régions voisines, les associations, les sept comités de dessertes et les 26 opérateurs lorrains de transports collectifs, etc.) auront été nécessaires pour boucler le projet. En effet, si le ferroviaire accroît son offre, encore faut-il que les transporteurs collectifs adaptent leur réseau dès que le voyageur sort de gare. Au printemps 2015, les décisions finales ont été validées. Le conseil régional a passé commande à la SNCF du volume de trains qu’elle souhaitait voir circuler. Dans la nouvelle organisation de la SNCF née de la loi d’août 2014 portant réforme du système ferroviaire français, SNCF Réseau attribue les sillons et SNCF Mobilités prépare l’exploitation des services. La SNCF a fourni un dernier avis technique en septembre 2015. La première phase du cadencement est prévue le 3 avril 2016, en même temps que l’ouverture commerciale de la phase 2 de la LGV Est-européenne entre Baudrecourt et Vendenheim. La première phase a été mise en service en juillet 2007. À cette époque les dessertes du TER lorrain avaient été modifiées pour tenir compte des trajets Paris – Metz et Nancy en 1 heure 25. En 2011, l’ensemble des régions françaises adoptaient un nouveau cadencement. La Lorraine n’a pas suivi, préférant attendre la réalisation de la phase 2 de la LGV Est pour recaler À Pagny-

  • Le « low cost » ferroviaire se développe

    Le « low cost » ferroviaire se développe

    Trois ans après son lancement dans le sud-est de la France, Ouigo, la marque TGV low cost de la SNCF, va étendre son réseau au nord et à l’ouest du pays. Parallèlement, un service IC « 100 % éco » a été mis en service.

    Depuis le 2 avril 2013, les rames TGV Duplex de couleur bleu turquoise et fuchsia effectuent 62 circulations hebdomadaires entre Marne-la-Vallée- Chessy, à proximité de Paris, et Lyon (Part-Dieu ou Perrache ou Saint-Exupéry), ou Marseille et Montpellier en desservant éventuellement Valence-TGV, Avignon- TGV, Aix-en-Provence-TGV ou Nîmes. Avec 3,5 millions de passagers annuels aujourd’hui, l’objectif est atteint, de même que l’équilibre financier. Le modèle économique, très novateur pour le ferroviaire français, semble bien établi. C’est aussi le succès côté matériel roulant. Rappelons que quatre rames Duplex avec motrices Dasye (760 à 763) sont dédiées à ce service avec une livrée spécifique bien reconnaissable et des aménagements spéciaux : classe unique, absence de bar, sièges type TER 2N NG, mêmes tons que la livrée, disposition 2 + 2 ou 3 + 1 (salles basses des ex-1res classes), espace PMR. Leur maintenance est assurée par le technicentre de Lyon-Gerland. Chaque rame parcourt environ 1 million de km chaque année, un beau record et un défi bien relevé par les mainteneurs.

    Et les clients sont au rendez-vous grâce à des prix attractifs (dès 5 euros pour les enfants et 10 euros pour les adultes), mais avec des services plus restrictifs : absence de bar, vente sur Internet, billet nominatif, incessible et non remboursable, un seul bagage gratuit, présence 30 min avant le départ. D’autant que les temps de trajet sont ceux de la grande vitesse avec un atout non négligeable : l’accès sur LGV dès le départ parisien ! À l’époque, la SNCF devait surtout lutter face aux transports aériens low cost. Depuis, le paysage concurrentiel a encore évolué avec le covoiturage et très récemment avec la libéralisation des transports par autocars suite au vote de la loi Macron. Depuis son entrée en vigueur cet été, en un mois, 250 000 passagers ont été transportés. 75 villes françaises sont desservies et près de 800 départs et arrivées de bus sont enregistrés chaque jour en France.

  • Regio 2N : l’Aquitaine change de niveau

    Regio 2N : l’Aquitaine change de niveau

    Pour le dernier volet de ce tour 2015 des régions ayant acquis des Regio 2N, nous détaillons la situation en Aquitaine, où l’arrivée d’un matériel TER à deux niveaux constitue une première.

    Nous terminons notre tour de France des six premières régions accueillant le nouveau train Regio 2N de Bombardier par l’Aquitaine. Trois autres régions, Picardie, Midi-Pyrénées et Pays de la Loire, seront servies en fin d’année 2016. Avec deux nouveautés sur lesquelles nous reviendrons : le format XXL (136 m, 10 caisses, 750 places assises) de la Picardie et la version V 200 des Pays de la Loire, une première pour des TER à deux niveaux. La région Aquitaine a fait le choix de commander 24 rames Regio 2N et c’est la version courte de 81 m qui a été choisie. Rappelons qu’il s’agit du premier TER à deux niveaux pour l’Aquitaine, une région où, depuis 2002, le nombre de dessertes a augmenté de 39 % et la fréquentation de 64 %. Chaque rame comprend six caisses, dont la particularité est d’avoir deux véhicules intermédiaires à deux niveaux de 13,695 m.

    La version courte des régions Bretagne, Rhône-Alpes et Midi-Pyrénées n’a qu’un véhicule intermédiaire de ce type, l’autre mesurant 15,445 m, soit une longueur totale de 83 m. Si les rames sont bien bicourant de construction, ce qui permet d’ailleurs leur acheminement en autonomie totale depuis Valenciennes, la région a choisi de les rendre monocourant une fois livrées en Aquitaine. L’archet du pantographe 25 kV est remplacé par un archet 1,5 kV et les deux archets sont adaptés à la caténaire Midi (largeur de 1950 mm au lieu de 1 600 pour les autres lignes électrifiées en 1,5 kV). Avec ces particularités, ces rames sont reprises dans la série Z 56300 accompagnée de la lettre C pour « courte » et m pour « Midi ». La procédure fonctionnelle Bombardier est cependant conservée, d’où ce choix quasi obligatoire : lors de la mise en service, le pantographe ex-25 kV monte automatiquement. Le palpeur détecte le 1,5 kV, fait redescendre ce pantographe avant de monter celui du 1,5 kV et d’autoriser la fermeture du disjoncteur. La première rame livrée, 403 Cm, a été présentée officiellement le 15 septembre 2014 lors d’un voyage entre Bordeaux et Arcachon. Elle rentre dans les effectifs en novembre et le service commercial démarre le 4 décembre 2014 sur la relation Bordeaux – Arcachon. Seule rame livrée en 2014, elle sera rejointe par huit rames en 2015 (huitième en octobre et neuvième en novembre). Sept autres arriveront en 2016 puis huit en 2017.

  • Editorial : Pithiviers, capitale de la voie étroite

    Editorial : Pithiviers, capitale de la voie étroite

    La 25e Rencontre internationale des chemins de fer à voie étroite, s’est tenue à Pithiviers, du 9 au 11 octobre dernier. Des amateurs de voie étroite venus de toute l’Europe se sont donné rendez-vous dans la Beauce sur le réseau à voie de 600 mm de l’AMTP (Association du musée des transports de Pithiviers), doyen des chemins de fer touristique français, qui fêtera ses 50 ans l’an prochain. À cette occasion, de nombreux matériels ont été mis en circulation, dont cinq locomotives à vapeur :

    •la MTP n° 4 : cette 040 T DFB (Deutsche Feldbahn, Chemins de fer allemands de campagne) classée monument historique a été construite par Henschel en 1917, elle provient des sablières de Bourron-Marlotte, en Seine-et-Marne ;

    •la MTP n° 5 : la 030 T n° 3-5 Blanc-Misseron de 1902 est baptisée « Le Minihic », nom d’une commune d’Ille-et-Vilaine d’où elle est originaire. Dans les années 1920, la 3-5 a rejoint définitivement le Tramway de Pithiviers à Toury. Dès 1966, c’est elle qui a assuré le train inaugural du musée des transports ;

    •la MTP n° 9 « Les Fontanelles » : issue d’une série de 18 unités de type 130, construites dans les ateliers de la Meuse, en Belgique. Elle provient de la sucrerie de Maizy, dans l’Aisne, elle a été confiée au musée dès 1967;

    •la MTP n° 10 : la 031 T Decauville baptisée « Royan ». Identique à celles en service sur le tramway de Royan, elle provient elle aussi d’une sucrerie de l’Aisne. Elle est à Pithiviers depuis 1965 et est classée monument historique ;

    •une invitée lointaine, la Px 38.805, venue du réseau polonais de Znin. Ce réseau de 19 km à voie de 600 mm a été inauguré en 1894 principalement pour alimenter la sucrerie de Znin, mais il possédait également un trafic voyageurs. Le musée établi à Wenecja depuis 1972 possède une importante collection de locomotives à vapeur dont la Px 38.805, construite par les usines Fablok de Chrzanow en 1938.

  • Deauville – Cabourg : la ligne de la Côte fleurie

    Deauville – Cabourg : la ligne de la Côte fleurie

    Menacée de disparition dans les années 90, cette ligne principalement touristique a effectué un redressement spectaculaire grâce à l’action conjuguée, sous la pression des usagers, de la SNCF et des pouvoirs publics. Aujourd’hui, elle accueille même ses premiers AGC

    Achevée en 1884, l’antenne de la Côte Fleurie a fait peau neuve en avril 2012. Une véritable renaissance de la ligne Trouville- Deauville – Dives-Cabourg a été opérée ces dernières années. Sous l’impulsion d’une association de riverains, d’élus locaux, à commencer par les conseillers régionaux de Basse-Normandie, de RFF, le matériel roulant, les 22,8 km de la voie unique non électrifiée et même les points d’arrêt, datant du XIXe siècle, ont été modernisés, permettant à la SNCF d’envisager sereinement l’exploitation de la ligne. Prendre le train pour se rendre sur la Côte fleurie… c’est suivre les pas de Guillaume le Conquérant ou Marcel de Proust. Familier de Cabourg (dont il se servit comme modèle pour son Balbec dans À la recherche du temps perdu et où il allait soigner son asthme), l’écrivain prenait, en effet, le train Paris – Cabourg pour gagner son lieu de villégiature. Et le charme des derniers kilomètres ne devait pas le laisser indifférent. Entre mer et campagne vallonnée du pays d’Auge, la ligne offre des points de vue remarquables qui en font l’un des trains touristiques français les plus cotés. Pour relier Deauville à Cabourg en 30 min, les trains évoluent dans un cadre des plus bucoliques en traversant notamment le marais de Villers-Blonville. Puis, à la sortie de Houlgate, comme par enchantement, la ligne rejoint la mer, l’embouchure de la Dives (à l’endroit même ou, en 1066, les hommes du duc de Normandie s’élancèrent à l’assaut de l’Angleterre) puis le port de Divessur- Mer. Outre l’intérêt touristique, la ligne recèle un autre avantage.

    Des bains, des Parisiens et des trains

    À 200 km de la capitale, la Côte fleurie et son chapelet de stations balnéaires est depuis le second Empire une villégiature de choix pour les Parisiens, qui viennent encore aujourd’hui en nombre dans leurs résidences secondaires tout au long de l’année. Mais c’est Trouville-sur-Mer qui lança la mode des bains sur la Côte fleurie. Ce village de pêcheurs voit, en effet, affluer les peintres dès les années 1820… Son voisin, Deauville, connaîtra un développement fulgurant à partir de 1859 grâce au duc de Morny, frère utérin de Napoléon III. À Paris, le bouche à oreille fonctionne et la haute société de la capitale afflue en masse. Cela explique l’arrivée précoce du chemin de fer en 1863. Les autres villes de la côte souhaitent également profiter d’une desserte équivalente afin de développer les activités de loisirs. Mais la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest s’y refuse, arguant que le trafic voyageurs, significatif uniquement pendant la haute saison ne saurait motiver le déblocage des fonds nécessaires. Pourtant, après de multiples péripéties, la ligne est déclarée d’intérêt public en 1879.

  • Deux postes d’aiguillage multifacettes bientôt remplacés

    Deux postes d’aiguillage multifacettes bientôt remplacés

    Obsolètes, les deux principaux postes de Paris-Lyon feront place en mars 2017 à un poste de technologie moderne implanté dans la future commande centralisée du réseau actuellement en construction à Vigneux-sur-Seine. Le basculement vers cette CCR impliquera l’arrêt total de la gare pendant deux jours. La SNCF se prépare d’ores et déjà de façon à gérer au mieux cette situation…

    Les deux postes principaux de la gare de Paris-Lyon, baptisés postes I et II, ont été construits au moment de l’extension de cette gare entre 1927 et 1935 : création de neuf nouvelles voies à quai (3 à 19), réaménagement du dépôt du Charolais, transfert de l’atelier du matériel à Villeneuve- Saint-Georges, construction de l’estacade des voies 1 et 2 Lavage, reprise des cisailles de l’avant-gare, etc. Le PLM fait le choix de construire deux postes identiques dans un même bâtiment, situé au milieu des voies, peu après l’extrémité sud des quais, dans le prolongement du quai commun aux voies A et 3. Surélevée, la cabine des aiguilleurs domine le site. Les trois étages inférieurs sont occupés par les salles techniques. Le choix technologique porte sur des postes modernes (pour l’époque) à manoeuvre dynamique, dits « postes à pouvoir », avec l’utilisation de l’électricité comme agent de manoeuvre des signaux et des aiguilles. Développé par la compagnie Thomson Houston, le poste comprend des leviers à poignées disposées sur des rangées horizontales.

    Pour commander un itinéraire, l’aiguilleur doit assurer deux actions successives : une traction de la poignée puis une rotation de celle-ci. La traction assure mécaniquement le mouvement de deux barres verticales qui entraînent des balanciers de commande d’aiguilles. Selon la barre qui les manoeuvre, le balancier oscille dans un sens ou dans l’autre et actionne des commutateurs de commande des aiguilles, puisque celles-ci sont munies d’un moteur électrique. Ce dispositif inventé par la compagnie Thomson Houston est plus simple que les versions précédentes de postes à pouvoir et permet, lorsque le nombre d’aiguilles est très important, de placer toute cette mécanique sous la cabine du poste d’aiguillage. La rotation de la poignée entraîne une barre de commande à l’aide d’un pignon et d’une crémaillère. Puis cette barre actionne le commutateur de signal d’origine de l’itinéraire. Dans le cas d’un itinéraire banalisé, sur lequel on peut donc circuler dans les deux sens, la rotation de la poignée peut s’effectuer dans l’un ou l’autre sens. Les enclenchements électriques et mécaniques assurent la sécurité.

  • Paris-Lyon-Bercy : Des infrastructures condamnées à s’adapter

    Paris-Lyon-Bercy : Des infrastructures condamnées à s’adapter

    Au bord de la saturation, le complexe de Paris-Lyon-Bercy doit en permanence trouver des solutions pour y faire face. En optimisant les installations ferroviaires existantes ou en en construisant de nouvelles.

    Les sites de Paris-Lyon et Bercy se caractérisent par des trafics qui sont globalement tous en progression : TGV, TER Bourgogne, Transilien des lignes D et R. La saturation des trains est proche, voire atteinte à certaines heures de pointe. Et ces trains sont pour la plupart à leurs compositions maximales… Plusieurs axes de réflexion sont actuellement suivis pour permettre soit d’améliorer l’exploitation de la gare elle-même, soit d’augmenter le nombre de sillons à disposition sur certaines voies, soit de pouvoir accueillir des trains supplémentaires. La création du futur PAI (poste d’aiguillage informatisé) de la gare de Lyon va permettre la démolition du bâtiment historique, situé au milieu de la plate-forme ferroviaire. La place libérée sera mise à profit pour allonger les voies 5, 7 et 9 de façon à ce que la réception de TGV en UM y soit possible, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. La capacité de la gare s’en trouvera améliorée par la suppression de cette contrainte et ouvrira les portes à une petite capacité supplémentaire. L’utilisation des voies M est appelée à augmenter encore. Jusqu’à présent, ces voies « marchandises » étaient essentiellement parcourues par des mouvements de matériel vide entre les sites de maintenance de Villeneuve (voitures, Transilien, TGV) et ceux de Paris (Bercy pour Transilien, TGV pour Conflans) ou l’approvisionnement direct des gares de Lyon surface et souterraine et Bercy.

    Une première étape est franchie en 1996 avec la création de la bifurcation TGV de Créteil et la mise en place de liaisons directes rapides entre les voies M et les voies rapides au sud de cette bifurcation (Km 10). Les flux TGV et autres (TER, Intercités, ligne R) peuvent ainsi être séparés jusqu’à Paris. Cet aspect technique était incontournable avec la montée en puissance de la gare de Bercy, qui accueille désormais les TER Bourgogne du Morvan et de Dijon – Lyon ainsi que les Intercités de l’Auvergne (Paris – Nevers et Paris – Clermont-Ferrand). En effet, la gare de Bercy n’est accessible que depuis les voies M. En 2017-2018, la gare de Bercy recevra enfin des signaux carrés de voies principales (deux feux rouges) en sortie des voies à quai à la place des tableaux lumineux de correspondance. L’exploitation en sera facilitée et surtout normalisée. L’autre contrainte est le croisement à niveau des voies M avec les voies d’entrée-sortie de la gare de Bercy. L’augmentation combinée des trains à Bercy et de l’utilisation des voies M de et vers Paris-Lyon est gênée par ce cisaillement à niveau, qui empêche la sortie simultanée d’un train de Bercy et l’arrivée d’un train voie 2 M pour Paris-Lyon. Le projet prévoit la construction d’un « terrier » pour la voie 2 M qui passerait ainsi sous les voies de sortie de Bercy. Un point particulier a grandement facilité l’exploitation de ce complexe. Il s’agit du développement des rames automotrices ou réversibles pour le TGV, le TER et les lignes de banlieue combiné à l’emploi de rames-blocs.

  • PARIS-LYON ET BERCY : DEUX GARES EN PERPÉTUEL MOUVEMENT

    PARIS-LYON ET BERCY : DEUX GARES EN PERPÉTUEL MOUVEMENT

    En complément de nos trois articles consacrés à la saga de Paris-Lyon (voir Rail Passion n° 213, 215 et 216), nous vous proposons de revenir en détail sur certains aspects de cette gare. Avec, pour commencer, un retour sur les opérations quasi incessantes de réaménagements de plus ou moins grande ampleur de leurs espaces dédiés au public que Paris-Lyon et son annexe de Bercy ont connu et connaissent encore pour accueillir des flux croissants de voyageurs.

    On l’a vu dans le dossier précédent, la gare de Paris-Lyon date de 1900 pour le bâtiment principal et des années 30 pour la disposition qu’on lui connaît encore aujourd’hui pour l’essentiel. Et, pendant un siècle, le trafic s’est développé et le nombre de voyageurs transitant sur ses quais n’a fait que croître pour flirter avec les 100 millions chaque année (35 millions en grandes lignes et 70 millions en Îlede- France). En 1984, l’ensemble des façades et des toitures du bâtiment principal ainsi que la salle des Fresques font l’objet d’une inscription au titre des Monuments historiques. Enclavés, les bâtiments n’ont pas évolué depuis leur construction. Les évolutions vont d’abord se dérouler en sous-sol. La création de la gare RER (lignes A puis D) à la fin des années 70 entraîne la création d’un lien direct entre la nouvelle salle d’échanges (côté ouest) et la station de la ligne 1 du métro (côté est). Dénommé « passage Diderot », du nom du boulevard desservant la gare de Lyon, il est implanté sous la plate-forme des voies à lettres. Des commerces agrémentent les liaisons. Au début des années 80, l’arrivée du TGV se traduit par la construction d’une salle d’échanges baptisée « salle Méditerranée » démarrant sous la plate-forme des voies à chiffres, se poursuivant sous les voies à lettres en donnant accès à la salle d’échanges des RER.

    Elle débouche de part et d’autre vers la rue de Bercy à l’ouest et vers la place Henri-Frenay à l’est. De nombreux services y sont accessibles ainsi que des commerces. Pour l’arrivée du TGV Méditerranée, en 2001, l’espace de vente situé dans la salle des Fresques migre dans une tente installée cour de Chalon. Nouvelle pause jusqu’à l’arrivée du TGV Rhin – Rhône (15 TGV quotidiens supplémentaires) et le constat d’une très grande exiguïté de la plate-forme « jaune » des voies à chiffres. L’espace disponible entre le bâtiment transversal et les heurtoirs était ridiculement petit, sans possibilité d’installer de vrais commerces et services demandés par les voyageurs. De plus, les flux entre les différentes salles étaient compliqués. C’était particulièrement vrai lors des week-ends de grands départs d’hiver ou d’été. Pour un coût de 60 millions d’euros, la SNCF finance l’extension du hall 2 (nouvelle appellation de la plate-forme jaune). Les travaux se déroulent d’avril 2010 à mai 2012 et débutent par la démolition d’un bâtiment de bureaux…

  • Alstom bien présent en Amérique du Nord

    Alstom bien présent en Amérique du Nord

    Transports urbains, trains de banlieue, grande vitesse, signalisation, infrastructure, maintenance, avec 12 sites en Amérique du Nord, Alstom est présent sur tous les secteurs de ce grand marché ferroviaire.

    La mise en service des rames Coradia Lint en mars 2015, celle du Citadis Spirit (voir Rail Passion n° 211) à venir (2018) et la possible commande de nouvelles rames sont l’occasion de faire le point sur l’implantation nord-américaine d’Alstom Transport. Alstom Transport compte 12 sites (voir carte page 53) aux États-Unis et au Canada. Ces établissements ont des fonctions différentes : administrative, industrielle, conception de systèmes, ingénierie ferroviaire, signalisation, pièces et rechanges ou maintenance. Hornell fait figure de n° 1 : avec ses 65 000 m2, il est le plus grand centre de construction pour matériels voyageurs en Amérique du Nord. Quelque 8 000 véhicules neufs (des rames de métro R 160 à certaines PL 42 AC, voir ci-dessous) ou reconditionnés sont sortis de ses ateliers. C’est à Hornell que sont actuellement modernisés les 86 tramways articulés de la ligne Verte (remise des premières unités traitées en 2014) ainsi que les 76 voitures 2N Kawasaki de la MBTA (Voir Rail Passion n° 208). Le contrat (230 millions de dollars) a été passé en 2012. Le site de Hornell assure également la révision complète de la flotte de 53 trams-trains de Baltimore afin de prolonger de 15 ans ce matériel âgé de 25 ans. Le contrat, de 150 millions de dollars, a été passé avec la Maryland Transit Administration (MTA) en 2013.

    Le site de Rochester est pour sa part spécialisé (depuis 110 ans) dans le domaine de la signalisation. Les systèmes qui y sont produits équipent 50 % des métros d’Amérique du Nord. Alstom Rochester travaille actuellement, en partenariat avec Parsons Transportation, au déploiement du système Acses II sur des sections de la ligne Washington – New York – Boston (729,5 km) et quelque 400 véhicules l’empruntant. Passé en 2011 avec le New Jersey Transit (NJT), ce contrat a une valeur de 155 millions de dollars. Au Canada, l’usine de Sorel-Tracy, compétente dans le domaine des composants pour matériels ferroviaires, a pour sa part entamé la fabrication des bogies du métro